II. De rhôtel de yille à la Bastille
St-Gerraic. 8t-Pa«l-8t-I«iik. Oeloaae de Juillet.
Derrière l'hôtel de ville se trouvent la caserne Napoléon, qui peut contenir 2500 hommes; Vanc. caserne Lobau , annexe de l'hôtel de ville pour les bureaux de l'enseignement, et Téglise St-Geivais.
Bt-esrrais, ou St-Gervais-et-St-Protais (pi. R. 23; 7) , est une église qui a été commencée en 1212, mais complètement transformée au xiT^ s. Elle présente un mélange des styles flamboyant et de la renaissance. Le portail ne remonte qu'à 1616; il a été ajouté par Jacques Debrosse, et il jouit d'une certaine célébrité, bien que contrastant avec le reste. Il offre les trois ordres dorique, ionique et corinthien superposés, avec frontons triangulaire et semi-circulaire. Si le portail est fermé , faire le tour à g., pour entrer par une petite porte au N. du chœur.
L'intérieur de Tédifiee se distingue par la hauteur de ses voûtes. Il n'y a pas de portes latérales aux bras du transept, mais des tribunes. Outre des peintures murales dans les chapelles, par Brune (7« à dr.). Olaize, He$ie^ Delorme et Oigoux^ on remarquera surtout, comme oeuvres d art : les vitraux de la 7e chap. de dr. , le Jugement de Salomon, par R. Pinaiçrier (1531) , et ceux de la chap. de la Vierge, par Jean Coutiny tous fortement restaurés de nos jours; un tableau de C<ntaei\, dans le bras dr. du transept ou la 5^ chap., 6t Ambroise et Tbéodose-, la croix et les chandeliers en
58 Rim dr, L PARIS. St-PauL-St-L.
bronze doré du maître autel, ehefs - d*œuvre du xyiii^ s., provenant de Tabbaye de @te-6eneviève; le mausolée de Michel le Tellier (m. 1685), ministre d*£tat sous Louis XtV, par Maztlint et Burtrelle^ dans la chapelle à dr. de celle de la Vierge; le pendentif de la voûte de cette dernière, qui a 1 m. 16 sur 3m., et les vitraux; un tableau de ffeim^ le Martyre de Ste Juliette, dans le bras g. du transept, et au-dessous un tableau sur bois, la Passion, attribué à Durer; un bas-relief en pierre du ziii^s., Jésus recevant Tâme de la Vierge ; un retable de la renaissance, à Tautel de la chap. voisine, et enfin un jetable reproduisant la façade de Téglise, dans la chap. qui suit, près de la porte.
Au N. de St-Gervais, derrière la caserne Napoléon, est la petite place Baudoyef, avec la mairie du IV* arrondissement (Hôtel-de- Ville), dans le style de la fin du xvi® s. Ses salles des mariages et des fêtes ont des peintures par Cormon et Comerre.
Nous nous retrouvons ici dans la rue de Rivoli , à laquelle succède un peu plus loin la rue St- Antoine. Au commencement de cette dernière, à dr., St-Paul-St-Lonis (pi. R. 25-26; F), ancienne église des jésuites , construite de 1627 à 1641 , par le P. Derrand, sauf son beau portail de la renaissance, qui est du P. Marcel-Ange, Cette église est surmontée d'un dôme , un des premiers construits à Paris. Les architectes se sont inspirés des églises italiennes de la fin du XVI® s., et ils ont donné à Tédiflce le cachet qui distingue ceux de la compagnie de Jésus. L'ensemble en est assez imposant, mais le style est surchargé et il y a trop de richesse dans l'ornementation. Le portail de St - Gervais est supérieur à celui de St- Paul , qui en reproduit l'ordonnance. L'intérieur présente une nef assez élevée, flanquée de deux bas côtés au - dessus desquels règne une galerie. Comme œuvres d'art , on remarquera quelques peintures, surtout un Christ au jardin des Oliviers , peint par Eug. Delacroix dans sa jeunesse ; il est dans le bras g. du transept. — Le lyce'e Charlemagne, sur le derrière, à dr., est l'anc. maison professe des jésuites.
Au N., un peu en deçà de Téglise, est la rue du Roi-de-Sieile (pi. B. 36 K) , où se trouvait la fameuse prison de la Forée , dans laauelle les septembriseurs commirent une partie de leurs assassinats en 1793.
Dans la rue Sévigné , qui commence en face de St-Paul , le musée Carnavalet (p. 303).
Au n**142 de la rue St- Antoine, à g., l'ancien hôtel de Bethune, construit au xvi^s. par du Cerceau, pour Maximilien de Béthune, plus connu comme duc de Sully et ministre de Henri IV. La façade n'a plus rien de curieux , mais la cour est entourée de bâtiments aux façades richement sculptées, avec de grands bas -reliefs représentant les saisons, etc. Il y a dans ce quartier d'autres constructions anciennes plus ou moins curieuses , comme celles de la place des Vosges (p. 204) , où conduit la rue de Birague, un peu plus loin à g.; Vhôtel d^Ormesson , rue St- Antoine, 212, et ceux que nous mentionnerons encore ci-après ; mais beaucoup de ces constructions sont cachées par des bâtiments modernes.
A dr. dans la rue St- Antoine, V église de la Visitation ou temple Ste-Marie (calviniste). Elle a été construite au xvii* s., 'par Fr.
Coh de Juillet, PARIS. Eivt dr. 1. 59
Mansart, et elle dépendait alois d'un couvent de Visitandines. Elle est surmontée d*un petit dômie. — Vient ensuite la place de la Bastille.
La place de la Bastille (pi. B. 25; V), communément appelée la liastilUf était autrefois occupée par la bastille St^Antoine, forteresse construite de 1371 à 1383, sous les rois Charles V et Charles VI, et laissée debout lorsqu'on eut rasé les anciennes fortifications , sous Louis XIV. Elle était située à l'O., où l'on a marqué une partie de son emplacement sur le sol entre la rue St-Antoine et le houlev. Henri IV. Outre qu'elle commandait le cours de la Seine et tenait en respect le quartier populeux et remuant de St-Antoine, cette forteresse était devenue avec le temps une prison dans laquelle on enfermait les personnes de qualité arrêtées pour raison d'Etat et les grands criminels , mais plus souvent encore les victimes du despotisme, des intrigues de cour, des vengeances personnelles de favoris, qui se faisaient donner par le roi les fameuses «lettres de cachet», avec lesquelles on incarcérait sans formes et sans jugement. Cette prison odieuse a acquis enfin une célébrité historique par sa destruction, le 14 juillet 1789, au commencement de la Révolution française, qui date de là ses grandes réformes.
Le bruit s'était répanda que les régiments postés à St- Denis marehaient sar Paris et que les eanons de la Bastille étaient braqués sur la rue St- Antoine. Il n'en fallut pas davantage pour pousser enfin le peuple vers la forteresse; la ville retentit du cri: «A la Bastille! à la Bastille!* et l'on s'y porta en armes de toutes parts. Les ponts étaient levés comme en temps de guerre; le gouverneur, Delaunay, sommé de le* baisser, s'y refuse, bien qu'il ne soit nas en état de résister longtemps , la garnison ne se composant que de lo8 hommes, dont un tiers dlnvalides. Cependant les flots de la foule grossissent et son impatience ne se contient plus; deux hommes s'élancent hardiment vers le pont-levis et en brisent les chaînes à coups de hache. Les assiégeants se précipitent de là vers le second pont pour l'abattre de même, mais la garnison fait une première décharge. L'ardeur de Tattaque devient alors de l'acharnement, et des gardes françaises survenant avec du eanon , le combat change de face. Delaunay veut faire sauter la forteresse, la garnison l'en empêche et le presse de se rendre. On parlemente, les plus avancés des assaillants promettent de ne faire aucun mal, le pont se baisse et le peuple est maître de la Bastille. Furieux d'une résistance de plus de 4 h., les vainqueurs ne veulent plus entendre parler de clémence envers ceux qui ont «fait feu sur leurs concitoyens*; une partie des invalides et des Suisses sont sauvés à grand'peine par les gardes françaises, les autres périssent n»assacrés avec le gouverneur. — La Bastille fut ensuite complètement rasée. — Reconstitution du quartier, avec la Bastille, v. p. 370.
