Reo. h, 1789, fo 231. Lettre du 6 janvier
2. Lettre du 8 janvier. Ibid., f» 232. Dans cette curieuse épltre, la Ville, après avoir rappelé toutes les victoires du duc de Guise, flétrit Tassassinat de son frère le cardinal... « 27 heures après sa détention, de sangfroid et sans luy permettre seullement le sacrement de pénitence, sans respect de Tordre de prêtrise et de la dignité d*archevesque, de premier pair de France... ». Elle s*élève aussi contre « la détention du premier prince de sang, monseigneur le cardinal de Bourbon, de messeigneurs les ducs de Nemours et d'Ëlbœuf et du prince de Joinville, et aussy celle de plusieurs seigneurs et autres notables personnages qui, en l'assemblée des Ëstatz où ils ont esté convocquez a£>us la foy publicque, travaillans pour le service de Dieu et du public, contre tout droict divin et humain et contre la franchise naturelle de telles assemblées, ont esté pris par le grand prévost, accompagné du bourreau.*. » La Ville proteste d'ailleurs contre l'excuse alléguée en faveur du Roi, qu'il aurait été poussé à bout par la sommation que lui avaient faite les Etats de jurer l'édit d'Union : « Car ce feust estre forcé de bien faire, estant cest édict par les trois ordres des Estatz recongneu d'une voix très utille, voire nécessaire et l'exécution d'icelluy requise, icelluy en assemblée généralle juré solennellement, mesme sur le sainct sacrement du précieux corps de Jésus-Christ, et non seulement une fois, mais plusieurs. C'est chose horrible, seullement à penser, que des chrétiens veullent rendre une telle foy viollable et blasphème exécrable, que la saincte communion doibve servir de masque à l'entreprise de telles cruaultez, et que les corps ainsy inhumainement meurtriz doibvent estre escartellez et bruslez pour les priver de leur sépulture. »
Slâ PARIS ET LA LIGUE
la population surexcitée le bloquait étroitement, tandis que Henri III, mal conseillé par le duc de Retz, hésitait à envoyer au maréchal les renforts qu'il demandait avec instance. C'est dans ces circonstances que la ville de Paris résolut d'expédier des secours aux Orléanais. Le chevalier d'Aumale, Claude de Lorraine, frère du gouverneur, s'ofifrit pour commander cette expédition : c'était d'ailleurs une excellente occasion de débarrasser la capitale de tous les brigands qui infestaient les faubourgs et la banlieue. Un ordre du gouverneur enjoignit « à tous maistres de camp, capitaines et chefz, conducteurs de gens de guerre,, tant de cheval que de pied, estant levez pour la déffence de la saincte religion catholicque, de s'acheminer avec leurs trouppes et compagnies, en la plus grande dilligence qui leur sera possible, vers Orléans, pour rejoindre à l'armée de monseigneur le duc de Mayenne, sans plus séjourner ès-environs de ceste ville de Paris, ny en aultre lieu, sur peine de la vye * ». Chef de ces bandits, le chevalier d'Aumale commença la guerre sainte en pillant l'hôtel de Gondy au faubourg Saint-Germain où il se procura économiquement plusieurs chevaux de prix '. Néanmoins, le petit corps parisien arriva sans obstacle jusqu'à Orléans et redoubla l'ardeur des habitants qui continuaient d'assiéger le château, sous la direction des sieurs de Trémont et de Roissieux. Une seconde colonne, partie après le chevalier d'Aumale, avec un convoi de poudre, fut moins heureuse que la première; elle rencontra en route un détachement royaliste, commandé par Philippe d'Angennes et François de la Grange de Montigny, qui enlevèrent le convoi et mirent en déroute les ligueurs de l'escorte. La situation du maréchal d'Aumont n'en était pas moins des plus critiques. Il n'avait avec lui que quatre cents hommes