‹ Paris et ses environs (volume 2)Chapitre 56 sur 112 · I. Des boulevards à la Villette · texte numérisé non relu

I. Des boulevards à la Villette

8t- Laurent. Gare* de l'Eit et du Vord. Buttea - Chaumont. Marché et

abattoirs de U Villette.

Nous quittons les grands boulevards après la porte St- Denis (p. 66) , et prenons à g. le boulevard de Strasbourg (p. 66) , qui va jusqu'à la gare de l'Est. A dr., le café-concert de V Eldorado; à g., celui de la Scala, Nous traversons avant la gare le boulevard de Magenta, à env. 800 m. de la place de la République (p. 65).

St - Laurent (pi. B. 24) , Immédiatement à dr. , est une des plus anciennes églises de Paris (593), rebâtie et restaurée plusieurs fois et complètementtran8forméeenl865-66, où l'on a «jouté deux travées à la nef et construit une belle façade gothique, ainsi qu'une flèche élégante , du côté du boulevard. Le chœur a été décoré par Blondel et le maître autel par Lepautre. A citer, parmi les tableaux, dans le transept de dr., un Martyre de St Laurent, par Qreuze; du côté opposé, un St Laurent au milieu des pauvres, par Trezel, La chapelle de la Viei^e, dans l'abside, sous le vocable de Notre-Damedes-Malades, est ornée de nombreux ex-voto.

La gare de TEst ou de Strasbourg (pi. B. 24), est bâtie dans l'axe du boul. de Strasbourg, où elle forme perspective. C'est un bel édifice, dû à l'architecte Duquesnay, Au centre de la façade, une demirose , surmontée d'un pignon que couronne une statue assise de la ville de Strasbourg. De chaque côté, deux pavillons en avant-corps, reliés par un péristyle, sur la balustrade duquel est un cadran accompagné de statues à demi couchées de la Seine et du Rhin.

En prenant devant la gare la rue de Strasbourg, du côté du boul. de Magenta, puis ce boulevard à dr., nous arrivons en Ô min. à la rue la Fayette, que nous" avons déjà traversée (p. 184).

La gare dn Kord (pi. B. 24) est près d'ici à dr. Cette gare, reconstruite en 1863-64 par Hittorff, occupe une superficie de près de 32000 m. Si elle n'est pas la plus belle, c'est du moins la plus pratique de Paris , toute de plain-pied et sur la rue, avec guichets et salles d'attente disposés pour la commodité des voyageurs. La façade a 160 m. de développ^nent. La partie principale, percée de trois arcades gigantesques, est surmontée d'un pignon que cou-

190 Rive dr. 7. PARIS. Oare du Nord.

tonnent des statues de Paris et de 8 grandes villes étrangères reliées à Paris par la ligne du Nord. Derrière cette partie centrale se trouve la grande halle de la gare, dont la longueur est de 200 m. et la largeur de 70, c'est-à-dire au moins double de celle des boulevards.

St' Vincent'de-Paul^ que nous verrons au retour, est à peu de distance de cette gare, la façade du côté de la rue la Fayette (p. 192).

Nous regagnons la rue la Fayette, en suivant àl'E. la rue qui passe devant la gare du Nord. Bientôt après nous traversons le chemin de fer de l'Est, et nous continuons tout droit.

La rue la Fayette se termine au boulevard extérieur dit de la Yillette, près du canal St-Martin. On aperçoit là à g. une rotonde, occupée aujourd'hui par la douane j c'est un reste des propylées construits à la fin du siècle dernier par Ledoux. A dr. de cette rotonde est le bassin de la ViUette (pi. B. 26-27) , port et réservoir d'eau d'env. 65 000 de superficie, à plus de 25 m. au-dessus des basses eaux de la Seine. Il est formé par le canal de rOurcq, ainsi nommé parce qu'il relie l'Ourcq, affluent de la Marne, avec la Seine. Ce canal a 86 522 m. de longueur, sans écluses en amont du bassin. II s'en détache tout près de là un bras de 4632 m., le canal St- Denis, qui a 12 écluses et abrège de 16 kil. le trajet entre la haute et la basse Seine. Au S., il se prolonge par le canal St~Martin (p. 60), qui a 6600 m. de long et 11 écluses.