La «colonne de Juillet, qui décore la place, fut érigée de 1831 à 1840, par les architectes Alavoine et Duc, en l'honneur des victimes de la révolution de juillet 1830. Sa hauteur est de 47 m. ; elle repose sur un soubassement massif en marbre blanc , de forme circulaire, primitivement destiné à une fontaine colossale en forme d'éléphant , que Napoléon I^' voulait y élever. Sur ce soubassement eut un socle carré , dont les côtés sont ornés de 24 médaillons de bronze, représentant la Justice, la Constitution, la Force et la Liberté, et qui supporte le piédestal en marbre de la colonne. Ce piédestal est lui-même décoré à l'O. d'un beau lion passant (symbole du
60 Rive dr, 1. PARIS. Bihl. de VAnenal.
mois de juillet), bas-ielief eu bronze de Barye, au-dessous du(iuel se lit riQSOliption commémorative. Aux quatre coins sont des coqs gaulois tenant des guirlandes. Le fut de la colonne, qui est en bronze, mesure 4 m. de diamètre. Il est en partie cannelé et divisé par des anneaux en cinq tambours , sur lesquels sont inscrits les noms des 615 victimes de Juillet Au-dessus du chapiteau s^élève une sorte de lanterne que couronne un génie de la Liberté en bronze doré, d'après J. Ihimont, debout sur un pied, tenant d'une main le flambeau de la civilisation et de l'autre les chaînes brisées de l'esclavage.
Un escalier eommode, de 338 msrehes, conduit au sommet, d'où Ton a une très belle vue. «L'entrée du monument est absolument gratuite.»
On peut aussi visiter les cavbaux sous la colonne (pourb.). Il y en a deux, qui contiennent chacun un sarcophage de 14 m. de long et 2 m. de large, renfermant les restes des victimes de Juillet, auxquels on ajouta en lots ceux des victimes de Février. Les caveaux furent rouverts dans le même but en mai 1871, et de plus remplis de poudre, en vue de faire sauter la colonne et de convertir tout le quartier en un monceau de ruines ; mais cette poudre en fut ensuite retirée pour servir à la défense de la place, une des dernières p<Msitions des insurgés, de sorte qu'il n'y eut pas de dommages sérieux.
Au N. de la place est le large boulevard Richard* Lenoir, Sous la partie du milieu passe le canal St- Martin, qui est voûté sur une longueur de près de 2 kil. et éclairé par des soupiraux au milieu de petits jardins. A g. de ce boulev., le bottlevard BeaumarchaiSy que nous allons suivre; puis, encore à g., la rue St-Antoine , qui fait suite à la rue de Rivoli (p. 51); le boulevard Henri IV, dans l'axe duquel le dôme du Panthéon (p. 231) forme une magnifique perspective; un bassin du canal St-Martln, qui débouche au delà dans la Seine, en face du Jardin des Plantes (p. 251); la gare de Vineennes (p. 18) ; la rue du FaubourgSt -Antoine , bien connue par la révolution de 1848, etc. — Tramways et omnibus : v. l'appendice et le plan-itinéraire. Restaur., v. p. 9 et 11. -
A g. du boul. Henri IV est la cateme dei Ciletiins^ qui doit son nom à un couvent célèbre qu'elle a remplacé, mais qui va être reconstruite. Puis, dans la rue Sully, la riche bibliothèque de r Arsenal (pl.R. 26; F), dans une partie de l'ancien arsenal de Paris , qui s'étendait de la Seine jusqu'à la Bastille. Elle est publique et ouverte tous les jours de 9 h. à 4 h. (vacances du 15 août au l^*" sept.). Elle a été fondée par le marquis Paulmp d^Argens&n, qui la vendit en 1785 an comte d'Artois. Ce dernier y ajouta en 1787 la riche bibliothèque du duc de la Vallière, qu'il avait aussi achetée. La Révolution en fit une propriété nationale et la rendit publique. La Restauration la restitua en 1815 au comte d'Artois, mais elle resta ouverte au publie sous le nom de «bibliotlièque de Monsieur». Elle est enfin redevenue propriété de l'Etat à la révolution de Juillet, et elle s'appelle depuis bibliothèque de l'Arsenal. Après la bibliothèque Nationale, c'est la plus riche de Paris, au moins en ouvrages anciens et surtout en pièees de théâtre, dont la colleetion, presque complète et cataloguée, compte env. 35000 numéros.
Le boulevard Henri IV traverse les deux bras de la Seine et l'extrémité E. de l'île St- Louis, sur le pont Sully^ de construction récente. A côté du boulevard, dans l'ile, l'hôtel Lambert (p. 219).
En tournant à dr. en deçà du pont, on passe devant l'ane. hôtel la Valette^ aujourd'hui VEcoU Manillony bel édifice du xvi® s., mais dont la façade monumentale a été reconstruite de nos jours. Plus loin sur le quai , au coin de la rue du Figuier , l'anc. hôtel de Sens ou des arche-
Lt9 Boulevards, PARIS. Rive dr, i. 61
yêquM de eette ville. lorsquUU ëtAient métropolitains de Paris, eneore simple évéehé. Il est du style ogival du xv^ s., avec porte à tourelles et donjon dans la eour.
m. Les Boulevards, de la Bastille à la Madeleine.
Place de la République. Portea Bt-Xartin et St-Denia. L'Opéra.
S! Ton est fatigué , on peut profiter de Tomnibus de la Bastille à la Madeleine jusqu'à la place de la République (lôOO m.)i en montant à rimpériale, pour mieux voir, et en se plaçant de préférence du côté droit.
Les boulevards de Paris se divisent en quatre catégories ; anciens boulevards ouboul. intérieurs, boul. extérieurs, nouveaux boulevards et boul. de ceinture. Les anciens boulevards ou boulevards intérieurs sont ainsi nommés parce qu'ils ont remplacé, sous Louis XIV, les véritables boulevards de l'enceinte fortifiée , transformés alors en promenades. La partie au N. de la Seine , la plus importante , forme les Boulevards proprement dits ou les Grands Boulevards , qui s'étendent à peu près en hémicycle de la Bastille (pi. R. 25; y) à la Madeleine (pi. R. 18; //), sur une longueur d'env. 4300 m. et une largeur de plus de 30 m. Ces boulevards sont au nombre de 11, savoir: les boulevards Beaumarchais, des Filles-du- Calvaire, du Temple, St-Martin, St-Denis, Bonne-Nouvelle, Poissonnière, Montmartre, desitalienfi, des Capucines, et de la Madeleine. On ne saurait, avant de les avoir vues, se faire une idée de ces rues, qui surpassent aujourd'hui toutes les rues de l'univers , tant par la richesse de l'architecture , que par le luxe des magasins , des cafés, etc., et par l'animation qui y règne. — Les boulevards intérieurs du S., qui forment sur la rive gauche un hémicycle d'env. 7 kil. de développement , ne sont pas comparables aux précédents pour le luxe et l'animation, et ils se confondent aujourd'hui à peu près avec les boul. extérieurs , les Grands boulevards étant continués sur la rive g. par le boul. St-Germain (p. 220), de création moderne.
Les boulevards extérieurs ont été tels en effet jusqu'à l'annexion de la banlieue, en 1860. Ils longeaient le mur d'octroi, qui avait été construit à la fin du siècle dernier. La partie N., qui commence au pont de Bercy, a lÔ kil. Vt? le partie S. 9 kil. de long; ils sont relativement peu intéressants.
