‹ Paris et ses environsChapitre 37 sur 102 · RIVE DROITE · texte numérisé non relu

RIVE DROITE

La partie ia phis impurtante de Paris, uù la vie de la capitale bat son plein, s"étend sur la rive droite de la Seine. C'est là que sont les rues les plus distinguées , les boulevards par excelleuce ; les j) y orne n odes et les places les plus belles, le palais du Louvre, avec ses magnificences artistiques: Vhôtel de ville, les Champs- Elysées, avec le palais du président de la République et beaucoup d'autres; le Troeadéro, V Opéra, le Palais-Royal, la Bibliothèque Nationale, les Archives, la Bourse, la Banque de France et d'autres grands établissements financiers, Vhôtel des Postes, les Halles Centrales, le Conservatoire des Arts et Métiers, le Père- Lachaise, les hôtels, les restaurants et les cafés les plus luxueux, la plupart des théâtres et les plus brillants magasins.

Pour les renvois aux plans de Paris et pour la manière de s'eu servir, voir les remarques en tête de l'appendice.

1. Place de la Concorde, jardin des Tuileries et Champs-Elysées.

Le nouveau venu qui veut avoir dès l'abord une idée gi-andiose de Paris et de ses beautés incomparables, ne saurait mieux faire que de commencer par une promenade entre le Louvre et la place de la Concorde. La vue y embrasse de tous côtés un tableau des plus imposants, soit que du pont de la Concorde on laisse errer ses regards sur le fleuve, soit que du jardin des Tuileries on contemple le palais des anciens rois de France à l'E., les Champs-Elysées au N.-O., au delà de l'Obélisque, jusqu'à l'arc de triomphe de l'Etoile, et enfin la tour Eift'el et le dôme des Invalides au S.-O.

La "-place de la Concorde (pi. R. 15, 18; //). le centre des quartiers distingués de l'O, . entre les Champs-Elysées (p. 69) et le jardin des Tuileries (p. 65), est une des plus belles et des plus vastes places du monde. Elle doit sa forme actuelle, qui date de 1854, à l'architecte Jacq.-Ign. Hittorff. Au milieu duxviii^s., elle se trouvait encore hors de ville. Louis XY ayant permis, après la paix d'Aix-la-Chapelle (1748; v. p. xix), qu'on lui érigeât une statue équestre, l'architecte Gabriel construisit les pavillons et balustrades de la place. Cette statue était en bronze et due à Bouchardon (modèle, v. p. 115). Son érection, en 1763, donna lieu aux épigrammes les plus mordantes («il est ici comme à Versailles,

G4 Bive dr. i. PLACE DE LA CONCORDE.

il est sans cœur et sans entrailles»). La place était alors entourée de fossés profonds, qui évoquent un triste souvenir. Le 30 mai 1770, pendant le feu d'artifice tiré en l'honneur du mariage du dauphin (Louis XYI) avec ]\Iarie-Antoinette, la foule fut repoussée dans ces fossés par des fusées mal dirigées et 300 persouues y trouvèrent la mort. La statue du roi fut enlevée en 1792 et la place prit le nom de place de la Révolution. En 1795, elle reçut celui de place de la Concorde, remplacé à son tour sous la Restauration par ceux de 2)1 ace Louis XV et place Louis XVI, lorsqu'il fut question d'y ériger un monument expiatoire.

C'est en effet sur cette place, à l'entrée des Champs-Elysées, que la guillotine commença son œuvre de destruction en 1792, et Louis XVI y fut décapité le 21 janvier 1793. Ou y exécuta ensuite : Charlotte Corday, Marie-Antoinette (16 oct.), Brissot, chef des Girondins, et 21 de ses amis; le duc d'Orléans, Pliilippe-Egalité, père du roi Louis -Philippe, etc.; en 1794, Hébert et ses partisans, les adversaires de tout ordre social; ensuite ' les partisans de Marat et les Orléanistes. Danton lui-même et son parti, Camille Desmoiilins, les athées Chaumette, Auacharsis Cloots, la femme de Camille Desmoulius, celle d'Hébert, etc.; Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI; Robespierre et ses amis, son frère, Dumas, St-Just et d'autres membres du Comité du salut public; puis «2 membres de la Commune, etc. Lasoui'ce, l'un des Girondins, dit à ses juges: <^ Je meurs dans lui moment où le peuple a perdu la raison; vous, vous mourrez le jour où il la retrouvera.» Du 21 janvier 179.S au 3 mai 1795, plus do 2800 personnes périrent sur l'échafaud de la place de la Concorde.