Autour du bassin se trouvent des magasins considérables, qui donnent déjà une idée du commerce de Paris par les voies navigables (v. p. 248). Il arrive env. 1200 bateaux par mois dans le port de la ViUette , y apportant toute sorte de marchandises, et 800 y reprennent un chargement. Ces bateaux ont une contenance moyenne de 250 tonnes ou égale à celle de 25 wagons de chemin de fer, mais des travaux d'amélioration au canal de St -Denis et de nouvelles écluses permettront dans quelques années Taccës du port à des bateaux de 800 à 1000 tonneaux.

Le bassin est traversé par une haute pasttrelle^ dont Tarehe unique a une portée de 95 m. A l'autre extrémité , rue de Grimée , se trouve un pont levant^ qui se manœuvre à l'aide d^ascenseurs mus par l'eau du canal.

Nous suivons maintenant la rue d'Allemagne, jusqu'à une large rue à 700 m. sur la droite, l'avenue Laumière, qui mène aux Buttes - Chaumont. A g. à l'entrée, la mairie du XI X^ arrondissemevU, construction moderne monumentale dans le style Louis XIII , due à Davioud et Bourdais. La salle des mariages a des peintures par Gervex et Blanchon.

Les *Butt68-Clianmont (pl.B. 30-29), qu'on aperçoit à l'extrémité, sont un magnifique parc à TO. de la colline de Belleville. Elles s'étendent en forme de croissant irrégulier sur une superficie de plus de 22 hectares. Ce n'est en réalité qu^une partie des buttes Chaumont («calvi montes») , comme on peut le voir par les coins stériles et dénudés qui en restent à TO. C'est au sommet de ces buttes que 8'élevait jadis le gibet de Montfaucon , où furent pendus jusqu'en 1761 tant de criminels , mais aussi tant de victimes des vengeances humaines. Et il n'y eut pas que la populace qui vint s'y repaftre de ce triste spectacle, Charles IX lui-même y ftit avec sa cour pour

Buttes -Chaumont PARIS. Rive dr. 7. 191

Toii Coligny , qu'on y avait accroclié par les pieds après la St*Barthélemy. «Aucuns qui étaient avec lui , dit Brantôme , bouchaient le nez à cause de la senteur, dont il les en reprit et leur dit : Je ne le bouche comme vous autres , car l'odeur de son ennemi est très bonne.» Cet endroit fut encore pendant longtemps un lieu décrié comme repaire de malfaiteurs , et aussi une des voiries de la ville. Après l'avoir déblayé dans l'intérêt de la santé publique , on décida d'y créer une promenade , dont avait besoin ce quartier ouvrier. L'administration se proposait en même temps de faire acquérir de la valeur aux terrains vagues des alentours. Or il ne s'agissait pas, sur un vaste espace comme celui - ci , de faire un square vulgaire, mais quelque chose d'original et de grandiose. L'exploitation des carrières qui se trouvaient à cet endroit avait produit des inégalités de terrain considérables. Au milieu de ravins et de fondrières s'élevaient de petites coUines et des rochers escarpés ; on a transformé les collines en un joli parc, on a donné aux rochers un aspect encore plus sauvage et on les a entourés d'un petit lac. Une cascade y tombe d'une hauteur de 82 m. dans une grotte artificielle à stalactites, haute de 20 m., l'ancienne entrée des carrières, et le ruisseau qui en sort se déverse dans le lac. Sur les rochers au milieu de ce lac a été bâti un petit temple corinthien , sur le modèle de celui de la Sibylle , à Tivoli (Italie). On a de là une belle vue du côté de St-Denis et de Montmartre, et de la seconde hauteur au S. unefvue magnifique de Paris. Un léger pont en fil de fer, de 63 m. de long, est suspendu entre deux rochers à 30 m. au-dessus du lac ; une arche en pierre en relie d'autres plus loin, etc. On peut aussi monter au temple par un sentier dans les rochers, où l'on arrive en passant le lac en bateau (5 c). Ça et là dans le parc sont des sculptures en bronze : du côté de l'entrée principale , Un sauvetage , par F. Rolard; à une petite cascade au delà du restaurant, le Gué, par C. Lefèvre; en deçà du grand pont, le Chasseur d'aigles, par Desca; près de la grande cascade, le Pilleur de mer, par Oge^ dans le haut du parc, Au loup, par Hiolin. Le chemin de fer de ceinture passe dans la partie E. du parc , dans une tranchée et deux tunnels , et près de là, au N., est la station de Belleville-Villette (v. l'appendice). Au S. des Buttes-Ohaumont, dans BelleviUe^ se trouve régliae Bt-Jean- Baptiste (pi. B. 33), bel édifice moderne dans le style gothique du zin^ s., par Lasstu. Le grand portail est flanqué de deux tours, hautes de 58 m., dominant tout Paris. On remarque dans le transept des peintures murales par Leloir et Maillet.