Les nouveatix boulevards^ qui n'ont jamais été des «boulevards» proprement dits , ont été créés depuis 1852. Les plus importants sont les boulev. de Strasbourg, de Sébastopol, St-Michel, de Magenta et Voltaire, et le boulev. St-Germ«in déjà mentionnéw
A cette dernière catégorie de rues neuves s'ajoutent un grand nombre d'av«7iwe«, telles que les avenues de l'Opéra, des Champs- Elysées, de Friedland, Hoche, de Wagram, de la Grande- Armée, du Bois-de-Boulogne, Malakoff, Yictor-Hugo, Kléber, d'Iéna, Marceau, du Trocadéro, Henri-Martin, de l'Aima, Montaigne, d'Antin, de Suffren, de la Bourdonnais, Rapp, Boequet, de la Motte-Pi cquet, Victoria, de la République, des Gobelins, Daumesnil.
Les houl49ardê d'eneeinU sont ceux qui longent les fortifications à Vintérieur de la ville, remplaçant la rue militaire, divisée en 19 sections.
62 Rive dr. L PAKIS. Les Boulevards.
Jusque dans ces derniers temps , les boulevards étaient macadamisés ; beaucoup sont maintenant pavés en bois, comme l'avenue des Champs-Elysées, la rue de Rivoli, etc. Ils ont de larges trottoirs en aspbalte bordés d'arbres. Ces arbres sont un des grands soucis de la municipalité , car l'influence du gaz leur est pernicieuse. Ceux qui meurent sont remplacés par d'autres à peu près aussi développés. La transplantation de grands arbres se pratique à Paris avec une telle habileté, que presque tous les nouveaux boulevards, les squares, etc., en ont été garnis dès leur création.
Une promenade à pied, tout le long des Grands boulevards du N., depuis la place de la Bastille ou, au moins, depuis la place de la République jusqu'à la Madeleine , fera le mieux connaître à l'étranger la physionomie de Paris, car ces boulevards en sont toujours la principale artère. On ira d'un côté et Ton reviendra de l'autre. Le moment le plus convenable pour cette promenade est la matinée, de 9 h. à midi , lorsque la foule n'est pas encore trop compacte. Néanmoins on devra la répéter le soir, où la lumière électrique transforme la nuit en jour, et où l'on peut voir aussi l'intérieur des magasins, grâce à leur brillant système d'éclairage.
Une course sur l'impériale d'un des omnibus qui suivent les boulevards (trajet de 32 min.), est aussi pleine d'agrément. La circulation sur les boulevards intérieurs est énorme, surtout à certains carrefours, comme aux extrémités du boul. Montmartre, et à la place de l'Opéra. Au milieu de la chaussée , aux carrefours, sont des refuges ou plates-formes destinées à en faciliter la traversée , et l'on a ajouté à certains endroits aux candélabres de ces refuges des horloges pneumatiques.
Les cafés (p. 13) ont des tables et des chaises sur les trottoirs, où l'on peut observer à son aise la vie des boulevards. Restaurants, V. p. 9 et 11 ; théâtres, p. 19 et suiv.
Sur les bords des trottoirs sont des constructions d'une grande utilité a l'usage des hommes, nommées vespasiennes; des kiosques où se vendent les journaux (p. 38) ou qui sont des bureaux de contrôle pour les fiacres ; de grosses colonnes sur lesquelles sont les affiches des théâtres , etc. Les chaises en fer , aux endroits larges des trottoirs , se louent 10 c. ; mais il y a aussi des bancs à l'usage de tout le monde.
Le boulevard Beanmarehaii (pi. R. 26; ///, V) , le premier et le plus long des Q-rands boulevards, mesure 750 m. Il est ainsi nommé en l'honneur du célèbre écrivain Caron de Beaumarchais (m. 1799), qui avait là une grande propriété. Ce f\it l'un des points où sévit le plus l'insurrection de juin 1848. A g., n**25, le petit théâtre Beatmiarchais. Ensuite, à g., la rue des Vosges, qui vient de la place du même nom (p. 204). ^ /
La rue St-Glaude, un peu plus loin du même côté, eonduit à l'ëgli8e| Bt*Dtnia-d«-Bt-8aeranent, dans la rue de Turenne. C'est un édifiée peu remarquable de style néo-gree, mais qui a, dans le chœur et dans
le^
PL de la Republ. PARIS. Rive dr. 1. 63
ehapelles aux extzémitû, des peintures .de ^ol^ Courte Picot, DeeaUne et Euç. Delacroix (à dr. de l'entrée).
Le boulevard des 7illeB-da-Calvaire (pi. ^. 26; III) , qui vient ensuite , doit son nom à un ancien couvent. II n*a que 210 m. de long. A l'extrémité, à dr., se voit le cirque d'Hiver (p. 22).
Le boulevard du Temple (pi. R. 27 ; ///) , long de 405 m. , est ainsi nommé parce qu'il est près de l'ancien quartier du Temple (p. 199). Il s'est appelé pour un temps boulevard du Crime, à cause des nombreux théâtres mélodramatiques qui s'y trouvaient, et il était alors plus animé que maintenant; il fut même jadis la promenade à la mode, quand le centre de Paris était moins à l'O. La maison n** 42, au renfoncement à dr. , a été bâtie sur l'emplacement de celle d'où, le 28 juillet 1835, Fieschi attenta aux jours de Louis-Philippe avec une machine infernale. Le roi ne fut pas atteint, mais quinze personnes furent frappées à mort dans sa suite et dans la foule , entre autres le maréchal Mortier.
La *plaoe de la Bépublique (pl.R.27j //i), l'anc. place du Château d'Eau, longue de 285 m., où aboutit le boul. du Temple, est maintenant une des plus belles de Paris. •
La STATUE DE LA RÉPUBLIQUE, œuvrc réaliste des frères Morice^ se dresse au milieu de cette place depuis 1883. Le piédestal, en pierre, a 15 m. 50 de haut et la statue, en bronze, 9 m. 50, jusqu'à l'extrémité du rameau d'olivier qu'elle élève de la main droite. Devant le monument, un lion en bronze avec l'urne du suffrage universel; autour du piédestal, des statues de la Liberté, l'Egalité et la Fraternité, 12 bas-reliefs en bronze, par Dalou: Prise de la Bastille, Serment du jeu de Paume, Abandon des privilèges. Fête de la Fédération, Séance de la Constituante, Enrôlements des volontaires. Bataille de Valmy, Combat du «Vengeur», Reprise du drapeau tricolore en 1830 , Gouvernement provisoire de 1848 , 4 Septembre 1870, Fête nationale du 14 juillet 1880. De chaque côté de la place sont des allées de platanes, des jets d'eau et, aux coins, de grands mâts vénitiens. Des deux grands bâtiments au N.-E., le premier est depuis 1889 Vhôtel Moderne et le second est la caserne du Prince- Eugène, qui peut contenir 3235 hommes.
De la plaee de la République rayonnent diverses rues importantea : au S.-E., le boulevard VolUrire (p. 165); à TE., Vavenue de la République, qu'on prolonge jusqu'au eimetière du Père-Laehalse (p. 166): au 17.-E., la rue du Faubourç-du- Temple, qui mène à Belleville (p. 41 et 191) et que va desservir un tramway funiculaire (10 e.) ; au N.-O. , le boulevard ae Magenta, au commencement duquel on voit, à g., là Bourse du travail , construite en 1889-90 par Bouvard, et qui s'étend jusqu'à Montmartre en passant deyant les gares de l'Est et duKord; au S,-0., la vieille rue du Temple (y. p. 199), qui va jusqu'à, l'hôtel de ville, et un peu plus bas à dr. la grande rue de Turbiço, qui deseend tout droit aux Halles Centrales (p. 167).
Le boulevard St-Martin (pLR.27-r24; ///), long de 450 m., fait suite à la place de la République» Il oecupe une émlnence qui a été nivelée pour faciliter la circtilatlon , tandis que les trottoirs sont restés à leur hauteur primitive. A dr., plusieurs théfttres : les Folies ' DramaHgues , V Ambigu- Comique , le th/àtre de la
64 Rive dr, U PARIS. Le$ BouUvardê.
Porte^St' Martin, incendie par les communards et rebâti en 1873, et le théâtre de la BenaUiance (v. p. 21 et 22).
