INTRODUCTION. XV
Aperçu historique.
L'histoire de Paris est si étroitement liée à celle de la France que le voyageur nous saura gré de lui donner ici un résumé chronologique des événements les plus importants mentionnés dans notre description de la ville.
58-51 av. J.-C, conquête de la Gaule ])àT Jules César. Les Parisii étaient une tribu établie sur les bords de la Sequana ou Seine, et leur ville principale était Lutetia ou Lutèce. — Vers la fin du 11^ s., le christianisme commence à se répandre. — iv^ s., invasion des Francs, des Burgondes, des Tisigotbs. L'empire romain s'écroule. La féodalité commence.
Rois de lal« race. Mérovingiens. — Clovis l^^ (481-511), fils de Childéric, roi des Francs Eipuaires de Tournai, vainquit Syagrius. fils du dernier gouverneur romain, embrassa le christianisme et réunit tous les Francs sous sa domination. Mais la dynastie dégénéra rapidement. L'Etat franc fut partagé plusieurs fois et il en résulta une rivalité acharnée entre la France de l'Est ou Austrasie et la France de l'Ouest ou Xeustrie. La maison des Pépin, chefs des leudes d'Austrasie et maires de ce royaume, puis de celui de Xeustrie et de la Bourgogne, en profita pour s'emparer du pouvoir suprême, après avoir sauvé le pays à Poitiers en 732 (victoire de Charles-Martel sur les Arabes).
Rois de la 2^ race. Carolingiens. — Pépix le Bref (752- 768), fils de Charles-Martel, fut la souche de la 2^ dynastie, dont son fils et successeur, Charlemagne (768-814), est le plus grand représentant. Il battit les Arabes, les Lombards, les Saxons, les Avares etc., et fut couronné empereur par le pape (800). Après la mort de son fils, Louis I*^"-, le Débonnaire (814-840), le traité de Verdun (84.3) consacra le partage entre: Charles II, le Chauve (840-877), qui eut la France; Louis le Germanique, qui fut roi de Germanie, et Lothaire, à qui échurent l'Italie, la Bourgogne et la Lotharingie ou Lorraine. A Charles le Chauve, incapable de défendre le pays contre les incursions des Normands, succédèrent Louis II, le Bègue (877-879), Louis III et Carlomax (879-882), puis Carlomax seul (882-884), princes non moins dépourvus d'énergie. Charles (III), le Gros, fils de Louis le Germanique et empereui* d'Allemagne, appelé en 884 à prendre la succession de Carloman, laissa le soin de défendre Paris à Eudes, duc de France et comte de Paris, en faveur duquel il fut déposé en 887. Charles III, le Simple (898-923), fils de Louis le Bègue, succéda à Eudes et laissa se fonder le duché de Normandie. Les seigneurs le renversèrent
XVI INTRODUCTION. Aperçu
pour lui substituer Robert (922-923), frère d'Eudes, puis Raoul (923-936), gendre de Robert. Les trois derniers Carolingiens, Louis IV, cV Outremer (936-954), Lothaire (954-986) et Louis V, le Fainéant (986-987), furent moins puissants que les ducs de France, Hugues le Grande fils de Robert, et Hugues Capet.
Rois de la 3*= race. Capétiens. — Hugues Capet fonde définitivement en 987 la 3*^ dynastie. — Sous Robert II, le Pieux (996-1031), Henri I"- (1031-1060) et Philippe I^r (1060-1108), la France soutfre de guerres féodales et de guerres contre les ducs de Normandie. En 1096 a lieu la l'"'^ croisade. — Louis VI, le Gros (1108-1137), favorise l'établissement des «communes» pour affaiblir la puissance de la noblesse , et il a pour ministre le célèbre Suger, abbé de St-Denis. — Louis VII, le Jeune (1137-1180), prend part à la 2e croisade (1147) et répudie Eléonore de Guyenne^ qui se remarie avec Henri Plantagenet, plus tard roi d'Angleterre. — Philippe II, Auguste (1180-1223), entreprend la 3*^ croisade avec Richard Cœur -de -Lion (1189), attaque à son retour les possessions anglaises en France, occupe la Normandie, le Maine, l'Anjou, la Touraine et le Poitou, et bat à Bouviues, en Flandre, les armées réunies de l'Angleterre, de la Flandre et de l'Allemagne (1214). — Louis VIII, le Lion (1223-1226).
