‹ Paris et ses environs (volume 2)Chapitre 81 sur 112 · St-Denis, Enghien et Montmorency · texte numérisé non relu

St-Denis, Enghien et Montmorency

Les trains desservant ces localités sont eeux de la ligne circulaire entre la gare du Kord et la gare St-Lazare (29 kil.). Il s entend qu'on peut partir indifféremment de l'une ou de l'autre de ces gares. Il se délivre des billets directs à prix très réduits, mais ils ne donnent pas le droit de s?arrêter en route.

L De Parii à St-Denis.

7 kil. par le chemin de fer du Nord (p. 18). Départs au moins 4 fois par heure dont 3 par trains-tramways, aux 10, 30 et 50 min., de Paris et de St-Denis. Tra^iet en 10 à 15 min. Prix: 85, 65 et 40c.; aller et retour, 1 fr. 30 85 et 70 e.

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Deux Wamwayi conduisent aussi à St*Denis , Tun de la rue Taitbout^ au bas de la rue la Fayette (pi. B. 31 ; II), l'autre du boni. Haussmaan (rue de Borne; pi. B. 18; II); ils sont très eommodes, parce qu'ils correspondent arec les omnibus de iParis^ mais les routes qu'ils suivent sont dénuées d'intérêt et la première même désagréable par ses odeurs.

2 kil. La Chapelle- Nord- Ceinture, stat. pour la correspondance avec le chemin de fer de ceinture (v. l'appendice). C'est à la Chapelle que se trouve la vaste gare aux marchandises du chemin de fer du Nord. Un peu au delà des fortifications se détache à dr. la ligne de Soissons par Crépy-en-Valois (p. 345). — 4 kil. La Plaine- Voyageurs. — Les trains-tramways ont encore deux stations avant la gare de St-Denîs : le Landy et le Pont de la R/volte.

7 kil. St-BeniS. — HâUl du Grand-Cerf ^ rue de Paris et (place aux Gueldres, au S. — Café-rettaur. de la Marine^ à la gare, près du pont du canal. — Tramways de Paris: du boul. Haussmann, place aux Gueldres; de la rue Taitbout, place de la Caserne, au N. de la rue de Paris.)

St-Denis est une ville de 48 000 hab. , sur le canal de son nom (p. 190) et la rive dr. de la Seine. C'est un centre industriel très actif, avec des forges, des usines , des ateliers de construction, des fabriques de produits chimiques, etc. Sa principale curiosité est sa cathédrale, avec les tombeaux des rois de France.

L'importance de cette ville ne remonte qu'à la fondation de son abbaye (v. p. 817) , par Dagobert !«>' (m. 838). C'était une abbaye de bénédictins, qui devint bientôt célèbre et qui joua déjà un rôle politique sous les Carlo vingiens. Lorsque Pépin le Brtf monta sur le trône, en 751, il en envoya l'abbé, Fulradey à Rome, pour obtenir l'assentiment du pape Zacharie. Le suceesseur de ce dernier, Etienne II, ne pouvant résister aux Lombards, se réfugia à St-Denis, et sacra Pépin et ses deux fils, Charles et Carloman. Enfin Pépin y remit à sa mort le pouvoir à ses fils, en présence des grands du royaume. L'abbaye eut aussi les faveurs des Capétiens. Lûuis VI (m. 1137), dont le meilleur eonseiller fut aussi un abbé de St-Denis, 8uger, prit solennellement comme étendard la bannière de l'abbaye, Voriflamme^ ainsi nommée à cause de sa couleur rouge et or. L&tiii VII étant parti pour la deuxième croisade (1147-49), Suger fut régent du royaume et contribua beaucoup à ramener la noblesse dans la dépendance de la couronne. Cet homme compte encore parmi ses mérites celui d'avoir recueilli et continué les Chroniques de St-Denis.

90n se rend directement de la gare à la cathédrale, en 15 min. env., en traversant le canal de St-Denis et suivant la rue du Chemin -de -Fer, puis la rue Compolse. Au commencement de cette dernière est une église paroissiale moderne , dans le style du XIII® s., construite par VioUet-le-Duc. — On croise plus loin la rue de Paris , qui traverse la ville du S. au N. , et on remarque encore à g., en arrivant à la cathédrale, Vhôtel de ville , dans le style de la renaissance, achevé en 1883.