La porte St-Xartin, arc de triomphe de 17 m. 50 de haut et de large et 4 m. 50 d'épaisseur , fut érigée en 1674 en Thonneur de Louis XIY, sur les plans de P. Bullet. Elle estpercée d'une grande arcade et de deux petites. Les pieds -droits et les archivoltes des portes sont en hossages vermiculés. Les has-reliefs du S., par Dujardin et Q, Marsy, et ceux du N., par le Hongre et Legros père, représentent la prise de Besançon et la dissolution de la triple alliance , la prise de Limbourg et la défaite des Allemands , que rappellent aussi les inscriptions.
Le booleTard St-Benis (pl.B.24; ///; succède bientôt au boul. St-Martin, et il est encore plus court (210 m.).
Les rues superbes qui débouchent un peu plus loin à dr. et à g., sont les boulevards de Strasbourg et de S/bastopol ; ils forment, avec les boul. du Palais (p. 211) et St-Michel (p. 219), une des principales artères de Paris , le traversant du N. au S. sur une longueur d'env. 4 kil., de la gare de TEst (p. 189) à l'Observatoire (p. 272). La gare de l'Est se voit à l'extrémité du boul. de Strasbourg. Dans l'axe du boul. de Sébastopol, le dôme du tribunal de commerce (p. 214). A env. 200 m. , à g. du boulevard, le square des Arts-et- Me'tiers , devant le conservatoire de ce nom (p. 162).
La porte 8t-Benis fut élevée deux ans avant la porte St-Martîn, sur les plans de Franc. Blondel, en l'honneur des triomphes de Louis XIV en Hollande et en Allemagne. Elle a 24 m. 65 de hauteur, sur 25 de largeur et seulement 5 m. d'épaisseur , et elle n'est percée que d'une seule ouverture de 15 m. 35 de haut sur 8 m. de large. Cependant elle est plus remarquable que la porte St- Martin. Les pieds-droits ont sur les deux faces des obélisques engagés , recouverts de trophées militaires. Dans le bas des obélisques de la face principale, à dr., le dieu du Rhin; a g., la Hollande vaincue. Le bas -relief au-dessus de l'arc, du même côté, représente le passage trop vanté du Rhin par Louis XIV, près d'Emmerich , le 12 juin 1672. Le bas -relief de l'autre face représente la prise de Maestricht. Toutes les sculptures ont été exécutées par les frères Anguier, sur les dessins de Girardon, mais à peu près complètement refaites en 1886-87.
La porte est bâtie entre la rue du Faubourg-St-Denis et la rue St-Deni$, une des plus anciennes et longtemps une des plus importantes artères de Paris.
La foule et le bruit augmentent à mesure qu'on avance ; les magasins deviennent plus riches, leurs étalages plus élégants ; les maisons sont couvertes d'une multitude d'enseignes dorées.
Le boiUoTftrd Btnae - HoaTollo (pLR.24;/F), qui a 350 m. de long, succède au boul. St- Denis. A dr., n^20, le ba»ar de la Ménagère (p. 30); la rue d'HautevUle, par laquelle ou aperçoit St-Vinoent-de-Paul (p* 192); le théâtre du Gymnase (p. 21), etc.
B. Montmartre. PARIS. Rive dr. /. 65
Le boulevard PoiMonnière (pi. R. 24-21 ; ///), long de 350 m., commence à dr. à la rue du Faubourg "Poiêêonnière, à g. à la rue Poissormière, qui va aux Halles Centrales (p. 157).
Dans la rue du Faubourg-Poissonnière, n^ 15, le Conservatoire de musique et de déclamation , fondé en 1784 et destiné à former des sujets pour les théâtres nationaux. Il compte plus de 70 professeurs et env. 600 élèves proprement dits, plus 200 auditeurs. Les élèves n'y sont admis qu'à la suite d'un concours , mais l'enseignement y est gratuit. Ceux qui en sortent avec le grand prix ont pendant quatre ans une pension de 3000 fr., avec l'obligation de voyager en Italie et en Allemagne , pour se perfectionner dans leur art. Le Conservatoire possède un musée instrumental très précieux et une riche bibliothèque spéciale. Pour ses concerts, v. p. 23.
Le miuéa instmm«otal, dans la seeonde cour, du côté de la rue du Conservatoire, d'où Ton peut y entrer, est public le jeudi de midi à 4 h. Il y a là beaucoup d'instruments remarquables par leur ancienneté, par leur rareté, par leur perfection, comme œuvres d'art ou au point de vue historique. La collection des luths, de chaque côté de la porte , dans la 2^ salle, passe pour une des plus précieuses. Les plus riches instruments sont dans les vitrines du milieu. Catalogue, 3 fr.
Un peu au delà, au coin de la petite rue 8te-Cécile et de la rue du Conservatoire, St-£ugèn«) église du style goth. élevée en 1854-55, sur les plans de M. Boileau. L'intérieur est original; les piliers sont remplacés par des colonnes en fonte, et il y a des tribunes de chaque côté. Tout y est couvert de peintures et de dorures dans le style du xiii^s., et les fenêtres ont de beaux vitraux.
Un peu plus loin àdr. du boule v., la petite rue de Rougemont, au bout de laquelle se voit l'hôtel du Comptoir National d'Escompte, reconstruit en 1882-83. Sa façade, surmontée d'un dôme avec clocheton, présente une belle porte en arc de triomphe, décorée de statues symboliques par A. Millet. — Sur le boulevard, n** 30, le magasin de bronzes de Barbedienne et C*.
Le boulevard Montmartre (pl.R.2i;i/7), long de 215 m. seulement, commence à dr. à la rue du Faubourg -Montmartre et à g. à la rue Af 07i^marfr«, l'une et l'autre excessivement animées. Le carrefour Montmartre, sur le boulevard, est peut-être l'endroit le plus fréquenté de Paris ; il y passe, dit-on, plus de 100 000 voitures par jour.
A peu de distance, à'dr. de la rue Montmartre, la rue Kotre-Damed es- Victoires, qui passe derrière la Bourse (p. 182). Plus bas dans la rue Montmartre , n^ 144 , VMtel de «la France* ^ belle construction élevée en 1882-83.» par Ferd. Bal, et dont on remarquera particulièrement les atlantes. On y voit imprimer le journal de 3 à 4 h. du soir, sur 5 presses rotatives livrant chacune à rbeure 20000 exemplaires imprimés, coupés et comptés. Il s'imprime encore d'autres journaux dans l'bôtel. — La rue aboutit plus bas aux Halles Centrales (p. 157).
Les cafés deviennent plus nombreux et plus élégants sur le boulevard Montmartre, les magasins plus riches. A g., le théâtre des Variétés (p. 21) ; puis le passage des Panoramas, en face duquel est le passage Jouffroy, tous deux occupés par de beaux magasins. Ces galeries sont très fréquentées (restaur., v. p. 11). A dr. du passage Jouffroy se trouve le musée Orévin (p. 23) et à g. le bazar dit galerie orientale. Plus loin, à g., la rue Vivienne, qui conduit à la Bourse
Baîdeker. Paris. 10« édit. 5
66 Rive dr. 1. PARIS. Les Boulevards.
(3 min. -, p. 182) et au Palais-Royal (p. 49) , et de chaque côté aussi à rextrémitë du boulevard les rues de Richelieu (p. 176) et Drouot (p. 184).
Le «boulevard des Italiens (pi. R. 21 ; ///, //), qui vient ensuite, est le plus distingué et le plus animé de tous les boulevards , en quelque sorte le boulevard par excellence. Sa longueur est de 425 m. Son nom lui vient d'un théâtre des Italiens qui s'y trouvait. ^ A dr. est le passage de V Opéra, maintenant à peu près délaissé. Il est ainsi nommé parce qu'il conduisait à l'ancien Opéra, détruit par un incendie en 1873. Il se compose de deux galeries partant du boulevard. Plus loin à dr., la ruele Peletier, où eut lieu, en 1858, Tattentat d'Orsini , dirigé contre la vie de Napoléon III. Ensuite les rues Laffitte, Taitbout et de la Chaussee-d'Antin , principalement habitées par la haute finance. Au commencement de la rue Laffitte et sur le boulevard , le restaurant de la Maison Dorée, dont on remarquera les sculptures. Au bout de la rue, l'église de Notre-Dame-de-Lorette (p. 184), derrière laquelle on aperçoit un peu la butte Montmartre, avec son église du Sacré-Cœur et sou nouveau réservoir (p. 194). Au n^28 du boulevard, le théâtre des Nouveautés (p. 22). C'est à la rue Taitbout que commence le boul. Haussmann (p. 186; tramw. iV).
