Ibid,, fo
3. Voici le texte du mandement adressé à ce propos aux quartiniers : Ci De par les prévost des marchands et eschevins de la Ville de Paris, sire Jacques Kerver, nous vous mandons que, suivant la volonté du roy, vous ayez à advertir et prier tous les bourgeois des faulbourgs de vostre quartier de laisser leurs meubles et biens en leurs maisons et à y recevoir les Suisses que Sa Majesté faict venir pour la seuretté des tranchées de la nouvelle fortiffî cation. Faict au Bureau le XVII* jour d'avril 1576. » làid. Des lettres patentes du 12 janvier 1576 avaient accordé aux colonels, capitaines, lieutenants et enseignes de la Ville de Paris la dispense de loger « aucuns princes, prélatz, gentilhommes, officiers, ambassadeurs et autres personnes estans de présent et qui seront cy-après à la suite de nos Ire cour, de quelque qualité et condition qu'ilz soient ». Le bénéflce de ces lettres patentes fut plus tard étendu au prévôt des marchands et aux ëchevins de Paris.
4. Nous avons déjà indiquée plusieurs reprises (notamment Hist, mun., 397)
On eût dit que la cour faisait un dernier effort pour tenir tète aux « huguenots et catholiques associés », comme on disait alors. Le 21 avril, le duc de Guise et le duc de Mayenne, son frère, s'étaient établis l'un à Melun, l'autre à Ëtampes pour barrer la route au prince de Coudé, qui faisait mine de marcher sur Paris. Mais, quatre jours plus tard, la reine mère quittait à son tour la capitale, emportant le traité de pacification signé d'elle et du roi. Ce fut à Beaulieu, près de Loches, en Touraine, que Catherine finit par tomber d'accord avec Monsieur et arrêta les soixantetrois articles de la rédaction définitive. Le roi accordait aux réformes le libre exercice de leur religion dans toute l'étendue du royaume. Il s'engageait à convoquer et convoquait dès à présent à Blois les États généraux du royaume, désavouait la Saint-Barthélémy, réhabilitait la mémoire de La Mole et Coconas, de Coligny, du comte de Montgommery, de Briquemaut et de Montbrun ; accordait aux réformés des chambres mi-parties dans les huit parlements du royaume ; promettait à Jean-Casimir 700,000 écus d'or et la solde de quatre mille reîtres, à titre de pension annuelle. Au prince de Coudé, Catherine avait offert la perspective du gouvernement de Picardie; au duc d'Alençon, on livrait, pour grossir son apanage, trois magnifiques provinces, l'Anjou, la Touraine, le Berry, avec une pension de 400,000 écus d'or. C'était démembrer la France et se débarrasser de l'étranger à la façon de Charles le Gros. Telle était la paix de Monsieur !
Pour solder tant de honte, il fallait beaucoup d'argent. Henri III se fit mendiant. « Messieurs de la cour de Parlement » furent mandés successivement au Louvre, où le roi mettait en demeure « chacun d'eux, selon leurs moiens et facultés, de lui faire prest de quelques sommes de deniers
cet usage où était la Ville d*o(Trir de Thypocras et des épices aux personnages que le roi ou la municipalité voulaient honorer particulièrement.
promptemcnt ». Les pauvres robins marchandaient, « s'efforçant chacun par ses remonstrances à paier le moins que possible lui estoit * ». Mais Temprunteur n'était pas pour se contenter de ces défaites et il savait regarder au fond des bourses. Les présidents ne s'en tiraient pas à moins de deux ou trois mille livres ; le premier président dut en bailler cinq mille; les simples conseillers de deux cents à mille livres. A vrai dire, le malheureux roi rencontrait parfois chez ces gens de robe des résistances égales à son avidité, et il se mit dans de telles colères « qu'on le retira de là )>, dit le chroniqueur. Une commission fut instituée pour faire les taxes. Elle comptait parmi ses membres MM. Christophe de Thou et Séguier, présidents au Parlement, Nicolaï et Bailly, présidents des comptes, de NuUy, premier président des généraux des finances. Les commissaires se trouvaient investis d'une tâche ingrate et dangereuse. Paris se couvrit de placards dirigés contre eux « portans menaces de les massacrer et saccager ». Sur l'une de ces affiches, apposée au coin de l'hôtel du président Séguier, on lisait : « Suffise vous, président de Thou et Séguier, antiques pestes de la justice, d'avoir introduit par vérification, pacte à pris fait avec les ennemys de Dieu et du roy, la prétendue religion en roiaume de France et mis l'Église de Dieu en confusion. Cessés de ruiner le pauvre peuple par vos beaux emprunts et par le mauvais conseil que vous donnés de la rupture de l'Hostel de Ville et abolition des rentes et biens des veufvcs et pupilles... ou vous mourrés. »
En s'adressant aux membres des cours souveraines, Henri III se gardait bien d'oublier les bourgeois de Paris. Le prévôt des marchands et les échevins étaient allés au lit de justice qui se tint le 28 avril au Palais, dans la salle Saint-Louis. Le roi y avait pris lui-même la parole «.