‹ Paris et ses environs (volume 2)Chapitre 54 sur 112 · I. Du PalaiB-Boyal à la Bourse · texte numérisé non relu

I. Du PalaiB-Boyal à la Bourse

Bibliothèque Kationale.

La rue de Richelieu (pi. B. 21 ; II) , qui passe à TO. du Palais- Royal, mène directement de l'extrémité inférieure de l'avenue de rOpéra aux grands boulevards (p. 66).

On y remarque d'abord à g., au coin de la rue Molière, la fontaine Molière, érigée en 1844 à la mémoire du célèbre poète, qui mourut en 1673 dans la maison située vis-à-vis , n^ 34. C'est un monument du style de la renaissance, de 16m. de hauteur sur 6 m. 50 de largeur , dont le plan est de Visconti , avec une statue assise de Molière , par Seurre, et, de chaque côté , les statues de la Comédie sérieuse et de la Comédie légère , par Pradier,

Ensuite, à dr., après la rue des Petits-Champs, la Bibliothèque NationcUe (v. ci-dessous), dont l'entrée principale est plus loin, en face de la fontaine Richelieu. La rue des Petits-Champs mène à dr. à la place des Victoires, dont on aperçoit la statue (p. 182).

La ^fontaine Bichelieu ou Lov/vois est un beau monument en bronze, par Visconti, avec des statues par Klagmann^ représentant la Seine, la Loire, la Garonne et la Saône. Le petit square où elle se trouve occupe l'emplacement du Grand-Opéra au sortir duquel le duc de Berry, fils de Charles X , fut assassiné en 1820, par Louvel, et qui fut démoli pour cette raison.

^Bibliothèque Kationale (pi. R. 21 ; 17). — Après l'achèvement des parties à construire sur la rue Vivienne, (v. le plan), la Bibliothèque occupera tout un îlot formé par les rues de Richelieu, des Petits- Champs, Vivienne et Colbert.

Diverses parties en sont cavertes au publie. La prineipale est la salle de travail du département des imprimés, où Ton n'est admis qu'avee une earte de radministration. Elle est ouverte dans la semaine, excepté aux jours de fête, de 9 h. à 6 h. du 1®' avril au 16 sept., de 9 h. à Oh. du 15 sept, au 15 cet. et du 15 févr. au SI mars et de 9 h. à 4 h. du 15 cet. au 15 février. Viennent ensuite la sàUe publique de lecture^ qui est ouverte tous les jours aux mêmes heures ; puis les saUes des numuseritSy des cartes et des estampes^ pour lesquelles il faut aussi des cartes et qui ne sont ouvertes^ dans la semaine, que de 10 h. à 4 h. Il y a en oulre des sàUes d'expositton des imprimés, des manuscrits et des estampes, ouvertes aux visiteurs les mardi et vendredi de 10 h. à 4 h., et un cabinet des médailles, public les mêmes jours de 10 h. 1/2 à 3 h. Va- Vacances durant les 15 jours qui précèdent Pâques, excepté à la salle publique de lectures, o& il nV en a que 8 jours, durant la semaine sainte.

Il reste peu de chose de Tédiflce primitif, bâti par Mazarin , le ministre tout puissant de Louis XIII et de Louis XIV ; il a été reconstruit en grande partie de nos jours. La belle façade moderne précédée d'une cour et d'une grille qu'on voit du côté de la rue Vivienne en fait partie , de même que celle qui donne sur la rue des Petits-Champs.

Charles V, dit le Sage (m. 1880), fut le premier roi de Franee qui posséda une eollection de livres considérable; mais elle fut dispersée durant les g:uerres avec l'Angleterre. Le véritable fondateur de la bibliothèque actuelle fut François /*'*, qui fit acheter et copier des manuterits dans tous

Biblioth. NaHonale.

PARIS

Rive dr. 6. 177

les payS) et qui enjoignit de déposer à sa bibliothèque un exemplaire de tous les ouvrages imprimés en France. Plus tard, le nombre d^exemplaires du «dépôt légal* fut fixé à deux, mais 11 est loin d'être toujours fait exactement. La bibliothèque dut changer plusieurs fois de local; on lui assigna enfin en 1724 Tbôtel Mazarin, ou elle est encore aujourd'hui.

La Bibliothèqne Nationale , qui est peut-être la plus riche du monde , se divise en quatre départements : 1® imprimés , cartes et collections géographiques, 2^ manuscrits, 3^ estampes, 4" médailles et antiques.

Rve de Richelieu BIBLIOTHEQUE NATIONALE.

Le DÉPABTEMENT DES IMPSIMIÉS , OABTES ET COLLECTIONS GlÉO-

GBAPBiaTJES comprend env. 3 millions de volumes, c'est-à-dire une telle masse de livres que les tablettes sur lesquelles ils sont rangés, placées Tune au bout de l'autre , donneraient une longueur d'env. 60 kilomètres. Les différents ouvrages sont représentés par les plus belles éditions, toutes les reliures sont très soignées. Il n'en existe malheureusement pas de catalogue complet, mais on y travaille toujours , et les nouvelles acquisitions sont cataloguées à leur entrée sur des feuilles détachées , qu'on réunit en fascicules mis à la disposition du public.

L'entrée de la salle de travail (v. p. 176) est dans la rue de Richelieu, en face du square et de la fontaine de ce nom (p. 176), et celle de saUe publique de lecture, au vP 3 de la rue Golbert. On y dépose les cannes et les parapluies , mais le dépôt est gratuit. Pour sortir d'une salle avec des papiers , livres ou portefeuilles , on a besoin d'un laisser-passer de l'un des bibliothécaires.

