‹ Paris et ses environs (volume 2)Chapitre 57 sur 112 · Quartier du Temple et Yinceimes · texte numérisé non relu

Quartier du Temple et Yinceimes

Pour visiter en même temps les Archive», Tlmprimerie lîatioaale et le musée Carnavalet, on devra choisir un jeudi et se munir d'autorisations, conformément aux indications ci-dessous. Un dimanche^ on pourrait voir, sans autorisation, le musée Carnavalet et les Archives, le musée d^abord, parce qu'il ouvre plus tôt. ~ Déjeuner place de la Bastille (v. p. 9 et 11).

AreMif€8 NaHmaUé, PARIS. Rive dr. 8. 199

X. Jh9 Bovktàidi à la Bwrttlle ÏNkt Vt quartier d<a Temple. l^^^'ittiiijfttkétÊèmifSiHûim. liutféè Oâriivvklet. JPIàoe dès Vb'df es.

te «yuarifier du Temple, au S.-O. de la placé de la République (pi. 11. 23-24, 26-27; ///), a dû son nom à la principale maison des Templiers en France, dont il subsista un reste important jusqu'en 1811, la tour du Temple, qui servit de prison à la famille royale en 1792 et 1793 (reproduction, v. p. 155).

L'Mhptacement du Temple est maintenant occupé par un marché et un square. Le marché du Temple était autrefois important et fort pittoresque par ses boutiques de fripiers , mais il a été reconstruit de 1863 à 1865, et il ne sert plus qu'en partie au trafic des vôtethents, surtout de la confection pour femmes. Le Carreau, la Boursedes brocanteurs et marchands de vieux habits, dits «chineurs», est à l'étage supérieur. Il est ouvert de 9 h. à midi, et l'on y monte paï des escaliers du côté du square.

Le square du Temple est décoré de quatre statues eu bronze: la »taiue de Etranger, le poète-chansonnier (1780-1857), par Doublemard ; le Rétiaire, par Noël ; Cet âge est sans pitié , par Schisnewerk, et te Harponneur, par Fél. Richard. Derrière le square est la belle mairie du IIX' arrondisèemmt (Temple).

£h deçà du marché, presque en face, se voit V église Ste-Elisa^ heth^ du xvii*^ s., mais agrandie en 1826. Dans une chapelle à g. de rentrée, des peintures murales par Biènnourry, Hesse, Roger et Lafon. La demi-coupole du chœur est décorée d'une Apothéose de St« Elisttbeth, par Alaul. Les fionts en marbre blanc, à dr. de l'entrée, sont de 1654. Il y a aussi des peintures dans le pourtour du chœur, mais surtout de belles boiseries du xvi® s., une centaine de panneaux sculptés, provenant d'une église d'Arras. Les sujets, tirés de la Bible, sont malheureusement petits et très mal éclairés.

La vieille rue du Temple descend vers l'hôtel de ville; nous la suivons Jusqu'à la grande rue do Rambuteau (10 min.), qui vient des HstUes Centrales, à dr., et nous conduit à g. aux

Archives HationalM (pi. R. 23; ///). C'est l'anc. hôtel de SouHse, qui oceupe l'emplacement de l'hôtel du connétable de Clisson, bâti en 137f , et dont il reste encore, dans la rue des Archives, à g. de la façade , une belle porte flanquée de tourelles , restaurée en 1846. 11 avait ensuite appartenu, jusqu'en 1696, à la puissante famille de Guise. Il se compose aujourd'hui des bâtiments construits par François de Rohan, prince de Soubise, au commencement du xvin^s., et d'autres réédifiés ou ajoutés de nos jours. La principale cour, du côté de la rue des Francs-Bourgeois , est entourée d'une colonnade du style corinthien, par Lamer, aboutissant aune façade avec fronton, décorée de deux ordres de colonnes corinthiennes et composites accoupléei, et àé sculptures par Rob. Lelorrain.

L'Assemblée Constituante ayant institué en 1794 une commission des Archives, les actes publics qui se trouvaient dans divers dépôts

200 Rive dr, 8, PARIS. Arehitfts NatioMUe^.

furent lecaeiUis et classés, puis tfjtnspoitfcr, en 1806, dans le local où Us sont encore aigourd'hui. Les archives nationales y sont divisées en 4 sections : secrétariat, section historique, section administrative, section législative et judiciaire» On est admis à y travailler tous les jours non fériés, de 10 h. à 3 h., après en avoir fait la demande au bureau des renseignements. Les pièces les plus. curieuses du dépôt ont été réunies pour former un musée.