Du côté g. du boul. des Italiens, en face du passage de l'Opéra, le passage des Princes , avec un riche magasin de cristaux ; il tourne à g. et débouche dans la rue de Richelieu. Plus loin, la rue Favart et la rue Marivaux , entre lesquelles s^ tTOXVfsÂtV Opéra -Comique (p. 21) , incendié en mai 1887 et qu'on doit reconstruire. Puis le grand et bel hôtel du Crédit Lyonnais, où se tient maintenant la Bourse du soir, de 8 h. 45 à 9 h. 45. A l'extrémité du boulevard, n®33, le magasin d'orfèvrerie de Christofle, dans le pavillon de Hanovre, bâti en 1760, mais reconstruit en partie en 1888.
Le ^boolevarddes Capucines (pi. R. 21-18; 11), long de 410 m., commence à la rue de la Chaussée - d'Antin (côté dr.), à Fextrémité de laquelle on aperçoit l'église de la Trinité (p. 185). A dr., au coin , le théâtre du Vaudeville (p. 21) , puis le café Américain et de riches magasins.
Ensuite la ♦place de l'Ofibea (pi. R. 18; //), traversée par le boul. des Capucines et d'où rayonnent encore cinq larges rues. Du côté S., à dr., la rue de la Paix, aussi avec de riches magasins et au bout de laquelle on voit la colonne Vendôme (p. 73) ; au milieu, la magnifique *avenue de V Opéra, qui conduit à la place du Théâtre- Français (p. 51) ; à g., la rue du 4 Septembre, qui va jusqu'à la Bourse (p. 182). Du côté N., à dr. de l'Opéra, la rue Èalévy, à g. la rue Auber, qui mène à la gare St-Lazare (p. 186). Suite du boulevard, p. 71.
L'*Opéra (Académie nationale de Musique), monument splendide sur les plans de Charles Oarnier, a été commencé en 1861 et achevé seulement à la fin de 1874. C'est le plus vaste théâtre du
L'Opéra. PARIS. Rive dr, h 67
monde, quoique l'Opëra de Vienne, les théâtres de la Scala, à Milan, et de San - Carlo , à Naples , aient un plus grand nombre de places ; il occupe une superficie de 11 237 m. carrés. La façade ne donne pas une idée de ses dimensions colossales ; il faut en faire le tour pour en juger, et sa masse énorme surprend encore quand on la voit de quelque hauteur.
L'emplacement seul a eoûté 10500000 fr. et les frais de construction se sont élevés à 36500000 fr. Il y » eu d*abord de grandes difficultés à surmonter, car il a fallu creuser jusqu'à 15 m. au-dessous du niveau^ des eaux, et Ton a rencontré un véritable courant d*eau> qui a nécessité remploi de huit pompes à vapeur, nuit et jour, pendant aept mois. Il est entré excessivement peu de bois dans toute la construction, et il n'est sorte de marbre et de pierre de choix qui n'y ait été employée: griotte, jaune fleuri, granit des Vosges, brocatelle du Jura, brèche d'Alep, sarraneolin des Pyrénées, noir de Dinant, granit d'Aberdeen, vert de Jœnkœping (Suède), porphyre rouge de Finlande, marbre de Carrare, jaune de Sienne, brèche de Sicile, vert de Gênes, bleu turquin, onyx d'Algérie, etc.
La ♦pAÇADE PBiMCiPALE, qui mauque un peu d'élévation, se compose d'abord d'un soubassement percé de 7 arcades. Contre les piedsdroits se trouvent 4 groupes et 4 statues, savoir, de g. à dr. : la Poésie lyrique, par Jouffroyj la Musique, par Quillaume; l'Idylle, par Àizelin; la Déclamation, par Chapu; le Chant, par Dubois et Vairinelle; le Drame, par Falguièrei la *Danse, "par Carpeaux, groupe d'une exécution parfaite, mais qui a soulevé une ardente polémique, à cause de son caractère très sensuel, et le Drame lyrique, par Perraud. Au-dessus de ces statues, des médaillons de Bach, Pergolèse, Haydn et Cimarosa. Au premier étage règne une loggia^ avec 30 colonnes corinthiennes monolithes, dont 16 de plus de 10 m. de haut, en pierre , et 14 plus petites , en marbre jaspé et à chapiteaux en bronze doré, encadrant 7 baies à balcons en marbre vert de Suède. Dans les intervalles sont des cartouches avec des bustes en bronze doré de grands compositeurs. La façade se termine par un attique richement sculpté et bordé de masques de théâtre aussi dorés. Il y a aux deux angles des avant -corps à frontons circulaires, surmontés de groupes dorés de dimensions colossales, par Gumery, la Musique et la Poésie, avec les Muses et les Renommées. Au centre de l'édifice s'élève un dôme peu saillant , au-dessus de la salle, et derrière un immense fronton triangulaire , là où commence la scène. Il est décoré au centre d'un Apollon avec une lyre dorée, par A. Millet j et sur les côtés de deux Pégases, par Lequesne, — Aux façades latérales, on remarque surtout des pavillons, celui du côté gauche, le pavillon d'honneur, avec une double rampe pour les équipages, Tautre le pavillon des abonnés, l'entrée à couvert pour les voitures (v. cidessous). Ces façades sont aussi décorées de bustes de musiciens et, aux frontons, de figures symboliques. — Représentations, v. p. 20.
♦•L'iNTÉBiBUB est encore plus remarquable que l'extérieur. En entrant par la façade, on se trouve dans un immense vestibule orné des statues de Lully , Rameau ^ Gluck et Haendel. De chaque côté sont les bureaux et en face le grand **e8calier d'honneur , le chef-
68 Hive dr. U PARIS. Les Boulevards,
(l'œuvre de Ch. Garnier. En prenant son billet le soir aux bureaux, on monte directement aux places par des escaliers latéraux, mais ces escaliers communiquent avec l'autre au premier étage , et Ton pourra y revenir dans les entr'actes. Le vaste et superbe escalier d'honneur est lui-même en quelque sorte une-salle de spectacle, avec ses balcons à chaque étage, d'où Ton peut contempler la foule qui monte ou qui descend. Les marches sont en marbre blanc, les balustres en marbre rouge antique et la main courante en onyx d'Algérie. Les 30 colonnes qui s'élèvent du premier étage jusqu'au troisième sont des monolithes de marbre sarrancolin. Les fresques du plafond, par Pils, représentent, en commençant à dr. : les Dieux de l'Olympe, Apollon sur son char, TËdiflcation de l'Opéra et le Triomphe de l'harmonie. On remarquera aussi particulièrement la porte du premier palier, flanquée de deux grandes cariatides, la Comédie et la Tragédie, en bronze, avec draperies en marbre de couleur, et les groupes de bronze supportant des appareils d'éclairage. Sous l'escalier , où l'on passe pour arriver au pavillon des abonnés , un bassin avec la Pythonisse, bronze de Marcello, et dans le pavillon même, la Musique, marbre par Delaplanche. Pour le foyer du public, au premier, v. ci-dessous.
La *8alle même de l'Opéra est d'une richesse d'ornementation quasi excessive, mais qui se défraîchit vite. Les loges sont décorées en rouge et presque tout le reste doré. Il y a cinq étages et sept travées, outre les avant-scènes, formées par huit colonnes énormes qui supportent des arcades à la hauteur du quatrième étage. A la naissance de ces arcades, de celle de la scène et du plafond, aux avant-scènes, etc., sont des figures et des têtes remarquables. Une belle frise fait le tour de la salle et au-dessus se voient des œilsde-boeuf, à grilles en forme de lyre. Le plafond est de Lenepveu; Il représente les Heures du jour et de la nuit. Le lustre est aussi une œuvre d'art très remarquable.