Le règne de Louis IX ou St Louis (1226-1270) peut être regardé comme la plus belle période de l'histoire française au moyen âge. Equilibre entre les quatres pouvoirs légitimes: royauté, féodalité, Eglise, autorité mimicipale. Le génie français se manifeste dans l'architecture (style ogival dit gothique) et dans la poésie. 7^ et 8^ croisades, l'une en Egypte, la seconde contre Tunis. — Philippe III, le Hardi (1270-1285), acquiert la Provence par héritage. — Philippe IV, le Bel (1285-1314), continue la lutte contre l'Angleterre. Conquête de la Flandre. Embarras financiers, différends avec le pape Boniface VIII, suppression de l'ordre des templiers et translation du St-Siège à Avignon. «Pouvoir public» substitué aux pouvoirs féodal et ecclésiastique. Etats-Généraux assemblés poui* la première fois. — Puis Louis X, le Hutin (1314-1316) ou Querelleur. — Philippe V, Zeion^r (1316-1322). — Avec Charles IV, le Bel (1322-1328), finit la branche des Capétiens directs.
Maison de Valois. — Philippe VI (1328-1350). Commencement de la guerre de Cent-Ans, contre l'Angleterre (1337-1453). Défaite de Crécy (1346). Edouard III d'Angleterre, maître de Calais.
Jean II, le Bon (1350-1364), est battu et fait prisonnier par les Anglais à Poitiers, Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, augmente les fortifications de la ville et organise le peuple pour la défense, même contre le dauphin, mais est tué par un partisan de celui-ci (1358).
Charles V, le Sage (1364-1380). Fondation de la Bibliothèque, de la Bastille et du palais des Tournelles. Agrandissement de la
historique. INTRODUCTION. XYII
ville qui est refortifiée. Les Anglais sont à peu près expulsés du royaume par le connétable Bertrand du Guesclin.
Charles YI (1380-1422) devient fou en 1392, Victoire de Rosbecque sur les Flamands (1382). Guerre des Armagnacs. Les Français sont battus à Azincourt, par les Anglais sous les ordres de Henri Y (1415). qui occupe Paris en 1421.
Charles YII (1422-1461). Jeanne d'Arc fait lever aux Anglais le siège d'Orléans (1429). Couronnement du roi à Reims. Jeanne faite prisonnière par les Anglais et brûlée vive à Rouen (1431). Les Anglais ne conservent en France que la ville de Calais.
Louis XI (1461-1483). Il acquiert la Bourgogne, la Franche- Comté, l'Artois et la Provence. Il commence à centraliser le pouvoir. Introduction de l'imprimerie et établissement des postes.
Charles YIII (1483-1498) épouse Anne de Bretagne, dont le ducbé est acquis à la France. Conquête passagère de Naples (1495). Paris désolé par la famine et la peste.
Louis XII, le Père du peuple (1498-1515), de la première branche des Valois, conquiert le Milanais, s'empare de Xaples avec l'aide des Espagnols, mais est battu par eux sur les bords du Garigliano (1503). Bayard prend part à cette action. Louis XII provoque la ligue de Cambrai. Défaites des Yénitiens à Agnadel (1509) et de l'armée hispano-papale à Ravenne (1512).
François V"- (1515-1547), de la seconde branche des Valois, rentre en possession du duché de Milan par la victoire de Marignan (1515). Quatre guerres contre Charles-Quint, à propos de la Bourgogne et du Milanais. Défaite de Pavie, où le roi est fait prisonnier (1525). François 1" protège les arts (v. p. 95) et contribue à embellir Paris. De nombreux édifices nouveaux sont élevés, des églises restaurées, les fortifications étendues, le palais du Louvre et l'Hôtel de Yille commencés.
Henri II (1547-1559) épouse Catherine de Médicis. Metz, Toul et Yerdun incorporés à la France (1556). Les Anglais totalement expulsés de France (Calais).
François II (1559-1560). Mariage avec Marie Stuart.
Charles IX (1560-1574) succède à son frère. Régence de Catherine de Médicis. Commencement des guerres de religion. Louis de Condé , Antoine de Navarre et l'amiral Coligny à la tête des huguenots, François de (xuise et Charles de Lorraine commandent l'armée catholique. La St-Barthélemy, le 24 août 1572. Construction des Tuileries.
Henri III (1574-1589), frère des deux précédents, s'enfuit de Paris révolté, sur le conseil de Catherine de Médicis (m. 1588). Il périt assassiné par le dominicain Jacques Clément.