Le marehé de la Villette (pi. B. 31), le seul marché aux bestiaux de Paris , est à l'extrémité de la rue d'Allemagne , qui aboutit aux fortifications à la porte de Pantin (v. ci-dessous), à V4 d'h. des Buttes-Chaumont. L'entrée en est publique, et il est surtout animé les lundi et jeudi dans la matinée. Il a 3 vastes pavillons dans le genre de ceux des Halles Centrales , par Baltard et Janvier, couvrant une superficie de 4 hectares. Celui du milieu peut contenir 4600 bœufs, celui de dr. près de 7000 veaux et porcs, celui de g. 22000 moutons.

i9^ Rive dr, 1. ^ÀRIS. Ahatt, de la Villetie.

Derrière sont des étables et autres dépendances. Les bestiaux arrivent surtout par un embranch. du chemin de fer de ceinture, à l'E. La Yille de Paris et l'Etat ont dépensé à ce marché et aux abattoirs voisins près de 60 millons.

Le marché reçoit annueUement 29S5000 à 3950000 têtes de bétail. Lea bœufs proyiennent surtout de la Normandie, de TAi^ou et du Poitou; les vaches, de Tlle - de- France \ les veaux, de TOrléanais et de la Champagne; les moutons, de diverser provinces et de l'étranger; les pores, du Maine, du Poitou et de la Bretagne.

Les abattoirs de la Villette (pi. B. 28-31), à côté du marché, sont également ouverts au public. Ils ne sont séparés du marché que par le canal de TOurcq , qu'on peut traverser , mais l'entrée principale est à l'opposé, rue de Flandre. G*est surtout aussi dans la matinée que la visite en est intéressante , mais non pour les personnes sensibles. Il reste encore des bâtiments à construire ; il y a maintenant env. 250 échaudoirs , disposés autour de 20 cours , dans lesquelles travaillent les bouchers. Tout y est tenu avec la plus grande propreté. Les bouchers des abattoirs ne sont pas des détaillants ; ils vendent leurs viandes en gros à ceux de la ville, ici et aux Halles Centrales. C'est dans une grande halle à part et curieuse à visiter, du côté des fortifications, que se tuent et se préparent les porcs. — A l'entrée des abattoirs du côté de la rue de Flandre, sur les piliers, deux groupes de sculptures : Au pâturage , par A. Lefeuvre , et à 'Abattoir, par Lefèvre-Deslongehamps,

Paris à encore deux abattoirs sur la rive g. : VabatMr de ViiUsJvif (pi. G. 23), près de la place d'Italie, et Vabattoir de Grenelle (pl.B. 13), à la place de Breteuil ; mais on doit en construire un seul de ce côté, entre les rues de Dantzig et Brandon (pi. G 11).

Les localités voisines de la Villette : Aubervilliers (21 900 hab.), Pantin (19200hab.), le Pré-at-Gervais (7400 hab.), etc., n'ont à peu près rien d'intéressant pour les étrangers, si l'on excepte la nouvelle mairie de Pantin (pi. B. 31-34), dans le style de la renaissance.

II. Montmartre, ât -Vincent -de Paul. Butte et oimetière Kontnuurtre.

Si l'on a vu, en allant au marché aux bestiaux le bassin de la Villette et les Buttes-Chaumont, prendre au retour une voiture particulière jusqu'à la gare du Nord (p. 189), qui est à env. 3 kil. des abattoirs, ou simplement le tramway venant d'Aubervilliers, qu'on quittera à la rue du Faubourg-St-Denis, près de la gare, d'où l'on descend en quelques min., à St -Vincent -de -Paul, par la rue de la Fayette. — Des boulevards , on va à cette église en remontant la même rue ou par la rue d'Hauteville, qui aboutit en face.

