‹ Paris et la provinceChapitre 40 sur 130 · MADAME MARION, BONNIN, MARION · texte numérisé non relu

MADAME MARION, BONNIN, MARION

MADAME MARION

Monsieur Maiïon, donne à boire à monsieur.

BONNIN

Non, merci, bien obligé, je vous rends grâces.

MADAME MARION

Toujours la même, Mélanie, vous voyez, mangeant toujours dans la main, ici comme chez elle.

Elles ne sont guère attachées aux maisons qu'à cette condition.

MADAME MARION

Si encore elles l'étaient! Néanmoins, celle-ci, telle qu'elle est, je la préfère de beaucoup à la vôtre.

BONNIN

Toutes deux ont les mêmes qualités.

MADAME MARION

Je n'ai jamais pu voir Justine en face.

BONNIN

Vous m'avez déjà fait l'honneur de me le dire.

MADAME MARION

Et si l'on n'a pas le bonheur de lui plaire, il n'y a pas de grossièretés qu'elle ne vous fasse.

BONNIN

Très-passionnée, Justine, très-passionnée.

MADAME MARION

Quelle engeance ! monsieur Bonnin, quelle engeance !

Les Mêmes, MÉLANIE.

On serait trop heureux si l'on pouvait se passer de ce moncle-là !

MELANIE, un plateau à la main.

Allez vot' train, continuez vos éloges, vous gênez pas, où est-ce qu'y a d'ia gêne, vous savez?

MADAME MARION

Vot' café est-il chaud au moins ? '

MÉLANIE

Vous pouvez y goûter.

MADAME MARION

Monsieur Bonnin ?

BONNIN

Belle dame?

MADAME MARION

Je ne me souviens plus si vous mettez du sucre.

MÉLANIE

En voilà une question ! — Essayez toujours.

MADAME MARION

Monsieur Marion, ne dors pas, je t'en supplie.

MÉLANIE

Madame n'a plus besoin de moi?

Pas pour le moment.

MÉLANIE

En ce cas je m'en vas.

MARION, MADAxME MARION, BONNIN.

MADAME MARION

Une petite goutte d'eau -de- vie dans vot' café, monsieur Bonnin ?

BONNIN

Volontiers.

MADAME MARION

Comme il n'en est jamais entré chez vous.

BONNIN

Je veux bien.

MADAME MARION

Qu'en dites-vous?

BONNIN

Délicieuse.

MADAME MARION

Quand je vous disais! Voyons, monsieur Marion, ne dors pas.

Laissez-le faire.

MADAME MARION

Du tout, du tout, le médecin me l'a bien recommandé : dormir, comme y dort, dans la journée, ne lui vaut rien, c'est dans le cas de le faire mourir d'un coup de sang comme M. Mermet. — Voyons, voyons, monsieur Marion, lève-toi, remue-toi un peu, va faire un petit tour, M. Bonnin le permet; vous le permettez?

BONNIN

Certainement.

MADAME MARION

Puis tu reviendras. — Va, cher ami, va; tiens,

ta Canne. (Elle la lui présente.)

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