Maison de Bourbon. — Henri IY (1589-1610) défait d'abord la ligue catholique à Arques (1.589), puis à Iviy (1.590), se convertit au cathulicisme (1593) et prend Paris (1594). Il met ensuite fin
XVIII INTRODUCTION. aperçu
aux guerres de religion par l'édit de Nantes (1598), répudie la même année sa première femme, Marguerite de Valois, et épouse Marie de Médicis (1600). Il est assassiné en 1610 par Ravaillac. Ministère de Sidly. Embellissements considérables dans Paris; achèvement du Pont-Neuf et agrandissement du Louvre.
Louis XIII (1610-1643) est un roi faible, sous la régence de sa mère, Marie de Médicis, et des favoris Concini et de Luynes, jusqu'en 1624. Le cardinal de Richelieu (m. 1642) dirige ensuite les aflfaires de l'Etat. Victoire navale de Bé (1627), sur la flotte anglaise envoyée au secours des huguenots, et prise de la Rochelle (1628). La France prend part à la guerre de Trente-Ans contre l'Autriche. Continuation des embellissements de Paris. Construction de nouveaux ponts, de quais et de rues. Création du Jardin des Plantes.
Louis XIV (1643-1715), le Ghrand, monte sur le trône à cinq ans , sous la régence de sa mère , Anne d'Autriche. Ministres : le cardinal Mazarin (m. 1661) ; Louvois (m. 1691), qui réorganisa les forces militaires et créa l'armée permanente; Colhert (m. 1683), le grand homme d'Etat, qui donna une nouvelle impulsion à toute l'administration du royaume. Généraux: Turenne (m. 1675), Condé (m. 1686), Luxemhoury (m. 1695). — Guerre de la Fronde contre la Cour et Mazarin. Défaite des Espagnols à Rocroi en 1643, par Condé (duc d'Enghien). — Turenne bat les Bavarois à Nœrdlingen (1644). Victoire de Condé sur les Espagnols, à Lens (1648). Paix de Westphalie (1648), reconnaissant à la France la conquête de l'Alsace, moins Strasbourg. — Répression de la Fronde. Paix des Pyrénées avec l'Espagne (1659). Mariage de Louis XIV avec Marie- Thérèse, fille de Philippe IV d'Espagne et d'Elisabeth de France, fille de Henri IV (1660). — Mort de Mazarin (1661); le roi gouverne par lui-même. Après la mort de son beau-père, le roi d'Espagne, il fait valoir ses droits sur les Pays-Bas. Turenne prend une partie des Flandres et le Hainaut (1667): Charleroi, Tournai, Douai, Lille. Condé occupe la Franche-Comté. Paix d'Aixla-Chapelle (1668), par suite de la Triple - Alliance. — Invasion des Pays-Bas. Passage du Rhin (1672). Occupation des provinces d'Utrecht et de Gueldre. Victoires de Turenne sur les Impériaux en Alsace (1674). Mort de Turenne à Sasbach (1675). — L'amiral Duquesne défait la flotte hollandaise près de Syracuse (1676). — ■ Victoire du maréchal de Luxembourg à Montcassel, sur Guillaume d'Orange (1677). Paix de Nimègue (1687). — Occupation de Strasbourg, de Luxembourg, etc. (1681). Révocation de l'édit de Nantes (1685). Dévastation du Palatinat (1688). Victoires du maréchal de Luxembourg à Fleurus, sur les Impériaux (1690), à Neerwinde (1693), sur Guillaume d'Orange; de Catinat à la Marsaille, sur le duc de Savoie (1693). Défaite de l'amiral Tourvllle par les Anglais, à la Hogue (1692). Paix de Ryswyck (1697). — Guerre de la Succession
historique. INTRODUCTION. ^ XIX
d'Espagne (1701-1714). Victoires du général de Vendôme à Vitoria (1702) et du maréchal de Tallard à Spire (1702). Prise de Landau (1702). Victoire de Hœchstœdt (1703) et défaite au même endroit (1704). Défaites du maréchal Villars à Turin (1706), de Vendôme à Oudenarde (1708) et de Villars à Malplaquet (1709). Victoires de Vendôme à Villariciosa (1710), de Villars à Denain, sur les Impériaux (1712). Paix d'Utrecht (1713) et de Rastadt (1714).