En entrant dans les salles de travail et de lecture, on reçoit un bulletin, sur lequel on écrit son nom et son adresse. Ce bulletin sert pour le contrôle; les employés y inscrivent les ouvrages prêtés et y apposent

Bœdeker. Paris. lOe édit. 12

178 Rive dr. 6. PARIS. Biblioth. NationàU.

un timbre lorsque ceux -ci sont rendus \ il doit être remis à remployé qui est à la sortie. Les livres eux-mêmes se demandent à Taide de DuUetins spéciaux, que vous donnent les conservateurs, au bureau du fond, au milieu de la salle. Près de là, dans la salle de travail, les catalogues des nouvelles acquisitions. Pour plus de détails, voir le règlement qui est affiché aux portes et à l'intérieur des salles. Les demandes ne sont plus admises In. avant la fermeture. On trouve de Tencre sur les tables et il y a autour des salles, surtout autour de la salle de travail, des ouvrages d'un usage général qu'on peut toujours consulter. Sur une table spéciale près du bureau de la même salle , à g. , se trouvent les publications périodiques, une quarantaine de revues, bulletins, journaux scientifiques, etc.

La aaUe de travail construite par H. Labrouste , est une vaste et haute salle carrée de llÔÔ m. de superficie, surmontée de 9 coupoles en faïence, par ou elle reçoit le jour, et que supportent 16 colonnes fort légères en fonte, de 10 m. de hauteur. Au fond, dans un hémicycle , se tiennent les bibliothécaires , derrière lesquels est le «magasin» , éclairé aussi du haut et dont les rayons sont accessibles par des galeries longitudinales et transversales. A dr. et à g. dans la salle sont des tables, divisées en 334 places fort commodes, sous lesquelles passent des tuyaux de calorifère.

Le vestibule qui précède la salle de travail , à dr. de la cour d'honneur, est décoré d'un vase de Sèvres à la mémoire des savants français qui observèrent le passage de Vénus sur le soleil en 1884. A g., le vestiaire; à dr., une buvette-restaur. pas chère (prix affichés).

A g. au bout du vestibule se trouve un esccdierf au pied duquel on remarque des inscriptions romaines rapportées de Troesmis, ancienne ville de la Mésie-Inférieure (Bulgarie). A g. de là, les bureaux de V administration qui ont leur entrée principale au milieu de la façade de la cour d'honneur ; à dr., le

DiâPABTEMENT DES ESTAMPES. Il comprend 2500000 pièces réunies en 14500 volumes ou dans 4000 cartons. Un certain nombre des pièces curieuses sont exposées et visibles en même temps que les imprimés et les manuscrits (v. p. 176).

La I'^ SALLS est consacrée aux estampes françaises, parmi lesquelles on remarque surtout, en commençant à dr., des œuvres de Calloty Roo. Nanteuilt Oér. Audran^ Pierre Brevet, P. Jtnb. Brevet et Claude Brevet, Servie, Henriquel Bupont, etc. Dans la 11^ 8Ali.b, la galerie, où sont les volumes et les cartons, il n'y a d'estampes exposées qu'au mur du côté de l'entrée et dans les embrasures des fenêtres, où il est difficile d'en approcher. A l'entrée, l'école anglaise. i^^-Q^ fen. : écoles d'Italie, à commencer par Finiguerra. 4® et 0^ fen.: école allemande. 6® fen.: école hollandaise. 7® fen. : école flamande. 8^ fen. : école espagnole.

Le DÉPABTEMENT DES MANUSCBITS occupe maintenant le premier étage du bâtiment sur la cour du côté de la rue de Richelieu. L'entrée est à dr. en haut de Tescalier déjà mentionné. Ce département compte près de 1(X)000 volumes.

En face de l'escalier se trouve la petite galerie des Charles, où sont aussi provisoirement des portulans ou cartes marines manuscrites des xv^ et xviè s. Au fond, dans une salle actuellement fermée, trois globes, le modèle de la statue de Voltaire par Houdon, avec son cœur dans le socle ; un moulage de la tête de Thiers, etc. Là aussi est le bureau du prit, et à côté un des magasins de la bibliothèque, la «grande réserve».

Siblioth. NaHonaie. PARIS. Rive dr. 6, 179

Les 9aUé9 d'exposition des imprimas et des manuscrits sont à g. en hant du même escalier (entrée , y. p. 176). Cette exposition, où se voient les ouvrages les plus curieux de la Bibliothèque Nationale, dont beaucoup avec de magnifiques peintures et de très belles reliures , occupe deux salles du premier étage , dans le bâtiment qui fait face à la rue Yivienne. La seconde salle , la galerie Mazarine , mérite déjà d'être vue pour elle-même. Dans le haut de Tescalier sont des vues prises en Egypte sous Bonaparte et des exvoto égyptiens. Il y a partout des étiquettes explicatives.

I^^ SALLB. Au milieu, le Parnasse français, groupe en bronze représentant les littérateurs et les artistes français du xtii^ s., que Titon du Tillet fit exécuter par Louis Gamier. Au mur en face de la fenêtre, une tapisserie des €K>beiin8, les Lettres, les Sciences et les Arts dans 1 antiquité, d'après Ehrmann. Aux autres murs, des copies d'épitaphes et de plaques tumulaires. Dans les vitrines I, II, III et V, de magnifiques reliures. Dans laive, à la fenêtre: 869, «Christianismi restitutio», de Michel Servet, exemplaire sauvé des flammes ; 371, S73, Hippoerate et Théophraste, avec autographes de Rabelais ; 873, Philon le Juif, avec signature de Montaigne; 374, Sophocle annoté par Racine; 376, 877, manuscrits de musique de Rousseau et de Gluck, etc.

II® SALLB, la *çàlerie Matarine. Elle a conservé son beau plafond, peint par RomanelU (m. 1662). Les principaux sujets sont, à partir de l'entrée : Homulus et Rémus allaités par la louve, Mars et Vénus, l'Enlèvement d'Hélène, l'Incendie de Troie, l'Enlèvement de Ganymède, Jupiter foudroyant les Titans, le Réveil de Vénus, Narcisse, Jupiter et Mercure, le Parnasse, le Jugement de Paris, Vénus sur son char, Apollon et Daphné.

Première moitié de la galerie : imprimés et reliures. Armoires VU et VIII, à dr. de l'entrée: livres imprimés en Espagne et surtout en Italie.