Le miuée des ArohivM ou musée paléographique est publie le dimanehe de midi à 3 h. et visible aussi le jeudi avec la pennission du directeur général. Il y a des étiquettes et on trouve le catalogue dans chaque salle.

Rez-de-chaussée. — /. Salle des Mérovingiens ^ des Carlovingiens et des Capétiens. Tout autour, les pièces les plus anciennes, dont beaucoup avec quantité de sceaux. Dans les vitrines du milieu, la suite, classée par ordre chronologique (dates aux cadres) : rouleau funéraire du bienheureux Vital, abbé de Savigny, avec des vers latins attribués à Héloïse (1123-23) ; eartulaires et registres; comptes de Thôtel de St Louis (13S6-1257), sur des tablettes de cire vertes ; registres à miniatures et dessina, entre autres, au milieu de l'autre côté, le registre du conseil du parlement de Paris, avec les actes du procès de Jeanne d'Arc (1431) et un petit portrait de la Pneelle fait à Tencre durant ce procès.

//. Salle des Valois. A Cm, 1™ rangée des vitrines du milieu: déclaration du clergé de France en 1682; révocation de Tédit de Nantes (1685). 2« et 3^ rangées : lettres de Bichelieu, Turenne, Louis XIII, Colbert, Louis XII, Marie de Médicis, Anne d'Autriche, Gh. de Lorraine, duc de Guise, etc. 4^ rangée, près de la fenêtre du fond, Tédit de Nantes (1698), etc.

///. Salle des Sceaux. Reproductions des sceaux les plus remarquablesdes Archives. Tableau des Jésuites, sans valeur comme peinture, mais fort singulier et devenu historique. Il date du règne de Henri IV, où il fut saisi dans une église des jésuites et servit comme pièce de conviction lors de la suppression de Tordre, en 1762. Il représente le vaisseau de l'Eglise («Typus religionis*) voguant vers le port du salut, entouré d'embarcations qui lui amènent des fidèles et d autres où sont des ennemis qui l'attaquent, etc.: il y a des inscriptions.

/F. Salle des Traités. Vitrine du milieu, côté dr. : lettre de Richard Cœur -de -Lion, traité de commerce après la mort de St Louis, entre le roi de Tunis et Philippe III de France (1270), traité de BréUgny (1360), traité entre Henri VlII d'Angleterre et François I«' de France (1S32)-, ■côté g.: traité entre Henri II de France et les cantons suisses (1549); traité de Munster (1648), avec le sceau d'or de Ferdinand II ; traité entre la France et la Turquie (1812). En face: autres traités avec la Suisse; pièces émanant de divers papes; bulle de Léon X abolissant la Pragmatique Sanction de 1438 ; concordat entre Léon X et François I^'. Pièces relatives à l'Orient latin. Aux fenêtres: lettres du sultan Amurath III à l'empereur Rodolphe II (1578), de Soliman I®' au roi Ferdinand (1549), de Tamerlan à Charles VI (1402), de Soliman II à François I^f; pièces chinoises. — Cette salle, l'anc. salle à manger de l'hôtel de Rohan, a de beaux bas-reliefs.

V. Salle des Documents étrangers. Dans les vitrines plates, les chartes par ordre de pays, de g. à dr. : Allemagne, Autriche-Hongrie, Belgique, Danemark, Espagne, Grande-Bretagne. Hollande, Italie, Norvège, Portugal, Russie et Suède. Aux murs, d autres vitrines avec des sceaux étrangers.

Prbvibb ÂTA6B. — /. Salle des Bourbons^ une anc. chambre, richement -décorée, qui a conservé la balustrade dorée du lit. Derrière cette balustrade, une vitrine contenant les procès verbaux de Tinterrogatolre ^e Marie- Antoinette à la Coneiei^erie relativement à l'affaire de l'œillet ; «des interrogatoires de plusieurs autres membres de la^ famille royale; le journal de Louis XVI (!«' janv. 1768 au 81 juil. 1792); le discours prononcé par le roi k la Convention après sa défense par de Sèse (36 déc.

