Reg. H, 1789, f
la célébration officielle du triomphe de la Ligue. L'Estoile dit que les feux de joie de la place de Grève ne provoquèrent que t< peu ou point de resjouissance du peuple, qui murmuroit sourdement que les princes s'estoient bien accordés avec le roy, mais qu'ils avoicnt laissé le peuple en crouppe * ». Jacques de Thou affirme, au contraire, que les Parisiens, depuis longtemps acquis à la cause de ce qu'ils appelaient la Sainte-Union , apprirent la signature de l'édit avec une joie indicible •*. Honorât du Laurent, avocat général au parlement d'Aix, composa spécialement, à -cette occasion, un ouvrage qu'il intitula rHenoticon, C'est un panégyrique de l'unité de religion et de ses bienfaits.
Voyant que le roi cédait tout, la Ligue eut une dernière audace : elle entreprit de ramener par la persuasion le malheureux prince dans ce Louvre d'où l'émeute l'avait chassé et qu'elle espérait bien transformer en prison. Catherine, •toujours complaisante, fut envoyée en avant-garde à Mantes le 23 juillet, mais elle fut « refusée et esconduite tout à plat de S. M., -dont elle revinst à Paris mal contente le mercredi 27* du présent mois de juillet ' ». Les ligueurs ne -se tinrent pas pour battus. Dès le 29, et toujours d'accord avec la reine mère, le prévôt des marchands, accompagné "des échevins Compans et Costeblanche, du capitaine Bussy le Clerc et de quelques autres notabilités du parti, se mit en route pour aller trouver le roi à Chartres. Le lendemain, le duc de Guise en personne, avec une suite de quatre-vingts chevaux; le cardinal de Bourbon, « précédé de cinquante archers de sa garde, vestus de cazaques •de velous cramoisi, bordées et enrichies de passemens
2. T. X, p. 326. Le témoignage de l'illustre historien est d'autant plus digne de créance qu'il expose avec énergie toutes les raisons politiques qui auraient dû porter les Français à s'affliger d'une paix qui semblait consacrer la déconsidération et riiumiliation du souverain.