‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 52 sur 314 · LTSTOILK^ t. I, p · texte numérisé non relu

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2. Re6. h, 1787, fo 310. « Et par sa dicte Majesté auroit esté diet et

Quand il eut « longuement faict entendre les occasions de la dicte levée et emprunct », le prévôt des marchands se leva et « remonstra à sa dicte Majesté que luy et les eschevins de la dicte ville, y présens, ne peuvent accorder, ne consentir aulcune chose, suppliant très humblement Sa Majesté luy permettre de faire, en la manière accoustumée, assemblée en THostel de la dicte Ville des bourgeois et habitans, pour leur faire entendre ce qu'il avait pieu à Sa Majesté proposer et dire, pour après en faire entendre au dict sieur roy la responce et résolution. » Mais Henri III, déjà fatigué de son propre discours, n'était pas d'humeur à soumettre ses demandes de subsides à l'épreuve des discussions, toujours un peu vives, d'une assemblée générale '. Ce ne fut même pas, comme d'habitude, la municipalité parisienne que l'on chargea de répartir l'emprunt du roi. La mission dont il s'agit fut confiée à la commission royale qui siégeait au Louvre '.

Les tètes commençaient à s'échauffer. On trouvait qu'après toutes ses fautes Henri III aurait dû prendre un ton moins hautain dans ses relations avec son peuple, et spécialement avec la municipalité parisienne. Le monarque aggravait encore le caractère tyrannique de ses procédés par des créations d'offices inutiles. C'est ainsi qu'à la fin d'avril il institua deux contrôleurs des rentes de la Ville. Le

prononcé à la dicte assistance que, pour l'urgente nécessité de ses affaires et pour la conservation de son Estât et de ses subjectz et mesmes pour chasser les estrangers hors de ce royaulme, il estoit contrainct lever, par forme d'empruntz, une bonne et grande somme de deniers sur tous ses dictz subjectz, et mesme sur les manans et habitants de la dite ville. »

1. D'après les registres de la Ville, « il auroit sur ce dict et respondu au dict sieur prévost qu'il n'entendoit et ne vouloit que auculne assemblée feust pour ce faicte par les dicts sieurs prévost et eschevins; mais que, pour aultant qu'il falloit que le secours feust prompt, il vouloit son commandement estre promptement exécuté et sans retardation ». Après cette dure réplique, le roi se leva et sortit de la salle Saint-Louis.

2. «... L'exécution duquel emprunct a esté faicte par aucuns présidens des cours souverainnes au chasteau du Louvre, par commission parlicullière du roy, et non & la dicte maison de ville, ny par les dictz sieurs prévost et eschevins. » ïbid.

Bureau protesta vigoureusement ; mais il eut beau déclarer que « c'estoit contre la teneur des contratz de la dicte Ville, et quecbascun désespéroit des rentes de la dicte Ville, desquelles et sur lesquelles il ne sera plus possible de recouvrer ung sol », le roi répondit « qu'il entendoit, quant aux dictz controlleurs, qu'il feust passé oultre et feussent receuz * ». Et les contrôleurs furent reçus.

Les nouvelles taxes imposées aux Parisiens semblaient d'autant plus lourdes que les sommes accordées par la Ville dans rassemblée générale du 20 décembre 1575 n'étaient pas encore payées. Henri III, irrité de la mauvaise volonté du Bureau, ordonna au prévôt des marchands, le 29 avril 1376, de lui apporter les rôles des seize quartiers, afin de relever lui-même les noms des bourgeois qui n'avaient pas versé leurs cotisations pour la solde des Suisses '. Le prévôt des marchands et les échevins se rendirent au Louvre et déclarèrent au roi « que la Ville n'avoit accoutumé soy dessaisir des rooUes des cottisations faictes en icelle ville, ains qu'ilz avoient accoustumé de demeurer au bureau d'icelle ville ». Le roi ne fléchit pas et rcnou-

1. Rkg. h, 1787, f* 311. Toutefois, il faut ajouter que le prévôt des marchands et les échevins ayant adressé au roi, le 5 mai, une demande de sursis pour produire les motifs de leur opposition à la création des deux offices de contrôleurs des rentes, le roi, bien qu'il eât défendu aux magistrats municipaux « de faire assemblée de yille pour communiquer et délibérer des causes d'opposition », les autorisa & lui présenter par écrit, le lendemain à dix heures du matin, leurs causes d'opposition. Ibid,^ f<> 312.

2. Ibid, Le roi, déployant son génie fiscal, s'adressait en même temps à toutes les corporations constituées, pour en tirer de l'argent. Nous avons dit de quelle manière les membres des cours souveraines avaient été mis à contribution. Les avocats et procureurs eurent leur tour. Le premier président les assembla au palais, dans la salle SaintrLouis, le lundi 7 mai, et leur communiqua individuellement le chiffre de la taxe imposée à chacun d'eux. Les malheureux avocats durent se rendre au Louvre et verser leurs cotisations peu spontanées dans les coffres du roi. U est vrai qu'on leur délivra quittance. Voy. l'Estoile, t. I, p. 130. Le même procédé fut appliqué aux « autres officiers, pratticiens et notables bourgeois de Paris »; et le chroniqueur s'égaye un peu aux dépens des partisans de la vénalité des offices. H trouve naturel que la royauté, toujours sollicitée d'augmenter le nombre des charges vénales, ait songé à battre monnaie avec la vanité des bourgeois ambitieux.

vela . ses ordres, si bien que les magistrats municipaux « baillèrent les dictz rooUes et les mirent entre les mains de sa dicte Majesté, n'ayant vouUu les mettre, ny bailler en aultres mains, quelques demandes qui leur en ayent esté faîctes ».

On devîne avec quel enthousiasme les Parisiens accueillirent ^la publication d'une paix qui coûtait si cher. Cette publication eut lieu le 8 mai, suivant le cérémonial accoutumé *. Le 14, le roi vint au Palais, accompagné des princes du sang et des officiers de la couronne : il fit homologuer redit de pacification par le Parlement, assemblé en robes rouges, et tous les assistants jurèrent, à l'exemple du souverain, IVw/r^/^n^m^Me l'édit. Mais, lorsqu'après la publication Henri III vint à Notre-Dame pour faire chanter le Te Deum « et puis faire feux d'allégresse par la Ville, le clergé et le peuple ne voulust entendre ni à l'un, ni à l'autre, faschés et desplaisans de plusieurs articles accordés aux Huguenos par cest édit de paix. Toutefois, le lendemain, fust ledit Te Deum solennel chanté par les chantres du roy, en ladite église de Paris, sur les cinq heures du soir, et ce en l'absence des chanoines, chapelains et chantres de Paris, lesquels ne s'y voulurent trouver : dont le roy fut fort marri et indigné • ». Le Te Deum fut donc une cérémonie officielle, rien de plus. Les cours souveraines et le corps de Ville y assistèrent comme contraints et forcés; mais les feux de joie allumés devant l'Hôtel de Ville, suivant la coutume ', et les sonneries des trompettes et hérauts du roi sur la Table de marbre furent accueillis par la population avec une froideur glaciale. Catherine, la négocia-

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