I. Doi TnileriM wx Invalidei
Chambre des députés. Ste-Olotilde.
Nous passons sur la rive g. par le vieux Pant^Royal, en face du pavillon de Flore (sculptures, v. p. 135). De l'autre côté commence la rue du Bac , qui traverse le faubourg St-Oermain , le quartier aristocratique. Il n'y a guère , dans les rues transversales , que des hôtels particuliers , et elles sont toujours très calmes , presque désertes en été et les dimanches et fêtes. Là aussi sont plusieurs ministères et ambassades, etc.
A g. de la rue du Bac, près du boul. St-Oermain, est St-Thomaad'Aqnin (pi. E. 17; IV), église construite de 1682 à 1740, mais dont le portail n'a été achevé qu'en 1787. Il y a à la façade de beaux bas-reliefs modernes: St Thomas d^Aquin, par Vilain^ et St Dominique, par Oru^irê. A l'intérieur, des fresques de BUmdel^ un plafond de Lemoine^ la Transfiguration ; une Descente de croix par OwUlemoi , un St Thomas-d'Aquin apaisant une tempête , par Ary Sch^er , et un Christ au jardin des Oliviers, par R, BerUn.
La rue du Bac est traversée après le boulevard par la rue de Grenelle, dans laquelle on voit près de là , en tournant à g. , la belle fontaine de Orenelle (pi. B. 17; IV) , construite en 1738 sur les dessins de Bouehardon. Elle se compose d'une décoration d'architecture en hémicycle, de 29 m. de diamètre et près de 12 m. d'élévation. Au milieu, un petit portique, devant lequel est un groupe de marbre blanc, la Ville de Paris avec la Seine et la Marne. Sur les côtés, des pilastres doriques encadrant quatre niches, avec les statues des Saisons et des bas-reliefs analogues, aussi par Bouehardon.
Dans le haut de la rue du Bac, les Xiaaiona-Xtranfèrea (pl.B.16; /K), un séminaire. On y volt, en le demandant, la chambre dei Martyre^ qui renferme des instruments ayant servi au martyre de nombreux missionnaires et chrétiens, des vêtements teints de leur sang, etc.
Plus loin, les vastes magasins du Bon-Marché (p. 30) et le »quare des Menaces, ainsi nommé parce qu'il a remplacé l'ancien hospice de ce nom : on y voit un groupe de marbre par Matnurin Moreau, le Sommeil.
Chambre des députes. PARIS. Rive g. 12. 259
A côté, au Xi? 63 de la rue de Sèvres, la maison principale des jésuites. Dana la eour s^élère Véglise du Jésu», bel édifiée gotli. eonstruit en 1866-68, «ur les plans du P. Tintmesac^ dans le style du xiii^ s. Elle est maintenant fermée. Les chapelles sont déeorées de fresques représentant des «aints de la Compagnie de Jésus, et Tune d^elles renferme un monument «n mémoire des jésuites mis à mort par les eonununards en 1871.
La rue da Bac , la rue de Lille , la première qui la traverse , et le quai voisin, le quai d'Orsay , ont souffert considérablement sous U Commune. Il y a eu jusqu'à 34 maisons et édifices publics in- «endiés. Le jxUais du Quai d'Orsay, qui est toujours en ruine, avait été construit de 1810 à 1835 et affecté successivement à divers usages. Il était occupé en dernier lieu par le conseil d'Ëtat et la cour des Comptes. C'était un vaste palais dans le style classique. Le palais de la Légion d'honneur (pi. R. 17; //), un peu plus loin, a été bâti en 1786 par le prince de Salm-Kyrbourg, et il a une certaine importance historique, comme ayant été le centre des réunions de Mme de Staël sous le Directoire.
A côté, le pont de Solferino, construit en 1858-59. La grosse tour basse à g., au bout de la rue de Solferino , fait partie du Ministère de la guerre y sur le boul. St-Germain.
La Chambre de« députés, dite aussi palais du Corps législatif ou palais Bourbon (pi. R. 14 ; //), s'élève plus loin entre le quai et la rue de l'Université , à l'extrémité du boul. St-Germaln (p. 220) et vis-à-vis de la place et du pont de la Concorde (p. 70-72), où elle fait pendant à la Madeleine (p. 69). Ce palais fût commencé en 1722 par la duchesse veuve de Bourbon, sur les plans de Girardini. Le prince de Condé y dépensa pour sa part 20 millions , jusqu'en 1789. Devenu propriété nationale en 1790 , il fut d'abord affecté à divers usages , puis transformé pour servir aux séances du conseil des Cinq-Cents et plus tard du Corps législatif et de la Chambre des députés, dont le nombre est de 574.
La façade primitive est du côté opposé à la Seine. Celle qui donne sur le fleuve, construite de 1804 à 1807, par Poyet, est dans le style d'un temple grec, avec un péristyle corinthien de 12 colonnes , précédé d'un perron que décorent les statues de Thémis et de Minerve , de d'Aguesseau , Colbert , l'Hôpital et Sully. De chaque côté sont des bas-reliefs de Rude et de Pradier, et au-dessus de la colonnade un fronton par Cortot, la France tenant la Constitution, entre la Liberté et l'Ordre public , le Commerce , l'Agriculture , la Paix , etc. La place qui précède l'autre façade est décorée d'une statue en marbre de la Loi , par Feuchlres (1855).
