L E G A R ( ; ON
Des haricots verts?
MAIROT.
Merci , j'sors d'en prendre.
Je ne suis pas de ces gens aujourd'hui blancs, demain noirs, non; comme je m'appelle Barré, d'mon nom...
MAIROT.
Ta n'as jamais trahi ta pensée.
BARRÉ
J'irai plus loin.
MAIROT.
Vas-y.
BARRÉ
J'ai jamais trahi ma pensée.
MAIROT.
C'^st dit.
M la mienne, ni celle à personne.
MAIROT.
Accordé.
BARRÉ
La trahison n'a jamais été mon emblème, pourquoi?
THUREL
Parce que vous avez toujours été honnête homme.
r\ BANQUET. 333
BARRÉ
Parce qu'aussi, clans not' famille, nous n'avons jamais eu qu'un seul et unique drapeau.
M V.IROT.
Tu vas dire des bêtises.
B \ Il 11 É .
Partout où j'ai été, soit dans les affaires, ou autrement, soit même dans la garde nationale, où n'importe, j'ai jamais remporté que des éloges, tous mes chefs ont toujours su me respecter.
M AI ROT
Pardon, si je t'interromps! à t'entend', t'en aurais fait des mille et des cents d'patrons.
BARRÉ
Qu'est-ce que j 'dis?
M VI ROT
T'en a fait trois, tends-tu, trois, pas davantage.
BARRÉ
Pasce que les deux premiers sont morts.
MVIROT.
Et le troisième est fou ; sans ça î
i BARRÉ.
M. Bourbonne?
MAIROT.
Sans doute.
BARRÉ
Faut aussi vous dire que les patrons de c' tempslà...
MAIROT.
Étaient pas meilleurs que les ceux d'aujourd'hui.
RARRÉ.
. Quelle différence !
THUREL
Vous avez là dedans du pour et du contre.
MAIROT.
Gomme dans tout.
BARRÉ
Les hommes, laissez-moi vous dire, les hommes, comme je les entends. ..
MAIROT.
Comme nous les entendons... va toujours.
BARRÉ
Deviennent de plus n'en plus rares, on n'en voit plus...
MAIROT.
On n'en voit plus?
B \ nui:.
Non!
M M ROT
Laisse-moi donc tranquille, on en voit encore.
BARRÉ
On n'en voit plus comme on en voyait.
M AI ROT
Quand ça serait qu'papa Thurel.
THUREL
Messieurs, vraiment, vous me confusionnez.
BARRÉ
Le fait est que vous êtes un homme.
THUREL
Je crois l'avoir assez prouvé.
BAUDRY, RIVET, VERGÉS.
BAUDRY
T'nez, père Rivet, un enterrement qu'j'ai encore bien ri, je me souviens déjà pu, si c'était vot' petit garçon ou vot' p'tite fille...
RIVET
J'ai eu le malheur de les perdre à quinze jours l'un de l'autre. Si c'était un mardi...
R \ HIH1 Y.
.l' crois qu'oui.
RI VET
Un p'tit garçon, si c'était un mardi.
BAUDRY
J'm'ai jamais tant amusé.
VERGÉS.
\i moi.
BAUDRY
Nous avons mangé un lapin avec sa cervelle.
RIVET
Un lapin ?
BAUDRY
Oui !
RIVET
Ma p'tite fille un vendredi.