INTRODUCTION. XXVII
s'opéra ayec une rapidité prodigieuse ; on y dépensa sans contrôle des sommes énormes , ce qui a endetté la ville pour des siècles. Il serait difficile d'énumérer tous ces travaux ; il suffira de mentionner les plus importants : la plupart des nouveaux boulevards et des nouvelles avenues, au nombre de 22; des rues comme les rues la Fayette, du Quatre-Septenibre, de Turhigo, des Ecoles, de Rennes, et une grande partie de la rue de Rivoli ; la plupart des squares, une partie du Nouveau Louvre; les églises Ste-Clotilde (achevée), St-Augustin, de la Trinité, St^Amhroise, etc. ; les théâtres Lyrique (Opéra-Com.), du Châtelet, duVaudeviUe, de la Qaîtéetde l'Opéra; le tribunal de comnherce, le nouvel Hôtel-Dieu, de vastes casernes^ les Halles Centrales et beaucoup d'autres; le marchent les abattoirs de la Villette ; là fontaine St-Michel, le pont au Change, les ponts de Solférino, de VAlma, du Point-du-Jour, etc. ; les splendides quar^ tiers des Champs-Elysées ; les bois de Boulogne et de Vincennes transformés; les aqueducs de la Dhuis et de la Vanne; le chemin de fer de ceinture, tout un immense réseau à^égouts, etc., etc.
Il importe encore de mentionner des événements comme les deux expositions universelles de 1855 et de 1867.
En 1860, la ville s'était agrandie d'environ 400 hectares par l'annexion des communes comprises entre la nouvelle enceinte continue et les anciens boulevards extérieurs. Sa population , qui était de 1053262 hab. en 18Ô1 , atteignait en 1861 le chiffre de 1 667841, dont près de 300000 provenant des communes annexées. C'est depuis le second empire que Paris est administré par un préfet, ayant sous sa dépendance 20 maires, placés à la tête d'autant d'arrondissements.
Les événements qui ont amené la fin de l'empire et ceux qui ont suivi sont bien connus. Paris y a naturellement contribué pour sa grande part, comme il en a subi particulièrement les conséquences, dans la guerre de 1870-71.
La BÉPUBLiauE est proclamée le 4 sept. 1870 , après la capitulation de Sedan , et le siège de Paris par les Allemands commence le 17; un mouvement insurrectionnel provoqué par le manque d'énergie des chefs militaires y a lieu le 31 oct., une première sortie générale sans résultat s'effectue du 29 nov. au 2 déc. du côté de Champigny; le bombardement commence le 5 janvier; une seconde sortie se fait le 19 dans la direction de Buzenval, sans plus d'avantage pour les assiégés. Paris est épuisé par un siège de 133 jours et un hiver très rigoureux , accompagnés de toutes sortes de privations ; il se résigne , aux approches de la famine, à une capitulation inévitable, signée le 28 du même mois, en même temps qu'un armistice de trois semaines. Cet armistice est prolongé de huit jours lorsque l'Assemblée Nationale, réunie à Bordeaux, a ratifié les préliminaires de paix. La prolongation n'a toutefois été accordée qu'à la condition qu'une partie de Paris serait occupée par les Allemands, ce qui a lieu du 1" au 3 mars. Cela amène un
XXvm. INTRODUCTION.
surcroît d'irritation dans la population parisienne, déjà profondement démoralisée par la longueur et les souffrances du siège et travaillée par des dissensions Intestines. Les factieux trouvent un nouvel argument pour ameuter la populace dans la conduite du gouvernement, qui s'établit à Versailles , au lieu de rentrer dans la capitale ; ils lui font craindre une nouvelle restauration , et elle se met eu révolte le IS mars, en s'opposant à l'enlèvement des canons de la garde nationale.
Alors s'organise une nouvelle Commune (26 mars) et commence une guerre civile sans exemple, avec un second siège de Paris^ plus désastreux que le premier, du 2 avril au 21 mai. A ce siège succède encore une lutte acharnée de huit jours , dans les rues de la ville, se terminant par l'extermination d'une grande partie des insurgés. La rage des vaincus s'assouvit par la destruction plus ou moins complète et volontaire de 238 maisons et édifices publics. Parmi ces derniers , il faut surtout mentionner : les Tuileries, le ministère des finances, le Palais-RoycU, la bibliothèque du Louvre, Vhôtel de ville, le palais de la Légion d'honneur, le palais du quai d'Orsay, la préfecture de police, le palais de justice, les the'âtres Lyrique, du Châtdet et de la Porte-St- Martin. La colonne Vendôme avait de plus été déjà renversée par les insurgés.
Cependant, sous Thiers (1870-1873), Paris se remet encore rapidement de ces terribles épreuves, justifiant de nouveau sa vieille devise: «fluctuât nec mergitur». La plupart des édifices incendiés se relèvent de leurs ruines ; mais un régime équivoque est inauguré par le renversement de Thiers , en vue d'empêcher l'établissement définitif de la république. Son projet se réalise néanmoins sous son successeur, le màréchsl de Mac- Mahon (1873-1879). Les grands travaux reprennent à l'occasion de Vexposition universelle de 1878, les plus considérables étant l'achèvement de VOptra^ l'ouverture de V avenue de V Opéra ^ la continuation du boulevard St-Oermain, la construction du palais du Trocadéro et la reconstruction de Vhôtel de ville. Le retour des chambres dans la capitale, en 1879, est une nouvelle preuve de l'apaisement des esprits , et c'est aussi le retour des beaux jours pour Paris. Vexposition universelle de 1889^ la plus brillante qu'il y ait encore eu, en est la preuve éclatante.
La population de Paris était au dernier recensement, en 1886, de 2344550 habitants.
PARIS