Db Thou, t. X, p. 51 i. Palma-Caybt, Ibid
3. Palma-Catbt, Ibid. Db Thou, t. X, p. 511. Introd. aux Économies royales, 2« série, t. I, p. 109. UEstoilb, t. Ill, p. 242. Voy. au t. UI de« Mém. de la Ligue, p. 187, Pexamen de la résolution de la Faculté de théologie (par un protestant).
4. On en trouve le texte au t. XII, !'• série, p. 349, des Abch. oui. Il porte le titre de Responsum facultatis théologies parisiensis; il n'est, en
fut envoyé au pape, imprimé et rendu public. Dans les dernières couches du peuple, l'impression fut assez vive, mais la haute bourgeoisie et le Parlement, ou du moins les plus marquants de ses membres \ restaient hostiles à la
eiïet, que la réponse à la requête présentée par les « bons bourgeois, manans et habitanfl de la ville de Paris à monseigneur le duc d'Aumalle et à messieurs les prévost des marchands eteschevins de la ville de Paris».
Une pièce curieuse, conservée par les Registres (H, 1789, f* 246), atteste ce fait important que plusieurs villes de TUnion donnèrent pouvoir aux envoyés parisiens, qu'on chargea de porter au pape le décret de la Sorbonne, de parler en même temps au nom de ces municipalités provinciales. » A tous ceux qui ces présentes lectres verront, Mayeur et Eschevins de la ville d'Abbeville en Ponthieu, salut. Sçavoir faisons comme nous avons sur les remuements faict union avec les villes cathol. de ce royaume pour la conservation et manutention de nostre saincte Religion catholicque, apostolicque et romaine, repos et tranquilité publicque, après avoir entendu le désastre très pernicieux survenu & Bloysle XXIII décembre 1588, pour la mort arrivée de Messeigneurs les duc et cardinal de Guise, qui y ont esté misérablement massacrez, recongnoissans combien il est de besoing et nécessaire que nostre Sainct Père en soit deuement adverty, en luy donnant advis de l'union qu'avons d'abondant jurée et promis tenir» sans nous en pouvoir départir, nous à ces fins et par ces présentes donnons pouvoir à.... députez de Messieurs de Paris pour le regard vers Sa Saincteté de, pour et en nostre nom, faire telles remonstrances et doléances qu'ilz adviseront bon estre vers nostre Sainct Père pour le bien et conservation de nostre saincte Religion; et, à ce faire, leur donnons tout pouvoyr et puissance, promectans avoir agréable tout ce qui sera par eulx faict et apporté, sans aucunement y contrevenir, mais en tout et partout y satisfaire et obéir, comme vraiz enfans de TÉglise catholique. En tesmoing de quoy, nous avons fet expédier les présentes et y fet apposer le grand scel de la Ville. Au grand eschevinagej le xni* jour de janvier 1589. »
Pour compléter ce qui concerne l'envoi au pape du décret de la Sorbonne et les démarches faites par la Ligue en vue d*aîgrir Sixte V contre Henri 111, il faut ajouter que Mayenne, dès le 8 janvier, envoya, de Dijon, le chevalier Jacques de Dion à Rome, avec mission de prier le pontife de prendre sous sa protection les catholiques de France et de venger l'outrage fait à l'Église dans la personne d'un cardinal. D'autre part, la Ligue parisienne fil partir pour Rome Lazare Coqueley, conseiller au Parlement, et lui donna pour second Nicolas de Pilles, abbé d'Orbays, qui, accusé de faux près la cour pontificale, avait été redevable de son acquittement à l'intervention du cardinal de Lorraine. Henri 111, de son côté, avait envoyé & Rome, Claude d'Angennes, évêque du Mans, et avait écrit au marquis de Pisani, son ambassadeur près le SaintrSiège. Voy. Db Thou, t. X, p. 535.
i.Le Dialogue du Maheustre et du Manant dit que le duc d'Aumale, les Seize et Mayenne, qui avait donné des instructions aux chefs de la Ligue, ne demandaient l'arrestation que de « dix ou douze des plus apparans de la Cour de Parlement, vrais partisans du roy Henri ». Sat, Mémppée^ t. ni. Preuves, p. 451. Le Parlement se composait, à cette époque, de 180 membres environ, dont 126 avaient juré sur le crucifix de ne pas se séparer de la Ligue. Cf. Mémoires secrets d'un politique» Arch. cur., i** série, t. XII, p. 249, note 1, p. 271.
