L*EsT0iLE, Ibid., p
Ces gens-là portaient la cuirasse et prêchaient leurs ouaUles, les exhortant « à combattre pour la liberté de la Ville et pour la religion * ». Du grenier des boucheries du Marché- Neuf on avait porté des brassées de piques « prises par (*omptes et à charge de les rendre » au collège des jésuites, transformé en caserne pour la circonstance. Tous ces écoliers, tous ces moines « avoient tous les bords de leurs chapeaux retroussez, et sur le troussîs chacun une croix blanche, armez d'espée et de poignard ' ». Dès six heures du matin, le roi, effrayé de Taspect de la ville, fit mander au Louvre les officiers municipaux. Sainct-Yon vint le premier et essuya les premières récriminations du malheureux prince, qui ne comprenait pas Tacharnement de la population, ayant consenti lui-même à subir ses exigences et à rappeler ses troupes. L'argument, certes, manquait de force, car si les troupes n'avaient pas été rappelées ou plutôt si le duc de Guise n'était pas intervenu pour faciliter leur retraite, elles n'eussent pas échappé à une mort certaine. L'échevin ligueur se borna à faire observer au roi que « le pauvre peuple n'avoit jamais pensé d'entreprendre aucune chose contre Sa Majesté et n'avoit passé les bornes de la défensive », car il croyait « qu'on le vouloît tuer ». Au mot de défensive, Henri III s'écria : « Comment! entrer en défensive contre leur roi! » Alors Sainct- Yon se mit à pleurer et « remontra audit seigneur que Dieu et nature avoient donné à un chacun, tant grand que petit, un désir de conserver sa vie et celle des siens! ' ... »