La cathédrale est ouverte toute la journée ; mais les tombeaux ne se visitent que sous la conduite d'un gardien, toutes les 1/2 h., les jours ouvrables de 8 h. 1^3 du mat. à 5 h. 1/3 du s., excepté pendant les offices. Il n'y a plus rien a payer pour la visite des monuments à l'intérieur de l'église, mais celles du trésor et de la crypte coûtent 50 c. et les gardiens comptent en outre sur un petit pourboire. On devra lire d'avance les détails ci-après, car on n'en aurait pas .le temps durant la visite. On est mené si rapidement qu'on ne peut rien examiner. 11 y a même des mo-

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numents que les gardiens ne montrent que de loin. Enfin il f*it si sombre d«i8 récuse Ters le soir qu^autant vaut alors renoncer à la visite. Elle devrait être aussi intéressante que eelle d'un musée, si on la faisait librement, ee qui ne présenterait aucun inconvénient avec les barrières et les gardiens, et ce n'est souvent qu'une déception. Ne pas suivre au moins trop vite les simples curieux; prendre son temps le plus possible.

La *CATH:éDBALE ou basilique de St-Denis occupe, selon la tradition, l'emplacement d'une chapelle bâtie vers Tan 275 sur le tombeau de St Denis , premier évêque de Paris (p. 193). Dagobert 1^^ la remplaça d'abord par une grande église à côté de Tabbaye; mais il en reste peu de chose. C'est à Vabbe Suger (1121-1151; p. 313) qu'est dû en grande partie Tédifiee actuel. Sa basilique a inauguré le style ogival; le plein cintre et l'ogive alternent dans ta façade, terminée en 1140, tandis que les autres parties ne présentent plus que l'ogive. Une restauration générale ayant été entreprise à partir de 1230, le caractère goth. fut encore plus accentué. Le haut du chœur, la nef et le transept furent alors refaits et des chapelles ajoutées aux bas côtés au xiy^ s. Les restaurations rendues nécessaires par les ravages de la Révolution furent d'abord mal faites, mais elles ont été reprises par Viollet-le-Duc, et le vénérable édifice se présente de nouveau dans son ancienne magnificence.

La façade est encore celle de l'église de Suger, qui fut terminée en 1140; mais les sculptures de ses trois portails ont été en grande partie et assez mal refaites de nos jours. Elles représentent , celles du portail du milieu le jugement dernier, les Vierges sages et les Vierges folles , etc. ; celles du portail S. ou de dr. St Denis en prison, d'après un tableau du Louvre (p. 110) et les douze mois; celles du portail N. St Denis conduit au supplice et les signes du zodiaque. Des créneaux ont été ajoutés au xiv^ s. , dans un but de défense, & cette façade, derrière laquelle s'élève le fï'onton de la nef majeure, avec la statue de St Denis. Les portails latéraux sont percés dans les tours. Celle de dr. a encore deux étages au - dessus des créneaux et se termine par une haute toiture à quatre faces , celle de g. ne dépasse plus les créneaux ; elle avait une flèche très élevée, qui a été détruite par la foudre en 1837. Il y a enfin au N. du transept un portail qu'on ne voit que de loin, avec des sculptures qui ont moins souffert, le Martyre de St Denis et des statues de princes.

L'iKTéBiExm est à trois nefs, avec un transept assez court, flanqué de collatéraux. L'espèce de porche^ aux lourds piliers, où Ton se trouve d'abord, est du temps de Suger; il fait singulièrement ressortir la nef du xn® s., d'une légèreté et d'une élégance admirables, avec ses piliers sveltes , son beau triforium et ses 37 fenêtres de 10 m. de haut. Les Titraux sont presque tous modernes.

Le maître autel est aussi moderne, mais dans le style du xiii^ s. Autre autel, derrière, v. p. 316.

La basilique de St-Denis est encore importante comme sépuUure des rois de France, qui y furentpresque tous inhumés avec leurs familles à partir de Dagobert Ir (m. 63o). Les nombreux monuments des premiers

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temps furent dëpà détruits dans les transformatioiis et reconstructions de régUse. St Louis (1226-1270), nour donner aux tombeaux de ses aïeux un aspect plus monumental, fit ériger dans le chœur des mausolées et d'autres monuments. On y consacra dès lors un monument à chaque roi et même à des princes et à des personnages importants, jusqu^au temps de Henri IV (m. 1610). Ensuite on se contenta de déposer les bières dans la crypte. Lorsque la Révolution éclata, la Convention, considérant que la Kation avait besoin de canons et de munitions , et aue les tombes royales lui fourniraient du plomb et du bronze, vota la aestruction des sépultures royales. Zouis S VUJ fit retirer les cendres de s%a aïeux des fosses communes et les fit replacer dans la cr\'pte, ainsi que les restes de Louis XYI et de Harie- Antoinette. Louis XVIII lui-même (m. 1821), le duc de Berry (m. 1820) et queloues enfants de la famille royale furent les seuls Bourbons inhumés à St-Denis après la Restauration.

