Pasquier, Ibid
4. Palma-Catet. Il faut signaler la curieuse hypothèse de l'Estoile, qui prétend que Loignac trahissait non pas le roi, mais les Parisiens auxquels il voulait extorquer 200,n00 écus, sous prétexte de leur rendre les prisonniers d'Amboise. Le chroniqueur ajoute qne les ligueurs de Paris le prirent bien pour un traître et emprisonnèrent son oncle le seigneur de Bourbonne et le frère du capitaine Du Guast qui étaient venus traiter cette affaire. « Les Parisiens, aians descouvert la fraude, les serrèrent tous deux prisonniers en la Bastille dont ils furent, quelque temps après, retirés et rendus en eschange du seigneur de La Chapelle-Marteau, prévost des marchans de Paris. » T. III, p. 253.
bonne escorte. Libre de mettre à rançon La Chapelle-Marteau, le président de Neuilly et Tarchevêque de Lyon, Du Guast ne fit pas avec la Ville de Paris un moins bon marché qu'avec le roi. Dès le 25 février 1589, « le conseil général des catholiques estably à Paris, attendant rassemblée des Estats du royaume * », avait prescrit à la municipalité de réunir une assemblée générale pour traiter la question de la délivrance et de la rançon des prisonniers d'Amboise. Cette assemblée eut lieu le 27 février. Il y « fut exposé qu'on estoit convenu à 200,000 livres pour la délivrance des princes, prévost des marchands, président de Neuilly et autres prisonniers d'Amboise , ladite somme, payable par termes, à quoi dix ou douze notables personnages offrent de s'obliger, qu'il est raisonnable d'indemniser * ». Cette proposition fut adoptée, et l'assemblée, après avoir voté des remerciements aux notables qui garantissaient la rançon des prisonniers, autorisa la levée « d'une capitation sur tous les habitans sans exception » pour rembourser aux capitalistes du parti le montant de leurs avances. Dès que Du. Guast eut touché la rançon convenue, il mit en liberté le prévôt La Chapelle-Marteau, le président De Neuilly et l'archevêque de Lyon. On peut aisément se faire une idée de l'atteinte profonde que tous ces marchandages portèrent à l'autorité royale, déjà si affaiblie. Il faut conclure sur ce point comme Palma-Cayet : « Les choses laides sont tousjours laides, quelque couleur qu'on leur donne ».