Archives NaHonaleg. PARIS. Rive dr. 8. 201

1793) ; le proeès verbal de rinhumation de «Louis Capet» (31 jaiiT. 17S>3), etc. Dans le eadre au-dessus de la vitrine , le testament de Xouis XVI, lait à la tour du Temple le 39 dëe. 1793, et la dernière lettre de Marie- Antoinette, écrite à la Goneiergerie le 16 oet. 1793, Tun et Tautre d*une authenticité douteuse; du moins la lettre ne porte pas 1» signature de la reine. Au milieu de la salle, près de la balustrade, à dr., des lettres de Louis XV, de Voltaire, du due d'Orléans, du prince de Condé; à g., le testament de Marie Lecsinska, un autographe de Beaumarchais, des lettres de Lafayette et de Mme Adélaïde, des édits de Louis XVI.

//. 8€Me ûvale^ suite des Bourbons. Vitrine du milieu: côté dr., cahiers du tiers-état de Paris (1789). Déclaration des droits de Thomme et du citoyen et la (Constitution de 1791, motion de Mirabeau*, autre côté, déclaration de Louis XVI concernant la tenue des Etats - Généraux , projet d^adresse au roi par Mirabeau, l'arrêté du comité permanent de 1 hôtel de ville prescrivant la démolition de la Bastille. Cette salle, Tanc. salon de Mme de Bohan, a 8 pendentifs par Natoire, les Aventures de Psyché.

///. Salle 4e la Biptiblique. l^e fenêtre: traité de Bâle entre la république française et Frédéric -Guillaume II (1795); assignats. 3® fenêtre : serment du jeu de paume. Au milieu et autour de 1» 0alle, quantité d« pièces du temps de la (invention ou du gouvernement constitutionnel. Au 3® rang, vitrine du fond: jugement des Girondins, lettres de Robespierre, de Bonaparte, de Garnot (victoire de Wattignies), etc. Au 3® rang, près de la S® fenêtre, une réquirition de Fouquier-Tinville pour Texécution de Marie-Antoinette; au-dessus, des lettres de Gharlotte Corday.

IV. Salle du ConmOat et de P Empire. Xombreux documents non moins importants, si non aussi curieux. A la 1*^ fenêtre, la constitution de l'an VIII (signatures). A fond , à g., la table sur laquelle Bobespierre blessé fut déposé au Gomité du Salut publie, aux Tuileries.

A côté du palais des Aichives se trouve V école det Charte», fondée en 1820 pour former des archivistes-paléographes.

En face, le Mont-de- Piété, qui a le privilège des prêts sur gages au profit de l'Assistance publique. Les prêts ne se font pas pour moins de 15 jours, mais on est libre de retirer les objets avant le terme, en payant les droits. Les prêts sont des quatre cinquièmes de la valeur pour les objets en or et en argent et deux tiers pour les autres. Ils ne peuvent pas dépasser 10000 francs à rétablissement central ou 500 fr. aux succursales. L'intérêt et les droits à payer s'élèvent malheureusement à 7 %, avec minimum de 1 fr. Les objets qui n'ont pas été retirés ou dont la « reconnaissance » n'est pas renouvelée , sont vendus au bout de 14 mois , et l'excédant sur le prix d'estimation réservé à qui de droit pendant trois ans. Lé Mont-de-Piété fait pour plus de 56 millions de prêts par an, portant sur env. 2250000 articles, et ses ventes produisent 4 millions.

A côté du Mont-du-Piété , Notre-Vame-des-Blancs-Manteaux, église insignifiante, dont le portail se trouve à l'opposé.

Plus loin dans la rue des Fr«ncfi-Bourgeois , au coin de la rue Vieille-du-Temple , une tourelle goth. avec des arcatures et une fenêtre grillée, reste de Vhôtel Barbette, d'où Louis d'Orléans sortait lorsqu'il fut assassiné par ordre de Jean sans Peur, en 1407.

Un peu plus haut à g., dans la rue Vieille-du-Temple, se trouvo rimprimerio Vatioiude (pL R. 23 ; III) , qui est établie dans l'ancien hôtel de Strasbourg ou du fameux cardinal de Rohan (m. 1803).