— IX: Impressions xylographiques; impressions de Fust et Schœffer. — VI, au milieu de la galerie : livres du plus grand format, sur vélin et sur papier; reliures superbes du xvi® s., celle du haut, en argent repoussé, du xviiô s. — XXI-XXVI, du côté des fenêtres, en retournant vers l'entrée : livres imprimés en différentes villes de France; livres à figures; livres imprimés en Allemagne et en Hollande. — XXVII -XXIX, au milieu: livres imprimés à Paris , avec de magnifiques miniatures , et au-dessus des reliures.

Seconde moitié de la galerie : manuscrits et reliures. X, à dr. : origines de la bibliothèque, aux xiv® et xv® s. Portrait du roi Jean II, le Bon (m. 1864), peinture sur bois du xiv© s. — XI : paléographie de la France depuis Charlemagne jusqu'à la fin du moyen âge. — XII : paléographie de l'Italie, de l'Espagne, de l'Angleterre et de l'i^lemagne , depuis Charlemagne jusqu'à la fin du moyen âge; manuscrits avec miniatures des XIV® et xv®s. — XIII: paléographie latine, depuis l'antiquité jusqu'à l'époque carlovingienne. — Vitrine sans n®: tablettes de cire avec des comptes des xiii®-xiv®s. — XIV (à la fenêtre): atlas et portulans des XV® et XVI® s. — XV : manuscrits et xylographes orientaux et américains.

— XVI: documents divers. — XVII: manuscrits grecs. — XVIII: autographes. -— XIX: manuscrits avec peintures. — XX: manuscrits des rois et des reines de France. — Au milieu: récentes acquisitions, manuscrits avec et sans peintures. — XXX et XXXI, au milieu : magnifiques reliures du moyen âge avec ivoires et ornements d'orfèvrerie, etc. •— XXXII : autographes, surtout des grands écrivains du xvii® s.

A l'extrémité est la salle de travail de la section des cartes et collections géographiques.

Le *CABiNET DES MÉDAILLES ET ANTIQUES (entrée, V. p. 176) a sa porte particulière rue de Richelieu, après celle du poste de police en venant des boulevards , la première en venant du Palais-Royal

180 Bive dr. 6. PARIS. BihUoth. Nationale.

(sonnei). Ce cabinet renferme une très riche collection de médailles (400000) et d'antiques, c'est-à-dire d'intailles et de camées, de bijoux, de petites œuvres d'art, de verres, de vases, d'armes, etc. Il n'y en a qu'une petite partie d'exposées , mais ce sont de magnifiques spécimens. Il en existe maintenant une notice sommaire pratique, suivant Tordre des salles et des vitrines (1 f^. 50).

Vbstibulb. Au fond, le Zodiaque de Denderahy qui a donné lieu à bien des diseussions parmi les savants, jusqu'au jour où Ton a découvert que le temple de Denderah avait été terminé dans les premiers temps de l'empire romain et que les Egyptiens avaient dû emprunter le Zodiaque aux Grecs. A g., la chambre des rois de Karnak, eonstruite par Thoutmès III (zviii® dyn.), très précieuse pour les inscriptions, mais mal placée. En outre des inscriptions antiques en diverses langues, des stèles, etc.

Dans rascALiBB et dans l'antichambre, la suite d^ inscriptions et des stèles. — Sonner aussi, au besoin, dans le haut. A g., la

Grande galerie. Les objets les plus intéressants sont dans les vitrines du milieu. — I'® vitainB: cylindres avec des inscriptions cunéiformes, pierres gravées de l'Assyrie, de la Chaldée et de la Perse, intailles antiques. — 11^ viTRiKB : intailles et camées antiques, du moyen âge , de la renaissance et des temps modernes, la plupart en sardonyz et fort remarquables, beaucoup dans des montures en or émaillé, faites du temps où l'on y voyait des sujets religieux. Nous citons les principales curiosités de g. a dr. ler compartiment: Q(m, Antonin le Pieux. 9^ eompart.: 3391, JupiUr sur un trône entre Minerve et Mercure, cornaline; 2396, VAbwndance et la Paix^ couronnées par deux génies, sardonyx ; 340A, Juguriha livré à Sylla. 5^ eompart. : 303, Adoration de» mages^ genre flamand du xv^ s. ; *3i8. Parallèle de VAnden et du Nouveau Testament^ camée du xvi® s., un des plus importants de la série moderne; 413, Diane , sardonyx, monture de la renaissance; 464, Bacchus^ agate, jolie monture. 6^ eompart.: 626, Julee Cieary agate richement montée. 7® eompart.: 617, 621, 662, bustes de femmes et roi nègre , agates remarquables par leurs montures ; 673, 674, deux bracelets de Diane de Poitien, composés chacun de sept camées, de la renaissance. 8e eompart. : 325^rançoi« Z*'"; 334, Henri JV et Marie de Médid»^ coquille sur sardonyx; 337, Louis Xllï^ grenat oriental enchâssé dans des émaux; 360, Louis JtV. — III^ vitrihb, suite des camées. 1^' eompart. : *9, Junon^ remarquable par la beauté du travail et celle de la matière ; *4, Jupiter, un des camées lesplus célèbres de la collection, dans une magnifique monture du xiv^ g .• 79. Centaure, jouant de la double flûte; 86, Vénus marine; 36, Dispute de Minerve et de Neptune. 2® eompart. : 168, Alexandre le Grand, agate, dans une maeniflque monture d'or émaillé. 4^ eompart.: 189, Jules César, Auguste, Tibère et Oermanicus, dans une belle monture de la renaissance; 209, Apothéose de Oermanicus; QOi, Julie, fille d'Auguste; «240, Trt^jan; 197, AugusU.