*St- Vincent -de -Paul (pl.B. 24) est une église en forme de basilique, construite de 1824 à 1844, par Lepère et HUtorff, Elle a 80 m. de long et 37 de large. On y monte par deux rampes en fer à cheval et par un escalier central comptant 46 degrés. Au-dessus de cet amphithéâtre est un péristyle de 12 colonnes ioniques cannelées, avec un fronton par Lemaire : St Vincent de Paul entre la Foi

St-Vinc-dt-Patil, PARIS. Rive dr, 7, 193

et la Charité. De chaque côté , des tours carrées un peu maigres, hautes de 42 m., reliées par une balustrade avec des statues des évangélistes. La porte principale est ornée de sculptures par Farochon, représentant J.-G. et les apôtres.

L'iMTBaiBUR se compose d'une grande nef flanquée db bas eôtés doubles, dont une partie est oeeupée par des chapelles et Tautre surmontée de tribunes. On n'y compte pas moins de 84 colonnes ioniques en stuc. La charpente du toit est apparente et bien décorée. Tout autour de la nef est une ««friae, peinte par Hipp, Fiandrin (1809-1864). Elle figure une procession de saints, d'apôtres, de prophètes, de martyrs, de papes et de saintes femmes. Cette composition célèbre, d'une beauté vraiment classique, est le chef-d'œuvre de l'artiste; elle rappelle les mosaïques de S. ApoUinare ITuoYO à Bavenne. Dans la coupole du chœur est une autre fresque sur fond d'or, par Picot: 8t Vincent de PauL, agenouillé devant le Christ et lui présentant des enfants. La frise, qui est aussi de Fiandrin^ figure les sept sacrements. Le maître autel est décoré d'un beau calvaire en bronze par Bude. Autour du chœur règne une belle boiserie. Dans la chapelle de la Vierge, derrière le chœur, la ^Vierge avec l'enfant Jésus, par Carrier-Belleiuey et des peintures par Bouguereau^ l'Annonciation, la Visitation, l'Adoration des mages. l'Adoration des bergers,t^ la Fuite en Egypte et le Christ rencontrant sa mère. Les fenêtres des bas côtés ont de beaux vitraux par Maréchal et par OHgnon.

La rue St- Vincent-de-Paul, derrière l'église, traverse le boul. de Magenta et aboutit à Vhôpital Larihoisière (pi. B. 23), construit de 1846 à 1853 et ainsi nommé en l'honneur de la comtesse d« Larihoisière , qui laissa 2 900 000 fr. pour les pauvres de Paris. Entrée publique le dimanche et le jeudi, de i h. à 3 h.* On voit dans la chapelle le tombeau de Mme de Larihoisière, par Marochetti.

Plus loin encore, au delà du boulevard extérieur de la Chapelle, St- Benuurd (pi. B. 23), jolie église avec une belle flèche, construite de 1858 à 1861, par Jiaçnt^ dans le style ogival du xiv^ s. On y remarque diverses peintures, la chaire, le chemin de la eroiz, les vitraux, par Gsell-Laurent^ et de beaux retables dans le transept.

Le boul. de Magenta aboutit aux boulevards extérieurs, entre ceux de la Chapelle et de Rochechouart. Le prolongement du premier au N., nommé d'abord boulevard Barbes, puis boulevard Ornanoy conduit à St-Ouen (p. 198).

A quelques min. à g., par le bouL de Rochechouart, le collège Rollin (pi. B. 20), vaste édifice terminé en 1876, sur l'emplacement des anciens abattoirs de Montmartre. A côté, le square d* Anvers, avec une colonne surmontée d'une statue de la Paix armée, en bronze, par Coutan, et des statues de Sedaine (1719-1797) et de Di{|«fo« (1713-1784) , aussi en bronze, par Lecointe. En face du coUèf.e, le bal de V Elysée- Montmartre (p. 25).

L% butte Montmartre, où l'on se trouve déjà à cet endroit, est une colline s'élevant à un peu plus de 100 m. au-dessus du niveau de la Seine. Selon les uns, elle était autrefois occupée par un temple du dieu Mars (Mons Martis) ; d'autres en font le théâtre du martyre de St Denis, premier évêque de Paris, et de ses compagnons, en 270, et ils dérivent son nom de Mons Martyrum. Il est enfin question d'y construire un funictilaire.

