‹ Paris et la provinceChapitre 71 sur 130 · MU KO T · texte numérisé non relu

MU KO T

En nous en revenant.

Vous voyez, j'y fais pas dire.

LE GARÇON

Offrirai-je du poisson à mossieu ?

MAI ROT

Donnez.

BARRÉ

Vous pouvez rencontrer des personnes honnêtes. . .

THUREL

j'en ai trouvé.

BARRE

Plus honnêtes, non ! Du côté de la probité, voyez-vous, j'ai toujours été sans reproche.

MÀIROT.

La plus belle noblesse. — Monsieur Thurel, vous ne buvez pas.

Faites excuse.

BARRÉ

Mon épouse, la même chose. Vous la verrez, si jamais, comme je l'espère, vous nous faites l'amitié de venir à la maison.

THUREL

Avec grand plaisir.

BARRÉ

Vous verrez dans mon épouse une créature qui, sans avoir été élevée dans des pensionnats, en a les éléments.

MAIROT.

Ta femme, veux-tu. que je te dise? c'est le plus beau fleuron de ta couronne,

BARRÉ

Tout comme moi, Aglaé n'a jamais encensé le pouvoir; pas vrai, Mairot?

MAIROT.

La pure vérité.

barri:.

J'ose dire qu'elle est forte.

MAI ROT

G'qui m'fait vous dire qu'a n'craint personne.

B \RRÉ.

A preuve : sans avoir jamais vu, j'y dirais : Aglaé, montre un peu à monsieur comme quoi tu me défendrais, si on venait jamais à m'attaquer.

M \ [ROT, à Thuivl.

Écoutez bien ça.

B \ RRÉ,

A commencerait par vous prendre, vous mettrait sous son bras et vous ficherait l'fouet comme à un enfant, par-dessus vos culottes, tout père

Thurel que vous êtes, mais en veux-tu, en

voilà !

M UROT.

G'qui vous dit là, j'y ai vu faire.

BARRÉ

Vous n'y verriez que du feu.

M VIROT

Passe un peu à son caractère.

IÎARRÉ..

La première fois qu'a vous verra, vous attendez pas à des compliments...

MAIROT.

Pas d'daager, a vous dira putôt des sottises.

BARRÉ

Sans toutefois vous en dire.

J 'comprends.

BARRÉ

Lue supposition.

MAIROT.

Va ton train, aie pas peur.

BARRÉ

As-tu jamais eu à t'en plaindre?

MAIROT.

Tu sais. J'te l'aurais dit. Dix ans que nous vivons ensemble !

THUREL

Lne femme comme la vôtre, c'est un trésor.

BARRE

C'est aussi mon opinion.

MAIROT.

Comme aussi la mienne.

BARRÉ

Et la vot', m'sieu Thurel? sans et' trop curieux. que genre de femme que c'est?

THUREL

La mienne?

M AI ROT

Oui!

THUREL, avec, un soupir.

N'en parlons pas.

(Solution, de continuité.)

MAI ROT, k Barré.

T'avais ben besoin de lever c'lièvre-là I

THUREL

Non pas c'que vous croyez, au contraire. Depuis bientôt sept ans...

MAI ROT

Sept ans, c'est pas un jour.

THUREL

Dans les jambes qu'est son mal.

BARRÉ

Laissez-moi la plaindre.

THUREL

Elle le mérite.

M Al ROT.

Je demande à boire à sa santé.

Je ne sais si je dois le désirer.

BARRÉ

Dans son intérêt, j'conçois ça.

THUREL

Ça dérangerait toutes ses habitudes, et pourtant Je crois n'avoir rien à me reprocher.

BARRÉ

Papa Thurel?

THUREL

Si vous plaît?

BARRÉ

Je ne crains pas de le dire, vous êtes le premier homme que je rencontre.

THUREL

Je crois mériter cet aveu.

BARRE

Le premier !

MAIROT.

Bon ! voilà qu'tu renverses le vin sus la nappe, à présent !

BARRÉ

J'payerai l' dégât, parlons pas d'ça. — A la santé de maman Thurel!

MAI ROT

Nous ne sommes pas an dessert; voyons, Barré, tiens-toi.

BARRÉ

Papa Thurel?

MAI ROT, à Thurel.

Pardonnez-lui, en faveur du motif.

B \RRÉ.

Papa Thurel ?

THUREL

Oui î

BA RRÉ.

Quand vous me connaîtrez davantage, vous saurez tout ce que je vaux.

THUREL

Je le sais déjà.

MAI ROT

Tu te répètes, prends-y garde.

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