Lorsque la Chambre est réunie , le public ne peut voir que la . salle des séances , pendant les délibérations , avec une carte d'entrée qu'on obtient par l'entremise d'un député ou en s'adressant par écrit au secrétaire de la questure. En dehors de la session, au contraire , on peut visiter le palais tous les jours. L'entrée du public -est par le petit bâtiment à dr. du grand escalier, du côté du quai. On est conduit par un employé (pourb.). — Dans la saille des Pas-
260 Bivtg.l2, PARIS. Ste-aotÙde.
Pebdus , un plafond par H, Vernet^ la Paix , etc. — La salle de» SÉANCTES forme un hémicycle avec 2Ô colonnes de marbre , derrière^ lesquelles sont les tribunes publiques. Au-dessus du bureau est provisoirement une tapisserie des Gobelins, la reproduction de l'Ecole d'Athènes de Raphaël. Sur les côtés, les statues de la Liberté et de l'Ordre public, par Pradier, — Saixb des Confé- BENOES: plafond par Heim, Histoire de la législation en France; le Président M. Holé arrêté par les factieux pendant la Fronde, tableau par Vincent^ Ouverture des Etats-Généraux par Philippe le Bel, par Vinekon^ le ^Dévouement des bourgeois de Calais, par Ary Scheffer. 7- Bibliothèqitb: plafonds par Etig. Delacroix* — Salle des DiSTBisimoKfi : grisailles par Ah. de Pujol. — Salle CASiifm-PÉBiEB: statues de Mirabeau et de Bailly, par Jaley; de Périer, par Durtt; du général Foy, par Despres. Bas*relief par Triqueti. — Salle du Tbônb: la Justice, la Guerre, l'Industrie, l'Agriculture, les Mers et les Fleuves -dé France, par Eug. Ddacroix.
A côté du palais est Vhôtd de la Présidence de la Œambre, Plus loin sur le quai, le Ministère des affaires étrangères, bel hôtel construit en 1845. La façade est décorée de colonnes doriques et ioniques superposées , de balustrades à chaque étage et au sommet , de médaillons représentant les armes des principales puissances, etc. Ensuite vient V esplanade des Invalides, mentionnée p. 261. Nous revenons sur nos pas et nous prenons à g. de la Chambre des députés. La rue St-Dominique, un peu plus loin, nous conduit à g. à
*Ste-CSlotilde (pLR. 14; /F), une des belles égUses modernes de Paris , dans le style ogival du xnr® s. Elle a été commencée par Oau en 1846 et achevée par BaUu en 18Ô9. La façade présente trois portails, richement décorés de sculptures, avec frontons aigus, et deux tours à flèches un peu maigres , qui s'élèvent à 66 m.
L'inT^RiBUR est divisé en trois nefs, avee déambulatoire et transept, mais sans portails latéraux. Toutes les fenêtres sont garnies de splendides vitraux, par Maréchal^ ùalimard^ Jourdy^ Thibaut ^ Amaury-Duvaly Littsan et Sesse. Les eoUatéraux n'ont que deux petites ehap. sombres de chaque côté de l'entrée, ornées de peintures par H. Dtlàborâe (inscriptions). Sous les fenêtres de ces collatéraux et au transept se voient des bas-reliefs formant un chemin de la croix, par Dur et et Pradier. — La chap. du bras dr. du transept, dédiée à Ste Valère, a de grandes peintures par Lenepveu, On remarquera ensuite la clôture du chœur, décorée de quatre bas -reliefs par OuiUautne^ les deux du côté dr. représentant aussi Bte Valère , ceux du côté g. Ste Glotilde. — Il y a également des peintures murales dans les chapelles de l'abside, par fiU et Lœmiei» (à dr. ; St Bemi), Betard (St Joseph), Xenepveu Ga Vierge), BrUsei (Ste Croix) et Bouguereau (St Louis), et dans le bras g. du transept, deux grandes compositions par Laugie^ Ste Glotilde secourant les pauvres et le Baptême de Glovis. — Les stalles et le mi^tre autel, orné de pierreries et de verres niellés, dans le style du moyen âge, méritent aussi de fixer l'attention. — Ste-Glotilde a un grand orgue de Oavaillé-CoU et un orgue électrique en quatre parties dans le chœur, par Merklin.
Le square qui précède Ste^Clotilde est décoré d'un beau groupe en marbre, par Delaplanche, l'Education maternelle.
La rue de Grenelle, derrière Ste-Clotilde, nous conduit mainte* nant à dr. aux Invalides.
mt€l d€9 Invalides. PARIS. Bivc g. 19. 261
U. BJbM des InyaUdM.
■osée d'artOlerie. Xflite des InTaUdei. Tombeau d« Napoléon I®'.
L'hôtel des Invalides est ouvert au public tous les jours , de midi à 4 b. — Le tntuée d^wrtiUerie qui s'y trouve est visible, mais les ehambres, les cuisines et les réfectoires ne sont pas publics. Les mardi, jeudi et dim. seulement de midi à 3 h. du 1^^ nov. au 31 janv. et 4 h. le reste de Tannée; le tombeau de Napoléon I^^^ les lundi, mardi, jeudi et vendredi de midi à 3 h. — Pour se rendre direetement aux Invalides , il y a les -omnibus de la porte St-Martin à Grenelle (Y) et de la place de la République à rSeole Militaire iAD)^ plus, jusqu'à un certain point, ceux qui passent à la place de la Concorde, les tramways des deux rives de la «eine et les bateaux-omnibus.
L'hôtel dei InyaUdea (pi. R. 14 ; IV), dont le dôme doré se voit 4e loin , fut fondé par Louis XIY et construit de 1671 à 1675 par Libéral Bruant et J, • H, Maïuart. Il occupe une superficie de 126 985 m. carrés et il pouvait loger 5000 pensionnaires, mais leur nombre diminuant toujours, parce que les invalides préfèrent vivre indépendants avec leur pension , diverses parties ont été affectées à d^autres usages, et il n'y en a plus maintenant qu'env. 400. Il a ^té question d'en faire le siège du gouvernement de Paris.