Lea hauteurs de Montmartre, qui ont été témoins de la dernière lutte entre Tarmée française et celle des alliés en 1814, le 90 mars, ont aussi

Bedeker. Paris. lOe édit. 13

194 Rive dr, 7. PARIS. Egl, du Sacr-Cœure,

joué un rôle imporUnt durant les sièges de 1870-71. Le 18 mars 1871, les soldats révoltés qui avaient assassine les généraux Clémeni-Thoi)»^ et Lecomte, 8*emparërent des eanons -qui se trouvaient à Montmartre et qui étaient confiés à un eorps de gardes nationaux ; ee fut le eommenemnent de Tinsurreetion de la Commune, qui dura du 18 niarj au 38 niai.

A moine de faire un grand détour, on n'écrive. sur U butte- que par des rues avec des escaliers. La plus rapprochée^ qui pas^e à g. de la place St - Pierre, compte 266 degrés. On a parlé d'un monument à ériger sur la place en souvenir des services rendus par U poste aérienne durant le siège de Paris; il serait par BartUoldi et il comprendrait un ballon éclairé le soir.

L'église du Saeré-Cœnr (pi. B. 20) , en construction au sommet de la butte, sur les plans d'Ahadie, est un monument e.ncore inachevé de style roman-byzantin. Elle sera surmontée d'un gr^Midd^me, derrière lequel s'élèvera un clocher» Les travaux ont toujours marché et continuent lentement, d'abord parce qu'il a fallu établir des. soubassements considérables , dans les anciennes carrières de gypse de la butte, ce qui a déjà absorbé S millions V27 et ensuite parce que les fonds sont surtout fournis par des quêtes et des souscriptions, organisées par le clergé. Néanmoins la crypte est maintenant achevée et livrée au culte, et le gros œuvre de l'église supérieure est même assez avancé. La dépense totale est évaluée à 25 millions et le total des souscriptions s'élevait déjà an milieu de 1890 à 22613692 fr.

On peut visiter Tédiflce moyennant 50 c. L'entrée actuelle est sur le derrière , où l'on ira en montant à g. et tournant dans la rue à dr. après, la vieille église mentionnée ci-dessous. Il faut preiidre une carte au u'^ 31.

Le versant de la butte du côté de la ville doit être transformé en Jardin public. Il a fallu élever d'énormes murailles pour soutenir les terres. Il n'y avait pas même de sentier devant l'église., là où passe maintenant une bonne voie carrossable.

La construction massive à g. de l'église est un réservoir d'eau à deux et trois étages, d'une capacité de 11000 m. cubes. L'étage inférieur, qui en peut contenir 4800 et dont le troprplein est à 127 m. 30 d'altit. , est alimenté par une machine à. vapeur prenant l'eau à Bercy et l'envoyant d'abord dans un réservoir de relais au bas do la butte, d'où elle est élevée par une autre machine. Cette eae est pour les services publics, et il y aura déjà des cascades dans lu jardin de la butte. Les étages supérieurs, pour 6200 m. c. , sont destinés à Teau de source et ont leurs trop -pleins à 132 et 136 m. dVltitude. Pour visiter ce réservoir, s'adresser à g. au gardien.

Par un temps clair , on a une très belle *vue de Paris du haut de l'escalier devant le réservoir, où il y a un homme avec des longues vues.

Points principaux, de g. k dr. : à peu de distance, St-Vincent-de-Paul et la gare du Kord^ au loin, à g., les Buttes-Chaumont, les deux cloebers de Belleville, eelui de Hénilmontant , le Père^Laehaise, avec son «pain de suere* et le four crématoire: plus à dr., au-dessus de 6t-Vineent-de Paul, les deux clochers de St-Ambroise; puis la colonne de Juillet, le