Louis XIV poussa la théorie du pouvoir absolu jusqu'au paroxysme, mais on doit convenir qu'il s'efforça de la justifier par l'accomplissement de ses devoirs rovaux. Il chercha à donner à l'Etat une organisation homogène, à mieux distribuer les impôts et à favoriser le commerce et l'industrie, jetant ainsi les bases de la prospérité future de la France. Le peintre Le Brun, chargé de la décoration des édifices royaux, régnait sur les arts comme le roi sur la France. Fondation des Académies des Beaux- Arts, des Inscriptions, des Sciences. Beau siècle de la littérature française, illustrée par Coimeille, Racine, Molière, La Fontaine, Boïleau, Bossuet, Fénelon, Descartes, Pascal, La Bruyère, Mme de Sévigné, etc. — Paris s'augmente de plus de quatre-vingts rues et de trente-trois églises; l'hôtel des Invalides, l'Observatoire et la colonnade du Louvre sont achevés; le collège Mazarin, les Gobelins, des arcs de triomphe commencés, et les fortifications converties en boulevards. Agrandissement du palais de Versailles.
Louis XV (1715-1774), arrière-petit-fils de Louis XIV. Régence du duc d'Orléans iusqn' en 1723. Mariage avec Marie Leczinska de Pologne (1725). Le roi n'a aucun souci des affaires publiques et mène une vie toute d'égoïsme et de plaisir. La France est surtout gouvernée, après le régent, par le duc de Bourbon (1723-1726), le cardinal Fleury (1726-1743), les créatures de la Pompadour (1745-1762), maîtresse du roi, le duc de Choiseid (1758-1762) et les créatui'es de la Duharry, autre maîtresse du roi. — Guerre de la Succession d'Autriche (1741-1748); défaite de Dettingen (1743); victoires de Fontenoy, sur les Hollandais, les Autrichiens et les Anglais (1745); de Èocoux, sur les Autrichiens commandés par Charles de Lorraine (1746), et de Lawfeld, près de Maestricht, sur les alliés (1747); prise de Maestricht et paix d'Aix-la-Chapelle (1748). — Guen-e maritime contre les Anglais. — Guerre de Sept- Ans (1756-1763) contre la Prusse; défaite de Rosbach (1757). Paix de Paris (1763), qui fait perdre à la France ses possessions de l'Amérique du Nord. — Acquisition de la Lorraine (1766) et de la Corse (1768). — Le Panthéon, l'Ecole Militaire, le palais Bourbon, l'hôtel des Monnaies et d'autres édifices importants sont élevés sous ce règne, et le Jardin des Plantes est agrandi. — Voltaire, Rousseau, Didei'ot, écrivains les plus influents; littérature révolutionnaire.
Louis XVI (1774-1793), marié à Marie -Antoinette d'Autriche
XX ^ INTRODUCTION. Aperçu
(1770). Guerre de l'indépendance dans l'Amérique du Nord contre l'Angleterre (1778-1783). Epuisement des finances; de Vergcnnes, Turgot, Necker, de Galonné, de Brienne et Necker, pour la seconde fois, ministres des finances. — 1789. Ouverture des Etats-Générmix à Versailles, 5 mai. Leur transformation en Assemblée Constituante, 17 juin. Serment du Jeu de Paume, 20 juin. Création de la garde nationale, 13 juillet. Prise de la Bastille, 14 juillet. Les femmes de la Halle à Versailles, 5 oct. Confiscation des biens du clergé, 2 nov. — 1790. Fête de la Fédération au Champ-de-Mars, 14 juillet. — 1791. Emigration. Fuite du roi , arrêté à Varennes, 22 juin. Serment à la Constitution, 14 sept. Assemblée Législative.
— Prise des Tuileries, 10 août. Arrestation du roi, 11 août. Massacres de septembre. Ouverture de la Convention et abolition de la royauté, 21 sept.
Il*" république, proclamée le 25 sept. 1792. Succès des armes françaises snr le Rhin et en Belgique. — 1793. Exécution du roi, 21 janv. Calendrier républicain, 22 sept.f Tendeur. Exécution de la reine, 16 oct. Culte de la Raison, 10 nov. — 1794. Chute et exécution de Robespierre (9 thermidor), 27 juillet. — 1795. Conquête de la Hollande. Traité de Bâle avec la Prusse, 5 avril, et avec l'Espagne, 22 juin. Le général Bonaparte mitraille les royalistes insurgés (13 vendémiaire), 4 oct. Création du Directoire, 27 oct.
— 1796. Victoires de Bonaparte en Italie, les Autrichiens repoussés jusque dans le Tyrol. Traité de Campo-Formio, 17 oct. — -1798. Expédition d'Egypte. Victoire des Pyramides, 21 juillet; désastre naval d'Aboukir, l^r août. — 1799. Expédition en Syrie. Siège d'Acre. Victoire d'Aboukir, 25 juillet. Armées françaises repoussées en Allemagne, en Suisse et en Italie. Retour de Bonaparte en France. Chute du Directoire (18 brumaire), 9 nov.