202 Rive dr. ê, PARIS. Musée Carnavalet.

On voit dans la cour nnè r6]production en bronze de la statue de Gutenberg par David d'Angers , dont Toriginal est à Strasbourg. L'imprimerie est vitfiblè gratuitement le jeudi, a 2 b. ^técIMs, avec un billet du diristïteur ; mais les étrangers obtiennent facilement sans cela la permission de la voir, en se présentant à l'heuïe dite. La visite dure 1 h. a 1 h. Vs* Les visiteurs sont conduits par les ateliers , qui occupent env. 1200 ouvriers deS deux sexes , et qui sont par conséquent très grands. Les caractères d'imprimerie et U reliure se font dans le même local. L'établissement est particulièrement riche en caractères orientaux. Lors de la visite de Pie Vlï, on a imprimé devant lui TOraison dominicale en 150 langues. On imprime surtout ici les actes «t les documents officiels , les livres publiés aux frais du gouvernement , des cartes géologiques et des cartes à jouer, les figures et l'as de trefie, les seules dont l'Etat se réserve le monopole.

On visite d'abord le i^^ étage, où sont les aieliers de composition et de fonte des earaetères^ pais le resnle-ebaussée, qui comprend le elieha^e, la galvanoplastie, le iglaçace du papier, rimpression (44 presses inijsca'niques et 80 presses à naiss), la Uthographie, la réserve, le séêhoir, le satinage, et enfin le 2^ étage, oecapé par les ateliers de femxBes, e.-à-d. ceux de réglure, de pliage, de brochure et de reliure.

Plus bas dans la rue Vieille - du - Temple , de Tautre côté de la rue des Francs -Bourgeois , n® 47 , se voit encore un de ces hôtels comme il y en avait tant autrefois dans le quartier, Vhàtel deHollande, ainsi nommé parce quMl fut occupé par l'ambassade de Hollande sous Louis XIV. C'est une belle construction du xvn* s., avec une porte monumentale ornée de sculptures remarquables (têtes de Méduse) et qui a du côté de la cour un grand bas-relief par Regnaudin, Romulus et Rémus allaités par la louve.

La rue dçs Francs-Bourgeois passe ensuite , à dr., devant Tane. hôtel Lamoignon, dont la fondation remonte au xvi®s. Un peu plus loin, à g., dans la rue Sévigné, le musée Carnavalet.

Le *masée Carnavalet ou mt£«ee hùtorique de la ViUe (pi. R. 26 ; T ) est une collection considérable de monuments et d'objets divers relatifs à l'histoire de Paris et de la Révolution, à laquelle est adjoint la nouvelle bibliothèque de la Ville, Le nom de Carnavalet est celui de Thôtel où ils sont établis , appelé lui-même ainsi du nom d'une dame de Kernevalec, à laquelle il appartint d'abord. Cet hôtel, acquis restauré et agrandi par la ville, date des xvi* et xvii® s. \ il a été commencé sur les plans de Lescot et de Bullant , continué par dit Cerceau et achevé par Fr, Manaart, Mme de Sévigné l'a habité pendant 18 ans (1677-1696). Les sculptures de la façade et celles du bâtiment au fond de la cour, les Saisons, sont attribuées à Jea7i Goujon. Les 8 autres statues de la cour , les Eléments et des Divinités mythologiques, sont de moindre valeur, les dernières même mauvaises. Au milieu, une belle statue de Lmnia 2CIV, en bronze par Ant. Coyzevox, provenant de l'ancien hôtel de ville.

Mu8€^ Carnavalet, PARIS, Bive dr, S. !20B

le muâét même est publie lee dim. et jeudi deiih. à4h. Uya partout de« étiquettes, et Ton distribue ^atuitement aux viaiteurs «te notice déialUé», par ordre de aaU«fl. Ceux qui aureot peu de temps monteront immédiatement au 1^' étage., par i'eaealier à g. au fond de la de la eonr (v. ei-dessous).