Entre l'kdtel des Invalides et la Seine s'étend une belle place, l'esplanade des Invalides , bordée de plusieurs allées d'arbres , qui A près de 500 m. de long et 250 de large. Là était en 1889 une des parties les plus intéressantes de l'exposition universelle , consacrée ■aux colonies françaises, à l'exposition du ministère de la guerre, etc. On doit y reporter la gare qui est actuellement au Champ-de-Mars et construire un nouveau pont dans Taxe de la rue de Constantine.
Une grille sépare la place de la cour extérieure de l'hôtel, transformée en jardin et entourée de fossés maçonnés. Une batterie triomphale est établie derrière ces fossés; ce sont les célèbres «canons des Invalides», qu'on tire pour annoncer les événements importants.
n y a 8 canons montés de chaque côté, plus un obusler, et 11 pièces non montées, dont 8 eanons algériens avec inscriptions arabes, un canon «ochinchinois d'un côté et un chinois de l'autre. Ceux de la batterie «ont, à dr. en se tournant du côté de la Seine : deux eanons autrichiens, l'un fondu à Vienne en 1681, l'autre en 1580; ensuite quatre canons prussiens, fondas à Berlin en 1706, pris dans cette ville par les Antriehlens durant la guerre de Sept- Ans, et rapportés de Vienne par Vapoléon I®', après la bataille d'Austerlitz, avec 2333 autres canons: une pièce hollan- -daise prise dans la citadelle d'Anvers en 1832; une pièce russe de Sébastopol et un mortier algérien. ^ Du côté gancbe: un *pierrier wurtembergeois , chef-d'œuvre de fonderie , d'une élégance parfaite , cannelé en hélice et décoré d'un serpent et de statuettes allégoriques; un canon vénitien de 1706; quatre canons prussiens et une pièce hollandaise, une pièce russe et un mortier algérien, eomme de l'autre eôté.
Dans le jardin, la statue du Prince Eugène, bronze par Dumont.
La façade du palais , surmontée de trophées en pierre , a trois •étages et près de 200 m. de long. A l'entrée, une statue bas-relief de Louis XIV, et de chaque côté, des statues de Mars et de Minerve, en bronze , par Chust&u jeune. Aux pavillons des angles , quatre groupes de bronze par Desjardinsy représentant des peuples vaincus, de l'anc. monument de Louis XIV, place des Victoires.
262 Rive g. 12, PARIS. Mu$^e d'artilleHe.
On peut circuler librement dans Thôtel quand il est ouvert aux visiteurs (y. p. 261). Des ëcriteaux indiquent les parties dont Tentrée n'est pas permise. Les pourboires sont interdits.
La cour d* honneur est entourée d'arcades , en partie décorée» de peintures plus que médiocres par B. Masson , représentant des scènes de l'histoire de France sous Cbarlemagne, St Louis, LouisXIV et Napoléon 1*^. En face de l'entrée est l'église (p. 264) ; à dr., le^ musée d'artillerie (v. ci-dessous) ; à g., les réfectoires et les cuisines ;. derrière, au premier, la bibliothèque et la salle du conseil, etc.
Les salles du rez-de-chaussée, tant les réfectoires que les sallesparallèles du musée,8ont décorées de peintures allégoriqiie8,qui se rapportent pour la plupart aux campagnes de Louis XIY dans les Pays- Bas (1672). Elles sont surtout de Martin, élève de van der Meulen.
La bibliothèqut, au premier, du eôté N., se compose d'eny. 30000 voK et de quelques manuse. de Sully et de Colbert; elle n'est pas publique.
A côté, la ialle des Maréchaux et la salle du Conseil^ renfermant des souvenirs de Xapoléon ler et des portraits de maréchaux et d^ancien» gouverneurs de I hôtel, une réduction de la colonne Vendôme, une petite^ statue de Louis XIV par Ragei, un grand missel fait par deux invalides^ le boulet qui tua Turenne à Sasbaeh, en 1075, etc.
Le *mii8ée d'artillerie est dans les bâtiments du «coté de TOccident». Entrée, v. p. 261. Pas de vestiaire.
C'est un musée à^artUlerie dans le sens large du mot , comprenant toutes sortes d'armes offensives et défensives, anciennes et modernes. Il est fort riche et fort intéressant. Il y a des étiquettes. Le catalogue actuel (1890) est de 1862 , malgré la date de la couverture (1887), et par conséquent fort incomplet.
Dans le vestibule , de grandes bouches à feu de diverses provenances , notamment deux pièces arabes et un canon cochinchinoiff en bois, cerclé de fer ; deux pièces espagnoles provenant du Mexique ; des moulages de monuments de soldats romains trouvés dans le Rhin..
1'^ galerie des armures, à dr. en arrivant par la grande porte» A dr., des armures des xvi® et xvn® s., dont plusieurs historiques r du connétable de Montmorency, des ducs de Guise et de Mayenne, du baron des Adrets, de Sully, de Turenne, de Grimaldi, prince de Monaco; 11 amures allemandes dites «maximiliennes» , delà l'^ moitié du xvi® s., etc. Au fond, un modèle du château de Pierrefonds. Devant, des amures d'enfants. Dans les vitrines des *arme& à feu , des armes blanches et des boucliers , des parties d'armures remarquables par le travail. Puis des armures de joute, de tournoi^ etc. Dans le haut et contre les murs: à dr., les originaux; à g., des copies de drapeaux et étendards français, le2'^àg., l'oriflamme de St- Denis (rouge) ; le 9^, l'étendard de Jeanne d'Arc (blanc fleurdelisé).
