Ibid., p
3. Jbid., p. 247. Plusieurs de ces processions eurent un caractère absolament officiel. C'est ainsi que le jendi 16 février 1589, second jour de carême, les capitaines de Paris firent une procession imposante. « Ils estoieni huit vingt en nombre, dit l'Estoile, et autant de lieutenants, et encore autant de porte-enseignes, pource qu'aux seize quartiers de Paris on compte huit vingt dizaines. » T. III, p. 249. Précédés de congrégations nombreuses qui marchaient pieds nus et chantaient des psaumes, ils allèrent de Saint-Marlin-des-Champs à Sainte-Geneviève « deux à deux, tous en deuil, portans torches, flambeaux et cierges blancs, armoiries des armoiries des
avaient dix ou douze ans, promena dans Paris ses cierges et ses litanies discordantes. Tout cela était si captivant que la nuit ne mettait pas fin à ce mardi-gras sacré. Les chroniqueurs les plus dignes de foi affirment même que l'intérêt du spectacle augmentait encore avec les ténèbres. L'Estoile rapporte que les ligueurs se levaient souvent pour aller quérir le curé de leur paroisse et le forcer de prendre la direction d'une procession nocturne. La chose arriva au curé de Saint-Eustachc, qui trouva le zèle de ses paroissiens bien intempérant; et puis cet ecclésiastique « avec deux ou trois autres de Paris et non plus » constatait que dans ces promenades politico-religieuses « tout estoit de quaresmeprenant et que bonne maquerelle pour beaucoup estoit umbre de dévotion. Car, en icelles, hommes et femmes, filles et garsons, marchoient pesle mesle ensemble, tout nuds, et engendroient des fruits autres que ceux pour la fin desquels elles avoicnt esté instituées * ». La fille d'une bonnetière du quartier de la Porte-Montmartre en sut quelque chose au bout de neuf mois, et « un curé de Paris qu'on avoit ouï prescher, peu auparavant, qu'en ces processions les pieds blancs et douilletz des femmes estoient fort agréables à Dieu, en planta un autre {un fruit) qui vinst à maturité au bout du terme ' ». Le chevalier d'Aumale, qui n'était pas ennemi des plaisirs profanes, s'amusait à jeter aux dames, au moyen d'une sarbacane, des dragées musquées, et réchauffait les pénitentes transies « par les colations qu'il leur aprestoit, tantôt sur le pont au Change, autrefois sur le pont Nostre-Dame, en la rue Saint- Jacques-la-Verrerie et partout ailleurs ' ». Ces scandales
deffuncts duc et cardinal de Guise avecq chapiteaux noirs semés de larmes. » Le duc et le chevalier d*Aumale se trouvaient en tête du cortège.