Ibid., p
3. làid,, p. 248. Le grave historien de Thou confirme absolument le dire de TEstoile, toujours si eïact et de si bonne foi : « Il s'en trouvoit
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contristaient bien quelques bonnes âmes, mais on fermait les yeux dans Tintérêt de la bonne cause.
D'ailleurs , des distractions d'un caractère différent étaient, en même temps, offertes aux Parisiens.
Le lundi 30 janvier 1589 *, eut lieu à Notre-Dame un service solennel pour le salut des âmes du duc et du cardinal de Guise. Tous les chroniqueurs du temps s'accordent à reconnaître qu'on ne déploya jamais pareille pompe pour les funérailles des rois. Aimar Hennequin, évêque de Rennes, officia, et Pigenat, le fameux curé de Saint-Nicolas des Champs, prononça l'oraison funèbre. La Ville de Paris, en corps, toutes les cours souveraines et le duc d*Aumale assistèrent à la cérémonie. C'est la municipalité qui supporta les frais de la cire des cierges, et le chapitre métropolitain prit à sa charge le reste de la dépense.
Quelques jours plus tard, le 7 février, une autre solennité passionna les Parisiens. Peu de temps avant la mort de son mari, la duchesse de Guise * avait quitté Blois pour venir faire ses couches à Paris. LVnfant vint
même, dit-il, quelques-unes des plus jolies filles qui, pour rendre leur dévotion plus agréable à ceux qui en étoient témoins, n'étoient couvertes que d'une seule toile de lin très fine, qui n'opposoit aucun obstacle aux regards curieux, ni souvent même aux caresses empressées des jeunes gens qui les conduisoient galamment par-dessous les bras. » Hist. univ., t. X, p. 529. — Conf. Conseil salutaire d* un bon Français aux Parisiens, après Sat. Ménippée, t. III, p. 268.
1. C'est la date donnée par l'Estoile. Pi^xibiks (l. Il, p. 1179) dit que le 30 était un jeudi, mais c'est évidemment une erreur.
2. Catherine deClèves, née en 1548 de François de Ctèves, duc de Nevers, et de sa première femme, Marguerite de Bourbon-Vendôme. Veuve en 1566 d'Antoine de Croy, prince de Portien, qu'elle avait épousé en octobre 1560 et qui lui avait fait embrasser le calvinisme, elle abjura, sur les instances de Catherine de Mâdicis, et se remaria en 1570 avec Henri de Guise. Ses mœurs avaient été plus que légères. Comme sa sœur aînée, la duchesse de Nevers, elle portait dans ses heures les portraits de ses amants peints en crucifix. Le comte de Saint-Mégrin, que Mayenne fit tuer au sortir du Louvre, figurait sur cette liste. Voy. dans Tallemant des Réaux l'histoire du bouillon que le duc de Guise fit prendre à sa femme, (T. I, p. 80. Edition Monmerqué et Paulin PÂris.) La duchesse ne devait mourir que le 11 mai 1633, en odeur de sainteté, à cause de ses largesses aux jésuites (amore incensa societatis Jesu).
au monde après Tassassinat de son père et cette délivrance de la duchesse souleva parmi la population parisienne un enthousiasme universel. Conformément à la demande qu'ils avaient faite, le prévôt des marchands -et les échevins tinrent sur les fonts Tenfant du chef de la Ligue, à Téglise Saint-Jean-en-Grève. La duchesse d'Aumale fut la marraine et Ton donna au posthume les noms de François- Alexandre, Paris de Lorraine *. Ce haptême se fit remarquer par un faste inaccoutumé et « de la magnifique cérimonie, comme dit TEstoile, car la plus part des capitaines des dixaines de Paris marchoienl deux & deux, portaus flambeaux de cire blanche et ardante, et estoient suivis des archers, harquebouziers et arbalestriers de la Ville, vestus de leurs hoquetons, marchans en même ordre et pôrtans semblables torches ou flambeaux ». Pour terminer la fête, une magnifique collation fut oflerte dans la maison commune aux princes et princesses de la Ligue et l'artillerie municipale retentit en signe d'allégresse. « Le peuple de Paris en grande affluence estoit espandu par les rues où passait la pompe, bénissant Tenfant et regrettant le père avecq douleur et gémissements très grands • ».
Malgré l'attrait de toutes ces cérémonies à effet, les meneurs de la Ligue comprenaient fort bien qu'elles ne suffisaient pas à occuper l'esprit du peuple et qu'un chef était plus que jamais nécessaire pour imprimer une direction suivie aux forces de la faction. Enfin Mayenne fit son entrée à Paris le 12 février 1589 % au milieu d'un enthou-
1. Il mourut en juin 1614, des suites d'un accident, et fat gouverneur de Provence. La mort des barons de Luz, père et fils, sont les deux actions qui ont illustré le filleul de Paris, et c'est une célébrité qui serait aujourd'hui de la compétence de la cour d'assises.