BM«de*ehAiiMée* Ailb d« droite, dont rentrée est sous la voûte de la porte eoehère, les anti^pUté$^ dans 9 petites salles. D^abord des photographies de monuments gallo-romains, des fossiles, des monuments de rftge de pierre. Puis des pierres provenant de construeiions romaines, en particulier des arènes, dans la rue Monge (p. 2ô6). Salles suivantes : meules romaii^es, avec un moulin rétabli pour en montrer Tusage \ sarcophages et fragments de sarcophages, un certain nombre faits de débris de monuments, etc.

SMUMwlf ouvert seulement en été et où Ton descend de Tavant-dernière salle de Tatle dr. : suite des sareophages et, dans un caveau, des moulages de squelettes découverts dans les arènes.

Res-de-ehanaade (suite). Batiukiit psikcipai^, à g. en venant des salles précédentes et en laissant à dr. Tescalier qui est plus particulièrement celui de la sortie, encore des aniiquUés^ dans 4 salles : fragments d'édiftees gallo-romains, cheminée du xvi^ s. *, poteries, verres, bronzes, médailles et autres objets trouvés dans des fouilles, les premiers de répoque galloromaine , les autres de Tépoque mérovingienne et du moyen âge ^ inscriptions funéraires et monumentales. — Suite du rez-de-chaussée, v. p. 204.

1^^ étage» où nous montons par Tescalier au fond de la ifi des salles précédentes ou à g. en arrivant par la 1^ eour, cêU^cUont éUnents^ en

{>artie très intéressantes. Dans l^escalier même, qui est aussi celui de a bibliothèque (p. Sûi), des fac-similé d'anciens plans de Paris, des bustes de Mme de Sévigné et de Jean Goujon, etc. — Au 8. i>u jardik ou en facot 3 SJUles et 3 galeries : vtus de pmris^ estampes et peintures \ des scènes de mœurs comme la Dispute à la fontaine par Jeaurat, à g. dans la 1^*^ galerie; des portraits de prévôts et d'échevins, etc., dans la salle du milieu; le Départ des conscrits de 1807, parBoilly, et TAneien boulevard du Temple, à g. et à dr. dans la 3^ galerie. — Au fok.d du jardin, 4 salles, les deux premières renfermant eneoi« des vues de Paris et un plan en relief des environs de St-Qermain-en-Laye, Marly, ête. Les deux suivantes ont des plafonds et des boiseries d'un ancien hôtel du temps de Louis XIV et contiennent, la première le nécessaire de campagne de Napoléon l'^'', une statuette en bronze du duc de Bordeaux enfant, un tableau votif de 1600, une vieille bannière processionnelle, etc.; la seconde une importante collection de faïences et porcelaines répoluUoHHaii'es. Le plafond de celleci est par Lebrun, TOlympe, des médaillons mythologiques et les Muses. — L'bbcalibr voisin descend au jardin, que nous verrons ensuite. Dans cet escalier so trouvent des enseignes, des plaques de cheminées, une armoire avec des coins numismatiques, le manifeste du duc de Brunswick en 1792, etc. — Au 1^. DU JTARDIK, 3 galcries et une salle avec des souvenirs de V époque révolutionnaire: tableaux, portraits, insignes, décorations, mumismatique, montres décimales, faïences, etc. A remarquer particulièrement: dtms la 1'^ galerie, à g., le Serment 4*^ j«u de Paume, réduction peinte du tableau seulement ébauché par David (p. 136); puis une maquette représentant Voltaire ; dans la salle centrale, le plafond et une curieuse pendule; dans la 3^ galerie, aussi des éventails. — Grands SALLB, en retour dans le bâtiment principal, pièces et olffets authentiques de la Bévolution. Au milieu , un nsodèle de la Bastille taillé dans une pierre de la forteresse. Au plafond, une bannière d*émigration. Côté de rentrée : armoire où est représentée la prise de la Bastille, Constitution des droits de rhçmme, armes, cartes à jouer, reliures. Constitution de 1793f reliée en peau humaine; bustes ,. portraits, médaillons, miniatures, etc. Côté de la sortie : gravures, tentures de fenêtre, coiffures, cocardes, ceinture, gants, fsouliers. Côté de la cheminée: armes, instruments de suppliée, lettres de cachet, tapisseries, boîtes et tabatières. Côté du jardin: armoire à sujets patriotiques, pendule décimale, affiches, ordre de

204 Rive dr, S. PARIS. Place des Vosges.

Louis XVI eommanâ*nt aax Suisses de cesser le feu, le 10 août 1792; épëe d*honneQr de Latour d* Auvergne, sabre du général Augereau, etc. . — DbrvtAkk 8ALLB, «ouveniVs des révolutions de lêSO et 1848: peintures, aquarelles et gouaches, décorations, tasses verres, tabatière à miniature (entrée de Louis XVIII), portrait de Louis Blanc, statuette de Ledru- BoUin, etc. — Escaubk db sostib: suite de la colleetioB précédente; ferrures et guichets de cachots de la Conciergerie, projets d'achèvement du Louvre, etc.