JJ^ohélisqiie, au milieu de cette place, décurait jadis l'un des pylônes que Ramsès II (xiv^ s. av. J.-C.) fit élever devant le temple de Louqsor (l'anc. Thèbes) dans la Haute-Egypte. Il a été donné à Louis-Philippe, en 1831, par Méhémet-Ali, pacha d'Egypte. C'est un monolithe de granit rose de Syène; il mesure 22 m. 83 de hauteur (soit 1 m. 1/2 de plus que l'aiguille de Cléopâtre à Londres et 9 m. de moins que l'obélisque du Latran à Rome) et pèse env. 5000 quintaux. Les hiéroglyphes des quatre faces célèbrent les hauts faits de Ramsès IL Le piédestal est un bloc de granit de Bretagne de 4 m., et le tout repose sur un soubassement de 1 m. de haut. Les représentations de ce piédestal et ses inscriptions se rapportent à l'embarquement de l'obélisque en Egypte, à son transport et enfin à son érection à Paris, en 1836, par l'ingénieur J.-B. Lebas.

Les *fontaines, de chaque côté de l'obélisque, se composent chacune d'un grand bassin circulaire de 16 m. 50 de diamètre où sont six statues en bronze de tritons et de néréides, tenant des dauphins qui lancent de l'eau dans une vasque placée au-dessus. Plus haut, une seconde vasque surmontée d'un gros fleuron, d'où s'échappe un bouillon d'eau. La fontaine du côté de la Seine est dédiée aux mers et l'autre aux fleuves.

Sur les pavillons autour de la place . huit statues de grandes villes, savoir, de l'E. à l'O., etc.: Strasbourg et Lille, par Pradier , la première, connue par les manifestations patriotiques qu'elle suscite, est aussi la plus belle; Rouen et Brest, par Cortot;

POXT DE LA CONCOEDE. i?He dr. i. oô

Bordeaux et Xantes, par Callouet; Marseille et Lyon, par Petitot. La décoration est enfin complétée par vingt colombes rostrales.

Les denx beaux hôtels presque pareils qui bornent la place au N., et entre lesquels passe la rue Koyale (v. p. 76) , ont été aussi élevés sur les plans de Gabriel, de 1762 à 1770, pour loger les ambassadeurs et d'autres personnages de distinction. Celui de droite, no 2, l'anc. garde-meuble du mobilier de la Couronne, a été restauré de 1898 à 1900: c'est maintenant le Ministère de la marine. Celui de g,, no 4, l'anc. hôtel de la marquise de C»jislin (1776), est occupé en partie par le cercle de la Rue-Royale. A côté, n» 6, l'anc. hôtel Eouillé de l'Estang (1775), où se trouve auj. VAutomohile- Cluh (p. 43). Dans la rue de Eivoli (p. 90), qui part d'ici, à g. au coin de la rue Castiglione (p. 86), Vhôtel Continental (pL E,18: //), qui occupe l'emplacement du Ministère des finances, «flambé» par les communards. En face du n" 230, au jardin des Tuileries, une inscription rappelle que là se trouvait le manège, où siégèrent la Constituante, l'Assemblée législative et la Convention Nationale de 1789 à 1793. La Eépublique y fut instituée le 21 sept. 1792. Plus loin, à l'E., la petite place de Eivoli, v. p. 88.

Le pont de la Concorde (pi. E. 15, 14; //), sur la Seine, entre la place et la Chambre des Députés (p. 302). a été construit de 1787 à 1790, par Perronet, la partie supérieure presque entièrement avec des pierres de la Bastille. Les piles ont des demi-colonnes sur lesquelles il y a eu dt;s statues (auj. au palais de Versailles, p. 355).

