Voy. Hiit, munie, p
4. Il devait mourir en 1582. On ne doit pas le confondre avec son cousin Jean Luillier, qui fut aussi prévôt des marchands et ouvrit à Henri IV les portes de Paris, en 159(.
était un homme faible et mou, dominé par son collègue Pierre le Tourneur, dit Versoris, le rédacteur du cahier général de Paris, l'avocat au Parlement le plus connu el le plus éloquent. L'Estoile le considérait avec l'opinion publique « comme pensionnaire, principal conseil et factionnaire de la maison de Guise ». En cette qualité, « il cornait la guerre contre les huguenots plus hault et plus ouvertement et scandaleusement qu^aucun député des autres estats ». Quant à Le Prévost, le troisième député, c'était un des quatre notaires de la Cour, « honneste homme et docte ». Les élus du tiers état parisien se distinguaient par leur forte corpulence, « dont, par quolibet, ils furent surnommés les trois Bedons ' ». Sans prétendre refaire l'histoire des États généraux de 1576, nous nous bornerons à déterminer le rôle des députés de Paris et leur influence sur les délibérations des trois ordres, en précisant, ce qui ne semble pas avoir été fait jusqu'ici, les rapports du roi avec sa capitale pendant la durée des États généraux.
Henri III ne s'était installé au château de Blois que le 18 novembre. En quittant Paris, il n'était pas sans inquiétudes sur le maintien de Tordre dans la grande Ville. Los ligueurs avaient pris les devants et manifestaient la prétention de se charger eux-mêmes de la police. Ils avaient chargé le prévôt des marchands, qui partait pour Blois, de remettre au roi « un mémoire rédigé par certains bourgeois, louchant l'ordre et la police qu'ilz voudroient voir garder en ladicte Ville (de Paris) pendant Tabsence et
i. L'EsTOiLE, t. I, p. 181. Le chroniqueur a conservé plusieurs des pièces satiriques que les protestants publièrent sur la députation parisienne. Versoris, l'adversaire principal du parti de la conciliation, y est toujours appelé « le porc Versoris ». On tourne aussi le président Luillier en ridicule :
Je le eonneu* au ruban du bonnet,
A sa ealothe et à su barbe r€uset
Au gros anneau qui lui sert de sonnet ^
A son baudier qui le tient en ecstase.
t'sloigncmenl de S. M. * ». Luillier s'acquitta exactement (le sa mission, à la date du 26 novembre. Des le lendemain, le roi retournait à la municipalité parisienne le mémoire dont il s'ag-it avec ses observations '. A côté des précautions ordinaires, telles que les perquisitions domiciliaires, confiées aux quartiniers, cinquanteniers et dizainîers qui, trois fois la semaine, viennent rendre compte au Bureau de la Ville, les commissaires du Châtelet devront aussi faire une inspection hebdomadaire des maisons garnies et des hôtels. Les hôteliers ont ordre « d'apporter par chascun jour bultin ou rooUe, contenant les noms, surnoms et qualitez de ceulx qui arrivent à loger es dites maisons bourgeoises , chambres garnies , hostelleries , cabaretz et tavernes ». Il (?st prescrit aux « maistres des pontz, portz et passaiges, aux maires des villes voisines de la prévosté de Paris ou particulièrement à quelques gens de bien desdictz lieux, d'escrire souvent auxdictz sieurs prévost et eschevins de ce qui se passera par leurs des- Iroictz et quartiers ». Le roi veut aussi « que pour cognoistre les maisons où Ton loge gens en chambre garnie, ceulx qui font estât d'en louer soient tenuz de mettre hors la porte un escriptc^u contenant ces motz chambres garnies à louer ^ sur peyne de vingt livres parisis d'amende pour la première fois et de pugnition corporelle, s'il y eschet ». Mais ce que le souverain ne verrait pas d'un bon œil, c'est que la milice bourgeoise, sous couleur de garder la Ville, prît son rôle militaire trop au sérieux et garnît les portes dliommes armés. Il désire « qu'il n'y ait pas plus de six bourgeois notables à chaque porte, sans aucunes af7?îes, pour regarder et observer qui va et vient ». Entre Blois et Paris, il y a un échange incessant de communications.
1. Le Reg. h, 1788, fo 40, reproduit les différents articles du Mémoire et les déclarations du roi relatives à chaque article.