Cimet, Montmartre. PARIS. Rive dr» 7. 195

dôme de St-Paul \ devant, la chapelle des Arts-et-Métiers ; plus loin, à dr., le dôme de la Salpêtrière; St-Oervais, Thôtel de ville et Notre -Bame, derrière la tour dt-J»cquMv 8t*Bti6nn»râft>Moiit et le Panthéon: en deçà, St-Eustache et les Halles Centrales; derrière, le dôme de la Sorbonne, celui du Val-de-Grâce et TObservatoire ; plus près, les deux tours de St- Sulplce, eelle de ëi^ermain-des-Près et le Louvre en deçà, avec ses dômes; au loin» le clocher de Hontrouge; assez. iprès, à dr., ta mi^ase imposante de rOpéra; au-de»sus, les flèches de Ste - Glotilde ; a g., la colonne Vendôme ', à dr. , lé dôme de TAssomption ; puis le dôme doré des Invalides, la tour Eiffel, à 5 kil., et les palais de Texposition de 1889 avec leurs dômes, le palais des Machines à Textrémité de g. \ pins près, à dr., le elocber de Ta Trinité; la Madeleine, le pajais de Tlndustrie; encore à djr., Je dôme de St - Augustin , les tours du Trocadéro , Tare de triomphe de rEtoile et le Moht-Valérien. A Thorizon, les hauteurs de Ofi&tillon, Glamart et Meudon, où Ton dlstingoe même, par un temps el«ir, Thospiee de Flenry.

Derrière le i^servoir est la vieille église de St'Pierr^d&' Montmarte, reste d'un couvent de bénédictins fondé en 1147 par LouisYI. Elle est entourée d'un Jardin des Oliviers avec des sculptures originales, un calvaire, etc.

De r autre côté ou à TE. dé Téglise neuve, au coin des rues de la Barre et Lamarek, le JHùmma, de JérutàUm^ peint par 01. Pichat Entrée : 1 fr., 50 c. les dim., jeudià et fêtes.

Nous redescendons aux boulevards extérieurs et nous les suivons de nouveau à TO., l'espace d'un peu plus de 1 kil., jusqu'au cimetière Montmartre. A l'extrémité du boul. de Rocbechouart, au coin de la rue des Martyrs, le petit cirque Fernando. Puis vient le boulevard de Clichy, qui passe à la place Pigalle et à la place Blanche. Le cimetière est au bout dMne petite avenue à dr.

Le *Cimetière Montmartre ou du Nord (pi. B. 16-17), le second des grands cimetières de Paris , est bien moins important que celui du Père - Lachaise (p. 166), mais néanmoins digne d'une visite. Heures, v. p. 167.

L'avenue d'accès a été baissée en 1888, en même temps qu'on a construit au-dessus du cimetière le viaduc Caulaincourt , d'env. 175 m. de long, potfr relier la rue de ce nom, qui contourne la butte Montmartre an N., au boul. dfi Clîchy : c'est maintenant la principale voie carrossable de la butte.

Dans la courte avenue où l'on monte à dr. en arrivant, quatre tombes des exilés Polonais (70) , la première avec l'inscription : <iexoriare aliquis nostris ex ossibua ultorlt» puisse un vengeur naître un jour de nos cendres ! — Dans l'avenue transversale, LaurecUque (m. 1860), architecte; monument bizarre, avec sarcophages debout. Plus loin, d'autres encore assez remarquables, notamment celui de la famille Benazet, à g. Nous descendons un escalier près de là, et nous arrivons au

Cabbefoijb de la Choix. Sous la croix sont enterrées lés victimes du coup d'État de 1852. Il y a toujours beaucoup de couronnes. A g. du côté de l'avenue principale, la sépulture des *Cavaignac, entre autres de Godefroy, l'écrivain (m. 1845), et d'Eugène (m. 1857), le . général, qui fut président de la République en 1848. La belle statue couchée d'Ë. Cavaignac, en bronzé, est <ïe Rude. A dr., sous le

196 Rive dr. 7.

PARIS

Cimet. Montmartre,

viaduc, Caatagnary (m. 1888), publiciste, etc., buste en bronze par Rodin.

Nous suivons maintenant Ta venue Dubvisson, derrière la croix^ tournons à g. et quelques pas plus loin à dr.

Là se trouve le oiMSTiàBB is&aélite. A l'extrëmitë , à g., *£ra* levy (m. 1862) , le compositeur ; statue de marbre par Duret. Nous continuons tout droit et nous nous retrouvons dans le cimetière chrétien.

