II. Jardin des Flantei
Le ^Jardin dei FUntM ou Muséum d'histoire naturelle, dans la partie E. de la live gauche (pi. 6. et R. 22-25; V)^ réunit presque tout ce qui concerne Thistoire naturelle : plantes et animaux vivants, collections, laboratoire, bibliothèque, etc. Des savants d'une célébrité européenne y ont enseigné et y enseignent toujours. Un amphitheâtre, qui peut contenir environ 1200 auditeurs, y sert à des cours d'histoiie naturelle que tout le monde peut fréquenter.
Projeté dès 1626 , ce jardin fut fondé en 1635 par Ouy de Labrosse, un des premiers botanistes de son temps, et ne fut d'abord en effet qu'un «jardin des plantes». Il fut confié en 1732 à Buffon, qui le transforma complètement et y organisa des collections d'his* toire naturelle. A Buffon succéda Bernardin de 8t-Pierre , qui y transféra, en 1793, les animaux des ménageries royales de Versailles, etc. Le directeur actuel est M. E, Fremy.
Le Jardin des Plantes proprement dit est ouvert toute la journée ; mais il n'en est pas de même de la ménagerie, des galeries, des serres et de la bibliothèque. — La métmgerie est publique tous les jours de 11 h. jusqu'à 4 h. en hiver et jusqu'à 5 h. en été, e.-à-d. du 1^' mars au 31 oet., et même jusqu'à 6 h. le dim., du 1®' avril au l^r septembre. Les galeries des animaux vivants sont publiques le jeudi de 1 h. a 4 h., quand les animaux ne sont pas exposés au dehors, et visibles de même les autres jours sur présentation de billets qu'il faut demander à l'administration (p. 352). — Les galerie* d'histoire naturelle sont ouvertes au public les jeudi et dim. de 11 h. à 3 h. (on peut rester jusqu'à 4 h.) et visibles aussi les mardi, vendr. et sam. avec un billet d'entrée. — La galerie de paléontologie et les serres sont visibles seulement avec un billet, la première le mardi, les secondes les mardi, vendr. et sam., de 1 h. à 4 h. — La b^liothèque est ouverte tous les jours non fériés de 10 h. à 3 h. Vacances en sept, et pendant 15 jours à Pâques. — En somme, ou peut tout voir le mardi avec les billets qui se délivrent sans difficulté aux étrangers à l'administration, chacun valable pour 5 personnes. Le dimanche., la ménagerie et les galeries d'histoire naturelle sont publiques. — En principe, «tout est gratuit dans l'établissement», mais le pourboire peut cependant vous y ouvrir plus d'une porte.
Le Jardin des Plantes (v. le plan ci-joint), qui a plus de 30 hect. de superficie, se divise, par rapport à sa configuration, en partie basse, vallée et partie haute. La 1^® est le Jardin botanique; elle commence à l'entrée principale, place Valhubert, et s'étend jusqu'aux galeries de zoologie, à l'autre extrémité. La 2*, la Vallée Suisse, k dr. de la précédente, est celle où se trouve la ménagerie; elle s'étend jusqu'à la 3® partie, le Labyrinthe, petite colline de 25 m. environ de hauteur, qui forme l'extrémité N.-O. du jardin.
Nous commencerons notre description par la seconde partie, qui est la plus fréquentée ; il sera facile de s'orienter avec le plan.
Il y a à peu près partout des étiquettes, mais c'est surtout ici qu'il est regrettable que les belles choses aient des noms baroques et que souvent on ne mette pas , pour le peuple , le nom vulgaire à côté du nom scientifique.