La conservation des tombeaux qui existent encore est due au zèle à.* Alex. Lenoir (p. 238). Par malheur, presque tout ce qui était en métal a été fondu. Lorsque Louis XVIII fit restituer les autres à Téglise , on les plaça dans la crypte, en les modifiant et les complétant arbitrairement, et Ton y igouta d'autres monuments du musée Lenoir. Mais depuis la dernière restauration de Téglise, ils ont repris à peu près leurs anciennes places dans le chœur. Il y a 50 tombeaux et 10 autres monuments, statues, colonnes, urne et bas-reliefs.

Voici quelques détails sur les tombeaux les plus remarquables. Les gardiens les nomment tous , et il y a du reste des inscriptions.

CÔTÉ N. — A g. , la famille de St Louis. Puis le *tornbeau de Louis XII (m. lôlô) et à^Anne de Bretagne, sa femme (m. 1514), probablement exécuté au commencement du xyi^ s., par Jean Ju»te de Tours. C'est une magnifique construction isolée, du style de la renaissance, avec des arcades. Le couple royal s'y trouve représenté deux fois, d'abord couché, nu, sur le sarcophage, puis agenouillé audessus. Les arcades sont ornées de statues assises des apôtres. Aux angles, des statues allégoriques. Sur le socle, de petits bas-reliefs : Entrée de Louis XII à Milan (1499) ; Passage des montagnes de Oénes (1507); Victoire d'Agnadel, près de Lodi, remportée sur les Vénitiens (1509) ; Soumission de Venise. — A dr. , surtout la belle colonne torse élevée à U mémoire de Henri III (m. 1589), par Barth. Prieur. On vous montre d'ici, à dr. du maître autel, le fowibeau de Dagdbert J^ (m. 638), monument remarquable duxiii* s., avec de curieux bas -reliefs allégoriques figurant la délivrance de rame du roi et sa réception au ciel , plus une statue couchée du roi , refaite de nos jours , et les statues débout de Sigebert , fils de Dagobert, aussi moderne, et de la reine Nantilde, du xni^ s. — Ensuite, à g., le tombeau de Henri II (m. 1559) et de Catherine de Médiciè (m. 1589), le cbef - d'œuvre de Germain Pilon, exécuté de 1564 à 1583. Il est en marbre, orné de 12 colonnes composites et de 12 pilastres, de statues en bronze des 4 vertus cardinales, aux angles , et de statues des défunts , représentés aussi une première fois en marbre , gisant nus sur le tombeau , et une seconde fois en bronze, vivants, à genoux au-dessus de l'entablement. Derrière, la famille de Valois. On monte un escalier. — A g., un second monument de Henri II et de Catherine de Médicis, figures couchées, mais vêtues, en marbre, sur un lit de bronze. La reine, qui est représentée

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ici dans sa vieillesse, ayant trouvé inconvenantes les statues nues du grand monument, les avait fait remplacer par ces statues drapées.

Les chapelles du chœur ne renferment pas de tombeaux. Il y a des vitraux anciens dans celle de la Vierge, où Ton voit aussi un pavé en mosaïque du xii^s. et des sculptures représentant des scènes de la vie de J.-C. On passe derrière Tautel de St Denis et ses compagnons, St Rustique et St Eleuthère , également moderne, avec des reliquaires. Sur le côté, une reproduction de Toriflamme (p. 313).

La SACRISTIE, au 8. du sanctuaire, est dëeorée de 10 tàbleimx modernes médiocres, représentant des scènes de l^histoire de l*abbaye. Us sont par Uonsiau, Garnier, Heynier, Landon, Barbier I*Aîné, Ouérin, Meigaud, Gros et Heim. Il y a des inscriptions , et le gardien les fait voir comme les tombeaux.

Le TRÉ80E, dans une pièee à g., ne possède jpresque plus rien des objets précieux qui renrichissaient jadis; ils ont été disperses ou détruits à la Révolution. On y montrait toutefois encore jusqu'à la fin de 1882 beaucoup d'objets de prix, pour la plupart des temps modernes *, mais un vol audacieux en a de nouveau réduit le nombre. Ce qu'il y reste de plus curieux, comme œuvre d'art, c'est un retable en cuivre repoussé du xii^ s., au mur de g. Au mur de dr., une croix en cuivre doré du xiii® s., partagée en deux dans le sens de la longueur, et un autre retable en argent, du temps de Louis XIV. Dans la vitrine, un grand ostensoir moderne du style du xiii® s., etc.