L'avenue Moktebeli.o, qui descend là à dr. en tournant, est une des plus r<imarquables. A g., MiecUlas Kamienski, soldat volontaire tué à Magenta en 1859; statue coucbée, en bronze, par Franceschi. P. Chouvaloffy un enfant ; ange par R. Carnielo. — A g., la sépulture de la ^famille Bohart, avec un ange en bronze. Plus loin,

CIMCTIERC MpNTMAl^TRE.

Avenues etOminnspriiiciptUix

«vec les

jniméros des Dmaions.

Faut Delaroche (m. 1856), le peintre; bloc de marbre. Derrière, CA. Maury (m. 1866) , compositeur de musique sacrée. — A dr., le maréchal Lannes (m. 1809), duc de Montebello. A dr., la ^princesse Soltikoff (m. 1845), chapelle mi-grecque mi-gothique, toute couverte de peintures et de dorures. — A g., Horace Vernet (m. 1863) , le peintre; sarcophage.

L* avenue du Tunnel, dans le bas, conduisait à dr. à la partie du cimetière où étaient les concessions temporaires et les fosses communes, depuis longtemps supprimées et où Ton vient de percer des rues. Le four au commencement de l'avenue sert à détruire les débris tels que bouquets , couronnes et feuilles ramassés dans le cimetière. A dr. dans cette avenue, L^on Foucault (m. 1868), Ip physicien.

Nous tournons encore un peu plus loin à g., dans T avenue

dmet. Montmartre. PARIS. liive dr. 7. 197

CoBDiXB. Là, du même côté, Murger (m. 1861), atitenr de la «Yie d» Bohême»; tombe avec une statue de la Jeunesse, par Millet. — A g. encore, dans une petite alWe, ^Louise Thouret (m. 1856); statue couchée en marbre, par Gayelier. — Plus loin dans Tat'enue Cordier, à dr., Oozlan (m. 1866), écrivain distingué. — Près de la, à g., * Théophile QauHer (m. 1872). Sarcophage avec une statue de la Poésie, par Godebski, et des inscriptions, surtout celle-ci:

«L'oiseau s^en va, la feuille tombe, i Petit oiseau , viens sur ma tombe L'amour s^éteint, car eVst Thirev; | Chanter quand TarlMre sera vert.»

Puis, à dr., Guat, Guillaumet (m. 1887), peintre; monumi^n^ avec statue allégorique et médaillon en bronze par Barrias.

Nous revenons monter maintenant à côté du monument de Gozlan , et nous appuyons à dr. jusqu'à Tavenue de Montmobency. A dr. dans cette avenue, Ch, Zeuner (m. 1841), pianiste et compositeur. Puis la duchesse d'Abrantès (m. 1838), femme du maréchal Junot, et leur fils; médaillon par David d'Angers. A côté, Ary Scheffer{Tii. 1858), le peintre; ange pleureur au-dessus de la porte. Plu» loin, Nourrit (m. 1839), le chanteur.

Nous suivons d'ici à g. I'avenite de la Cloche. A dr., Victor Massé (m. 1884) , compositeur de musique : beau monument avec ornements en bronze. A g., de Braux d*An,glure (m. 1849); buste et bas-relief en bronze. A dr., dans le chemin Alph. Baudin (v. cidessous), Thihoust (m. 1867), auteur dramatique; monument avec bas-relief de marbre. A l'extrémité de l'avenue, à g., la famille/)artf., entre autres le comte Paru (m. 1829), intendant général de la Grande Armée, homme d'Etat et littérateur. Puis Duc (m. 1879), l'architecte.