Xénagerie. — En entrant du côté du quai, on se rendra d'abord aux loges (21) des animaux féroces. Entrée les jours où les animaux ne sont pas exposés, v. ci-dessus. Les enceintes environnantes
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sont occupées par les animaux paisibles, parmi lesquels il y a surtout beaucoup d'antilopes , de cerfs et autres animaux de ce genre. Un peu au delà des animaux féroces, à dr., le palais des Binges, toujours entouré de monde, lorsqu'ils sont dehors. — Puis encore beaucoup d'animaux paisibles et plus loin , à g., la rotonde des grands animaux: éléphant, hippopotame, chameaux, rhinocéros, etc. Les curieux ne manquent pas non plus à cet endroit , et l'appétit de l'éléphant lasse toujours la générosité de ses admirateurs. — La foule se porte encore vers \t^ fosse aux ours, à quelques pas de là, du côté du jardin botanique. — Derrière la rotonde, la grande volière; plus loin au N., les cages des oiseaux de proie, une jolie faisanderie, le pavillon des reptiles, qui mérite particulièrement une visite, et, à côté, le hasHn des crocodiles. ~ En allant de la vers le S., on voit les autres oiseaux, on passe à dr. à la galerie d'anatomie (v. ci-dessous) et à g. au bassin de Votarie ou lio7i de mer, qu'il est curieux de voir manger (à 3 h.). Il a maintenant pour compagnon un jeune phoque. — Derrière est V orangerie, visible seulement avec un billet , commes les autres serres (v. p. 251). Puis vient Vamphithéâtre, à dr. duquel est la modeste maison de Cuvier, et plus loin V administration, où se délivrent les billets pour la ménagerie, les galeries, etc., les jours où elles ne sont pas publiques (v. p. 251).
Le Labyrinthe ou la petite colline dans l'angle N.-O. du jardin est planté de haies taillées avec soin , entre lesquelles s'entrelacent et se croisent des sentiers. Cette colline, qui s'est peu à peu formée des immondices du quartier voisin , est surmontée d'nn petit pavillon en bronze, dit la Gloriette, d'où l'on a une vue assez étendue. Sur le versant de la colline , du côté de la ménagerie , un superbe cidre du Liban (pi. 4), le premier qui ait été planté en France, en 1735, par Bern. de Jussieu. Plus haut, une colonne de granit tronquée (pi. 5), le tombeau de Daubenton (m. 1799), célèbre naturaliste et ancien directeur du Jardin des Plantes.
Dans Tangle derrière le Labyrinthe se trouve une porte donnant sur la rue Linné. Là s'élève la /ontotue Cuvier^ eonstruite en 1840, sur les dessins de Vigoureux. Son principal ornement est une statue de la Nature assise sur un lion.
De l'autre côté du Labyrinthe, les serres tempérées et les serres chaudes, tellement remplies qu'il n'est pas possible de les ouvrir au public (v. p. 251).
Galeries. -— Les galeries d'histoire naturelle du Jardin des Plantes de Paris sont les plus riches qui existent ; mais certaines parties attendent encore une meilleure installation. Entrées, v. p. 251.
- 0ALEBIES d'anatomie GOMPABÉE, d'aNTHBOPOLOOIE ET DE PALÉ-
OMTOLooiE, à dr. en venant de la ménagerie, un peu avant l'amphithéâtre. — La galerie d'anatomie comparée, fondée par Cuvier, occupe 13 salles, 3 au rez-de-chaussée et 11 petites au l^*^" étage.
Rez-de-chaussée. A l'entrée , le corps d'une baleine avec tous ses fanons. 1'® et 2® salles à dr., squelettes de grands poissons et
Jardin deè Plantes. PARIS. Kive g, IL 253
d'amphibies. L'autre salle, du côté oppose, par où Ton sort, est consacrée aux squelettes des grands quadrupèdes. — Les 11 salles du 1^' étage (tourner a g. dans la 2^) contiennent des squelettes et des préparations anatomiques de toute sorte, dans de l'esprit de vin ou en cire. Escalier à l'extrémité, v. ci-dessous.
La galerie d'anthropologie remplit le reste du premier étage, composé de 13 salles. On y voit une collection ethnologique où toutes les variétés de l'espèce humaine sont représentées par des spécimens fort curieux: squelettes, crânes, moulages, portraits, bustes, etc. , même des momies et des fossiles. La dernière salle communique par un corridor avec la 2^ de l'autre côté du 1^' étage, qu'il faut retraverser jusqu'à la 11® salle, pour descendre à g. à la i^alle du rez-de-chaussée où est la sortie.