2® galerie des armures, magnifique collection d'armures de toutespièces, pour combattre à cheval ou a pied; des demi-armures, etc.^ la plupart du xv** et du xvi® s. Au milieu, entre autres, 2*^ rang^ une armure de joute de Maximilien 1^', une armure de cheval ailemande et des armures d'un prince de Bourgogne et d'un prince d*
Mu$^e d'artUUrie,
PARIS
Rive g. 12. 263
Bavière, du xvi^ s. ; une armure sarrasine de la même époque. On rémarquera ensuite les *armures des rois de France, depuis François 1^ jusqu'à Louis XIY; puis surtout les armes contenues dans les vitrines. — *i^ vitrine : casques, brassards, masse d'armes et armet de Henri II, hausse-col de Louis XIII, arbalète de Catherine de Mëdicis, ëtriers, éperons et gantelets de Louis XIV, épée de Fançois I^', ëpées d'armes et de mariage de Henri lY, mousquets de Louis XIII, ëpées et mousquet de Louis XIV (derrière) ; carabine de Napoléon I , épée de Louis XVI et son fourreau, enrichis de pierreries, etc. — *2^ vitrine : casques, morions, masses d^armes du XVI* s., ouvrages Italiens ; muselière allemande du xvi® s. — 'S* vitrine : 3 splendides armures de la même époque, celle du milieu de Henri II, celle de g. dite «l'armure aux lions» (1050)^ celle de dr.
Gftl.ctlmocraaihiq.
4nii** blsnchec et année a feu
Cour îlaYîcUïlre
L^lj
/nues Uaaclies et armes à feu
I de laYîcUïlre n ridAngoi «AnnureBtrei-de-dL) iTedi- Unmres
Cour dAngoiilènir
«AnnureBtrei-de-dL) j tHodele«a:«rtilUg?j
M £^86 S^lAnds
Corridor menant au dame.
JSirtree dv musée
Cour d'hoiuieur des IjiTaiides
JBuli' éc yriiu!i|paile
avec des bas-reliefs dessinés par Jules Romain (xvi® s.). — ♦4'® vitrine: casque, rondache et épées du plus beau travail, du xvi* s. — 5® vitrine : autres casques et morions du xvi® s., oliphant du xn®, menottes ou poucettes du xvi® s., arquebuses allemandes du xvi* s. ; derrière, un sabre d'Et. Batori, roi de Pologne, etc. ~ •6® vitrine: boucliers, casques, épées, pistolets, poires à poudre, masses d'armes, etc., des xvi® et xvir s. — Dans le haut de la salle, des drapeaux étrangers, désignés par des étiquettes aux lambris.
Salle de dr. : casques et boucliers de toutes les formes , cottes de mailles, harnais, bottes, etc.
Une porte au fond de la galerie ouvre sur un passage, de l'autre côté duquel se trouve , dans 4 salles , la ^galerie ethnographique, collection intéressante de 78 personnages représentant les principaux types guerriers de l'Océanie , de l'Amérique et des côtes de l'Asie et de l'Afrique.
264 Rive g. 12, PARIS. Mutée d'artUUHe.
On revient au vestibule et Ton tourne dans le couloir à g. L'escalier qui s'y trouve conduit aux salles du 2^ étage , où sont encore deux longues galeries parallèles à la cour. Celle de g. renferme, aussi dans 4 salles, une collection très remarquabk de *€<>••• tumea de guerre de l'âge préhistorique, des Gaulois, des Grecs, des Romains et des Français depuis Gharlemagne jusqu'à la fln du xvni® s. , en tout 72 personnages. — La galerie de dr. contient une riche collection de petits modHe$ d'artillerie des temps les plus reculés jusqu'à notre époque.
Le couloir du rez-de-chaussée mène aux salles des armes blanches et armes à feu, i^ et 2*^ salles : armes orientales, dont beaucoup d'un travail excessivement remarquable. En face de l'entrée, r*habit de guerre de l'empereur de Chine, pris au palais d'Eté dans l'expédition de 1860, et d'autres trophées de cette campagne. — 3*^ salle, à dr. : armes d'hast, armes blanches depuis le xu^s., et armes à feu depuis le XT^ s. jusqu'au xix®, les pièces les plus remarquables dans des vitrines. Du côté g., les armes à feu les plus anciennes, des selles d'armes des xv^ et xvi^ s. et d'autres fort riches, de Charles X, Napoléon I^', l'empereur Maximilien II, Louis XVI , etc. Dans les vitrines aux fenêtres, des armes de personnages historiques du premier empire. Contre le mur du côté de la porte, une armoire vitrée contenant des spécimens des ordres français, des récompenses militaires et des bâtons de maréchaux. — 4® salle, du côté opposé: suite, armes à feu modernes et encore des armes d'hast anciennes. Au fond , des casques des temps modernes. A g. en revenant , des armes antiques, originaux et moulages. Collection d'arbalètes et de pistolets. — A g. , une 5® salle avec le reste des armes modernes, et, au fond, des tambours, des grosses caisses, etc.
Le reste du musée est sous les portes et dans les cours voisines, de chaque côté du passage. Cour de la Victoire, à dr. en sortant : pièces modernes , modèles de bouches à feu de marine , affût chinois, affût et canon russes provenant de Sébastppol, canons des galions espagnols coulés dans la baie de Yigo en 1701 et retirés de la mer en 1872; plaques de blindage transpercées. — Cour d*Angoulême, de l'autre côté: bouches à feu de tous les calibres, entre autres, le Griffon , coulevrine de 1628 , prise à Coblentz en 1797. Statue de J,'B, Oriheauval (1715-1789) , premier inspecteur général de l'artillerie , bronze par Bartholdi. Au mur , une des chatnes qui servirent aux Turcs, pendant le siège de Vienne, en 1683, à soutenir et à garantir un pont de bateaux sur le Danube; elle a 180m. de long. Sous la porte cochère, par où l'on peut sortir de l'hôtel, une chaîne garnie de 50 carcans, qui fut prise dans le camp marocain après la bataille d'Isly (1844) ; elle était destinée aux prisonniers.
