‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 271 sur 314 · Harangue de (TAubray · texte numérisé non relu

Harangue de (TAubray

reproduit le procès-verbal de la saisie, déplore le malheur des temps et la chance des « larrons de TUnion », tout en traitant aussi d'archi-larron le trésorier Molan, lequel a avoit si excessivement volé et dérobbé le roy et le peuple qu'il méritoit bien d'estre pendu... » Quoi qu'il en fût, c'était pour l'Union une bonne aubaine dont le total s'élevait à environ trois cent mille écus. « Affriandés aux inventaires des Politiques », comme dit le chroniqueur, les ligueurs ne bornèrent pas là leurs exploits, et leurs limiers multiplièrent les perquisitions. On inventoria les meubles et les valeurs appartenant au sieur Amelot, prieur de Saint- Martin des Champs, et au président Amelot son frère. Chez le président de Verdun, on saisit une somme de 40,000 écus qui passa dans la caisse du parti catholique ^ Il faut d'ailleurs reconnaître que dans cette campagne financière la Ligue parisienne déploya le génie le plus inventif. Un grand nombre do magistrats royalistes avaient été mis à la Bastille. Bussy Le Clerc se montra disposé à ouvrir la porte de la prison dont il était gouverneur à quelques-uns d'entre eux; c'est ainsi que furent mis en liberté les conseillers Perrot, du Puis, Jourdain, Tournœbus, les présidents Forget et Amelot, le doyen Séguier, le secrétaire Mortier et l'avocat Boney, « mais il y falust employer, comme on dit, le vert et le sec et le sang de la bourse • ». Quant aux autres, sans doute plus riches et dont le geôlier espérait tirer de fortes sommes, ils durent rester en prison; la duchesse de Guise, la Sainte-Veuve, comme on l'appelait, s'amusait beaucoup « des damoiselles et fenmies de bien qui alloient visiter leurs maris prisonniers, disant qu'elle prenoit un singulier plaisir à voir ces damoiselles crottées qui s'en alloient à la Bastille raccoustrer les hauts de chausses à leurs maris ». Cet aventurier de Bussy Le

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