Dans la cour qu'entourent les bâtiinents où sont ces deux galeries, la galerie depcde'ontologie, qui comprend surtout des squelettes de grands animaux fossiles tels que : mégathérium , éléphant méridional (gigantesque), dinornis, glyptodon, cerfs d'Irlande, tortues colossales, mastodon, ours des cavernes, etc. Le «palfeotherium magnum», au mur à la sortie, est le seul qu'on possède.
♦Galeeies de zoologie, depuis 1889 dans le nouveau bâtiment au fond du Jardin botanique, un palais dont la façade est décorée d'une statue de la Science en haut relief et de médaillons de savants naturalistes. On y entre du côté droit. Le rez-de-chaussée comprend une galerie sur le devant et un hall central de 55 m. de long sur 26 de large, avec des bas côtés de 8 m. de large qui en font le tour. Des escaliers à chaque extrémité de la galerie du côté de la façade donnent accès à deux étages au-dessus de cette galerie et des bas côtés du hall.
Kes-da-cha«aaée, mammifèreê^ reptiles et poisions. — l'e galerie, à g. de rentrée: dans la première vitrine du milieu, dans celles de dr. et une partie de celles de g. , une très riche collection de quadrumanes , depuis le gorille, le chimpanzé et l'orang-outang, jusqu''aux plus petits singes-, dans les vitrines sniv., des eamassiers^ lions, tigres, léopards, panthères, quantité d'autres félins, etc.
Hall ce)«tral, grands mammifhres: girafes, éléphants, hippopotames, rhinocéros, chameaux, bœufs, etc. ; squelettes d'énormes cétacés. — Pour- TOUR. Moitié du côté du jardin et petites salles aux extrémités, mammifères^ de tous genres, les plus remarquables dans les vitrines du milieu. Moitié du côté oppose, poissons^ collection également très comj^lète, les poissons desséchés dans les vitrines du milieu, les préparations a Talcool dans celles qui sont le long des murs.
I^' Ataf»! où nous montons par l'escalier au bout de la V^*^ galerie, au bas duquel se trouve une statue en bronze par Frémiet, TAge de la pierre: oiseaux^ reptiles^ batraciens^ mollusques et zoophytes. — Galerie du côté du jardin, les plus beaux *oiseavx de la collection qui est très riche. Au milieu, d'abord les plus petits et les plus admirables pour le plumage, oiseaux-mouches, paradisiers, superbes, sifflets, épimaques, hausse-cols, magnifiques, manucodes, perruches, etc. ^ puis des oiseaux de proie. Sur les côtés, les grimpeurs (perroquets, etc.) et encore des oiseaux de proie, des oiseaux nocturnes. — Pourtour du hall. Du côté de la galerie précédente, suite des oiseaux: palmipèdes, éehassiers, gallinacés. Galerie transversale du côté des serres : encore des mammifères et une collection d'oiseaux d'Europe donnée au musée, que des étiquettes en langue vul-
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gaire rendent plu« instruetive; collection de nidi tFoifeaux. Autre galerie longitudinale : reptUet ou tortues, crocodiles, serpents, etc. ; amphibies batraciens. Tont autour du côte du hall : moUusquet (coquillages) Bteoaphviet.
QP éimft non encore organisé: inêecUi^ ertutaeés, etc.; moUtuque» conservés dans Talcool.
S® étags, seulement du côté du jardin, curieuse collection de nidscTinsecteSy tels Ojue guêpes, frelons, myrapetra^ araignées, termites, et des spécimens de dégâts des insectes sur les végétaux, dans le bois, dans les livres et même dans les métaux ; cocons de vers à soie \ ruches ; beaux spécimens de crustacés, crabes, langoustes, homards, araignées mygales, limules et squilles.