La scène a 60 m. de hauteur sur 55 de largeur et 25 de profondeur. Elle communique avec le foyer de la danse, dont le fond est une glace de 7 m. de large et 10 m. de haut. Ce foyer a été décoré par Boulanger de 20 médaillons, portraits des danseuses les plus célèbres, et de quatre compositions médiocres représentant différentes danses : les abonnés ont le droit d'y entrer.
Le *foyer du public est une autre curiosité de l'Opéra. Il y a d'abord un avant-foyer, dont la voûte est revêtue de mosaïques par Salviati, d'après Curzon, représentant; Diane et Endymion, Orphée et Eurydice, l'Aurore (Eos) et Céphale, Psyché et Mercure. Le foyer même a 54 m. de long, 18 de haut et 13 de large. 5 fenêtres et 2 portes donnent sur la loggia (vue). En face des fenêtres sont des glaces de 7 m. de haut et dans les intervalles 20 colonnes accouplées, supportant des statues dorées qui personnifient les qualités nécessaires à l'artiste. Cette galerie se termine par des cheminées monumentales à cariatides, derrière lesquelles il y a encore des espèces de salons.
La Madeleine, PARIS. Bive dr, h 69
Le plafoQd , les Toussures et le dessus des portes et des glaces sout décorés de peintures célèbres par Baudry. Au centre, la Mélodie et rUarmonie, entre la Comédie et la Tragédie. Au-dessus des cheminées , le Parnasse et les Poètes de l'antiquité. Les autres peintures représentent les Muses, moins la Philosophie ; la musique chez tous les peuples et la danse. — Du côté g., en Tenant de la salle, se trouve un buffet, décoré de tapisseries des Gobelins d'après Mazerolle, le Yin et les Glaces, la Pâtisserie et la Péché.
Il y a dans le pavillon d'honneur, dont rentrée est rue Auber, par la rampe de dr., une bibliothèque spéciale et une sorte de petit musée de V Opéra. Ce musée, publie les jours ouvrables de il h. à 4 n., comprend de petits modèles de décors, des bustes et des portraits d^artistes, des manuscrits de grands compositeurs, le piano de Spontini, des dessins de costumes du iviii^s., des affiches de théâtres, surtout de 1658 et 1660, etc.
L^Eden- Théâtre (pi. B. 18;//), à quelques pas do TOpéra, dans la seconde rue à g. de la rue Auber, est une curieuse construction dans le style indou, élevée en 1882. L**lntérieur est aussi très original. La salle est la reproduction d'une pagode, et la décoration est des mieux réussies. Il n'y a qu'un étage en amphithéâtre au-dessus du parterre. Tout autour règne une colonnade à ogives arabes, séparant l'amphithéâtre du promenoir, où l'on monte par de beaux escaliers et on sont trois salles remarquables. Beau lustre dans le même style. Plafonds par Clairin. Vaste scène propre à de grandes représentations (v. p. 22).
Sur le reste du boulevard des Capucines au delà de TOpéra, à dr. le Grand- Hôtel (p. 3), avec le café de la Paix, puis la rue Scribe.
Le boulevard de la Madeleine (pi. R. 18; //), qui vient ensuite, va Jusqu'à la place de la Madeleine (220 m.). Une partie du côté dr. porte le nom de rue Basse-du-Rempart.
A la pla^e de la Madeleine finissent les Grands boulevards de la rive droite , que termine dignement l'église du même nom. Il se tient ici un marché aux fleurs le mardi et le vendredi.
La *][adeleine (pi. R. 18; //), dont la façade est tournée vers la rue Royale et la place de la Concorde (p. 70), ne ressemble guère à une église. Elle a été fondée en 1764, par Louis XY et le premier architecte fut Contant d'Ivry, qui s'était proposé pour modèle le Panthéon (p. 231). Son successeur, Couture, modifia les plans et recommença la construction en 1777. La Révolution interrompit les travaux. Napoléon I®' ordonna Tachèvement de l'édifice et le destina à servir de temple de la Gloire. L'exécution fut alors confiée à P. Vignon, Louis XVIII n'en modifia pas les*plans, mais en change a la destination; il voulait le convertir en église expiatoire, avec des monuments à la mémoire de Louis XVI , de Marie- Antoinette , etc. Vignon, mort en 1838, fut remplacé par Huve\ Les travaux ne furent terminés qu'en 1842.
La Madeleine rappelle, à l'extérieur, les temples romains. Elle a 108 m. de long sur 43 de large. Elle repose sur un soubassement d'env. 7 m., et elle a encore plus de 30 m. de haut à l'intérieur sous les coupoles. Tout autour règne une majestueuse colonnade d'ordre corinthien. Il n'est pas entré de bois dans la construction de ce
70 mve dr, î. PARIS. La Maddeifie.
temple, non plus que dans celle de la Bourse (p. 182), qui a de la ressemblance avec lui. Les murs , sous le portique , n'ont pas de fenêtres , mais 34 niches , garnies de statues de saints et de saintes.
Le fronton de la façade, par Lemaire, représente le jugement dernier. Il a 7 m. 15 de haut sur 38 m. 35 de long , et la figure du Sauveur , au milieu , a 5 m. 35. A dr. de cette figure se voient un ange qui vient de sonner de la trompette, et les élus; à g., Ste Madeleine intercédant pour les pécheurs, et les damnés.
La façade est précédée d'un escalier de 18 marches. La *porte principale, en bronze, a 10m. 50 de haut sur 5 de large. Elle est ornée de has-reliefs ^tii Trigueti, représentant le décalogue.
L'*i»TéRiBUR ne peut être visité (^u'à partir de 1 h. de raprès-midi, et lorsque la i>orte principale est fermée, on entre par les portes latérales, à Tautre extrémité. Il n^y a qu'une seule nef. La voûte, peinte et dorée, est divisée en trois coupoles et deux hémicycles, par où tombe le jour. On y remarque, dans les pendentifs, les statues des Apôtres par Pradier^ Rude et Foyatier. —A dr. de l'entrée, la chapelle des mariages, décorée d'un groupe de Pradier, le Mariage de la Vierge. A g., la chapelle des fonU^ avec un groupe de Rude^ le Baptême de J.-C. — 1'^ chap. à dr. de la nef: Ste Amélie, par Bra ; la Conversion de Ste Madeleine, par Schnetz. 2^ chap. : le Sauveur, par Durei; ♦Ste Madeleine au pied de la croix, par Bouchot. 3^ chap. : 6te Clotilde, par Barye; Ste Madeleine priant au désert avec les anges, par Abel de Pujol. — \y^ thh,T^. à g.: St Vincent de Paul, par R<nggiî le Repas chez Simon le Pharisien, et Ste Madeleine lavant les pieds du Sauveur, par Couder, 2^ chap. : la Vierge, par Seurre; des Anges annonçant à Ste Madeleine la résurrection du Sauveur, par Cogniet. 8^ chap. : St Augustin, par Etex; la Mort de Ste Madeleine, par Siçnol. » Le *maitre autel est surmonté d'un beau groupe de marbre par Maroehettiy l'Assomption de Ste Madeleine. La demi-coupole de l'abside est occupée par une grande fresque de Ziegler^ représentant l'histoire du christianisme: au centre, le Christ et devant lui Ste Madeleine*, à dr., les principaux événements relatifs au christianisme en Orient, dans les premiers siècles et de nos jours ; à g., l'histoire du christianisme en Occident.
La Madeleine est renommée pour la musique religieuse et les exécutions avec orchestre, aux grandes fêtes et dans la semaine sainte. — Sortie de la messe, v. p. 46.
Pour le boul. Malesherbes, St- Augustin, etc., au N.-O. delà Madeleinei, v. p. 187.
IV. De la Madeleine au Palais-Boyal par la place de la Concorde. Colonne Venddme. St-Roch.
La large rue Royale, en face de la Madeleine, conduit à la place de la Concorde, au delà de laquelle on aperçoit le palais de la Chambre des députés.
