L'EsTOiLB, t. ni, p
2. Db Thoc donne quelques déUils intéressanls sur Sainct-Yon, avocat au ChAtelet. Il aurait été nommé échevin i>ar la protection dn roi, et, pan-
Boiluard n'avait aucune autorité. Le duc de Guise» au surplus, ne perdit pas de temps et ne s'attarda pas à discuter la légalité du renouvellement des officiers municipaux. Le 18 mai 1588, une grande assemblée fut convoquée à rilôtel de Ville. La composition en était parfaitement irrégulière, car, au lieu de convoquer les soixante-dix-sept électeurs de droit (savoir le prévôt et les éclievins, les vingt-quatre conseillers de Ville, les seize quartiniers et les trente-deux notables choisis par le grand Bureau '], les chefs de la Ligue avaient réuni dans la grand' salle de la maison commune ce que Palma-Cayet appelle « une assemblée générale du peuple » et ce que les Registres de la Ville ' nomment plus exactement une « compagnie de bons bourgeois catholiques », ou, pour parler net, do ligueurs dévoués. Il ne faut donc pas s'étonner si les élections du 18 mai ' présentent une physionomie toute particulière. Le duc de Guise, tenant la place du premier prince du sang, le cardinal de Bourbon, qui était indis-
dant la Journée des Barricades, joua, comme on Ta vu plus haut, un rôle assez équivoque. Il alla plusieurs fois au Louvre avec Jacques Bellanger^ conseiller au Parlement et commandant de la milice du quartier de la place Maubert; mais, après la défaite des Suisses, Sainct-Yon conseilla au roL de s'entendre avec le duc de Guise et de chevaucher avec lui dans Paris. On trouva le conseil suspect (t. X, p. 269).
1. En ce qui touche la composition du corps électoral qui nommait le prévôt des marchands et échevins, voy. Tordonnance de 1450 sur la juridiction de la prévôté des marchands. Nous Tavons analysée dans notre Hist. munie, de Paris, p. 247, spécialement sur le mode de désignation des bourgeois notables. Voy. (ibid., p. 455), l'analyse de Tédit de mai 1554.
2. Rbo. h, 1789, fol. 127. Nous ferons remarquer que nous reprenons ici la série des Registres, qui n'a pu être mise & profit pour tracer le tableau de la Journée des Barricades, par ce motif qu'il y a dans les Registres une lacune regrettable, depuis le 12 jusqu'au 18 mai 1588. Les feuillets 120 à 126 sont en blanc dans le registre original, ce qui suppose que ces feuillets ont existé sous une autre forme. Est-il téméraire de supposer qu'une main puissante a fait disparaître ces pages, peu flatteuses pour Tamour-propre royal? Cixbbr et Dakjou, au t. XI de la 1'* série des Arch. cur., p. 411, ont reproduit plusieurs extraits des Registres, depuis le 18 mai jusqu'au 28 juillet 1588.
3. UEsTOiLB, ordinairement si exact, dit par erreur que ces élections eurent lieu le « mardi 17* ». La date des Registres fait foi; elle est, d'ailleurs^ confirmée par de Thou.
posé, se présenta dans la grand'salle de THôtel de Ville avec une brillante escorte et pria rassemblée d'élire de nouveaux officiers municipaux « au lieu des anciens, aulcuns desquels se sont absentés, les autres sans exercice, pour estre mal vouUus et hays du peuple & Toccasion des choses naguëres advenues en ladite Ville * ». Après avoir joui des applaudissements de ses partisans, le duc se retira. Aussitôt après son départ, l'assemblée décida à Tunanimité qu'il y avait lieu de procéder aux opérations électorales, et arrêta, en outre, que « les suffrages seroient donnés par les assistans à haulte voix pour éviter à tous abbus ». C'était un moyen assuré de prévenir toute surprise, mais c'était aussi une violation des vieilles coutumes, qui garantissaient le secret du vote. On remplaça les quatre scrutateurs traditionnels par deux bourgeois « commis et députés pour tesmoignage de fidélité au recueillement des voix », et il ne parait pas avoir été question de serment prêté sur le tableau juratoire *. Le sieur de Marchaumont, ancien ambassadeur en Angleterre, ancien chambellan de feu Monsieur, fut élu prévôt des marchands par la majorité des suffrages. Les électeurs nommèrent échevins Nicolas Rolland, général des monnaies, Jehan de Compans, François Costeblanche et Robert Desprès, tous bourgeois de Paris •. François Brigard, avocat au Parlement, fut désigné pour remplir les fonctions de procureur du roi près l'Hôtel de Ville, en remplacement de Pierre Perrot. Mais Marchaumont ayant
i. RSG. n, 1789, ibid.