Galerie de oeolooie et de minéralogie , dans le long bâtiment à côté des galeries de zoologie, où sont aussi celle de botanique et la bibliothèque. — Le vestibule contient la collection du célèbre minéralogiste Hauy (1743-1822), qui lui coûta 40 ans de travaux. Aux murs de cette pièce et des extrémités de la galerie voisine, des peintures par Biard, représentant des scènes des régions arctiques, des phénomènes et des curiosités de la nature.
La galerie, à g., a 100 m. de long et est divisée en trois parties dans le sens de la longueur, les parties latérales plus élevées que celle du milieu. — La géologie y a 4 collections différentes : collection systématique des terrains, dans les vitrines du milieu ; collection spécifique des roches et collection paléontologique ou des fossiles, dans celles des couloirs sur les côtés; collection géographique, dans les tiroirs. — La minéralogie est répartie autour de la galerie. Elle est classée de façon à permettre Tétude de la composition des minéraux et des usages qu'on en peut faire. Au commencement à dr. et plus loin, des collections de pierres précieuses. — Au milieu, des statues de Cuvier, par David d'Angers, et de Hauy, par Brion. Là aussi une collection de météorites, la plus importante qui existe, Tun d'eux, à g., pesant 780 kilos, et d'autres curiosités.
Galerie de eoTAiciauE, à la suite de la précédente, d'où l'on y entre. Une partie seulement des collections est publique. Le vestibule est décoré d'une statue d'A. de Jussieu, par Legendre-Uéral, et contient de curieux spécimens de plantes exotiques: dattier, palmiers, bambous, canne à sucre, fougères arborescentes, etc.
La galerie comprend surtout des collections de fruits conservés ou imités, de fruits exotiques modelés par Robillard d'Angelle ; des Imitations de toutes sortes de champignons, chefs-d'œuvre de Pinson , et une collection de végétaux fossile, dans les vitrines sur les côtés. — Il y a à l'étage supérieur des salles contenant les herbiers ; elles ne sont ouvertes que pour l'étude. La collection s'est enrichie depuis 1885 de l'herbier de Lamarck, racheté à l'université deRostock.
La BiBLioTHÈavE occupe encore une partie du même b&timent, la plus rapprochée des galeries de zoologie. Elle compte env. 80000 volumes et elle comprend en outre une précieuse collection de manuscrits, de dessins et notamment de peintures sur vélin, représentant des fleurs et des fruits.
Jardin botanique. — De belles allées d'arbres divisent ce jardin en parterres réguliers. Il n'est pas inutile de rappeler , au-
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joard'hui où Ton passe à côté avec indifférence , que la plupart des arbres qui font l'ornement de nos promenades, les marronniers, les acacias, les platanes, les polownias , etc., ont été introduits et naturalisés dans nos pays par le Jardin des Plantes, et c'est encore le cas pour un plus grand nombre de plantes et de fleurs. Du côté de la ménagerie se trouve V Ecole de botanique^ maintenant ouverte tous les jours, excepté les dim. et fêtes, de 6 h. à 11 h. du matin et de 1 h. à 6 h. du soir. Des étiquettes de couleurs y désignent les différents genres: rouges, les plantes en usage en médecine; vertes, les plantes alimentaires; bleues, les plantes employées dans les arts; jaunes, les plantes d'ornement; noires, les plantes vénéneuses. A l'extrémité , près du quai , sont les plantes aquatiques. Puis , en remontant le jardin, comme l'indique notre plan: les plantes alimentaires et indtistrielles , les plantes médicinales, un parterre de fieurs , dans un ancien bassin ; les plantes annuelles et les plantes vivotes d'ornement» Devant les galeries botanique et de minéralogie, des plantes indigènes (fieurs de parterre). Le jardin a une dépendance , ses pépinières, derrière les mêmes galeries, de l'autre côté de la rue de Buffon. Ensuite, dans le jardin même, V Ecole des arbrisseaux d'ornement, où se voit, près des galeries, le premier acacia introduit en France par Robin («robinia pseudacacia») , en 1600, et planté ici en 1636. Plus loin, V Ecole des poiriers ou des arbres à pépins, V Ecole des arbres à noyau de plein vent, etc.
