‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 75 sur 314 · Voy. p · texte numérisé non relu

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2. « Icelluy de Vigny, à présent receveur, estant entré en charge, aiiroit trouvé sondict offre si plein d'afTaires et de difflcultez, à cause des guerres, retardement et defTaut des assignations et des rentes de ladicte Ville, que, pensant par travail et bonne dilligence advancer les deniers de sadicte charge, il estott naguère tombé en une extrême et longue maladie, n Reo. H, 1788, f» 27.

office... » L'offre de la démission de François de Vigny fils provoqua des incidents orageux à l'Hôtel de Ville. Dans une assemblée du Grand bureau * tenue le 20 septembre, le prévôt des marchands dit qu'on avait relevé sur les registres les formes suivies antérieurement pour les résignations de l'office de receveur de la Ville et promit qu'elles seraient religieusement observées. Le chef de la municipalité « entendoit faire et continuer de bons registres et recueillir les vœux d'un chascun pour lever les sinistres oppinions qui ont quelquefois couru que ès-assemblées de la Ville on ne faisoit jamais de résolutions, et que chascun se levoit après le rapport de son oppinion sans rien arrester ». On donna lecture du passage des registres concernant la résignation du receveur Macé, et la délibération fut ouverte. Le procureur du roi et de la Ville fit l'historique des résignations d'offices municipaux et particulièrement de l'office du receveur. Sa conclusion fut que « de tout temps et ancienneté messieurs les conseillers de ladicte Ville résignoient leurs offices en faveur et au profict des personnes capables qu'ilz vouUoient présenter ». D'après l'orateur, c'est en 1558 qu'il avait été décidé <( qu'on ne feroit plus à l'advenir de difficultés de recevoir les procurations en faveur de père à filz, d'oncle à neveu et de frère à frère » *. De 1555 jusqu'au moment où il

1. Ce qui parait caractériser les séances du grand bureau de la Ville, c'est la présence des conseillers de ville. Ces derniers, au contraire, n'assistaient pas aux réunions du petit bureau,

2. Nous avons cité des exemples de résignations de parents à parents, bien antérieures à 1558, par exemple une résignation de Louis de Harlay, conseiller de ville, en faveur de son fils. Elle remonte au 16 août 1532, mais l'usage était beaucoup plus ancien, car les premiers registres nous ont révélé des résignations de frère à frère, par exemple celle qui fut faite le 6 novembre 1501, par Nicolas Potier, greffler de la Ville, en faveur de Denis Potier. (Voy. notre Hist, 7nunic., p. 296 et 391.) Quant à l'usage des résignations en faveur de tiers non parents des titulaires, il était déjà en vigueur en 1536, ainsi que nous l'avons prouvé par de nombreux exemples. (Bist. munie, p. 392 et suiv.) Seulement le bureau de la Ville maintenait toujours son droit de contrôle. Ibid,^ p. 465.

parlait, Toffice de greffier de la Ville était resté dans la famille des Bachelier, de père en fils ^ Les résignations in favorem s'appliquaient aussi à Toffice de procureur du roi et de la Ville *, moyennant certaines conditions qui n'avaient pour objet que le respect apparent du droit de contrôle appartenant en principe au bureau de la Ville. En ce qui concernait spécialement l'office de receveur de la Ville, personne n'ignorait que Philippe Macé, en 1556, avait été autorisé par une assemblée générale à se démettre de sa charge, qu'il exerçait depuis cinquante ans, en faveur de François de Vigny, son auxiliaire et son bras droit depuis vingt-huit ans '. Le procureur du roi et de la Ville proposait donc d'admettre Petremol conmie successeur de Vigny fils. Mais, en présence d'une opposition assez vive, aucune résolution ne fut prise immédiatement et une assemblée générale fut indiquée « pour Taprës disnée ». A côté des membres du corps de Ville et des délégués des cours souveraines, trente notables se rendirent à la convocation. L'assemblée s'ouvrit par une harangue du prévôt, qui posa la question de savoir si la réunion était compétente pour recevoir la résignation. Cette question préalable étant résolue affirmativement *,

1. Nous avons noté cette particularité que Regnault Bachelier, sous Henri II, avait fait admettre la transmission de son office de greffier à son fils dans une assemblée générale du 16 août, après l'élection du prévôt des marchands et de deux échevins. Ibid., p. 466.

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