La *vue qu'on a de ce pont est splendide. Outre la place de la Concorde, la Madeleine et la Chambre des Députés, on aperçoit encore: en amont, du côté g., le jardin des Tuileries, un pavillon des Tuileries et un pavillon du Louvre; sur la Seine, le pont Solférino et le pont Royal; à dr., la gare du Quai-d'Orsay, en deçà de laquelle se voit le petit dôme du palais de la Légion d'honneur ; plus loin, le dôme de l'Institut, les tours de Notre-Dame, la flèche de la Ste-Chapelle et le dôme du tribunal de commerce; en aval, à dr., les palais des Champs rElysées (p. 69); sur la Seine, le pont Alexandre III; plus loin, le palais du Trocadéro, avec ses deux tours; à g., le Ministère des atfaires étrangères et la tour Eilîel. Le dôme doré des Invalides se voit seulement en amont du pont en venant de la ville, à. g. de la Chambre des Députés.

Omnibus, tramways et bateaux, v. l'appendice. Station du Métropolitain, presque en face de la rue Mondovi.

Du côté E. de la place de la Concorde, se trouve l'entrée du ^jardin des Tuileries (pi. E. 18, 17; //), formée par une large porte dont les piliers sont décorés de statues de Mercure et de la Eenommée sur des chevaux ailés, par Coyzevox. Ce jardin a en général conservé la forme que lui a donnée le célèbre Le Nôtre, sous Louis XIY. Toutefois les parterres entre la place du Carrousel et le bassin du milieu sont de création moderne. Ce jardin est public et les parterres sont toujours ouverts, mais le reste ferme entre 6 et 9 h. du soir, selon la saison, la fermeture étant annoncée à son de caisse. De chaque côté s'étendent des terrasses. Au X. est la terrasse des Feuillants, qui tire son nom d'un anc. couvent de

Baedeker. Paris. 15» éd. 5

GG Rivedr.i. JARDIN DES TUILERIES. Macedela Conc.

Feuillants ou cisterciens réformés qui furent dissous en 1791. C'est là que le club des républicains modérés, dirigé par Lameth, Lafayette, etc., l'adversaire du club des Jacobins, tenait ses séances eu juillet 1791 (manège, v. p. 85). La contre-allée est garnie dans la bonne saison d'oraw^e?"s en caisses, dont plusieurs datent, dit-ou, du temps de François P»". A l'extrémité de cette terrasse, le jeu de paume. Le couvent des Capucins était à l'O. de la rue actuelle de Castiglioue. — Au S. se trouve la terrasse du Bord de l'Eau, avec Vorangerie, près de laquelle se voit, au S.-E. dans la direction de la Seine, le Lion au serpent, beau bronze par Barye. — Exposition d'horticulture, v. p. 38.

Non loin de l'entrée du jardin, un bassin octogone de 300 pas de circonférence, avec un jet d'eau au milieu et où les enfants s'amusent avec de petits bateaux. Du côté 0. , quatre Termes représentant les saisons. De l'autre côté, quatre groupes de marbre : le Rhin et la Moselle, par van Cleve; le Rhône et la Saône, par G. Coustou; le Nil, par Bourdic, d'après une antique du Vatican, et le Tibre, par van Cleve, d'après celle du Louvre (p. 104).

Au milieu du jardin s'élève un bosquet de beaux arbres, où il y a musique militaire en été, les dim. , mardi et jeudi de 4 à .5 h. ou de 5 à 6 (v. p. 38): chaise, 15 c; faut., 20 c. Les de\ix exèdres eu marbre, à dr. et à g. de l'allée centrale, ont été érigés en 1793 pour les vieillards, qui devaient présider aux jeux floraux de la jeunesse au mois de germinal. Au N., près de la terrasse des Feuillants, plusieui's bronzes: Hercule terrassant l'Hydre, par Bosio, et à l'escalier en face de la rue Castiglioue , deux groupes d'animaux, par Cam. — Sous les arbres , de chaque côté de la grande allée , sont les Carrés d'Atalante, aussi avec des statues: à dr. , Atalante par G. Coustou., et Hippomène, par Lepautre; à g., Apollon et Daphné, par Théodon. Dans les hémicycles: Cérès et Aristée, par Gatteaux.