Etablissement du Consulat ; Bonaparte])remier consul, 24 déc.
— 1800. Passage du St- Bernard, 13-16 mai; victoire sur les Autrichiens à Marengo, 14 juin. Victoire de Moreau à Hohenlinden, 3 déc. Attentat contre la vie de Napoléon à Paris, 23 déc. — 1801. Paix de Lunéville avec l'Allemagne, 9 févr. Concordat, 15 juillet.
— 1802. Paix d'Amiens avec l'Angleterre, 27 mars. Bonaparte consul à vie, 2 août.
1er empire. — 1804. Napoléon I", Bonaparte (1804-1814), proclamé empereur par le Sénat, 18 mai, et couronné à Notre-Dame par Pie VII, 2 déc. — 1805. Nouvelle guerre avec l'Autriche. Capi-
t Nouveaux mois (22 sept. 1792-18' janv. i806) : vendémiaire, du 22 sept, au 21 oct. ; brumaire, du 22 oct. au 20 nov. ; frimaire, du 21 nov. au 20 déc. ; nivôse, du 21 déc. au 19 janv.; pluviôse, du 20 janv. au 18 févr.; ventôse, du 19 févr. au 20 mars; germinal, du 21 mars au 19 avril; floréal, du 20 avril au 19 mai ; prairial, du 20 mai au 18 juin ; messidor, du 19 juin au 18 juillet; thermidor, du 19 juillet au 17 août; fructidor, du 18 août au 16, sept. Chaque mois a 30 jours et est divisé en 3 décades au lieu de semaines. A la fin de l'année," il y a 5 jours complémentaires, du 17 au 21 septembre.
historique. INTRODUCTION. XXI
tulation d'Ulm, 17 oct. Défaite de Trafalgar, 21 oct. Bataille d'Austerlitz, 2 déc. Paix de Presbourg, 26 déc. — 1806. Guerre contre la Prusse. Batailles d'Iéna et d'Auerstedt, 14 oct. Entrée à Berlin, 27 oct. — 1807. Guerre contre la Russie et la Prusse; paix de Tilsitt, 7-8 juillet. — 1808. Code Xapoléon. Guerre d'Espagne. — 1809. Nouvelle guerre contre l'Autriche. Bataille d'Eckmuelil, 19-23 avril. Entrée à Vienne, 13 mai. Batailles d'Aspern ou d'Essling, 21-22 mai; de Wagram, 5-6 juillet. Paix de Vienne, 14 oct. Abolition du pouvoir temporel du pape. — 1810. Mariage avec Marie-Louise, fille de François II d'Autriche, 11 mars. Napoléon au faîte de sa puissance. — 1812. Nouvelle guerre contre la Russie. Bataille de la Moskova ou de Borodino, 7 sept. Entrée à Moscou, 15 sept.; retraite de Moscou, 19 oct. Passage de la Bérésina, 26- 27 nov. — 1813. Guerre contre la Russie, la Prusse, l'Autriche, etc. Batailles de Lutzen, Bautzen, Grossbeeren, Dresde, Katzbach, Culm, Leipzig (16-18 oct.). — 1814. Batailles de Brienne, la Rothière, Laon, Arcis-sur-Aube. Les aUiés à Paris, 31 mars. Abdication de Napoléon, 11 avril. Son arrivée à l'île d'Elbe, 4 mai. — La dévastation de Paris durant la révolution a fait disparaître la plupart des nombreux couvents qui en occupaient les meilleurs quartiers. Le musée du Louvre fut commencé sous le Directoire. Grandes améliorations sous Napoléon P»", v. p. xxv.
Restauration. — 1814. Louis XVIII (1814-1824), roi, 6 avril, li"e paix de Paris, 30 mai. — 1815. Retour de Napoléon, l^r mars. Bataille de "Waterloo, 18 juin. 2^ entrée des alliés à Paris, 7 juillet. 2e paix de Paris, 20 nov. — 1821. Mort de Napoléon à Ste-Hélène, 5 mai. — 1823. Expédition en Espagne, en faveur de l'absolutisme de Ferdinand VII.
1824. Charles X, roi (1824-1830). — 1830. Prise d'Alger, 5 juillet. Ordonnances de St-Cloud, 25 juillet; abolition de la liberté de la presse, dissolution des Chambres. Révolution de juillet, du 27 au 29, et chute des Bourbons.
Maison d'Orléans. — Louis-Philippe (1830-1848), fils du duc Louis -Philippe -Joseph d'Orléans (Egalité), élu par les Chambres roi des Français, 7 août 1830. — 1832. Prise d'Anvers. — Guerres continuelles en Afrique. Le roi ne peut satisfaire les exigences du parti démocratique. Attentat à la vie du roi par Fieschi (1835).