Il y a encore aux Invalides des çalerieê de plans ^reliiç^ d'aneiennes places fortes, ouvertes au public seulement du 15 mai au 30 juin.
L'6gli«e des Inyalidei se compose de deux parties distinctes, l'église St-Louis et le Dôme.
Tomb, de Napoh 1^. PARIS. Uivt g. 12, 265
L'ÉGLISE St-Lot7I8 a son portail dans la cour d'honneur, au S. La nef est décorée de deux rangées de drapeaux pris sur l'ennemi^ surtout en Algérie, en Grimée, en Italie, en Chine et au Mexique.
Prèa de 1500 drapeaux, trophées des victoires de Kapoléon I^r, furent brûlés dans la cour des Invalides le 90 mars 1814, la veille àe rentrée des alliés à Paris; d'autres, des guerres de la République et de TEmpire, Tout été par imprudenee en 1861, à Tenterrement du maréchal Sébastiani.
Aux piliers de l'église sont des plaques commémorative» et des monuments érigés en l'honneur d'anciens gouverneurs des Inyalides. Sur trois plaques de cuivre, les noms de maréchaux et officiers supérieurs dont les dépouilles reposent dans les caveaux de l'église. . Derrière l'autel principal , une grande verrière et une porte de communication avec le Dôme, qui est ordinairement fermée.
Le DôiCB a une entrée spéciale au S., place Yauban , derrière l'hôtel, d'où l'on y va toutefois par un corridor à g. de l'église ou à l'opposé du musée. On n'oubliera pas que U tombeau n'est plus visible après 3 h, Oo^^'S) ^* P* ^^1)< Vestiaire obligatoire, mais gratuit.
Cette seconde église , construite en 1706 par J.^H. Mansart, forme un carré régulier de près de 60 m. de côté, avec un portail à deux rangs de colonnes doriques et corinthiennes superposées, orné de statues. Sur cette base est assise une tour ronde , percée de 12 fenêtres et à colonnes corinthiennes engagées, accouplées par 2, au nombre de 24. Au-dessus règne un attique et plus haut s'élève le dôme, que couronne une lanterne terminée par une flèche avec une croix , à 105 m. de hauteur. Ce dôme, en partie doré, est en charpente , couvert en plomb et orné de bas - reliefs représentant des trophées militaires.
Le *torabeaa de Kapoléon I®', construit par Visconti , est sous le dôme. Il consiste en une crypte circulaire ouverte dans le haut. Au milieu d'une couronne de laurier en mosaïque , incrustée dans le pavé , est un sarcophage en forme de cuve antique , de 4 m. de long sur 2 m. de large et 4 m. ÔO de haut , où reposent les cendres du grand homme. Il est fait d'un seul bloc d'une espèce de grès rouge&tre de Finlande. Les parois de la crypte , en granit poli, sont décorées de 10 bas-reliefs de marbre, par Simart: Rétablissement de Tordre , Concordat , Réforme de l'administration , Conseil d'Etat , Code , Université , Cour des comptes , Développement du commerce et de l'industrie , Travaux publics , Légion d'honneur. Les 12 figures colossales entre ces bas-reliefs comptent au nombre des plus beaux ouvrages de Pradier; elles symbolisent les principales victoires de l'empereur. Les six trophées se composent de 60 drapeaux conquis, qui étaient restés cachés au Luxembourg. Le pavé est incrusté de noms de batailles : Rivoli , Pyramides , Marengo, Austerlitz, lena, Friedland, Wagram, Moskowa.
L*entrée de la crypte (fermée) se trouve derrière le maître autel. Elle est flanquée de deux sareophaces qui portent deux noms pour unique décoration, ceux de Duroc et de Bertrand, les favoris de l'empereur , se» maréchaux du palais. Le premier fut tué en 1813 à la bataille de Bautzen, le second (m. 1844) accompagna Napoléon dans toutes ses campagnes , le
266 Rive g. 12, PARIS. Tomb. de NapoL J^.
suivit à rile d'Elbe et à Sainte-Hélène, puis escorta ses eendres, solennellement transférées aux Invalides en 1940. Au-dessus de la porte de la erypte, on lit les mots suivants, empruntés au testament de Tempereur: «Je désire que mes eendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé*. Il y a de ehaque côté une figure de bronze colossale en forme de cariatide, par Duret; Tune porte sur un coussin le globe terrestre, Tautre un sceptre et une couronne.
Le dôme , qui s'arrondit précisément au-dessus du tombeau , se compose de deux coupoles. La première, à une hauteur de près de 50 m., est divisée en douze compartiments où sont peints les apôtres, par Jouvenet, Elle est ouverte au milieu et laisse apercevoir la seconde, ornée d'une grande composition, St Louis offrant au Christ répée avec laquelle il combattit les ennemis du christianisme , par Ch. de La/oase, qui a peint aussi les Ëvangélistes des pendentifs.^ Le jour faible et bleufttre qui tombe d'en haut contribue encore â l'impression de solennelle grandeur que produit ce tombeau.
Dans les deux chapelles hantes de chaque côt^ de la crypte sont les monuments de Vauhan (m. 1707) et de Turenne (m. 167Ô), avec les statues de ces généraux. Le premier , par Etex , a été érigé en 1807 ; le second, par Tuhy et Marsy, a été apporté de St-Denis.