Aa X. du jardin se trouve la halle aux pins; à TO., ou derrière le iardin, Vftâpital de la Pitié (709 lits) et la maison d" arrêt de 8tè-Pélagie.
ni. Du Jardin dei Plantes aux Gobelins.
Les Gobelins sont à env. 1500 m. au S. de la place Valhubert (tramways, v. l'appendice). Nous prenons d'abord pour nous y rendre , entre le jardin et la gare d'Orléans (p. 18) , le boul. de l'Hôpital, ainsi nommé du vaste hôpital de la Salpêtrière , qui s'y trouve un peu plus haut à g. Commencée par Louis XIII pour servir d'arsenal , la Salpêtrière fut transformée plus tard en bospice de la vieillesse pour les femmes âgées ou folles. Il y a 45 corps de bâtiment, comptant 4682 fenêtres. Les heures de visite sont de midi '/s à 4 h. les dimanche et jeudi. Sur le devant, la statue du docteur Pinel (1745-1826), le bienfaiteur des aliénés, bronze par Lud. Durand. Dans le grand amphithéâtre des cours se voit un beau tableau de Robert- Fleury, le Docteur Pinel délivrant des folles des instruments de torture avec lesquels on les martyrisait.
Le boul. St-Marcel, qui commence à dr. à la place de l'Hôpital et passe au marché aux chevaux, nous mène ensuite à l'avenue des Oobelins, où se trouve la manufacture, un peu plus haut à dr., n^ 42.
Nota. Pour se rendre directement aux Gobelini, il y a les omnibus de la gare du Kord au boul. St-Marcel (iQ, de la place de la République àMontsouris (U) et des halles à la porte d'Ivry (TQ)^ ainsi que les tramways du square Gluny à Vitry et de Montparnasse à la Bastille.
Les Oobelini (pi. G. 23) sont la manufacture de l'Etat où se font
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les fameuses tapisseries de ce nom. On y voit de plus une intéressante collection de leurs anciens produits. Les bâtiments n*ont absolument rien de remarquable. La manufacture et son musée sont publics les mercr. et sam. de 1 h. à 3 h.
La fondation de eette manufacture est due à Jean Oobelin^ qui établit en 1460 une teinturerie sur les bords de la Bièvre^ la petite rivière qui traverse ce quartier et aboutit dans un égout collecteur derrière le Jardin des Plantes. 8on successeur joignit à la teinturerie nne manufacture de tapisseries , qui acquit une telle réputation que Golbert Tacheta en 1662 et continua la fabrication pour le compte du gouvernement. On a encore rehaussé la valeur des tapisseries en ne les faisant pas entrer dans le commerce, en ne les employant qu'à décorer les habitations des chefs de rstat et des édifices publies et comme cadeaux pour les souverain» étrangers, de grands personnages, des ambassadeurs, etc. On a de plus réuni aux Gobelins, en 1826, la manufacture de tapis de la Savonneriey fondée par Marie de Médicis en 1604, dans une ancienne savonnerie.