Le jardin, à l'E. du bosquet, est orné de parterres bien entretenus et décorés de statues et de vases, la plupart modernes. A g. du bassin rond du milieu: le Serment de Spartacus, par Barrias; le Soldat laboureur de Virgile, par Lernaire; Prométhée, par Pradier. — Dans l'allée transversale: le Silence, par Legros; Ugoliu, bronze par Carpeaux; l'Aurore, bronze par Magnier ; le Masque, par Christophe. — Ensuite, près du bassin: Alexandre, par Dieudonné; Cassandre implorant Minerve, par A. Millet. — Des deux côtés de la grille: l'Enlèvement d'Orithye, par Duquesnoy et Gasp. Marsy , et l'Enlèvement de Cybèle, par Regnaudin. — A dr. (en revenant) : Périclès , par J.-B. De Bay (1855); l'Enlèvement de Déjanire, par Marqueste; Phidias, par Pradier; en face, la Comédie, par Jidien Roux (1874); Alexandre combattant, par Lernaire; Cincinnatus, par Foyatier ; etc. — Au delà de la grille, dans la grande allée: Diane et Nymphe de Fontainebleau, par E. Lévêque. A dr. de là, plus loin: un Corybante, par

et ses environs. JAEDIX DES TUILERIES. ^i'^'^ '^r. i. 67

Cugniot; Lucrèce et CoUatin, par Lepavtre; «Au gui Tan neuf», par Beaugeault. Près du jet d'eau: Flore et Zéphvre, par Coyzevox, et dans le massif de verdure, la Lionne au paon, bronze par Gain; puis à g., Mort de Laïs, par Mathieu MeuBnier. — A g, de la grande allée, dans l'ordre correspondant: une Bacchante, par Carrier-Belletise; Enée emportant Anehise, par Lepautre; Omphale, par Eiide;YQims, à la colombe et une Xymphe au carquois, par G-aill. Coustou, et dans le massif de verdure, le Lion au crocodile, bronze par Cciin.

L'annexe E. de ce jardin, derrière la rue des Tuileries tracée en 1878, occupe l'emplacement de l'ancien palais des Tuileries, incendié par les communards en 1871, Il n'en reste que les deux ailes qui le reliaient au Louvre, celle de dr., avec le pavillon de Marsan, reconstruite de 1875 à 1878, mais inachevée à l'intérieur et destinée au musée des Arts Décoratifs (v. p. 173), qui l'occupe déjà en partie: celle de g., du côté de la Seine, avec le pavillon de Flore, rebâtie de 1863 à 1868 et restaui'ée après l'incendie, en partie occupée par le ministère des colonies, qui doit le quitter en 1903. A ce pavillon, du côté du quai, de belles sculptures, par Carpeauo:.

Le palais des Tuileries (v. le plan, p. 92) avait été fondé par Catherine de Medicis, veuve de Henri II, et construit à partir de 1564, par Philibert Delorme, sur d'anc. tuileries, en dehors de l'enceinte de la ville à cette époque. Jean BuUant en dirigea ensuite les travaux, puis on le relia aux pavillons de Flore et de Marsan. Les Tuileries n'avaient servi que temporairement de demeure aux rois avant la Révolution, mais Xapoléon Ie% Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe et Napoléon III en firent leur résidence habituelle. Aucun édifice de Paris, sauf l'hôtel de ville (p. 176), n'était, depuis la fin du xvme s., plus riche que ce palais en souvenirs historiques. Le 5 octobre 1789, Louis XVI y fut ramené de Versailles. Il y rentra forcément après son arrestation à Varennes, eu juin 1791. Le 20 juin 1792, jour anniversaire du serment du Jeu de Paume, env. 30000 hommes armés envahirent les Tuileries et le 10 août fut décisif. Les gardes nationaux qui s'y trouvaient furent privés par ruse de leur commandant, qui fut mis à mort, et le roi, cédant à des instances répétées , se rendit avec sa famille au manège, où siégeait l'Assemblée législative. Alors les Suisses se mirent en devoir de défendre les Tuileries; mais un ordre du roi (v. p. 191) leur enjoignit de les évacuer. Immédiatement le palais fut envahi par les assaillants, qui massacrèrent la garde suisse et le ravagèrent. — Le 29 juillet 1830, la royauté de la Restauration succomba également par suite de la prise des Tuileries et de la fuite de Charles X. — La monarchie de Juillet s'y éteignit de la même manière le 24 février 1848; Louis-Philippe dut quitter le palais, qui fut de noxiveau pillé et saccagé. — En mai 1871, les insurgés do la Commune, voyant leur perte certaine, résolurent d'exercer leur vengeance sur la viUe, en mettant le feu à tous les principaux édifices publics. On y plaça des barils de poudre et des matières inflammables arrosées de pétrole. Le feu fut mis aux Tuileries à différents endroits, les 22 et 23 mai, quand les troupes de Versailles eurent pénétré dans la ville et l'œuvre de destruction fut à peu près complète, comme à l'hôtelde ville.