Xye viTRiKB, au milieu de la salle, les objets les plus précieux. De dr. à g., du côté des fenêtres: coupe des Ptolémées, canthare dionysiaque, en sardonyx oriental, orné de groupes figurant les mystères de Cérès et de Bacchus ; 12 médailles d'or antiques, quelques-unes montées en bijoux ; coupe de Chosroës /^, roi de Perse (m.o79 ap. J.-C), composée de médaillons en cristal de roche et en verre de deux couleurs (dans le fond, Chosroës sur son trône) ; Julie , fille de Titus, aigue-marine avec monture du moyen âge ; trésor de Qourdon (village de la Côte-d'Or), buire et plateau en or massif, des premiers temps du ehristianisme ; collier antique et médailles romaines, en or; *ApotMose d'Auguste, le plus grand de tous les camées connus, composé d*une forte tablette de sardonyx, haute de plus de 90 centim., avec 26 figures: Auguste, Enée, Jules Cïésar, Drusus, Tibère , Livie ,Agrippine , Germanicus, Galigula , etc. ; ^médaille d^Eueratide, roi grec de la Bactriane, du poids de 20 statères d'or (170 grammes), la plus grande que l'on connaisse; n^ antique en sardonyx, avec monture du moyen âge ; bijoux en or probablement étrusques ; *patère de Bennes, coupe trouvée en 1774 près de Bennes, en or massif, avee bas-reliefs représentant

Bihliifth. Nationale. PARIS. Rive dr. 6. 181

lA lutte entre Baeehiu et Hereole (triomphe du vin sur U force); et en tourëe de 16 médaillons d'empereurs romains (Antonlns) ; Auçuite^ eamée antique avec monture du moyen âge; butte de Constantin (f) en agate; trésor de lùrse^ 4 médailles en or; autre camée d'Auguste^ en haut relief, avec monture du moyen ftge. Le reste de la vitrine contient encore quelques camées, des sceaux en or, des objets de parure, etc.

ye ST VI^ YiTBiUBS : médailles romaines et grecques : il y a des étiquettes. — VU* yiTKinB : monnaies françaises et étrangères fort remarquables. — Vme TiTKixa: le trésor du ViUerei (Eure) 67 statuettes et vases en argent de diverses époques ^en partie du ii^s. av. J.-C, et aussi de diverses valeurs, trouvées en 1890.

Dans les armoires le long du mur en face des fenêtres, d*abord de petits bronses^ des ustensiles et des armes antiques; ensuite, 703, le caillou Michaux^ pierre ovoïde avec inscriptions cunéiformes, le plus important des monuments babyloniens; des verres antiques, une eoUection choisie de vases peitUs^ comme ceux du Louvre; puis encore des bronzes. — Dans Tarmoire du mur suiv., de petites terres cuites antiaues; dans celle qui est de l'autre côté de la porte, des ivoires remarquables, diptyques consulaires (présents des consuls aux sénateurs), triptyque du moyen âge, etc. Enfin un grand plat en argent, large de 70 centim., dit le Bouclier de Sdpion. Les bas-reliefs plats qui le décorent représentent peut-être Briséis rendue à Achille par Agamemnon. Il a été trouvé en 1666 dans le Bhône, près d'Avignon. — Dans les vitrines aux fenêtres, des acquisitions plus récentes (médailles), des objets trouvés en 1663 dans un tombeau, peutêtre celui deChildebertier; puis des bijoux, des anneaux, des émaux.

La SALLB DU Duc DB LuTVBS, dc Tautrc côté de l'entrée, contient une collection choisie d'intailles, de camées, de médailles, de bronzes, de bijoux, de vases et de terres cuites antiques, collection léguée par le duc de Luynes (m. 1867), de son vivant un antiquaire célèbre. Au milieu, un beau torse de femme en marbre de Paros. ^ Sallbs suivante: objets du moyen âge et de la renaissance, collections de médailles, dans de magnifiques meubles ; moulages d'armes et de bijoux d'un chef barbare, ivoires antiques, sceaux du moyen âge, etc. — Dbrkibsb sallb : prétendu iièçe de Dagoberty du vn^s., et collections de Janté et Oppermanny des statuettes antiques en bronze et en terre culte et quelques vases.

La rue des Petits -Champs, qui longe la Bibliothèque au S. ou de côte du Palais-Royal , passe au bout de la rue Vivienne et du pasioge Vivienne, et se termine de ce côté à la rue de la Banque, où nous reviendrons (p. 182).

Dans la rue de la Yrillière, à dr. après la rue des Petits-Champs, la Banque de France, Fane, hôtel de la YriUière, considérablement agrandi. Il y reste encore du xytq® s. une magnifique galerie , dite la galerie dorée, qu'on peut visiter en le demandant, lière, 1.

On sait que la Banque de France, un des premiers établissements de crédit du monde entier, a seule le privilège d'émettre des billets pour toute la France. Elle escompte en outre des effets de commerce, fait des avances sur valeurs, reçoit des dépôts et délivre des billets à ordre payables dans ses succursales des chefs-lieux de département. Ses caves, qui contiennent pour des milliards de valeurs d'argent, d'or et d'autres objets précieux, sont absolument à l'abri de toute tentative de vol, tant par la solidité de leur construction que par les précautions minutieuses prises pour les protéger.

Une petite rue latérale conduit de la Banque à la place des YiOTonuM (pi. R. 21 ; II I)^ place circulaire construite en 1685, sur les dessins de J.-H. Mansart, et décorée alors d'une statue dorée de

182 Rive dr, 6. PARIS. La Bourse.

Louis Xjy. Cette statue fut détruite en 1792 et remplacée par un ol)éli8que, où étaient inscrites les victoires de l'armée républicaine : de là le nom actuel de la place. Puis il y eut iine statue du général Desaix, enlevée à son tour en 1814. — La statue équestre de Louis XIV qui s'y trouve, depuis 1822, est trop grande pour la place. Le roi est représenté en costume romain, mais avec une perruque, sur un cheval qui se cabre, œuvre de Bosio: toute la statue ne repose que sur les pieds de derrière et sur la queue de ce cheval. Les basreliefs du piédestal représentent le passage du Rhin si vanté et Louis XIV distribuant des récompenses à l'armée.

La rue des Petits-Champs ae prolonge à TE. de la plaee des Victoires

par la nouTelle rue Stienne-Mareel ^ qui croise la rue du Louvre (p. 157), passe au N. du nouvel hôtel des Postes et s'étend jusqu*au boul. de Sé- Bastopol (p. 64).

