‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 301 sur 314 · Hist. univ„ livre II, chap. xxi · texte numérisé non relu

Hist. univ„ livre II, chap. xxi

3. GoDdy, l'évéque de Paris, était reslé fidèle au roî. HeDrl III se trouTait

roi de Navarre, soutenu par un régiment de Suisses, occupait la rive de la Seine jusqu'à Vaugirard. Le 1" août, au inatin, le Béarnais, « n'ayant que 800 chevaux, se vint mettre en bataille à la veue de la ville, aux carrières de Vaugirard * ». Rien ne bougea dans la place. Quant aux huguenots, ils « estoient ravis de joie d'ouyr siffler les balles de Paris ». C'était à qui ferait le coup de pistolet avec les ligueurs, et Tune des vedettes du roi de Navarre 'sauta même par-dessiis le fossé du Pré-aux-Clercs pour aller combattre un cavalier parisien qui l'avait défiée, et -elle l'amena prisonnier au prince de Conti. On s'amusait, au camp huguenot, de ces beaux coups d'épée qui rappelaient Bayard et la chevalerie du vieux temps, lorsque Roquelaure « éteignit les 'gayetés ^> en annonçant à ses <5ompagnons qu'un moine venait de blesser le roi de France...

L'attentat n'était qu'une conséquence de la situation désespérée de la Ligue et la conclusion logique des doctrines des théologiens du parti. Il serait puéril de contester que ces doctrines autorisassent le régicide. Sans parler du décret de la Sorbonne, rendu en janvier 1589 *, qui permettait au peuple de s'armer contre le roi, tous les prédicateurs excitaient depuis plusieurs mois la fureur homicide des fanatiques. Guincestre notamment n'éprouvait pas la moindre hésitation. Au mois d'avril, le vendredi saint, il avait dit à un des principaux personnages de l'Union « qui

bien là pour « voir tout à son aise sa ville de Paris quMl disoit estre le •cœur de la Ligue et que, pour la faire mourir, il lui faloit donner le coup droit au cœur ». (L'Estoilb, t. III, p. 302.)

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