2^ république. — 1848. Révolution de février, 23 et 24. Journées de juin, du 23 au 26. — Louis-Napoléon (né en 1808), fils de l'ancien roi de Hollande, neveu de Napoléon I^r, président de la république, 10 déc. — 1851. Dissolution de l'Assemblée, coup d'Etat du 2 déc.
2e empire. — 1852. Napoléon III (1852-1870), élu empereur par un plébiscite, 2 déc. — 1853. Mariage avec Eugénie, comtesse de Montijo (née à Grenade, en 1826). Commencement des grands travaux de transformation dans Paris. — 1854-1856. Guerre avec
XXII INTRODUCTION. Aperçu hist.
la Russie. Campagne de Crimée, — 1855. Première exposition universelle à Paris. — 1856. Paix de Paris, 30 mars. — 1859. Guerre d'Italie contre l'Autriclie. — 1860. Annexiou de Nice et de la Savoie. Expéditions de Chine et de Syrie. — ■ 1862. Expédition du Mexique. — 1867. Grande exposition universelle. — 1870-1871. Guerre franco - allemande. Napoléon III prisonnier à Sedan, 1" sept. 1870.
S*' république. — Proclamation le 4 sept. Capitulations de Strasbourg et de Metz. Capitulation de Paris, 28 janv. Gouvernement à Versailles. La Commune; guerre civile; second siège de Paris, du 2 avril au 21 mai, plus de 238 édifices publics et autres bâtiments détruits par les communards. Paix de Francfort, 10 mai. Thiers, chef du pouvoir exécutif depuis le 17 févr., nommé président de la république le 31 août. — 1873. Mort de Napoléon III, 9 janv. Thiers remplacé par le maréchal de Mac-Mahon, 14 mai. — 1875. Constitution définitive de la république, 25 févr. — 1877. Ministère réactionnaire du 16 mai (Broglie-Fourtou). — 1878. Troisième exposition universelle. — 1879. Jules Grévy, président de la république, 30 janv. Retour des Cliamhres à Paris. — 1881. Expédition de Tunisie. — 1882-1885. Expéditions du Tonkin et de Madagascar. — 1885. Paix avec la Chine, 9 juin, et paix avec Madagascar, 17 déc. — 1887. Sadi Carnot, président de la république, 2 et 3 déc. — 1889. Quatrième exposition universelle. — 1894. Carnot assassiné par un anarchiste italien, 24 juin. — J. Casimir- Perier, président, 26 juin. — 1895. Félix Faure, président. — 1896. Visite de l'empereur Nicolas II de Russie, à Paris. — 1897. Le président à St-Pétersbourg. — 1899. Mort de Félix Faure et élection di' Emile Louhet, 16 et 18 février. — 1900. Cinquième exposition universelle. — 1901. Voyage en France de l'empereur Nicolas II. — 1902. Visite du président E. Loubet à St-Pétersbourg. — 1903. Visites du roi Edouard VII d'Angleterre à Paris et du président à Londres.
Développement et physionomie de Paris.
Paris, capitale de la France, siège du gouvernement et de la représentation nationale, est après Londres la ville la plus peuplée de l'Europe. Elle est située dans un large bassin, par 48° 50' 49 " de lat. N. et 2° 20 ' 9 " de long. E. du méridien de Greenwich^ à une altitude qui varie entre 25 m. (Grenelle) et 129 m. (Montmartre), et sur les deux rives de la Seine, qui reçoit la Marne, son principal afiluent, un peu en amont de la capitale. La ville couvre une surface de 7802 hectares, dont 714 sont occupés par le fleuve. La population, qui était de près de 200000 hab. au commenc. du xiiie s., en comptait 540000 en 1675 (sous Louis XIV), env. 600000
IXTRODUCTION. XXHI
eu 1789, 763000 en 1821, 868000 en 1836, 1053262 en 1852, 1525255 en 1860 (après Fenglobement des faubourgs extérieurs dans l'enceinte de la ville) et 1825274 en 1870. Au dernier recensement, en 1901, elle était de 2714068 hab., dont 250000 étrangers à Paris et aux environs. Si l'on y joint la population des localités des environs immédiats qui en font partie intégrante, on obtient un chiffre de 3 millions d'habitants à peu près.