CÔTÉ S. — En face de la sacristie, le torribeau de Fredégonde (m. 597), curieux monument autrefois à St- Germain -des -Prés, à Paris, selon les uns du vi®, selon les autres du xi® ou du xii® s. La reine est représentée par une espèce de mosaïque , composée de petits morceaux de marbre entremêlés de baguettes de cuivre. Les mains et les pieds ne sont indiqués que par des lignes , mais ils paraissent avoir été peints.

On descend un escalier à dr. duquel est l'entrée de la. crypte.

La CETPTB a été construite par Suger pour y déposer les reliques de St Denis et de ses compagnons. Elle est sous l'abside et elle en reproduit le plan. Le milieu, sous le sanctuaire, est occupé par le caveau des Bourbons, construit par Henri II et contenant actuellement 13 cercueils, ceux de Louii XVI et de Marie-AntoimeUe , de Louis XVIIJ, d'AdéUOde et de Victoire de France, du duc de Berry et de deux de bw enfants, de Louis-Joseph et àe Louis- ffenri- Joseph de Condé, les derniers de la famille; enfin de Louis VU et de Louise de Lorraine, femme de Henri III, ces deux derniers rapportés d'ailleurs. Les restes exhumés des tombes de la basilique en 1792 ont été retirés de la fosse commune et placés en 1817 dans un double caveau à l'extrémité du pourtour, où les noms sont inscrits sur deux grandes plaques de marbre noir. A côté est un «caveau impérial» construit sous Napoléon III et resté vide. — Les chapelles et le pourtour de la crypte contiennent un certain nombre de sculptures, en partie d'une valeur douteuse : une statue de Jfarie-Antoinette à genoux et en robe décolletée, par Petitot ^ une statue de Louis XVI par Gaulle -, une Diane de France du xvi^ s. ; quatre figures colossales de la Religion, la France, la Force et la Ville de Paris, faites par Cortot et Dupaty pour un monument du duc de Berry qui n'a pas été exécuté; des monuments '^'ort médiocres composés sous la Restauration en l'honneur de Henri 7F, Louis XIII, Louis XIV et LouU XV, etc.

De l'autre côté de Tescalier, à dr. du chœur, le tombeau deB, du Oue»clin (m. 1380), un des plus braves héros de la France dans ses guerres contre les Anglais ; celui du connétable Louis de Saneerre (m. 1402), son compagnon d'armes ; une statue de Charles V (m. 1380),

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ch«f - d'ceuvr» du xvi® s.; le tombeau de Renée de Longueville (m. 1515), ilUe du prince François II de Longueville. — A dr., dans le chœur , divers tombeaux moins importants et , de Tautre côté de Tautel, les tombeaux de Blanche et de Jean, enfants de St Louis, en cuivre émaillé, les figures en cuivre repoussé, probablement faits à Limoges. — A g., le *tonibeau de François /^ (m. 154T), avec cinq figures agenouillées , François I^*^ lui-même , Claude de France, sa femme, (m. 1524), fille de Louis XII, et leurs enfants ; plus, au soubassement, des bas-reliefs représentant des scènes des batailles de Gérisoles et de Msrignan. Ce tombeau est dans le genre de celui de Louis XII, mais encore plus grandiose; on croit que Philibert Delorme, Germain Pilon et Jean Goujon y ont travaillé. — - Puis V*ume du cœur de François I*', chef-d'œuvre de la renaissance dû à un sculpteur du reste peu connu , Pierre Bon^ tempe; le tombeau de Louig d'Orléanê (m. 1407) et de Valentine de MUan (m. 1408), et le tombeau de Charlen d^Etampe» (m. 1336), chef-d'œuvre du xiv® s., avec les statues des défunts et 24 statuettes d'apôtres et de martyrs.

Les grandes constructions qui avoislnent l'église sont celles de Vancienne abbaye, transformée par Louis XIV et Louis XV. C'est aujourd'hui une nuiison d'éducation de la Légion d'honneur , où sont élevées gratuitement les filles des officiers en activité de service, jusqu'au grade de capitaine inclusivement, ou des membres civils de la légion d'honneur ayant une position au moins correspondante à ce grade. La gratuité n'est toutefois accordée que pour une fille ; mais les autres gont reçues moyennant une pension annuelle , de même que les petites - filles , sœurs, nièces ou cousines des légionnaires. L'établissement n'est pas ouvert au public.

Dana la Seine, au delà du chemin de fer, est Vile St-Denis^ et sur l'autre rive la plaine de OennevilHen^ avec le village de ce nom, à 4 kil. de St-Denls (v. p. 377).

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