‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 255 sur 314 · DeThod, t. X, p · texte numérisé non relu

DeThod, t. X, p

2. Voir plus haut, p. 408. Félibien, t. V, Preuves^ p. 454, reproduit le texte d'une autre circulaire, adressée par la Ville de Paris aux villes de rUnion, qui est extraite du Registre H, 1789, f> 242, et porte la date du 12 janvier 1589. Il est donc inutile de la reproduire de nouTeau. C'est toujours le même commentaire indigné des événements de Blois. Nous n'en citerons que la conclusion : u Unissons-nous donc plus estroitement que nous ne le fusmes oneques, puisque le sacrement de baptesme nous y a premièrement obligez, et le serment d'un si saint édit nous oste tout scrupule d'autre considération humaine. Secourons ceux que nous voulons secourir et qui nous veulent secourir. Continuons nostre commerce et nous maintenons la foy mutuelle, nous donnant sur ce, s'il vous plaist, vostre response et assurance, nous faisant sçavoir souvent de vos nouvelles et nous aimant comme vos confrères et amis, qui veulent en si juste cause ne se départir autrement d'avec vous, nous recommandons de très bon cœur à voua, et prions le Créateur, messieurs, vous conserver en tout bien et prospérité. Du Bureau de la Ville de Paris, ce 12 janvier 15S9. n

gistreSy le texte de toutes ces lettres, qui présentent un fonds commun, puisqu'elles exploitent uniformément l'assassinat du duc de Guise et du cardinal son frère, en vue de provoquer une insurrection générale contre le roi. Habituellement, la municipalité parisienne, après les considérations de style sur la cruauté du meurtrier, demande à ses correspondants de province une assistance effective. S'il s'agit d'une ville pourvue d'un château ou citadelle, on lui demande de faire avec Paris « bonne union et amitié * » et de s'opposer à l'entrée d'une garnison royale, ou bien de mettre « nombre de genz assurez dans ce chasteau pour le pouvojrr conserver contre tous * ». A la ville de Dreux, et à ses magistrats, on écrit : « C'est à vous à y songer et de croire que la ruyne de Paris est la vostrc inévitable '. » A une autre cité, les officiers municipaux de la capitale assurent que, « si l'on ne s'oppose verlueusement dès le commencement » à tous les attentats de Henri IH, « cette tirannye prendra tel accroissement qu'il n'y aura personne qui puisse vivre en la sainctc religion ny en seureté de sa personne et biens... » Et les échevins ajoutent : » Ces considérations, mûrement débatues en plusieurs conseilles tenuz en ceste ville entre plusieurs grans et graves personnages de toutes qualilez et provinces qui y ont esté appelez et ouys, nous ont faict résoudre de nous opposer par les armes à telle force et violence *. » C'est une véritable déclaration de guerre au roi légitime, déclaration qui est renouvelée d'ailleurs dans une autre lettre adressée à la ville d'Étampes, avec cette particularité que les Parisiens annoncent leur intention de se tenir « sur la deffensive jusque l'arrivée de monseigneur

1. Letire à une ville, du 28 décembre 1588, Rbo. H, 1189, f» 215. Autre lettre, même date, ibid., ^ 217.

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