SM-de-ehanatée (suite). Le ja.hi>iv est entouré de constructions qui n'ont pas fait partie de Thôtel Carnavalet. Au milieu à g. , une porte dite rare de Nazareth^ de Tanc. rue de ce nom dans la Cité , avec sculptures par J. Goujon et une belle grille moderne. En face, du côté dr., un pavillon du temps de Louis XIV. Au fond, la façade de la rnaUdin des Drapiers^ du xvii<i s., par J. Bruant. Dans les galeries à dr. et à g., des fragments d^édifices du moyen âge , de la renaissance et des xvii^xviii^ s. Sous le pavillon de dr. , une statue équestre en bas-relief de Henri IV et une voussure, l'une et l'autre provenant de l'ancien hôtel de ville. — Sallbs du ford, souvenirs de Paris. La l'®, à dr., est consacrée au Palais-Royal et contient un modèle en relief de ce palais exécuté en 1843, des peintures, des estampes fort curieuses, des médaillons, etc. Dans la 2®, des débris de l'ancien hôtel de ville, des statues des comtes de Chabrol et de Kambuteau, un fragment de retable du XV i« s. , etc. La 8« contient une collection de charges de nombreuses célébrités du temps de Louis-Philippe, statuettes et bustes en plâtre, par Dantan jeune.

La bibliotiièqne de ht Ville , destinée à remplacer cellequi a été incendiée avec l'hôtel de ville en 1871, compte déjà env. 80000 volumes et 7O000 estampes et plans anciens, relatifs à Thistoire de Paris et de la Bévolution française. Elle oecupe une partie du premier étage de l*hôtel et l'on y monte par l'escalier déjà désigné pour le musée, au fond de la cour. Elle est ouverte tous les jours à ceux qui désirent y travailler, en hiver de 10 h. à 4 h., en été, à partir de Pâques, de 11 h. à 6 h. Vacances de 8 jours à Pâques et du 15 août au 1®' octobre.

La rue des Francs- Bourgeois aboutit un peu plus loin que le musée â la place det Yosgei, l'anc. place Royale (pl.R.26; V). Elle a reçu son nom actuel sous la Révolution , en Thonneur du départ, des Vosges , le premier qui envoya des contributions patriotiques à Paris , et elle Ta déjà perdu et repris deux fois. Le milieu est décoré d'une statue équestre de Louis XI IT, en marbre, par Dupaty et Cortot, remplaçant depuis 1829 une autre statue de ce roi élevée par Richelieu et détruite en 1792. Dans les angles sont des fontaines jaillissantes et tout autour des maisons du commencement du XVII® s., avec des arcades et de hautes toitures.

A l'endroit où est cette place se trouvait la cour de l'anc. palais dex Tournelles^ où eut lieu le fameux tournoi qui coûta la vie à Henri II, en 1566. Catherine de Médicis fit démolir ce palais, et Henri IV fit ériger sur l'emplacement le carré de maisons qui s'y trouve encore. Abstraction faite des cris joyeux des enfants qui s'y livrent à leurs ébats, tout y est ordinairement fort tranquille.

C'est icile centre du 9iMirM«r du Jf«ra<«, habité par des gens paisibles, de petits rentiers ou des fonetionnaires en retraite. On a peine à croire ai^our d'hui que ce fut sons Louis XIII le plus beau quartier de Paris, et que la place était en quelque sorte le Palais-Royal de l'époque.

La rue des Vosges au N.-Ë. de la place, conduit directement au boulevard Beaumarchais (p. 62), près de la Bastille (p. 59).

Place de la Nation, PARIS. Rive dr. S, 205

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