MU KO T
En nous en revenant.
Vous voyez, j'y fais pas dire.
LE GARÇON
Offrirai-je du poisson à mossieu ?
MAI ROT
Donnez.
BARRÉ
Vous pouvez rencontrer des personnes honnêtes. . .
THUREL
j'en ai trouvé.
BARRE
Plus honnêtes, non ! Du côté de la probité, voyez-vous, j'ai toujours été sans reproche.
MÀIROT.
La plus belle noblesse. — Monsieur Thurel, vous ne buvez pas.
Faites excuse.
BARRÉ
Mon épouse, la même chose. Vous la verrez, si jamais, comme je l'espère, vous nous faites l'amitié de venir à la maison.
THUREL
Avec grand plaisir.
BARRÉ
Vous verrez dans mon épouse une créature qui, sans avoir été élevée dans des pensionnats, en a les éléments.
MAIROT.
Ta femme, veux-tu. que je te dise? c'est le plus beau fleuron de ta couronne,
BARRÉ
Tout comme moi, Aglaé n'a jamais encensé le pouvoir; pas vrai, Mairot?
MAIROT.
La pure vérité.
barri:.
J'ose dire qu'elle est forte.
MAI ROT
G'qui m'fait vous dire qu'a n'craint personne.
B \RRÉ.
A preuve : sans avoir jamais vu, j'y dirais : Aglaé, montre un peu à monsieur comme quoi tu me défendrais, si on venait jamais à m'attaquer.
M \ [ROT, à Thuivl.
Écoutez bien ça.
B \ RRÉ,
A commencerait par vous prendre, vous mettrait sous son bras et vous ficherait l'fouet comme à un enfant, par-dessus vos culottes, tout père
Thurel que vous êtes, mais en veux-tu, en
voilà !
M UROT.
G'qui vous dit là, j'y ai vu faire.
BARRÉ
Vous n'y verriez que du feu.
M VIROT
Passe un peu à son caractère.
IÎARRÉ..
La première fois qu'a vous verra, vous attendez pas à des compliments...
MAIROT.
Pas d'daager, a vous dira putôt des sottises.
BARRÉ
Sans toutefois vous en dire.
J 'comprends.
BARRÉ
Lue supposition.
MAIROT.
Va ton train, aie pas peur.
BARRÉ
As-tu jamais eu à t'en plaindre?
MAIROT.
Tu sais. J'te l'aurais dit. Dix ans que nous vivons ensemble !
THUREL
Lne femme comme la vôtre, c'est un trésor.
BARRE
C'est aussi mon opinion.
MAIROT.
Comme aussi la mienne.
BARRÉ
Et la vot', m'sieu Thurel? sans et' trop curieux. que genre de femme que c'est?
THUREL
La mienne?
M AI ROT
Oui!
THUREL, avec, un soupir.
N'en parlons pas.
(Solution, de continuité.)
MAI ROT, k Barré.
T'avais ben besoin de lever c'lièvre-là I
THUREL
Non pas c'que vous croyez, au contraire. Depuis bientôt sept ans...
MAI ROT
Sept ans, c'est pas un jour.
THUREL
Dans les jambes qu'est son mal.
BARRÉ
Laissez-moi la plaindre.
THUREL
Elle le mérite.
M Al ROT.
Je demande à boire à sa santé.
Je ne sais si je dois le désirer.
BARRÉ
Dans son intérêt, j'conçois ça.
THUREL
Ça dérangerait toutes ses habitudes, et pourtant Je crois n'avoir rien à me reprocher.
BARRÉ
Papa Thurel?
THUREL
Si vous plaît?
BARRÉ
Je ne crains pas de le dire, vous êtes le premier homme que je rencontre.
THUREL
Je crois mériter cet aveu.
BARRE
Le premier !
MAIROT.
Bon ! voilà qu'tu renverses le vin sus la nappe, à présent !
BARRÉ
J'payerai l' dégât, parlons pas d'ça. — A la santé de maman Thurel!
MAI ROT
Nous ne sommes pas an dessert; voyons, Barré, tiens-toi.
BARRÉ
Papa Thurel?
MAI ROT, à Thurel.
Pardonnez-lui, en faveur du motif.
B \RRÉ.
Papa Thurel ?
THUREL
Oui î
BA RRÉ.
Quand vous me connaîtrez davantage, vous saurez tout ce que je vaux.
THUREL
Je le sais déjà.
MAI ROT
Tu te répètes, prends-y garde.