Palma-Caybt, p. 107. — Db Thou, t. X, p
PARIS RâGIGIDE 545
de Nevers s'était, pour ainsi dire, fondue, occupaient en maîtres le Poitou, une partie du Berry et venaient jusqu'en Touraine montrer leurs enseignes aux derniers défenseurs du roi de France comme une espérance ou comme une menace. Le roi de Navarre, remis d'une maladie grave *, voyait tomber toutes les places devant la seule terreur de son nom ou le prestige de sa politique de clémence. Après Niort, il avait pris Saint-Maixent, Maillezais, Mirebeau, Vivonne, TIle-Bouchard, Argenton et Chatellerault '. C'est de cette ville qu'à la date du 4 mars 1589 il adressa un manifeste célèbre aux trois états du royaume. Le Béarnais, tout en refusant d'abjurer sa religion « la dague sur la gorge », affirme ses sentiments de tolérance à l'égard des catholiques, d'amour et de pitié pour le peuple que ruine une guerre fratricide, de fidélité au roi « son seigneur »; il somme les ligueurs de mettre fin à leurs entreprises et les menace, s'ils refusent, de rendre la paix au royaume, soit tout seul ot « au hasard de dix mille vies », soit avec le concours du roi, s'il l'appelle auprès de lui '.
Ainsi Henri de Bourbon préparait sa réconciliation avec Henri HI et mettait une délicatesse pleine de dignité à faciliter une alliance qu'une partie de la cour du Valois estimait nécessaire *. Mais, malgré toutes les humiliations dont il était redevable à la Ligue, Henri UI éprouvait une répugnance invincible à se jeter dans les bras du roi huguenot. Fidèle à ses habitudes de duplicité,
1. Le roi de Navarre était tombé malade à Saint- Père, le 9 janvier, en allant secourir la place de la Ganache, assiégée par le duc de Nevers. Le bruit courut à Blois que Henri de Bourbon était mort, et la Ganache capi* tula. Voy. Palma-Caybt, p. 99.
2. De Thou, t. X, p. 584, et d'Aubioné, HUt. univ., livre II, chap. xv.