Voy. Palma-Gaybt, Introd. à la Chronologie novenaire
2. Amplifie, des partie, et Relat. de Sainct-Yon, L'échevin ligueur dit que Grillon, voulant se saisir de la place Maubert, avait trouvé « l'emboucheure de ladicte place Maubert fermée à Tendroict du carrefour Sainct- Severin où estoit descendu un capitaine de l'Université n. Palma-Cayet ajoute que « la Cité et toute TUniversilé fut toute barricadée sur les neuf heures; la ville ne le fut que sur le midy ».
3. « De par lesprévost des inarchans et eschevins de la Ville de Paris, M. le président de Thou, colonnel, nous vous prions de vous trouver présentement en Thoslel de ceste ville pour adviser ad ce qui e:»t à faire pour la seuretté de la ville, et oultre mander à tous les cappitaincs de vostre quartier qu'ilz aient à tenir les bourgeois et leurs serviteurs de leurs dizaines en armes en leurs maisons pour le service du roy et conservation de ladite ville. Faict au Bureau, le 12 mai 1588, dix heures du matin. » (Reg. H. 1189, fol. 119.) Pareil mandement fut envoyé à MM. de Pereuse, Tambonneau, Bellanger, Néré Brisson, de Charmeau, Allegrain, Abelly, Bodat du Blanc-Mesnil, du Four, de Brion, de Thou, Huberdeau, Perrot, Boursier, Fournier, Gaillart.
Toutes ces allées et venues des troupes et de la milice avaient profondément ému la population. L'aspect des rues était lugubre : « chacun fermait sa boutique avec un étrange courroux * ». Sur les huit heures, les présidents Brisson et Séguier vinrent trouver le roi pour appeler son attention sur cette attitude des bourgeois et le prièrent d'envoyer le gouverneur de Paris afin de décider les boutiquiers à ouvrir leurs volets •. Henri III prescrivit à M. de Villequier de monter à cheval et d'aller donner ordre aux habitants de tenir leurs maisons ouvertes : il se plaignit aux membres du Parlement du peu de soin que les bourgeois avaient apporté dans l'exécution de ses ordres relatifs aux perquisitions domiciliaires. Villequier ne rencontra pas de résistance; mais à peine était-il passé que les habitants refermaient leurs boutiques.
Au moment, du reste, où le roi recevait la députation du Parlement, la situation n'était nullement désespérée. Les rues n'étaient pas encore barricadées, sauf dans la Cité ; le duc de Guise se tenait enfermé dans son hôtel, avec peu de monde autour de lui. Il fut sur le point de se rendre aux instances de Catherine et de Bellièvre, qui rengageaient, au nom du roi, à quitter Paris, sous promesse qu'aucun de ses partisans ne serait inquiété '. Son ami, d'Espinac, l'archevêque de Lyon, étant venu au Louvre pour supplier le roi de « faire retirer ses gardes et ses Suisses, de crainte de quelque mauvais accident », trouva Henri III plein d'assurance et de gaieté. Le roi exprima même avec tant d'énergie la certitude de se faire obéir