A quelques pas au N.-O. de la place est Téglise de Kotre-Bamedefl-Victoirei, construite de 1656 à 1740, en souvenir de la prise de la Rochelle sur les protestants. Elle est célèbre comme siège d'une archiconfrérie. L'autel de la Vierge, à dr. du chœur, est très richement orné, bien qu'il ait déjà été dépouillé de ce qu'il avait de plus précieux par les insurgés de la Commune. Les murs de toutes les chapelles sont couverts de plaques de marbre avec des inscriptions , qui sont autant d'ex-voto. Les boiseries du chœur sont très remarquables. Ses tableaux, une Allégorie de la prise de la Rochelle et des Episodes de la vie de St Augustin , sont de C. Vanloo.

La rue de la Banque, un peu au delà de l'église, à dr. en sortant, nous conduit maintenant à la Bourse. Dans cette rue sont trois édifices modernes assez remarquables: à dr., la mairie du 11^ arrondissement (Bourse) et la caserne de la Banque; à g., Vhôtel du Timbre. Le mairie a dans la salle des mariages des peintures par Moreau de Tours.

La ^Bourse (pi. R.21 ; //), est un bel édifice de style gréco-romain» commencé en 1808 par Brongniart et achevé en 1826 par Làbarret la reproduction du temple de Vespasien à Rome. Elle a 69 m. de long, sur 41 m. de large et 30 m. de haut, et un péristyle composé de 66 colonnes corinthiennes, de 10 m. de haut sur 1 de diamètre. Elle est entourée d'une grille et on y monte à chaque extrémité par un perron de 16 marahes. Aux angles, quatre statues symboliques: le Commerce, par J, Dumont, la Justice consulaire, par Dur et; l'Agriculture, par Seurre, et l'Industrie, par Pradier,

La grande salle, où se font les opérations, a 32m. de long sur 18 de large et autant de haut. Elle est entourée de galeries au rez-dechaussée et au premier étage. On n'y remarque, comme ornement, que les grisailles des voussures du plafond , par Ahel de Pujol et Meynier, si bien peintes qu'on les prendrait pour des bas -reliefs. Elles représentent l'inauguration de la Bourse par Charles X , la France recevant les tributs des cinq parties du monde, l'union du commerce, des sciences et des arts^ et les principales villes de France,

La Bourse, PARIS. Rive dr. 6. 183

La Bourse ouvie à midi, les jours non fëriës, et rentrée en est libre. Cependant la salle n'est bien animée qu'à partir de midi et demi, et les opérations ne commencent en réalité qu'à ce moment. L'agitation déjà considérable sous le p/Hstyle, les cris des commis d'agents et des particuliers qui y font des affaires (coulisse des valeurs en banque) , ne sont rien en comparaison de ceux qui s'entendent à l'intérieur. Une foule compacte de spéculateurs se presse dans la salle , à l'extrémité de laquelle est le parquet, endroit isolé par une grille et réservé aux agents de change. Au milieu de cette partie de la salle se trouve la corbeille, grille ronde autour de laquelle les agents se placent pour s'offrir ou s'acheter les valeurs qu'ils sont chargés de négocier. D'autres groupes , surtout dans le voisinage du parquet , sont occupés à prendre des notes ou à faire également des affaires. Souvent on voit des spéculateurs faisant remettre leurs ordres aux agents. A dr., en deçà de la corbeille, le marche au comptant, près des employés qui notent les cours, annoncés à haute voix dès qu^il se fait une affaire. A g. au fond de la galerie, la coulisse de la rente.

C'est du haut de la galerie, où l'on arrive par des escaliers dans le vestibule , qu'on se rend le mieux compte du mouvement de la foule qui encombre toujours la salle. Le vacarme, les vociférations inintelligibles et les gestes passionnés de ce monde font une impression pénible sur le spectateur désintéressé.

On comprendra du reste cette animation quand on se sera fait une idée de l'importance des affaires qui se traitent à la Bourse. En principe, les titres devraient s'y négocier seulement au comptant, mais les négociations à terme y sont beaucoup plus considérables. De nombreux spéculateurs y vendent des quantités considérables de titres qu'ils n'ont pas et ne sauraient même souvent se procurer, ou en achètent sans s'obliger à en prendre livraison, ayant uniquement en vue de bénéficier des différences de cours à la liquidation, autrement dit beaucoup jouent à la Bourse, y font de l'agiotage, et c'est là ce qu'il y a d'immoral dans les opérations de Bourse. D'un autre côté, il faut le reeonni^tre, la Bourse a contribué pour beaucoup aux grands progrès économiques réalisés depuis le commencement de ce siècle. C'est elle en grande partie qui a rendu possibles l'émission de fonds d'Etat pour des milliards à la fois, la création des chemins de fer, de vastes entreprises industrielles, de grands établissements de crédit, etc. En 1816, pour ne pas remonter olus haut, les opérations de la Bourse de Paris portaient seulement sur 3 ou 4 milliards; aujourd'hui que le capital de la dette publique est à lui seul d'env. 90 milliards, que celui des chemins de fer, des sociétés industrielles, des établissements de crédit, des dettes municipales, etc., n'est sans doute pas inférieur, et qu'il faut encore y ajouter ceux des nombreuses valeurs étrangères émises ou se négociant à Paris, cette Bourse peut facilement spéculer sur plus de 50 milliards d'effets. Sans doute une partie des titres sont classés et ne reparaissent que rarement sur le marché, mais beaucoup sont aussi à l'état flottant et donnent lieu annuellement à de nombreuses transactions. Du reste, comme nous l'avons dit, la quantité de titres disponibles im-

Sorte peu aux joueurs, qui ne font, pour ainsi dire, que des paris. ) milliards au moins servent donc de base aux négociations de la Bourse, et comme ce capital doit évoluer plusieurs fois sur lui-même dans le cours d'une année, on en arrive à conclure qu'à certains jours, le chiffre des affaires se traitant ici peut s'élever à plus d'une centaine de millions.