Les chapelles plus près de l'entrée contiennent aussi des tombeaux. Dans celle de g., le monument de Jérôme Bonaparte (m. 1860), roi de Westphalie , avec sa statue par Guillaume ; un sarcophage plus petit contenant les restes de son flls aîné et un autre renfermant le cœur de la reine de Westphalie. Dans la chapelle de dr., le sarcophage de Joseph Bonaparte (m. 1844), roi d'Espagne.
La tour qu'on aperçoit en face de la place Vauban est celle du puit» arUtien de Grenelle , qui a 647 m. de profondeur. Plus près , à g., St- Franç9is ' Xavier ^ église construite de io61 à 1875, dans un style pseudorenaissance, par Lusson et Uchard. Elle a des peintures murales par Lameire, £. Delaunay, Cazes et Bouguereau, une Viei|;e de Bonnassieux et des vitraux par Maréchal. Ordonnance originale à l'intérieur.
Du même côté, à l'extrémité du boul. des Invalides, l'Inatitntion dea jeune* aveugle* (pi. B. 18), bel édifice construit de 1899 à 1845. Le basrelief du fronton , sculpté par Jouffroy , représente , au milieu d'enfanttf aveugles protégés par la Religion, ValenXin Uaûff (m. 1822), le fondateur de l'établissement, dont on voit aussi la statue dans la cour. Excepté durant les vacances (août et sept.), l'établissement est visible, avec une permission du directeur. — Il y * même derrière, rue Bertrand, 14. un m«-. \ée éTaveuçles dit musée HaUify public tous les mardis, de 11 h. à 4 ou 5 h. 11 comprend deux collections, l'une d'objets inventés pour les aveugles, l'autre d'objets inventés ou fabriqués par eux.
Sur le quai à l'O. de l'esplanade des Invalides (p. 261), n<> 63, se trouve la manufacture dea Tabacs, qui occupe tout un quartier. La visite de cet établissement est fort intéressante et à recommander aux personnes que ne gêne pas l'odeur de tabac, dont les habits restent longtemps imprégnés. On y est admis sans permission le jeudi, quand ce n'est pas un jour de fête, de préférence de 2 h. à 4 h. Cette manufacture, dite du Orot-Caillou^ est organisée sur une grande échelle ^ elle occupe 2175 personnes, dont plus de 1900 femmes, et elle produit maintenant plus de 5 660 (XX) kilos de tabac par an. Les diverses manufactures de rEtat en vendent plus de 35 millions de kilos par an et donnent un bénéfice net de plus de 300 millions de francs.
Plus loin encore, n^ 103, près du Champ-de-Mars, est le Garde-Menbla de l'Etat (pi. R. 11; 7), avec un mutée qui est public les jeudi, dim. et fêtea de
Oiàmp-de-Mars. PARIS. Bive g. 12, 267
10 b. à 4 h. Il est installé dans un bâtiment provisoire, comme presque ton» les autres, au fond de la cour à g. Les visiteurs s'inscrivent à l'entrée.
11 y a à g. une petit salle contenant des porcelaines et de petits objets d'art en matières précieuses, non catalogués. Deux grandes salles à dr. renferment un choix de meubles des styles dits de Louis XIV^ Louis XV et Louis XVI : lit, consoles, commodes, bureaux, secrétaires, sièges, tapisseries, bronzes divers, lustres, vases, etc., tous authentiques et d'une grande valeur artistique. Le catalogue (1 fr.) comprend 200 numéros: jusqu'à 100 (il y a des lacunes), style Louis XIV; de 131 à 329, style Louis XV ; de 280 à 409, style Louis XVI.
m. Champ-de-Xars.
Tour Eiffel. Fontaine, ddme central et palais. Ecole Kilitaire.
On peut se rendre directement au Champ - de - Mars par les bateauxomnibus (V. l'appendice , p. 29) , par les tramways du Louvre à St - Cloud ( TA), à Sèvres (TB) et à Versailles (TAB), de la Bastille à la porte Bapp (TL} et même par ceux qui desservent le Trocadéro (p. 148), par les omnibus de la porte St- Martin à Grenelle (Y) y de la place de la ïtépublique à TEcole - Militaire (AD) et encore ceux qui vont au Trocadéro. — Il y a en été des cafés-restaur. au Champ-de-Mars.
Le *Chaiiip-de-Man (pi. R. 8, 10 et 11 ; /) , à peu de distance à rO. des Invalides , était jusqu'à la construction des palais de l'exposition de 1889 une vaste place déserte, un champ de manœuvres, d'env. 1 kil. de long et ^/^ kil. de large. Les deux longs côtés étaient bordés jusqu'en 1861 de remparts plantés d'arbres , hauts de ô à 6 m. Ils avaient été construits en 1790, dans l'espace de quelques semaines , par 60 000 Parisiens et Parisiennes de toutes les classes, et garnis de sièges pour servir d'amphithéâtre à la «fête de la Fédération», célébrée à cet endroit le 14 juillet de la même année. Devant l'École Militaire (v. p. 270) était érigé l'autel de la Patrie, SUT lequel le roi , l'Assemblée Nationale, les députés de l'armée , de la garde nationale et des provinces vinrent prêter serment à la nouvelle constitution. Talleyrand , en sa qualité d'évêque , y célébra l'office , assisté de 400 prêtres. Paris était au comble de la joie ; tout. le monde croyait la Révolution terminée. Une cérémonie analogue eut lieu au Champ-de-Mars le 1" juin 1815, le fameux «champ de Mai» de Napoléon. En 1830, Louis -Philippe remit au même endroit les drapeaux tricolores à la garde nationale , et Napoléon III y distribua en 1852 les aigles destinées à remplacer les coqs gaulois. Depuis, le Champ-de-Mars a été choisi pour des fêtes d'une nature toute différente , les expositions universelles de 1867, 1878 et 1889.
