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VOUS six, n'y ayant qu'un seul des bourgeois do la Ville qui a seuUement advancé cent escuz. Par cela, congnoissons nous bien peu d'affection en beaucoup, qui ne font pas, il s'en fault, tout si bien qu'ilz dient. » Pour se venger de ce peuple si récalcitrant, le roi déclare qu'il met la main sur la portion des recettes générales affectée au payement des arrérages des rentes de la Ville et aux gages du Parlement. La Ville se remboursera sur les 100,000 livres qu'elle a votées et qu'elle se hâte si peu de lever. C'est au bureau de la Ville à modérer ou à augmenter, dans la proportion qu'il jugera équitable, le taux des cotisations réclamées à chaque contribuable.
On imposait ainsi aux officiers municipaux une tâche bien ingrate. L'inégalité criante avec laquelle se faisait la répartition des taxes soulevait de vives récriminations que le bureau de la Ville ne dissimula pas à la Cour. Dans des remontrances non datées par les registres, mais qui se ra[)portent vraisemblablement au début de juillet 1577, le prévôt des marchands fait connaître au roi « que les quartiniers , dixainiers et cinquanteniers, accompaignez de plusieurs bourgeois, sont venuz au bureau de la Ville déclairer publiquement qu'ilz ne pouvoient sans esmotion * porter lesdicts billetz expédiez en ladicte forme, pour les grandes innégalitez et disproportions qui estoient au sextuple faict sur les rooUes de ladicte fortiffication, y ayant des plus grands officiers du roy ausdictz quartiers qui n'estoient taxés qu'à seize, vingt ou vingt-quatre livres, et des rôtisseurs, bouUangers et hostelliers à soixantedouze ». La grande latitude que le roi avait paru laisser aux autorités municipales pour fixer le taux des cotisa-
1. Cest-à-dire sans provoquer une émeute. Les billets dont il s'agit sonl les billets de taxes, dressés à la rate, comme nous Tavons expliqué plus haut, en portant jusqu'au sextuple, dans certains cas. le taux adopté pour rimpôt relatif aux for tifl cations.
lions individuelles comportait sans doute beaucoup d'ex- <îeptionSi car la Ville, au cours de ses doléances, revendi- <}ue la liberté « de trouver et eslire la meilleure et la plus aisée forme à exécuter qu'on pourra ». En terminant sa requête, le prévôt des marchands n'oublie pas ses intérêts pécuniaires et « supplie Sa Majesté de pourveoir à la seuretté du remboursement des députtez de la Ville de Paris qui ont assisté aux Estats généraulx de Blois, d'aultant que le roy a cy devant ordonné que lesdictz frais seront pris sur les despences des fortifications, et qu'à la redition des comptes l'on en pourroit faire difficulté ».
Les rapports de la Ville avec le clergé, débiteur d'une partie des rentes de l'Hôtel de Ville, n'étaient pas moins tendus que les rapports avec le roi. Dès la fin de- 1576, « messieurs du clergé de France, les receveurs généraux et particuliers du royaume ' » étaient redevables à la caisse municipale de 1,400,000 livres tournois, et le receveur municipal déclarait qu'il lui était impossible de recouvrer cette somme, quelque diligence qu'il ait pu faire. Il n'avait pu payer que 200,000 livres sur les quartiers de janvier, février, mars 1576. Le malheureux receveur avoue qu'il demeure « en grandz restes envers le peuple » et, pour couvrir sa responsabilité^ réclame une assemblée générale qui « feroit entendre au peuple ad ce que doresnavant il eust patience et ne le poursuive ». Dans cette •circonstance, la Ville avait même demandé au roi l'autorisation de payer les quartiers de rentes échus sur des fonds ayant une autre affectation '. Harcelé par la Ville, le clergé avait à plusieurs reprises demandé des délais pour verser 4es arrérages de rentes dont il était redevable '; mais,
i. Rbg. h, n88, fol. 38.
2. Les règlements sur le contrôle de la recette municipale portaient que •chaque quartier devait être acquitté exclusivement sur les fonds affectés à ■ce quartier.