La rue Royale fut une des plus maltraitées à la fin de l'insurrection de 1871. Six maisons y furent incendiées volontairement, avec plusieurs maisons voisines de la rue du Faubourg-St-Honoré, et 27 personnes y périrent dans les flanunes^ Des pompiers, payés par la Commune, poussèrent la perversité jusqu'à remplacer l'eau dans leurs pompes par du pétrole.
Palais de l'Elysée, dans la rue du Faubourg-St-Honoré, v. p. 138; rue St-Honoré, p. 7S.
La **plaee de la Concorde (pi. R. 10,18; II) est une des plus belles, des plus grandes et des plus curieuses de Paris. Elle forme un carré de 357 m. de long et 217 de large, borné au S. par la Seine, au N. par les anciens garde-meubles (v. ci-dessous), à VE. par le jar-
PI, de la Concorde, PARIS. Sive dr, 1, 71
din des Tuileries et à l'O. par les Champs-Elysées. En se plaçant au milieu, on jouit d'une quadruple perspective : sur la Madeleine, le palais de la Ghaml)re des députés, le Louvre et l'arc de triomphe de TEtoile. On y a encore un spectacle magnifique le soir, surtout du côté des Champs-Elysées , où l'œil découvre Une rangée de lumières s'étendant à perte de vue, en montant légèrement, jusqu'à Tare de triomphe (env. 2kil.). Lorsqu'il y a des illuminations, la place et l'avenue comptent plus de 25000 foyers de lumière, outre ceux des édifices, des cafés, etc. Les deux belles constructions presque pareilles qui bornent la place au N., et entre lesquelles passe la rue Royale (v. ci-dessus), ont été élevées sur les plans de Gabriel, de 1762 à 1770, pour loger les ambassadeurs et d'autres personnages de distinction; celui de droite est maintenant le Ministère de la marine et celui de g. propriété particulière.
Cette place qui présente un ensemble imposant, n'a été achevée qu'en 1854, par Hittorff. Au milieu du xviii^s., c'était encore un endroit désert. Après la paix d'Aix-la-Chapelle (1748), qui mit fin à la guerre de la succession d'Autriche, Louis XY «gratifia» le prévôt et les échevins de Paris de la permission de lui ériger une statue. L'œuvre fut immédiatement commencée par l'architecte Gabriel, qui construisit les garde-meubles, les pavillons et balustrades de la place, derrière lesquelles il creusa des fossés qui ne furent comblés qu'en 1852 ; mais la statue ne fut érigée qu'en 1763. C'était une statue équestre en bronze, par Bouchardon (modèle, v. p.288), avec un piédestal orné par Pigalle des statues de la Force, de la Prudence, de la Justice et de l'Amour de la paix. Peu de temps après son érection, on put lire sur ce piédestal les vers suivants:
0 la belle statue! ô le beau piédestal!
Les vertus sont à pied^ le .vice est à efteval.*
*Jl est ici comme à Versailles. — Jl est sans cœur et sans entrailles.*
En 1770, pendant le feu d'artifice tiré à roceasion du mariage du dauphin (Louis XVI) avec Marie- Antoinette, des fusées mal dirigées jetèrent un tel trouble dans la foule, qu'une grande partie en fut précipitée dans les fossées, écrasée ou étouffée; il y eut, dit-on, 133 personnes tuées et 1300 grièvement blessées. Après la prise des Tuileries en 1792, la statue de Louis XV fut enlevée et remplacée par une statue de la liberté en plâtre colorié, et la place prit le nom de place de la Révolution. Ce nom fut changé en 1795 en celui de place de la Concorde et remplacé sous la Restauration par eeujc de place Louis XV et plcKe Louis XVi\ lorsqu'il fut question d'y ériger un monument expiatoire.
C'est en effet sur cette place que la guillotine commença son œuvre de destruction en 1792, et Louis XVI y fut décapité le 21 janvier 1793. On y exécuta ensuite, le 17 jull., Charlotte Corday; le 16 oet., la reine Marie- Antoinette \ puis Brissot, le chef des Girondins, et 21 de ses amis \ le duc d'Orléans, Philiçpe-Egalité, père du roi Louis-Philippe, etc.; le 24 mars 1794, les adversaires de tout ordre social, Hébert et ses partisans ; ensuite les partisans de Marat et les Orléanistes, Danton lui-même et son parti, Camille Desmoulins, les athées Cbaumette, Anacharsis Cloots , la femme de Camille Desmoulins, celle d'Hébert, etc. ; le 10 mai. Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI; le 28 juillet, Robespierre et ses amis, son frère, Dumas, St-Just et d'autres membres du Comité du salut publie; puis 82 membres de la Commune, le dangereux instrument de Robespierre. Lasource, l'un des Girondins, dit à ses juges : «Je meurs dans un moment
72 nive dr. 1. PARIS. Obélisque.
où le peuple a perda sa raison; voua, vous mourrez le jour où il la retrouvera.» Du 21 janvier 1793 au 3 mai 1795, plus de 2800 personnes périrent sur réehafaud de la place de la Concorde.
L'^obélisque, au milieu de cette place, a M donne à Louis- Philippe par Méhémet-Ali, pacha d*£gypte. Il se compose à'un seul bloc de granit rose de Syène, aujourd'hui Assouan, dans la Haute -Egypte. Il a 22 m. 83 de hauteur et il pèse 250000 kilogr. Le piédestal est un bloc de granit de Bretagne de 4 m., et le tout repose sur un soubassement de 1 m. de haut. — Le bâtiment destiné à rapporter le monolithe partit en 1831, mais le transport présenta de si grandes difficultés, qu*il ne fut de retour â Cherbourg que 2 ans après , et l'érection ne put avoir lieu que le 25 oct. 1836 , sous la direction de l'ingénieur J.-B, Lebas. Sur le piédestal du monument sont représentés, du côté N., les machines et les appareils qui ont servi à son transport et à son embarquement en Egypte; du côté S., ceux qui ont servi à son érection à Paris. Les inscriptions sont naturellement aussi relatives au transport et à Térection.
Cet obélisque décorait autrefois, avec un autre, les pylônes que Rattuit 11^ le Sésostris des Grecs (xiv^ s. av. J.-C), fit élever devant le temple b&ti par Amenhotepy Aménophis III ou Memnon^ Tun de ses prédécesseurs, dans le faubourg oriental de Thèbes aux eent portes, là où est aujourd'hui le misérable village de Louqtor. Chacune des quatre faces de l'obélisque contient trois colonnes d'hiéroglyphes, celle du milieu de Ramsès II, les deux autres ajoutées par Ramsès III, l'un de ses successeurs. Les hiéroglyphes de Ramsès II disent que ce roi, le «maître du monde*, le «soleil*, le «fléau des ennemis*, a fait élever les pylônes et les deux obélisques en l'honneur dMmmon-^a, le premier des dieux égyptiens,* en reconnaissance des victoires qu'il lui a fait remporter.
Les *fo]itainei, de chaque côté de l'obélisque, se composent chacune d'un bassin circulaire de 16 m. 50 de diamètre, au milieu duquel sont deux vasques superposées et surmontées d'un gros bouton, d'où s'échappe un bouillon d'eau, à une hauteur de 9 m. Six statues, représentant des tritons et des néréides , sont placées dans le grand bassin; elles tiennent des dauphins qui lancent de l'eau dans les vasques. La fontaine du côté de la Seine est dédiée aux mers et l'autre aux fleuves. Les statues et les vasques sont en fonte de fer bronzée et les bassins en granit
Autour de la place sont huit statues assises de grandes villes, en pierre, sur des pavillons qui leur servent de piédestaux: Lille et Strasbourg, par Pradier; Bordeaux et Nantes, par CcUhauety Rouen et Brest, par Cortot; Marseille et Lyon, par Petitot, Vingt colonnes rostrcUes bronzées , chacune avec deux lanternes à gaz , et plus de cent candélabres éclairent cette magnifique place.
