‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 62 sur 314 · RB6.H · texte numérisé non relu

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des marchands et, on général, toutes personnes » à porter aux commissaires désignés plus haut les plaintes, doléances et remontrances qu'ils désiraient proposer au roi et envoyer aux États généraux. Le 17 septembre, M. Marcel, conseiller du roi, intendant de ses finances, vint au Bureau de la Ville et invita la municipalité à envoyer un échevin ou un conseiller de Ville avec deux bourgeois pour prendre part à la réunion des deux autres ordres qui se tenait à Tévêché de Paris. La ville députa M* Claude Perrot, procureur du roi et de la Ville, avec Jehan Merault et Louis do Creîl, marchand et bourgeois de Paris.bitroduits dans la salle de Tévêché, les délégués municipaux firent immédiatement leurs réserves. Claude Perrot, au nom* du tiers état parisien, demanda acte de sa protestation, « qui estoit que ladicte comparution qu'il faisoit n'estoit en vertu du mandement du prévost de Paris, ains du commandement présentement faict par le roy et sans aucunement desroger no préjudicier aux droictz, auctoritez et prééminences de mesdictz sieurs les prévost des marchans et eschevins qui ne recognoissent aucunement ledict prévost de Paris en assemblée d'estatz ». Fièrement, le procureur de la Ville réclama la place « que les estatz de la prévosté et vicomte de Paris ont accoustumé de bailler en tous lieux aux députez de ladicte Ville de Paris ». Ce ferme langage en imposa-t-il aux officiers royaux qui présidaient l'assemblée des électeurs de la noblesse du clergé; le roi avait-il envoyé des ordres prescrivant de ne pas blesser les susceptibilités du tiers? Toujours est-il que, d'après la relation des registres, le lieutenant civil et le procureur du roi au Châtelet se levèrent pour faire une place aux trois députés de la Ville et leur firent donner des sièges « à part, devant et vis-à-vis le sieur prévost de Paris ». Les délégués assistèrent à une partie de la séance et entendirent l'appel des « gentilshommes tenant les fiefs do

ladicte prévoslé de Paris * ». Après quoi ils se retirèrent.

La commission, nommée le 6 septembre pour recevoir les plaintes et doléances des bourgeois, avait déjà tenu séance « par plusieurs et divers jours » à THôtel de Ville, et le sieur de Versoris avait été chargé de la rédaction du cahier général. Mais ce travail n'avançait que lentement. Le 28 septembre, le roi, « pour accélérer les articles et cahiers des plainctes de ceste ville de Paris », fit ordonner par arrêt de son Conseil au prévôt des marchands de placer à VHôtel de ViUe « en lieu publicq et auquel chascun puisse venir librement... ung coffre ayant ouverture en forme d'un tronc, et auquel sera permis à chacune des communaultez de faire mettre indifféremment tels cahiers et doUéances ou remonstrances que bon luy semblera; et lequel coffre fermera à deulx clefz, dont Tune demeurera ès-mains du prévost des marchans et Taultre ès-mains de toi des députez qui sera par eulx advisé, pour après estre faict ouverture dudict coffre par les dictz prévost et députez, et par eulx dressé ung cahier desdictes dolléances et remonstrances, aînsy qu'il a esté cy-devant advisé en l'assemblée généralle de ladicte ville *. » Pour déférer aux ordres du roi, la Ville adressa, le 29 octobre, un mandement aux maîtres et gardes de la draperie, mercerie, orfèvrerie, pelleterie et bonneterie de la Ville de Paris pour leur enjoindre de déposer leurs cahiers de doléances dans le coffre imaginé par Henri III, et ce dès le lendemain. Avec le contenu du coffre et les propres observations des membres du corps de Ville et de ses collègues de la commission, le sieur de Versoris dressa le cahier général des doléances du tiers état parisien. A la date du 29 octobre, le Bureau de la Ville put lancer les mandements de convo-

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