3. Nous avons rappelé plus haut (voy. p. 7 à 9) quelle était l'origine
PARIS ET LE NOUVEAU ROI 9Jt
dans l'assemblée générale tenue le 5 juillet 1S77, il fut « conclu, advisé et délibéré que Ton ne peult donner aucun jour ny terme audict clergé pour le paiement des arrérages qu'ilz doibvent à ladicte Ville, à cause desdictes rentes, ains qu'ilz seront contrainctz aux paiemens d'iceulx par toutes voyes et manières deues et raisonnables ». Et, le 9 août, une ordonnance du bureau de la Ville fit défense à Philippe de Castille, receveur général du clergé de France, « de paier, ne acquitter aulcunes dettes deues par ledict clergé, jusques à ce que M. François de Vigny, recepveur d'icelle Ville, ayt esté entièrement satisfaict et payé de ce que le clergé doibt à ladicte Ville, à cause des rentes y constituées, sur peine de les répéter sur ledict Castille... » *..
de la conlribution du clergé au payement des rentes sur ]*Hôtel de Ville. Aux termes du contrat dit de Poissy, signé le 21 octobre 1561 entre le roi et les procureurs de Tordre ecclésiastique, le clergé avait pris, outre les engagements que nous avons indiqués, celui de racheter le principal des rentes avant le dernier jour de décembre de Tannée 1577. En attendant ce remboursement problématique, le roi avait spéculé sur les 1,600,000 livres de la subvention annuelle du clergé. Par édit du mois d'octobre 1562, il vendit à Guillaume de Marie, prévôt des marchands, avec faculté de rachat perpétuel, 100,000 livres de rente au denier douze, à prendre sur la subvention ecclésiastique, qui était elle-même garantie par les revenus temporels du clergé de France. Au mois de février 1563, nouvelle Assignation de 200,000 livres de rente sur la même subvention. Elle fut suivie de plusieurs autres, de telle sorte qu'en 1567 les rentes assignées sur la subvention du clergé s'élevaient déjà à 494,000 livres. La première partie du contrat de Poissy n'obligeait le clergé à payer les 1,600,000 livres de don annuel que jusqu'au 31 décembre de cette même année 1567. Aux termes d'un nouveau contrat, sanctionné par lettre» patentes du 15 octobre 1567, le roi déchargea le clergé de la subvention des 1,600,000 livres et des rentes assignées sur cette subvention, à condition que le clergé payerait, en l'acquit du roi, les 630,000 livres de renies dues par le trésor royal et assignées sur les domaines, aides et gabelles. Mais, pour amortir le capital de 7 millions et demi qu'il devait racheter en dix ans, le clergé levait chaque année sur ses biens temporels 1,300,000 livres qui passaient en principe dans les caisses du receveur municipal. Ce dernier touchait 1 p. 100 sur les sommes versées, à titre d& commission. Vers la fin de 1577, et à la suite d'émissions nouvelles faites par le roi, le clergé se trouvait chargé de plus de 1,200,000 livres de rente, y compris les anciennes qu*il payait toii^ours, malgré le contrat d'octobre 1567. Nous verrons plus tard qu*en 1579 l'assemblée du clergé voulut désavouer ses syndics, en ce qui touche les aliénations postérieures à ce contrat de 1567. Il y aura de nouveaux contrats passés entre le roi et le clergé en 1580, 1586, 1596 et 1606. 1. Rio. h, 1788, ^ 145 vo.
Nous avons déjà parlé plus haut * de la dynastie des de Vigny et du remplacement de François de Vigny père par François de Vigny fils, le 16 août 1574; nous avons dit <{ue le receveur municipal avait refusé de cumuler plus longtemps ses fonctions avec celles de receveur général du clergé, qu'il avait cependant exercées jusqu'en juin 1575. Mais ce dédoublement n'avait pas eu pour résultat de rendre plus facile et plus régulière la rentrée des fonds du clergé. En butte aux récriminations des rentiers, aux exactions du roi, aux reproches du bureau de la Ville, le receveur cherchait en vain à se soustraire à une responsabilité écrasante. Le 19 septembre 1576, il se présenta au bureau de la Ville et déclara aux prévôt et échevins que son père avait exercé l'office de receveur municipal « environ cinquante ans » , sous l'administration de Philippe Macé, et plus de dix-huit ans en qualité de receveur titulaire. De Vigny fils rappelait qu'associé à son père en juillet 1564, puis titulaire lui-même depuis deux ans, il avait rencontré dès le début d'immenses difficultés dans l'exercice de ses fonctions ', à tel point qu'il était tombé gravement malade, et, sur l'avis des médecins, ainsi que sur les instances de sa famille, il avait pris la résolution « de résigner et mettre sondict estât de receveur de la Ville de Paris èsmains de mosdicts sieurs, des vingt-quatre conseillers, quartiniers et bourgeois mandez par lesdicts quartiniers, en faveur de M. Adrien de Petremol, natif de Paris et à présent conseiller du roy et trésorier de France en la province de Champagne, homme qu'il asseuroit très capable et suffisant pour continuer et fidèlement exercer ledict