Le métier à tisser des Gobelins ressemble fort au métier ordinaire. La petite partie du tableau dont l'artiste s'occupe pour le moment est dessinée au crayon noir sur la trame. L'original est placé derrière lui , et lui - même est derrière la trame , c'est-à-dire qu'il n'a devant lui que l'envers de la tapisserie. Ce qui constitue la principale difficulté de ce travail si délicat , c'est le choix des nuances dans les laines qui remplissent sa corbeille , chaque teinte se composant de 24 tons qui diffèrent fort peu l'un de l'autre. Un coup d'œil exercé et une patience à toute épreuve sont les principales qualités nécessaires a ces artistes , dont les plus adroits font au plus 30 à 35 centim. carrés de tapisserie par jour. L'exécution d'un tableau d'une certaine dimension exige cinq et même dix années , de sorte qu'on ne doit pas s'étonner d'en voir estimés de 50000 à 150000 fr. Ce n'est généralement qu'une copie de tableau connu , mais néanmoins un chef-d'œuvre , qui peut se comparer à une bonne traduction. Les personnes qui n'auront encore vu que de vieilles tapisseries des Gobelins, toutes passées et froncées, seront étonnées de la vivacité et de l'habile dégradation des couleurs dans celles qu'elles verront sur les métiers, tableaux charmants où l'œil n'est pas même contrarié par le brillant du vernis. On n'emploie plus guère que la laine à leur confection, ses couleurs étant les plus solides ; on se sert seulement de soie dans les fleurs et les fruits, et pour rendre le brillant des métaux. — Les tapis dits de la Savonnerie diffèrent surtout des précédents en ce que le tissu est velouté ou formé d'une suite de points de laine noués et coupés l'un après l'autre. Les artistes qui les font sont assis devant leur modèle et leur travail.
La visite commence par le musée, à g. de l'entrée. Le catalogue est inutile ; il y a des inscriptions.
Xnsée. — I'® salle. De dr. à g. : le Sacrifice d'Abraham , modèle de Sim. Vouet; Arthémise et le triomphe d'Apollon, de Lerambert; les Joueurs de tiquet, pièce de la tenture de Gombaut et Macé, du xvii^s.; Danse de nymphes , de Raphaël ; l'Automne , de Lebrun ; Louis XIV, de Rigaud ; .T.-B. Colbert, de P. Le/ebvre; l'Air, Junon, de Cl. Audran; Ch. Lebrun, de Rigaud; Bacehus, Saturne, de Cl. Audran; le Repas de Syphax, de J. Ro-
Oohelins. PARIS. Rive g. il. 267
tnain; le Hariage d'Alexandre et de Gampaspe, de Raphaël; le Triomphe de Pallas, de N, Coyptl; Louis iXIV visitant les Oobelins, de Lebrun; le Passage du Ponte Molle, de Raphaël; Elie montant au ciel, de Sim. Vouet.
UP SALLB. A dr., les Flamands demandant la paix à Glovis, tenture de Bruxelles, du xvii® s. A g., le Limier, ô:Oudrp. — Dans le fond , les Taureaux et Combat d'animaux, de /V*. Deipottu.
III® SAiiLB, à g. de la précéaente, tapisseries des xvi^-xviii^ s., de diverses origines: à dr., le Sanglier de Calydon*, fragments de tapisseries égyptiennes de fabrication copte, des vi^-xii® s., les plus anciens que Ton possède ; ridole, du xt® s. ; Louis XI faisant lever le siège de Ddle (1477), tapisserie de Bruges; suite des tapisseries égyptiennes; le Miracle du Landit, du xv® s. -, la Salutation Angélique, le Christ mort et TAdoration des mages, des Flandres (xv® et xvi® s.) ; au-dessus du Christ et au milieu
de la salle, de magnifloues tapis persans anciens t à l'autre mur, 4 vielles dsseries flamandes d'après Raphaël -, la Mort de Joab, d'il, du Cerceau. IV® SALLE, à la suite de la 11^ : Flore, de l'école de Fontainebleau (?),
du xvi® s. ; le Concert, tapisserie française du commencement du xvi® s. ; Cybèle, aussi de l'école de Fontainebleau (?).
Ateliere. — Les 2 ateliers où Ton passe de la IV® salle sont ceux où se font les tapisseries. Celles qu'on y voit ne sont naturellement pas toujours les mêmes. Dans le 1®', les Lettres, les Sciences et les Arts pendant le moyen âge grande composition destinée à la Bibliothèaue Nationale, d'après Fr. Ehrmann. Plus loin, des panneaux d'après Qallandy pour le palais de l'Blysée. A l'extrémité. Juin, d'après une tapisserie du xvx® s. — 2® atelier: dans l'escalier, Junon, portière d'après Audran; sur les métiers, la Cérémonie, modèle de Jos. Blanc, pour l'Odéon *, le Manuscrit et l'Imprimerie d'.abrmai»i», pour la Bibliothèque Nationale, la Pharmacie et la Médecine, de Oalland; le Printemps, de Baudry; l'Air, à^ Audran; la Tapisserie, de Merton.