A 3 h., un coup de clOche met fin aux opérations sur les fonds;

184 Rive dr, 6. PABIS. Hôtel des Ventes,

les agents de change se réunissent et notent les prix des afTaires qu'ils ont faites, et c'est le résultat de ces notes qui constitue le cours du jour, immédiatement imprimé et livré à la publicité. ~ Bureaux télégraphique et téléphonique, ▼. p. 36 et 37.

II. De la Bourt e à Kotre-Dame-de-Lorette, à la Trinité et à la gare St-Lazare.

A la place de la Bourse , un peu plus bas que le palais , commence la belle rue du 4 Septembre , qui va à la place de TOpéra (p. 66). La rue Vivienne^ qui vient du Palais-Royal (p. 49) et passe devant la Bourse, nous mène plus loin au boul. Montmartre (p. 65), que nous suivons un instant à g., jusqu'au boul. des Italiens, pour tourner à dr. dans la rue Drouot.

A g., n^ 9, Vhôtel des Ventes mobilières, où se font souvent en hiver des ventes d'objets d'art. La physionomie de cet hôtel, où les ventes ont lieu à partir de^h., est fort curieuse; mais il faut être connaisseur pour pouvoir y acheter avec avantage, et encore. . . Les brocanteurs sont associés pour se favoriser dans leurs acquisitions et rendre les achats plus coûteux aux «bourgeois». Ils y font de plus le trafic sur une grande échelle , mettant des marchandises en vente pour leur propre compte et les poussant le plus possible, sauf à les revendre le lendemain si elles leur restent. Se défier des ventes dites «volontaires» ou non bien motivées sur les affiches. Les adjudications se font au comptant et moyennant 5% en plus pour les frais. — Les grandes ventes de livres se font à la salle SUvestre, rue des Bons-Enfants, 28, près du Palais-Royal.

Plus loin dans la rue Drouot, à dr., n° 26, la jolie façade de l'hôtel du journal le Figaro, du style de la renaissance espagnole.

Nous traversons ensuite la rue la Fayette, grande et belle rue moderne de près de 2800 m. de longueur , qui commence au boul. Haussmann , derrière l'Opéra , et qui traverse en ligne droite , avec son prolongement la rue d'Allemagne (1820m. ; p. 190), les quartiers N.-E. de la vUle.

Elle passe à env. 5min. d'ici, dans la partie de dr., devant le beau iquare Moniholon (pi. B. 31), qui est décoré d'un groupe en bronze par Rolard, un Joculsteur ou Monnaie de singe. Il a été question d'y placer une réduetion du monument de l'amiral Courbet qui est à Abbeville (Somme).

En continuant tout droit, nous arrivons en un instant à un autre carrefour formé par les rues de Châteaudun et de Maubcage, moins longues, mais aussi belles que celle de la Fayette. La seconde monte vers la gare du Nord (p. 189) \ nous prenons la première à g.

Kotre-Dame-de-Lorette (pi. B. 21) est tout près du carrefour de Châteaudun, à l'extrémité de la rue Laffitte, qui donne sur le boul. des Italiens. C'est une petite église dans le style des basiliques romaines , de 69 m. de long sur 32 de large et 18 de haut, bâtie de 1823 à 1836, par Hipp» Lebas. L'extérieur est d'un aspect sévère et n'a de remarquable qu'un portique corinthien avec fronton par

La THnit/. PARIS. Rive dr, 6, 185

Nantexdl (Lebœuf), l'Enfant Jësus adoré par les anges, et des statues des Vertus théologales.

L^nréBiBUB, au eontraire, est déeorë avec une élégance excessive. Le vaisseau est divisé en trois parties, par S2 colonnes de stuc Jaune, et le plafond, en énormes caissons brillants de dorures et de peintures. Les murs sont couverts de peintures, les plus remarquables celles de la nef et du chœur. Dans la nef: à dr., la Naissance de la Vierge, par ifoitvdain; sa Consécration, par Vinchon; son Mariage, ^tat Langloi»; TAnnonciation, par ZHi&om; à g. en revenant, la Visitation, par DuMi; TAdoration des bergers, par Heut; TAdoration des mages, par Oranger; TAssomptlon, par /><;tt«'nn«. Dans le chœur: à g., la Présentation au temple, par neim; a dr., Jésus enseignant dans le temple , par Drolling ; au centre , le Couronnement de la vierge, par Picot.

La rue des Martyrs, derrière Téglise, monte directement vers la butte Montmartre (p. 193) et celle de Notre -Dame -de -Loretta, à g., vers le cimetière Montmartre (p. 196).

La rue de Châteaudun traverse , de Notre-Dame-de-Lorette à la Trinité, Pextrémité N. du quartier de la Chausse'e-d^Antin, qui doit son nom à la rue de la Cbaussée-d'Antin, située entre le boul. des Capucines et l'église de la Trinité. C'est un des beaux quartiers du centre de la ville, avec TOpéra, une partie des grands hôtels fréquentés par les étrangers, de grandes maisons de banque, etc.

Dans la rue de la Victoire, qui est parallèle au S. à la rue de Châteaudun, se trouve une tpnaçoffw ^ construite de 1865 à 1974 par Aldrophe, avec une façade monumentale de style néo-roman.

*Xa Trinité (pi. B. 18) est une église du style de la fin de la renaissance, bâtie de 1861 à 1867 par Ballu. Sur le devant s'étend un petit square, avec un bassin alimenté par trois fontaines, que décorent des statues en marbre de la Charité, la Foi et TEspérance, par Lequesne, d'après Duret. La façade a un porche à trois arcades ; au-dessus règne un étage élégant avec une galerie, une rose à jour et deux fenêtres géminées, et le tout est surmonté d'un joli clocher de 63 m. de haut, terminé par deux dômes superposés. Les piliers de cette façade , peut-être trop richement sculptée, sont décorés de statues de Pères de l'Eglise et de quatre groupes représentant les vertus cardinales. Deux lanternes de chaque côté de la nef accompagnent le clocher.

