‹ Paris et ses environsChapitre 12 sur 102 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

Cette fureur de construction avait endetté la ville de sommes énormes, qui s'accrurent encore grâce à la guerre et aux excès de la Commune. C'est pourquoi on construisit d'abord un peu moins sous la TROISIÈME République. Toutefois on ne se contenta pas d'achever d'une façon grandiose les travaux commencés, p. ex. l'Opéra, mais encore on continua une série de percements de rues , on rebâtit Vhôtel de ville (p. 176) en l'agrandissant et l'on créa le palais du Trocadéro (p. 235), la nouvelle Sorbonne (p. 286), et quantité d'établissements d'instruction publique. Il faut y joindre le parc de Montsouris (p. 340), beaucoup de squares nouveaux et la gigantesque entreprise du Métropolitain (p. 26). On a enfin transformé les parcs et les jardins en de véritables musées d'art moderne en y exposant les scidptures achetées chaque année par la ville aux expositions (p. 38).

On a dit que Paris avait aujourd'hui une physionomie assez uniforme. Mais dès qu'on examine la ville de près, on est, au contraire, étonné de la variété prodigieuse de ses aspects. Certains quartiers rappellent vaguement les vieilles villes italiennes par la mélancolie de leurs grands palais abandonnés. D'autres sont gais et bruyants, avec une vie toute en dehors, comme dans le midi. D'autres encore (rues de Venise, des Francs-Bourgeois, etc.) sont pittoresques ou sinistres, telles les anciennes cités du moyen âge. La Seine, avec sa flottille de bateaux marchands et de gros chalands, donne surtout le soir l'illusion d'un grand port. La nuit, les boulevards, avec leur brillante illumination et leurs projections lumineuses, évoquent l'idée d'une ville de plaisir, toujours en fête. Enfin les environs riants, avec les bois de Boulogne, de Vincennes, de Meudon et de Montmorency, augmentent encore cette diversité, qui est un des charmes de la capitale, la séductrice, que nul ne quitte sans regrets ou sans remords.

La beauté de Paris a été célébrée par les grands auteurs français de tous les temps et par nombre d'illustrations étrangères. Citons seulement ce passage de Montaigne, qui vivait pourtant à ime époque où Paris ne ressemblait guère à la brillante capitale moderne : « Paris, dit-il dans sa vieille langue chaude et colorée, a mon cœur dès mon enfance; et m'en est advenu comme des choses excellentes: plus i'ai veu, depuis, d'autres villes belles, plus la beauté de celte-cy peult et gaigne sur mon affection; ie l'aime tendrement, jusques à ses verrues et à ses taches».

PARIS

Page 1