On suit plus loin un corridor garni des tapisseries anciennes, en particulier la Marchande de légumes et la Marchande de poissons, et l'on descend un escalier pour passer dans un autre bâtiment où se trouvent encore une salle d'exposition et l'atelier de la Savonnerie.
La SALi/B d'bxpcmitioh, à^., renferme surtout des tapisseries modernes qui n'y sont que provisoirement : l'Amour, modèle à&Raphail; St Jérôme, du Cwrrège; Adieux de Vénus à Cérès et à Junon, de Raphaël; Kymphe et Satyre, de /. Lefkvre; le Christ au tombeau, de Champaiçne; le Printemps et l'Eté, de Baudry; la Lice et sa compagne, d'Ondry; le Toucher, de Baudry; la Musique guerrière et la Musique champêtre, de CAorcKn; tapisseries japonaise et chinoises, etc.;— Don Quichotte, de Ch. Ccffiel; Vénus et Vulcain, Aminthe et Sylvie, de Boucher; Gérés, d* Audran; Evanouissement d'Esther, de de Troy; Baeehus, à'Audra».
Dans I'atblibs db i^ Savoiimbbix, de l'autre côté, se voient des tapis en cours d'exécution destinés à la Bibliothèque Nationale.
On ressort par une cour à g., où est I'akcismiib ohapbllb, qui contient encore des tapisseries d'après Raphaël: de dr. à. g.. Bataille de Constantin (mise en portière). Messe de Bolsène, Martyre de St Etienne, Elymas frappé de cécité, Héliodore chassé du temple, St Paul devant l'Aréopage. (3opies de mosaïques. Tombeaux chrétiens en mosaïque provenani de Tunisie, des v® et vi® s.
L'avenue des <jK)beUns aboutit plus haut à la place d'Italie (pi. Q. 2S). Au milieu de cette place, un bauin avee un beau jet d'eau; au N., la mairie du XlIP arrandisMemtniy bâtie de 1867 à 1677, avee un joli campanile. Il y a dans la salle des mariages des tableaux par D. Boulanger.
I9ry (21076 hab.), Bieitre, Viiry (6122 hab.) et Villejuif (3163 hab.), que desservent les tramways passant à la place d'Italie, n'ont à peu près rien d'intéressant pour les étrangers.
Le boul. Arago , qui fait suite au boul. St-Mareel (p. 256) , passe à Vhôpital de Xdtfreme, pais à la prison de la Santé ^ et aboutit à la place Denfért-Bochereau (p. 374). — De l'avenue des Gobelins part aussi, à côté
Bœdeker. Paris. 10® édit. 17
258 Rive g. 12. PARIS. Font, de Grenelle,
du boul. Arago, le boul. de Port-Royal, qui mène au carrefour de TObservatoire (p. 272) , en passant près du Val-de-Grâee (p. 272) et à la Maternité.
Au bas de l'avenue des Gobelins s'élève St-Me'dard (pi. G-. 22), église des xv^-xvi® s., dont le cimetière , remplacé par un square, fut fameux au xyni" s. par les pèlerinages qui s'y faisaient au tombeau de l'abbé Paris , diacre janséniste auquel ses partisans (convulsionnaires) attribuaient des miracles.
La rue Monge, derrière l'église, va au boul. St-6ermain (tramw.), en passant k la place Mange, où est la statue de Louh Blanc (1811-1882), l'historien , bronze par Delhomme, et près de ruines peu considérables des arènes de Lutèce, dans un terrain vague clos d'un barrage, à dr. au coin de la rue de Navarre.