L'nrréBiBDB présente une grande nef et deux bas côtés étroits , surmontés de tribunes et flanqués de chapelles. De belles colonnes en pierre du Jura alternent dans la nef avec des piliers décorés de statues des apôtres. La galerie des bas côtés fait saillie dans le chœur, qui est au-dessus d'une crypte et dont le maître autel a un joli dais. Les tribunes reposent ici sur des colonnes en stuc vert. L'abside est occupée par une grande chapelle richement décorée, avec peintures à'Bm. Lévy et d^Elie Delannay et vitraux d'OucMnol. La nef et les autres chapelles sont également ornées de peintures, celles de la nef par Jobbé-Dupal, celles des chapelles de dr. par Britsetf Lecomte du Nouy^ F.-J. Barricu et Laugée, les autres, en revenant, par Eug. Thirion^ Rom. Caxes^ Mich, Dumas et L. Français. On remarquera encore, près de la porte, d'élégants bénitiers avec statues en marbre de l'Innocence et de la Pureté, par Cfumery. ■— La Trinité a une bonne maîtrise et un organiste de premier ordre, M. Quilmant.

La rue de Glichy, à g. de l'église, monte à la place de ce nom (p. 198), en passant devant le Casino de Paris (p. 3S).

La rue St-Lazare , qui fait suite à celle de Châteaudun à partir de la Trinité, passe au S. du quartier de l* Europe, ainsi appelé

186 Rive dr. 6. PARIS. Oare SULcaare.

parce que la plupart de ses rues portent les noms de grandes villes de l'Europe.

La rue de Londres, qni monte de la Trinité à dr. de la rae St-Lazare mène presque directement au parc Monceaux par la place de VEurope (pi. B 18) y place curieuse formée par la rencontre de six mes sur le cnemin de fer de TOuest, derrière la gare St-Laaare, et où Ton doit ériger la statue de Mare Séguin (1786-1875), Tinventeur de la machine tubulaire et le créateur du premier chemin de fer français (de St-£tienne à Lyon), bronze par A. Maulbach.

La rue St-Lazare conduit en quelques min. de la Trinité à la

Gare 8t-Iiazare (pi. B. 18), où Ton va plus directement des boulevards par l'Opéra, la rue Auber et la rue du Havre. C'est aujourd'hui un vaste et bel édifice, reconstruit de 1886 à 1889, sur les plans de Lisch. Elle se compose de deux parties principales, reliées par une longue salle des pas-perdus, et d'un Hôtel Terminus (v. p. 3), sur le devant, au bord de la rue, masquant les autres parties. La première, du côté de la rue d'Amsterdam, est destinée au service des grandes lignes ; l'autre, du côté de la rue de Rome, à ceux de la ceinture et de la banlieue. Cette nouvelle construction a embelli le quartier, mais le public n'y a guère gagné. On n'a pas supprimé les hauts escaliers, si incommodes pour les voyageurs pressés et chargés ou impotents , comme on eut pu le faire en construisant sur la rue et abaissant les voies; les deux services sont loin l'un de Tautre, les salles d'attente au premier étage, les bureaux des bagages et les principales sorties au rez-de-chaussée , dans une sorte de sous-sol.

III. De la gare St-Lasare à St-AuguBtin et an parc Monceaux. Les Batignolles.

Nous prenons maintenant, en face de la gare du côté de la rue d'Amsterdam , la rue du Havre, jusqu'au boul. Haussmann. A g., le lycée Condor cet; puis les grands et beaux magoiins du Printemps (p. 32), reconstruits depuis 1882, après un incendie.

Le boulevard Hauêsmann, où nous tournons à dr., est une des grandes et magnifiques voies du Paris moderne, dont il reste seulement env. 300 m. à percer , entre la rue Taitbout et la rue Brouot, pour en faire le chemin le plus direct du boul. Montmartre au bois de Boulogne. Avec l'avenue de Friedland, il forme jusqu'à Tare de triomphe de l'Ëtoile (p. 141) une voie magistrale de 2i870 m. de long.

La chapelle expiatoire (pi. B. 18; H)j à peu de distance à g., a été construite de 1820 à 1826 à la mémoire de Louis XYI et de Marie - Antoinette , sur l'emplacement de l'ancien cimetière de la Madeleine, où leurs dépouilles mortelles restèrent inhumées jusqu'en 1815, avant d'être transférées à St-Denis. De fait, le monument se compose d'une chapelle placée à l'O. et de galeries simulant des tombeaux antiques , à la mémoire des autres victimes de la Révolution. L'entrée , à l'Ë., a aussi la forme d'un tombeau (pourb.). La chapelle renferme deux groupes de marbre. Celui de dr. , par BoHo, représente Louis XYI et un ange qui lui adresse les mots :

St-AttffUsHn. PARIS. Rive dr. 6. 187

«FUb de St Louis, montez au ciell» et au*des80us se trouve inscrit le testament du roi. Celui de g., par Goriot y représente la reine soutenue par la Religion, sous les traits de Madame Elisabeth, sœur du roi, décapitée le 12 mai 1794. U a pour inscription la dernière lettre adressée par la reine à Madame Elisabeth (t. p. 201). Des escaliers de chaque côté de l'autel conduisent dans une crypte, à Tendroit même où était le corps de Louis XYI.

Le boul. Haussmann croise plus loin le boulevard McUesherbes, également une voie moderne magistrale, qui part de la Madeleine et va jusqu'aux fortifications (2700 m.).

St-Angrastin (pi. B. 15), à dr. de ce boulevard, a été construit de 1860 à 1868 par Baltard, dans un style roman modernisé. C'est une belle église surmontée d'un dôme de 2ô m. de diamètre et 50 m. de hauteur , avec une élégante lanterne et quatre tourelles à coupoles. Le portail , percé de trois arcades et d'une rosace , a au-dessus des arcades et aux piliers des statues du Christ , des apôtres , des prophètes et des docteurs de l'Eglise.