Le palais des machines et l'Ecole Militaire sont plus près des Invalides, mais nous allons commencer notre visite du côté des quais ou du moins par la partie centrale, afin d'avoir une idée d'ensemble des constructions qui y restent de la brillante exposition de 1889.
La *toar Eiffel ou tour de 300 m., près de la Seine et en face du Trocadéro (p. 151), y attire naturellement d'abord l'attention. Elle a été fondée en janvier 1887 et montée en moins de deux ans , par l'ingénieur -constructeur Eiffel, de juillet 1887 à mai 1889. C'est une curiosité unique en son genre par sa hauteur, qui dépasse de
268 Bive g, 22. PABIS. Tmr Eiffel:
beaucoup celles des autres monuments les plus élevés du monde : obélisque de Washington, haut de 169 m.; tours de la cathédrale de Cologne, de 159 m. ; tour centrale de celle de Rouen, de lôO m. ; grande pyramide d'Egypte , de 146 m. , etc. C'est en même temps une des plus étonnantes manifestations de l'art de l'ingénieur , qui n'eût pas été autrefois capable de dresser des calculs assez sûrs, de travailler le fer avec assez de précision et de monter les matériaux avec assez de facilité pour songer à une aussi gigantesque entreprise. Par un effet de perspective, elle ne paraît pas, surtout de près, aussi haute qu'elle l'est en réalité.
Les fondations ont été commencées à l'aide de caissons en fer, à l'air comprimé (pour chasser l'eau), enfoncés à 14 m. du côté de la Seine et à 9 m. de l'autre côté. Ensuite on y a coulé du béton et dessus l'on a établi les quatre bases en pierre du monument , qui mesurent 26 m. de côté et constituent un carré de 129 m. 22 de côté ou près de 16700 m. de superficie.
La tour elle-même est construite en treillis de fer à cornières, par panneaux de 11 m. de haut, même dans la partie supérieure. Les poutres sont creuses ; ce sont des caissons de 60 cm. de côté. Les montants partent avec une inclinaison de 54** et sont réunis sous le premier étage par des arcades en plein cintre.
Le premier étage de la tour est à env. 58 m. du sol et mesure plus de 65 m. de côté ou près de 4200 m. de superficie. On y arrive par des escaliers et des ascenseurs dans les montants (prix, v. ci-dessous). Les piles montent encore de là isolément , mais en se redressant et se rétrécissant, jusqu'à une hauteur de 179 m., où elles se rejoignent. Dans l'intervalle, à près de 116 m., se trouve un deuxihne étage, desservi également par des escaliers et des ascenseurs et où se trouve le réservoir d'eau des ascenseurs. Un plancher, au-dessus du point de jonction, constitue une sorte de palier à 207 m. La pile unique a encore 10 m. de côté vers le sommet. Le troisième étage, au pied de la double lanterne qui constitue le couronnement, est à 276 m. du sol, et il a une salle vitrée de 16 m. 50 de côté, pouvant contenir 800 personnes. La lanterne a 24 m. de haut , c'est-à-dire près de 6 m. 50 ou env. deux étages de plus que le plus hautes façades des maisons de Paris. Elle n'est pas ouverte au public ; il y a un observatoire et des laboratoires de physiologie et de chimie. Un escalier y mène à un balcon circulaire , de 5 m. 75 de diamètre. Au-dessus enfin est installé un phare électrique de 70 kil. de portée. Le drapeau du sommet et même la boule qui lui sert de base sont au-dessus de la cote de 300 m. Il y a 1792 marches à gravir pour monter au sommet de la tour par les escaliers , 350 jusqu'au 1®' étage (7 à 8 min.) , 380 du 1" au 2® (10 min.) et 1062 de là au sommet. Détails curieux, les trous de boulons et de rivets dans les pièces de fer auraient formé, mis au bout l'un de l'autre, un petit tunnel de 70 kil., et le nombre de rivets employés a été de 25000CH).
L'OMetisto» de la tour ne saurait se conseiller que par un temps clair,
Fontaine du Progrès, PARIS. Rive g. 12. 269
quand il y a eipoir de jouir j^e la vue. La tour est ouverte tous les jours, de mars à nov., dep. 10 h. du mat. jusqu'à la nuit. Il y a un restaur. une brasserie, des buffets (2^ et 3^ et.) , un salon public, une salle de fêtes, des longues vues , ete. Le publie n'y ukonte par lee esealiers que jusqu'au Qfi étage. On monte au l^i* étage 'par les piliers ouest et est , ou le 1^' à dr. et le 2® à g. en venant de la Seine, et directement au 2^ par les deux autrtt piliers ; mais on peut aussi monter du 1^'' étage au 2^. Le tarif est le même par les escaliers que par les ascenseurs. Il est de 1 fr. pour ehaeun dea deux premiers étages et 2 fr. pour le troisième dans la semaine^ moitié prix pour les enfants; 50 c. et 1 fr. aussi les dimanches et fêtes, mais même pour les enfants, et Ton ne garantit pas alors à tous les visiteurs Tascension jusqu'au sommet.
La *9V€ dm iommet est naturellement immense, mais très variable, selon rétat de l'atmosphère. Elle peut s'étendre, dans certaines directions, jusqu'à 90 kiL en ligne droite, c'est-à-dire sur un rayon encore plus étendu, au K. et au 8. que celui de notre carte p. 318, On peut voir, par ex., au 8.-0. jusqu'au delà de Cliavtres et au N.-E. jusqu'au delà de Villers-Cotterets. Au 2* étage l'horizon est encore borné, comme au l®*", par les hauteurs des environs de Paris.