L'administration de la ville est entre les mains du préfet de la Seine, nommé par le gouvernement, et du conseil municipal^ qui est électif. Le budget annuel s'élève à plus de 350 millions de fr. La capitale se divise en vingt arrcyrtAiissements (chacun avec un maire et deux adjoints), à savoir: 1. le Louvre; 2. la. Bourse ; 3. le Temple; 4. V Hôtel-de- Ville ; 5. le Pardhéon; 6. le Luxembourg ; 7. le Palais-Bourhon; 8. VElysée; 9. VOpéra; 10. VEnclos-St- Laurent; 11. Popincourt; 12. Reuilly; 13. les G-ohelins; 14. VOhservatoire; 15. Vaugirard; 16. Passy; 17. Batigaolles-Monceau ; IS. Mordmaiire ; 19. les Buttes- C h aumo nt ; 20. Ménilmontard.
Les fortifications de Paris, établies de 1840 à 1844, ont été considérablement agrandies depuis 1871. Elles se composent d'abord d'une enceinte de 33 kil. de développement avec un fossé, des bastions et un glacis; puis de 17 forts avancés formant une seconde enceinte jusqu'à 3 kil. de distance, et enfin d'une troisième enceinte de 19 forts, qui entourent un territoire de 1050 kil. carr., embrassant avec la capitale Versailles, Sceaux, Yilleneuve-St-Georges, St-Denis, Argenteuil, Enghien et St-G-ermain-en-Laye. — On a entrepris depuis peu la démolition d'une partie de l'enceinte qui s'étend de la Seine, rive dr., jusqu'à la porte de Pantin, au X.-E. — La garnison de Paris compte env. 40 régiments d'infanterie, 12 de cavalerie et 5 d'artillerie.
Centre de la vie intellectuelle et artistique de la France, Paris en est aussi la principale place de commerce et d'industrie. Presque toutes les branches de l'industrie française y sont représentées depuis l'orfèvrerie, la bijouterie, les bronzes, les « articles de Paris», la bimbeloterie, la maroquinerie, l'ébénisterie, etc., jusqu'aux grandes constructions mécaniques.
Paris, la «Ville-Lumière », a eu dès le moyen âge la réputation d'être la première vUle de science, d'art, d'industrie et de plaisir de l'Europe. On se rendra bien compte de l'importance qu'elle avait déjà au xii«= s., si l'on songe à ces «douze maîtres d'œuvre de Paris» qui jouent dans les poèmes du moyen âge le rôle légendaire des sept sages de la Grrèce. Elle devait cette renommée à son Université, où les étudiants de toutes les nations venaient se faire initier aux mystères de la scolastique. Mais en même temps, le commerce et l'industrie, favorisés par l'excellente situation de la ville et la protection des rois, y prenaient uu essor rapide. La grande «foire du Lendit», qui avait lieu en juin dans la plaine entre
XXIV INTRODUCTION. Développement
Paris et St-Denis, et les célèbres statuts des artisans (Livre des Métiers) rédigés par Etienne Boyleau en 1258, démontrent assez le précoce développement économique de Paris. Les murs de la vieille cité ne purent plus contenir les nombreux habitants et la population s'accrut, chaque année, sur les deux rives du fleuve. Mais des grandes constructions de cette période, il n'est resté que peu de vestiges hors des édifices religieux (Notre-Dame^ Ste- Chapelle et tour St- Jacques). Vers la fin du moyen âge, Paris fut privé de la protectinn de la royauté, qui profondément ébranlée par des guerres fréquentes dut transférer souvent sa résidence hors de la capitale. Mais la bourgeoisie ne s'en développa que plus librement et devint ainsi l'élément prépondérant, créateur de r« esprit parisien», qui trouvason expression dans la littérature.
Sur la limite des xv^ et xvi«= s., au commenc. de la Eenaissance, l'art parut un instant vouloir émigrer hors de Paris. Les résidences princières et seigneuriales se multiplièrent, surtout en Touraine. Mais déjà au milieu du xvi^ s. la capitale reprit tout son prestige à cet égard. C'est alors que s'élevèrent: le Louvre, les Tuileries et Vliôtel de ville, les trois chefs-d'œuvre de la seconde Renaissance et les centres de la vie politique, puis le palais du Luocembourg et le Palais- Cardinal (auj. Palais-Royal).
