‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 189 sur 314 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

pour lui livrer passage et refermait derrière elle *. Arrivée eu présence du chef de la Ligue, Catherine le supplia d'apaiser l'émeute et de venir trouver le roi pour « lui faire paroistre, en une si urgente occasion, qu'il avoit plus de volonté à servir qu'à dissiper sa couronne ' ». Mais le duc, glorieux de sa victoire, ne se donnait même plus la peine de feindre. Il répondit « faisant le froid », qu'il n'en pouvait mais, et qu'il était aussi malaisé de retenir le peuple que d'arrêter « des taureaux échauffés ». Quant à se rendre auprès du roi, c'est ce qu'il ne ferait jamais, le Louvre lui étant « étrangement suspect » ; et puis il n'était pas assez naïf, pour « se jetler foible et en pourpoint à la merci de . ses ennemis ^ ». Catherine, voyant qu'elle n'arrivait pas à ébranler le duc, dit tout bas au secrétaire d'État Pinart, qui l'avait accompagnée à l'hôtel de Guise, d'aller informer le roi de l'attitude peu rassurante du chef ffe la Ligue. Lorsque Pinart arriva au Louvre, le roi n'y était plus; craignant de voir son palais envahi par les ligueurs, qui rapprochaient de plus en plus leurs barricades \ supplié par ses émissaires de quitter Paris » plutôt tout seul », s'il ne voulait pas tomber aux mains de l'émeute, Henri III sortit du Louvre à pied par la porte Neuve « sur les quatre heures après midy ^ ». Il avait une baguette à la main et

1. L'EsToiLB et l'auteur de V Ampli fcation des partie, etc., s'expriment encore ici dans les mêmes termes. Seulement il semblerait ressortir de VAmplif, que Catherine alla deux fois trouver le duc de Guise dans l'après-midi, ce qui est en contradiction avec les autres documents que nous avons analysés. W résulte, en effet, du récit de Sainct-Yon que Catherine alla le 13 à la Sainte-Chapelle dans la matinée, et de la relation de PEstoile qu'elle se rendit & Thôtel de Guise dans l'après-midi. Mais rien n'indique qu'elle ait fait deux fois le voyage à travers les barricades dans cette journée du 13. U faut conclure seulement des paroles que Palma- Cayet met dans sa bouche, que Catherine avait déjà fait une visite au duc la veille, c'est-à-dire le 12.

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