Intérieur. St- Augustin n'a pas de bas côtés, mais des ehapelles latérales, qui vont en s'élargissant vers le ehœur. Au-dessus sont des tribunes, qui se continuent jusque sous la coupole. Le plafond de la nef porte sur des arcades en fer à Jour, avec des colonnes en fonte terminées par des anges. Le maître autel, avec un baldaquin d'une très grande ichesse, est situé au-dessus d'une crypte. Le transept est fort court; il se termine par des chapelles décorées de peintures par Bouçuereau. Dans la coupole, les Evangélistes , peints par Signal. Dans la chapelle de la Vierge, l'Adoration des bergers et la Présentation au temple, par Briisot, Les vitraux sont de McMféehal et de Lavergne.

Le boul. Malesherbes passe à g. près du parc Monceaux à env. 500 m. de St- Augustin, eu deçà des boulevards extérieurs. On peut encore y aller en redescendant au boul. Haussmann pour continuer de le suivre jusqu'à l'avenue de Messine, à dr., qui mène aussi au parc. A la bifurcation s'élève depuis 1888 la statue de Shakspeare, le poète anglais (1664-1616), bronze par Paul Fournier.

Le paro Moneeaoz ou parc de Monceau (pi. B. 15) , qui est entouré d'une magnifique grille, a quatre entrées (v. le plan), la principale sur le boul. de Courcelles , où l'on remarque une petite rotonde , l'ancienne barrière de Chartres. Il a eu pour un temps une grande célébrité. Acquis en 1778 par Philippe d'Orléans , dit Philippe-Egalité , père du roi Louis-Philippe , il fut alors transformé d'une façon originale et avec tant de succès qu'il devint, jusqu'à la Révolution, le rendez-vous favori du beau monde : des bals galants et des spectacles , des fêtes de toutes sortes y avalent lieu ; le luxe le plus effréné y était déployé par tous ceux qui le fréquentaient. Ce n'est qu'un petit parc sans accidents de terrain ni curiosités proprement dites , mais il a de beaux arbres et il est parfaitement entretenu et bien fréquenté. Des choses qu'on y admirait beaucoup autrefois, il n'y a plus guère à citer que la I^aumachiej pièce d'eau ov»le bordée d'uae colonnade corinthienne en hémicycle et avec

188 Rive dr. 6. PARIS. Les Batignolles.

une statae moderne d'Hylas, en bronze, par Morice. H y a encore aux alentours et plus loin des statues en bronze et en marbre : Jeune faune, par F. Charpentier; l'Abandonnée, par Vital Cornu; le Charmeur, par B. de la Vingtrie; le Joueur de billes, par Lenoir; le Réveil d'Adam, par H. Dailliou; le Paradis perdu, par Gautherin; le Semeur, par Chapu ; le Faucheur, par Gumery, et le Moissonneur, par Caudez.

De la grille du côté de Tayenue Hoehe, au bout de laquelle est Tare de triomphe de rEtoile (p. 141), on aperçoit à dr. les dômes dorés de

L'*é|rliBe russe (pi. B. 12), dans la rue Daru. Elle a été construite de 1859 à 1861, dans le style byzantino-moscovite, sur les plans de Kouzmine. Sa forme est celle d'une croix greeque. Elle est précédée d'un beau parvis à dôme doré et surmontée de cinq pyramides, celle du milieu beaucoup plus grande que les autres (48 m.) et toutes terminées par des dômes bulbeux dorés, avec des croix russes. Elle est visible les dimanche et jeudi de 3 h. à 0 h. L'intérieur se compose d'un vestibule , d'une nef et d'un sanctuaire, ce dernier fermé, selon Tusage de réélise grecque, par une clôture dorée qu'on appelle «iconostase*, a cause des images qui s y trouvent. Ce sont des peintures représentant Jésus, la Vierge et des saints russes, par les frères Sorohine et par Bronnikoff. Le reste de l'église est aussi couvert de dorures et de peintures par les mêmes artistes, des sujets bibliques, et par VcuHli^y les Prophètes.

Les BatignoUes, une des communes annexées à Paris en 1860, au N. du parc Monceaux , et maintenant en grande partie le quartier des célébrités artistiques , présentent près de ce parc quantité de jolis hôtels particuliers , dont la plupart se distinguent par leur originalité de bon goût. On est d'autant plus surpris d'y rencontrer la plus grande variété de style , que l'œil est pour ainsi dire fatigué de la monotonie générale des grandes maisons des rues neuves de Paris. Les amateurs feront avec plaisir une promenade dans ce quartier, par ex. dans la rue Prony, en face de l'entrée principale du parc, et dans les rues latérales, telles que les rues Fortuny et Montchanin; puis dans V avenue de Villiers et sur le boul. Malesherbes. La place Malesherhes (pi. B. 14) est surtout très curieuse sous ce rapport. On y remarquera particulièrement un grand hôtel à comble très élevé , dans le style du xvi® s. , appartenant à M. Gaillard, ancien régent de la Banque de France. Cette place est décorée d'une statut d*Alex. Dumas (1824-1870), bronze d'après G. Doré. Il y a devant un groupe remarquable , représentant la Lecture , et derrière un mousquetaire, d'Artagnan.

Au vP 145 du boul. Malesherhes, Véeole Mange (pi. B. 11-14), établissement modèle fondé en 1869. Elle prépare aux écoles du gouvernement. Plus loin encore, la pUice Wagram (pi. fi. 11), décorée d'une statue d'^. de NeuviUe (1835-1885), le peintre militaire, bronze par F. de St.-Vidal. La place est au-dessus du chemin de fer de ceinture, non loin des stations de Courcelles et de BatignoUes (v. l'append., p. 30), et il en part un omnibus (ligne F),

En retournant dans le centre de la ville par l'avenue de Villiers, on descend au delà des boulevards extérieurs les rues de Gonstantinople et de Londres, entre lesquelles est la place de l'Europe (p. VSà) et qui ramènent à la Trinité (p. 186). Si au contraire on tourne à g. aux boulevards extérieurs, on passe bientôt devant le ooUèf s Ohaptal (p. B. 14-15), belle construction en pierre et en briques de diverses couleurs, élevée

8t -Laurent PARIS. Rive dr. 7. 189

de 1866 à 1873 par Train. Plus loin, on arrive à la place de Cliehy (p. 108), d*où Ton peut aussi redescendre à la Trinité.

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