C'est la date donnée par de Thou, t. X, p
tS. C'est ce qu'a parfaitement exprimé Pierre Pithou dans la harangue de d'Aubray : « Lieutenant de TFltat et couronne est un titre inouy et estrange qui a trop longue queue, comme une chimère contre nature qui fait peur aux petits enfants. Quiconque est lieutenant est lieutenant d'un autre, duquel il tient le lieu, qui peut faire sa fonction, à cause de son absence ou autre empeschement ; et lieutenant est lieutenant d'un autre homme, mais de dire qu'un homme soit lieutenant d'une chose inanimée, comme TEstat ou la couronne d'un roy, c'est chose absurde et qui ne se peut souffrir ». Sat, M., 1. 1, p. 150.
dent Brîsson, auquel de Thou attribue la paternité de cette qualification étrange, prétendait se faire un mérite d'avoir sauvé ainsi le symbole et le principe de la royauté française. Les lettres de lieutenance furent scellées d'un nouveau sceau qui portait Tinscription suivante : Le Scel du royaume de France *. Mayenne, de retour à Paris, prêta serment devant « cette assemblée d'esclaves, cette canaille prostituée qu'ils apeloient le Parlement* », le lundi 13 mars 1589. Par la formule que le président Brisson prononça et que Mayenne répétait, le lieutenant général promit de combattre pour la religion catholique, de maintenir l'autorité des parlements, les privilèges du clergé et de la noblesse et de diminuer les impôts '.
En attendant l'ère des dégrèvements, le conseil de rUnion avait une façon primitive, mais assez pratique de se procurer des ressources. Il confisquait les biens des royalistes et, comme le dit énergiquement la Satire Ménippée *, « curait rudement les bourses ». Ayant appris que la maison de Pierre Molan, trésorier de l'épargne, recelait des meubles précieux et des sommes d'argent considérables, les ligueurs y envoyèrent Baptiste de Machault et Bertrand Soly, conseillers au Parlement, pour mettre la main sur ce trésor, dont l'existence avait été révélée par les maçons qui avaient pratiqué les cachettes. L'Estoile, qui
1. Palma-Cayet, p. 103. L'Estoile, t. III, p. 258. Pour être tout à fait exact, il convient de dire qu'il y eut deux sceaux, fabriques sur l'ordre des ligueurs, un grand pour le Conseil et un plus petit pour les parlements et les chancelleries. — Quant aux arrêts du Parlement, ils furent dorénavant précédés d'une mention ainsi conçue : « Les gens tenant le Parlement », substituée à l'intitulé : Henry^ par la grâce de Dieu, roy de France et de Pologne. Les lettres de grâce, rémission, abolition, délivrées par le duc de Mayenne, portèrent ce titre : Charles^ duc de Mayenne, pair et lieutenant général de Vestat et couronne de France. Voy. Palma-Cayet. Ihid,