Ligue. Aussi, les Conseils, de connivence avec le duc d'Aumale, prirent-ils la résolution de se débarrasser d'uneopposition gênante.
Le lundi 16 janvier, Jean Le Clerc, ce procureur devenu capitaine de la Bastille par la grâce du duc de Guise, investit le palais avec « vingt-cinq ou trente coquins, tous comme lui armés de leurs cuirasses, aiant la pistole en la main ^ ». Dès le matin, de très bonne heure, la compagnie de Compans, qui s'assemblait d'ordinaire dans la cour du palais, était là, cernant toutes les issues. Néanmoins, les magistrats ne s'étaient pas inquiétés. A leur arrivée, on avait expliqué par différents prétextes un déploiement de forces inusité; mais, à huit heures, Bussy pénétra avec sa bande dans la Grand'chambre dorée et se mit en devoir de lire à haute voix la liste des magistrats qu'il avait charge d'arrêter. Elle « s'ouvrait par les noms du premier président, Achille de Harlay, et du président Augustin de Thou..Ce dernier interrompit Le Clerc * et dit qu'il n'était pas nécessaire de lire d'autres noms, car tous les magistrats étaient résolus à suivre leur chef. Les membres du Parlement qui assistaient à l'audience se levèrent, en effet, et se laissèrent enmiener par Le Clerc jusqu'à la Bastille « tout au travers des rues, plaines de peuple, qui, espandu par icelles, les armes au poing et les boutiques fermées pour les voir passer, les lardèrent de mille brocards et
1. L'EsTOiLB, Ibid. Db Thou donne les noms de quelques-uns des ligueurs qui accompagnaient Bussy Le Clerc. C'étaient Jean-Baptiste de Machault, Michel de Marillac et Baston.
2. D'AuBiGNÉ, Hist. univ., t. H, col. 231, raconte très brièvement l'invasion du palais par les Ligueurs et ajoute : « Pour eachantillon ou chef-d'œuyre de quoi, un procureur nommé le Cler, qui ayant fait le coup que je tous conterai, se fit appeller quelques mois après Bussy. L'auteur des Remarques sur la Satyre Ménippée, t. Il, p. 103, ajoute que ce qui donna à Le Qerc l'idée de se parer de ce nom de Bussy, ce fut le désir « de faire renaître pour lui dans l'âme des Parisiens les mêmes égards de terreur et d'estime qu'ils avoient eus autrefois pour le brave Bussy d'Amboise, dont le nom valloit encore chez eux autant que celui de César ».
yilanies * ». Le bruit s'était répandu qu'on conduisait les magistrats à l'Hôtel de Ville, et une multitude de portefaix et de gens du port avaient pris possession de la place de Grève dans l'intention de massacrer les robes rouges et de provoquer un tumulte qui aurait permis de piller les demeures des riches bourgeois; mais on réussit à faire prendre une autre route aux Parlementaires et à les soustraire aux mains furieuses de cette foule en délire*. Le Clerc et ses complices, les Louchart, les Senault, les La Morlière, les Olivier ne se contentèrent pas de ce vaste coup de filet ; ils allèrent arrêter à domicile de nombreux membres de la Cour des Aides, de la Chambre des Comptes et des autres grandes compagnies. Beaucoup furent élargis, il est vrai, dans les jours qui suivirent, nullement par bonté d'âme, mais parce que Le Clerc trouvait dans ces marques de clémence une magnifique source de revenus. Ils ne sortaient de prison, dit l'Estoile, en parlant des magistrats, « que quand il plaisoit à monseigneur de Bussi; auquel (outre les trois, quatre et cinq escus que par jour il exigeoit de chaque teste pour leur journalière despense, encores qu'elle fust bien maigre), il fallait encorcs faire quelque présent de perles ou de chaisncs d'or à madame, de vaisselle d'argent ou de deniers clairs et comptans à monsieur, avant qu'en pouvoir sortir ». • Le Parlement de Paris était brisé. Dès le lendemain, 17 janvier, « on plaida en la Grand'Chambre , à huis ouverts »; la peur avsdt ramené au palais la plupart des magistrats que l'émeute avait épargnés. L'audience était présidée par le président Brisson, jurisconsulte érudit, mais caractère flottant et indécis, qui essayait de conserver à la fois les bonnes grâces de la Ligue et celles du roi. Ce personnage singulier, qui devait payer cher la duplicité