Le pont qui traverse la Seine entre la place et le palais de la Chambre des députés, le pont de la Concorde, a été construit de 1787 à 179D, la partie supérieure presque entièrement avec des pierres de la Bastille. Les piles présentent des demi-colonnes sur lesquelles il y a eu des statues de grands hommes, aujourd'hui dans la cour d'honneur du palais de Versailles.
La vue qu'on a de ce pont est splendide. Outre la place de la Concorde, la Madeleine et la Chambre des députés, on aperçoit encore: en
CoL Vendôme. PARIS. liive dr. 1. 73
amont, du eôté g., le jardin des Tuileries, un pavillon des Tuileries et un pavillon du Louvre; en faee, le pont Solférino et le pont Boval; à dr., les ruines du palais du quai d^Orsay, en deçà duquel se voit le petit dôme du palais de la Légion d'honneur; plus loin, le dôme de Tlnstitut, les tours de Notre-Dame, la flèehe de la Ste-Chapelle et le dôme du tribunal de commerce; en aval, à dr., le palais de Tlndustrie; en face, le pont des Invalides et plus loin le palais du Trocadéro, avee ses deux tours ^ à g., le Ministère des affaires étrangères et Tinévitable tour Eiffel. Le dôme des Invalides se voit seulement un peu plus bas que le pont, à dr. de la Chambre des députés, et les flèches de Ste-Glotilde à g. au-dessus des maisons.
Chambre des députés, v. p. 259; boulevard St-Germaln, p. 220; jardin des Tuileries, p. 136.
Nous terminons notre promenade circulaire en reprenant la rue de Rivoli (p. 51), au N.-E. de la place de la Concorde ou à g. du jardin des Tuileries, qu'elle longe, ainsi que Taile du palais encore subsistante de ce côté.
A g. se trouvait le Ministère des finances, «flambé» en 1871 par les communards ; l'emplacement a été aliéné , et Ton y a élevé entre autres le grand hôtel Continental (p. 3). On peut, des arcades, jeter un coup d'œil dans les superbes salons de cet hôtel, où se donnent quelquefois de grands bals. Une plaque sur un pilastre de la grille du jardin des Tuileries , après la porte voisine , rappelle que là se trouvait le manège où siégèrent l'Assemblée constituante, l'Assemblée législative et la Convention Nationale.
La rue de Castiglione, à côté de l'hôtel Continental, conduit à la place Vendôme (pi. R. 18; II), dont les constructions sont en partie de J,-H, Mamart (1708). Elle a dû son nom à un hôtel bâti à cet endroit par Henri IV pour son fils , le duc de Vendôme. Il y eut d'abord une statue équestre de Louis XIV, par Girardon.
La «colonne Vendôme, qui s'élève maintenant au centre de cette place, fut érigée de 1806 à 1810 par Napoléon I®', à la gloire de la Grande^ armée et de ses victoires sur les Autrichiens et les Russes en 1805. C'est une imitation d& la colonne Trajane de Rome , pai Denon, Oondouin et Lepère, mesurant 43 m. 50 de hauteur et env. 4 m. de diamètre. Renversée par les gens de la Commune en 1871, elle a été reconstruite depuis teUe qu'elle était. Elle se compose d'une maçonnerie revêtue de plaques de bronze, celles du fut formant une spirale de 273 m., sur laquelle sont représentés les faits mémorables de la campagne de 1805, depuis la levée du camp de Boulogne jusqu'à la bataille d'Austerlitz, d'après BergereL Le bronze nécessaire a été fourni par 1200 canons autrichiens et russes. Au sommet est une statue en bronze de Napoléon I®', d'après Chaudet: on n'y monte plus maintenant. Il y a une réduction de cette colonne à l'hôtel des Monnaies (p. 236).
, La rue qui fait suite à la rue de Castiglione, est la rue de la Paix, que nous avons déjà vue de la place de l'Opéra (p. 66).
Nous revenons sur nos pas par la rue Castiglione jusqu'à la première rue latérale , la rue St-Honor/, où nous tournons à gauche.
74 Rivedr.l, PARIS. St-Hoeh.
Dans la partie de dr. le Nouveau Cirque (p. 23), puis Véglise de rAssomption^ du xvii^ 8., avec un péristyle et un dôme assez lourd, dont la coupole est décorée d'une Assomption de Ch. de la Fosse : elle n est pas toujours ouverte.
St-Boeh (pi. R. 18; II), entre la place Vendôme et le Palais- Royal, dans la rue St-Honoié, est un échantillon intéressant du style rococo adapté à un monument religieux. Cette église a été construite de 16^3 à 1740, sur les plans de Lemercterj- mais la façade, décorée de deux ordres de colonnes doriques et corinthiennes, a été exécutée sur les plans de Robert de Cotte, par son neveu Jules de Cotte.
Iktbrieur. La chaire, avec ses singuliers ornements allégoriques, est dans le mauvais goût du xviii^ s. — Ghap. du bas côté de g. : peintures de Choisériau, Bureau, Cornu, Hwbeiroffer, iforblin. Dans la 2®, le Baptême de J.-C, groupe de marbre par Lemoine; dans la 3^, une Mater dolorosa, en marbre; dans la 5®, le monument de Vaibbé de VEpie (1712-1789), fondateur de rinstitution des sourds-muets (p. 272), par Priault. — Chap. du bras g. du transept, la Prédication de St Denis, par Vien, le maître de David (p. 99), faisant contraste par son style académique avec celui de Doyen, dans Tautre chapelle du transept. — Chapelles du pourtour. Dans chacune d'elles, de grands bas -reliefs dont les suiets sont tirés de l'histoire de la Passion. Peintures par Pori<m, Timer, Biennoury, Henry Scheffer, Loyer et R. Balze. — l^e chap. derrière le chœur: sur Tautel, la Nativité du Christ, groupe de marbre par Michel Anguier ; dans le pourtour, plusieurs tableaux remarquables, notamment, à g., le Triomphe de Mardochée, par Jouvenei; la Résurrection de la fille de Jaïre, par Delorme; à dr., 8t Jean prêchant dans le désert, par Legendre; Laissez venir à moi les enfants, par Schnetz^ et Jésus chassant les vendeurs du temple, par Thomas. — 2® chap., dite du Calvaire, isolée des autres du chœur (porte à g.): le Crucifîment, par Duseigneur; Jésus en croix, par Mich. Anguier^ et la Mise au tombeau, par Deseine. — Autres chap. du pourtour: peintures de Briiset, Brune, Bonn et Deviria. — Chap. du transept, la Cruerison du mal des Ardents , par Doyen, composition théâtrale, Tantithèse du St Denis de Vien (v. ci-dessus). — Chap. du bas côté de dr. : peintures de Bureau, Boulanger, L. Roux, Charpentier et Quantin. Dans la 3^ en retournant vers l'entrée, le monument du due de Créquy (m. 1678), par Coyzevox et Me. Coustou. Dans la 4^, ceux du cardinal Dubois (m. 1729), oar Ouill. Coustou, et du comte d'Harcourt, Henri de Lorraine (m. 1666), par Renard; les bustes de Mignard (m. 1696), par Desjardint, et de le Notre (m. 1700), par CoyzevûX. Dans la 5®, le monument de Mau-
Rertuis (m. 1759), par d'Huez, et le buste du due de Lesdiguières (m. 826), par Nie. Coustou, etc. — St-Roch est une des églises renommées pour la musique religieuse.
C'est devant 8t-Roch, alors précédé d'une grande place s'étendant jusQu'au jardin des Tuileries, que les royalistes attaquant la Convention, le 13 vendémiaire an IV (d oct. 1795), placèrent leurs meilleurs bataillons, tandis que d'autres combattaient du côté du fleuve; mais Bonaparte prit ces derniers sous le feu croisé des batteries qu'il avait fait venir a la hâte, et, par une attaque vigoureuse, écrasa les soldats de St-Roch, étouffant ainsi la contre-révolution dans ses germes.
Nous redescendons de St-Roch à la rue de Rivoli. A côté de celle-ci, plcuie de Rivoli, une statue équestre moderne assez médiocre de Jeanne d'Arc, en bronze, par Frémiet,
Nous regagnons enfin en quelques min. la place du Palais-Royal, notre point de départ.