L'apogée de la monarchie sous Louis XIV (p. xviii) fut naturellement favorable à l'extension et à l'embellissement de la capitale. Si le roi pouvait dire: «L'Etat, c'est moi», Paris de son côté absorbait peu à peu toutes les forces vitales de la nation. Beaucoup de monuments parmi ceux qui donnent à Paris son caractère, remontent à cette époque, p. ex.: la colonnade du Louvre, la place Vendôme, Vhôtel des Invalides, et plus d'une trentaine d'églises. C'est alors qu'on vit naître l'architecture des «hôtels» des grands seigneurs, qui tend à s'isoler de la rue et à transplanter en pleine ville quelque chose de la majesté paisible des châteaux de la campagne. Ne cherchant pas l'effet à l'extérieur, mais d'autant plus somptueuse et élégante à l'intérieur, elle est toute différente de celle des palais italiens (v. par ex., l'hôtel Lambert, p. 274). Ce furent sui'tout les arts décoratifs qui prirent un grand essor et commencèrent à régner sur le goût en Europe. — Le xviii^ s. vit s'élever, entre autres grands édifices, le Panthéon et le Palais- Bourbon.
La centralisation atteignit son apogée pendant la Révolution et les temps qui suivirent (1789-1804). Le développement de Paris ne subit un court arrêt que pendant les années de la Terreur (1793). Londres faillit l'emporter sur Paris. Mais déjà sous le Directoire (1795) et sui'tout sous le premier Empire (1804-1814) la vieille capitale reprit son ancienne prépondérance. Tout ce que Napoléon avait rassemblé de trésors de l'art et de la science dans ses campagnes vint embellir Paris, dont il essaya de distraire la nervosité politique en déployant une activité fiévreuse dans le domaine des
de Paris. INTRODUCTION. XXV
constructions publiques. Il entreprit l'aile du N. entre le Louvre et les Tuileries, le percement de la rue de Bivoli, la Bourse. Sur son ordre, on commença partout des places, des ponts, des quais, des canaux, mais la plupart de ces entreprises restèrent inacherées.
Sous la Eestauratiox ( 1814:-1830) , dont on fait d'ailleurs peu de cas, la vie parisienne prit une allure grandiose. La France entrait en possession du riche héritage de gloire qu'avaient laissé la Eévulution et le premier Empire, sans se ressentir des lourds sacrifices qu'il avait coûtés. Les idées de liberté, qui remplissaient les meilleurs esprits, redoublaient leur énergie et lem- enthousiasme. Les fruits de la paix paraissaient d'autant plus désirables qu'on en avait été plus longtemps privé. En politique, le libéralisme célébrait des triomphes. La littérature et les arts marchaient de nouveau à la conquête du monde et la société française déployait tout le charme fascinant de sa spirituelle amabilité. Enfin Paris tenait aussi le record de plusieurs sciences, p. ex. des études orientales.
La MONARCHIE DE JUILLET (1830-1848) ne fit que continuer, sans le même succès, ce que la Restauration avait ébauché. Louis- Philippe reprit avec une nouvelle ardeur l'achèvement du Paris moderne commencé par Napoléon. Les frais de construction des rues, églises, bâtiments publics, ponts, quais, égouts, squares, etc., créés sous son règne s'élevèrent à plus de 100 millions de francs.
Cependant toutes ces constructions furent encore dépassées sous Napoléon III (président de la République en 1848, empereur de 1852 à 1870), qui mit à la tête du département de la Seine le préfet Georges-Eugène Hau^srnann (1809-1891). Il transforma Paris, qui avait jusqu'alors consei*vé dans ses rues étroites (sauf les anc. boulevards) le caractère du moyen âge, et en fit une ville moderne et merveilleuse. Il élargit les voies, ce qui facilita la circulation et créa des perspectives grandioses. On commença par les artères du N. au S.: les boulevards de Strasbourg et de Sébastopol (p. 212) sur la rive dr., et ceux du Palais (p. 274) et de St-Michel (p. 275) dans l'île de la Cité et sur la rive g. Puis ce furent les boidevard-s Haussmann (p. 224) et de Magenta (p. 212) sur la rive dr., de St-Germain (p. 303) sur la rive g., les prolongements des rues de Rivoli (p. 174), de Turbigo, de Lafayette, etc., ainsi que le magnifique quartier autour du parc des Cliarnps-Elysées. On agrandit le Louvre (p. 94) et la Bibliothèque Nationale (p. 204). On construisit les halles centrales (p. 196), le tHbunal de Commerce (p. 269j et on commença V Opéra (p. 79). Haussmann était bien secondé par l'ingénieur Ad. Alphand (1817- 1891), qui dirigea le service des promenades et des parcs. Alphand sut arranger avec un goût bien parisien le bois de Boulogne (p. 240), le bois de Vincennes (p. 262), le parc Monceau (p. 225) , et créa les Buttes-Chaumont (p. 245) et des jardins dans un grand nombre de squares