Entre la tour et les palais de l'Exposition se trouve un jardin où eubsite encore la *f6ntaine dn Progrds, par Çoutan, et les célèbres «fontaines lumineuses» de 1889. La première se compose surtout d'un vaisseau symbolique, le vaisseau du Progrès, monté par la France et dont la République tient le gouvernail. Devant, une statue de la Seine; sur les côtés, la Science, le Commerce, l'Art, l'Agriculture, des génies, des naïades, etc. L'illumination des jets d'eau du bassin devant le monument se faisait et se fait encore, le dimanche en été , à l'aide de foyers électriques placés dans des galeries souterraines et qui projettent des faisceaux lumineux de différentes couleurs, produites par l'interposition de verres teintés.
Le *d6me central, qui était l'entrée principale de l'exposition, en face de la tour ; le palaii des Beaux -Arts, à g. et le palais des Arts-Libéraoz, à dr. du jardin central, sont des constructions d'un genre tout moderne, des bâtiments en fer transformés en véritables monuments, grâce à des panneaux en terre cuite formant remplissage et à un mélange fort babile de maçonnerie, d'ornements en plomb, en zinc et en cuivre, de vitraux, de tuiles émaillées de diverses couleurs, le tout encore rehaussé de peintures. — Le dôme central, dû à l'architecte Bouvard, aidé par 17 sculpteurs et 22 peintres décorateurs, a 65 m. de haut et 40 m. de diamètre à l'extérieur. On en remarque surtout la porte monumentale, flanquée de statues colossales du Commerce et de PIndustrie et richement encadrée de sculptures peintes. Sur le dôme, la France distribuant des palmes et des couronnes, statue de 7 m. ÔO de haut, en cuivre repoussé, par Delaplanche. A l'intérieur, un cortège des peuples du monde, grande fri^ peinte par Lavastre et Carpezat, Une galerie relie ce dôme au palais des Machines (v. ci -dessous). — Les palais de Arts, par Formige, sont aussi fort remarquables, bien que d'une ornementation plus sobre que le dôme central. Ils ont au milieu de beaux dômes, de 56 m. de haut, à toitures polychromes. Celui des Beaux- Arts est maintenant destiné au musée des arts décora-
270 Rive g. 19. PARIS. Ecole MUitaire,
tifs (p. 139) et on organise dans l'autre un muste industriel et commercial.
Le ^palais dei Maehines , au fond du Cbamp-de-Mars , est une construction gigantesque de 420 m. de long, 150 de large et 4d de haut , sur les pians de Dutert et Contamin. Il rappelle le palais de l'Industrie, aux Champs-Elysées, mais il est quatre fois aussi grand. Il a au milieu , entre deux galeries annexes à deux étages, une nef dont aucune construction n'a encore atteint , à beaucoup près, la largeur, 114 m. 30, sans piliers ou colonnes intermédiaires ni aucun tirant. Les fermes partent du sol , où elles se terminent en pointe et portent sur des coussinets en fonte, ancrés dans des massifs de maçonnerie qui ont l'importance de piles de pont. Aux deux «xtrémités sont des tribunes formant un vaste promenoir avec les premiers étages des galeries annexes. L'entrée principale est à l'extrémité du côté des Invalides , où l'on remarque des groupes de sculptures de 10 m. de haut, l'Electricité, par Barrias, et la Vapeur, par Ckapti. Il y en a une autre k Textrémité opposée et par la galerie centrale. La décoration consiste surtout en sculptures allégoriques et peintures. Ce palais sert maintenant de manège pour la garnison, dans la matinée, et il est ouvert de 10 h. */* à 4 ou 6 h. aux cavaliers, aux amazones, aux voitures de maîtres et aux piétons (tribunes) munis de cartes de la Conservation du Champde-Mars , à la porte Rapp (pi. R. 1 1 ; /). Le public y est admis le dimanche à partir de midi, mais seulement dans la galerie du premier étage.
L'Ecole Militaire (pL R. 10; /) borne le Champ - de - Mars au S. - E. , non loin des Invalides. C'est un vaiste édifice fondé en 1751 par Louis XV et construit par Gabriel. On l'a transformée en casernes en 1792, et l'on y a aussi installé de nos jours V^cole Supérieure de Guerre. Le tout occupe une superficie de 116 528 m. La partie principale, au N.-O., longue de 420 m., a la physionomie d'un palais. Au centre s'élève un portique de 8 colonnes corinthiennes cannelées d'environ 13 m. de hauteur, au-dessus duquel règne un attique surmonté d'un dôme quadrangulaire. Les bâtiments aux extrémités n'ont été construits qu'en 1855. Il faut une permission spéciale pour visiter l'intérieur de l'Ecole. Les cours sont entourées de colonnades. La chapelle est dans le genre de celle du palais de Versailles.
Sur la pl€Kt Fontenopj derrière TEcole, s^éleve depuis 1889 un m&nument en forme de pyramide, à la mémoire des victimea de la guerre de 1870-71.
A rangle,des aTenues de 8u£fren et de la Motie-Plequet , au delà de rSeole, se trouve pour quelque temps, depuis 1888, une curieuse reconstitution de'la Bastille, avec une partie de la rue 3t-Anioine^ comme en 1789. L^entrée est formée par une reproduction de Tanc. porté de la Conférence (v. p. 148). A Tautre extrémité, près de la forteresse, Tane. porie Si- Antoine. Vers le milieu, Viglise de la VititatUm (p. 68). Les maisons , les boutiques, les scènes de la rue, les costumes, etc., y sont reproduits avec la vérité historique. Les sujets d'attraction n'y manquent pas et varient assez souvent. On y voit reproduire une évasion de la Bastille. Entrée 1 fr.