Le chemin Duc, en face, croise le chemin ThoTon , qui est la partie la plus curieuse du cimetière , renfermant beaucoup de nouvelles tombes. A dr., Troyon {m, 1865), le peintre. Dans le massif, à g., Nefftser (m. 1876), publiciste, rédacteur en chef de la «Presse» et fondateur du «Temps»; belle statue de femme accroupie, en bronze, par Bartholdi. Puis, à dr. dans l'avenue, Aglcbt DiMer <m. 1863), écrivain. A g., dans l'avenue, Clapisson (m. 1866), compositeur de musique. Puis *Méry (m. 1866), écrivain; statue de la Poésie, en bronze, par Lud. Durand. A dr., *Baudin, «représentant du peuple mort en défendant le Droit et la Loi, le 3 déc. 1851 », dont les restes sont depuis 1889 au Panthéon (p. 232); statue couchée, en bronze, par Millet. Dans le voisinage, à dr. , Martin Bernard (m. 1883), représentant du peuple; médaillon en bronze par M. Meusnler, et plus loin, Thihoust, déjà mentionné. — A dr., du chemin Troyon , .près de Baudin , Bouvière (m. 1865) , artiste dramatique ; médaillon et bas - relief de Préault ,' représentant le défunt dans le rôle d'Hamlet. Ag. , *Chaudey (m. 1871), rédacteur du «Siècle», fusillé par les communards; médaillon très expressif et citation du journal. A dr., 'famille Ward; grand Christ en bronze. A g.. Mène (m. 1879), statuaire. A dr., *Ro3tan (m. 1866), profes-

198 Bive dr, 7. PABIS. Plao} d€ CUchy.

sear i U ifàctdié d« mëddcine; statue dd ttUrkrë en ïiautHnUef. Larmoyât; lyas-zeUef en piocrt. Agt) ^Marcr-JLtjMmei c)u»ReUe massÎTe surmontée d'un saicophAgé avec%«aire statues s]^boJlique«.

Nous nous retrouvons U dans l'avenue de Monimorency. A g, en «rrivant , la d^eht9$e de Montmorency- Luxembourg (m. 1829) et la marquise de Ufifteimart (m. 1-876) ; grand obéUsque. A dr.^ Poltgn<ic (m. 1868), offleier d'artillerie ; grande et ricbe chapelle.

Dans l'avenue Samson , où Ton descend un peu plus loin -par un escalier, a dr., ^Samêon (m. 1871), artiste dramatique; grand buste en bronze par Crauk. Plus bas, à dr. au delà de l'avenue du Tunnel , Dupotet de Sennevoy, «chef de l'école magnétique moderne»; beau buste en marbre, par Bracony, et beaux ornements en bronze. Un peu plus loin à g., Gustave Ricard (m. 1873), peintre; beau buste en marbre par Ferru.

L'avenue Samson tounie à g. ; en la suivant tout droit , on se retrouve au carrefour de la Croix , près de l'entrée.

Ceux qui en auront le loisir trouveront encore daoi» la partie baas« du cimetière quelques monuments intéressants ; par ex., à g. à rextrémité de Tavenue de4 Anglais, la première qui se détache de Tavenue Samson, le riche tombeau d^QffentMch (m. 1880), le oompositeur, en porphyre, «vee lyre et palme en bronze, etc.

Revenus du cimetière au boni, de Glichy, nous le suivons encore un instant, à dr., jusqu'à la place de Cliehy ou place Moncey (pi. B. 17), sur laquelle s*élêve le monument de Moncey, érigé en 1869. C'est un groupe colossal de 6 m. de hauteur, en bronze, par Doublemard , sur un piédestal rond de 8 m. , à bas-reliefs. Il représente la Ville de Paris défendue par le maréchal, avec un soldat mourant près de lui. Moncey se distingua en effet ici dans la défense de Paris en 1814.

Bn face de la statue de Moneey monte l^avenue de Cliehy^ qui appuie plus loin à g'y tandis qu'à dr. se détache Vavtnue de St-0u4», JUa première est suivie par les tramways d'Asnières et Gennevilliers (p. 377), la seconde par ceux de St-Ouen et St-Denis (p. 318). — Oliehy (!%00D hab.) et 8t-0uaa (31300 hab.) n*ont rien de curieux pour les étrangers. Le eh&> teau de St-Ouen, où Louis XVIII signa sa fameuse déclaration du 2 mai 1814, n'existe plus; il est remplacé par un pavillon moderne et l'ancien parc est devenu un champ de courses.

Plus bas que la place de Glichy, à g. de la rue du même nom, par où l'on pourra redeseendre vers la Trinité (p. 186), se trouve le sq^Êore YiwHmUle^ où Ton a érigé en 1886 U statue de Berliot (1803-1868), bronze par Alf. Lenoir. En continuant de suivre les boul. extérieurs, on irait au parc Monceaux (p. 187) et à l'arc de triomphe de l'Etoile (p. 141), 13 et 35 min. plus loin.

Page 1