Dans cette partie E. du jardin, on remarque d'autres sculptures: le «Quand-même >, de Mercié (1882), gi-oupe en bronze représentant une Alsacienne qui saisit le fusil d'un soldat mourant, svmbole de la défense de Belfort en 1870-1871. — A 2:. de la o-rande

68 Hlve dr. 1. JARDIN DES TUILERIES.

allée: Pénélope, par Maniglier; Judith, par Lansoii; Agrippine portant les cendres de Germanicus, par Maillet. Derrière : le Réveil de Madeleine, par Peène, et un Faune, par Becquet. Dans la grande allée, à g.: Ganymède, par Barthélémy; le Réveil, par Mayer; à dr.: le Secret d'en haut, par Moulin., et l'Elégie, par Caillé. Plus loin, à dr. de la grande allée: Eve après le péché, par Delaplanche; les Exilés, par Math. Moreau; Velléda, par Maindron; la Baigneuse, par Galli, et Flore, par Em. Soldi-Colbert (1903). Les six colonnes doriques, surmontées de boules dorées, faisaient partie de la grille qui entourait la cour des Tuileries.

L'arc de triomphe du Carrousel (pi. R. 17; 77), qui termine aujoui'd'hui le jardin à l'E., formait jadis l'entrée principale des Tuileries. Il a été érigé par Fontaine et Percier, en souvenir des victoii'es de Napoléon I^'"' de 1805 à 1809. C'est une imitation de celui de Septime-Sévère à Rome , de 14 m. 60 de haut sur 19 m. 50 de large (celui de Septime-Sévère, 23 sur 25). Il est percé de trois baies et décoré de colonnes corinthiennes à bases et chapiteaux de bronze, supportant des statues de soldats de l'Empire. Des basreliefs de marbre dans les intervalles représentent: du côté de la place, à dr. , la bataille d'Austerlitz; à g., la prise d'Ulm; du côté des Tuileries, à dr., la paix de Tilsitt; à g., l'entrée à Munich; sur les faces latérales, au N., l'entrée à Vienne; au S., la paix de Presbourg. Au sommet, où furent placés jusqu'en 1815 les célèbres chevaux antiques pris en 1797 à Venise, se dresse auj. un groupe en bronze avec un quadrige par Bosio : le Triomphe de la Restauration.

Sauf la partie en deçà de l'arc de triomphe du Carrousel, l'espace compris entre le Vieux Louvre et les Tuileries fut plus ou moins occupé, jusqu'à la construction du Nouveau Louvre, par un dédale de petites rues. La démolition en fut commencée par Louis-Philippe et terminée sous Napoléon III. La, place du Carrousel, qui s'étend à l'E. de l'arc, était autrefois beaucoup plus petite. Elle doit son nom à un carrousel que Louis XIV y donna en 1662.

Le monument de Gambetta, en face de l'arc, se compose d'une pyramide en pierre, avec un groupe en plein relief, représentant Gambetta (1838-1883) en organisateur de la défense nationale, œuvre du sculpteur J.M6é. Sur les côtés, la Vérité et la Force, statues décoratives, et au sommet la Démocratie, une jeune fille sui' un lion ailé, aussi en bronze et par Aube. Nombreuses inscriptions, surtout des extraits de discours de Gambetta.

Dans le second massif de verdure du. square du Carrousel, sur un haut socle, la statue équestre de Lafayette, offerte à la France par les enfants des Etats-Unis, plâtre bronzé par P.-W. Bartlett.

Entrée du musée du Louvre., dans le pavillon Denon, au S.-E. du monument de Gambetta: v. p. 97.

En quittant la place par les grands guichets du côté diU pont du Carrousel (p. 302), on remarquera les belles façades extérieures

CHAMPS-ELYSÉES. ^«te dr. i. 69

du Louvre (v. p. 94). — Les guichets du côté X. débouchent dans la rue de Rivoli, non loin du Palais-Royal (p. 89).

Les *Chanips-Elysées (pi. E. 15; //) comprennent le parc voisin de la place de la Concorde , d'env. 700 na. de long sur 300 à 400 m. de large ; mais on donne aussi ce nom au magnifique quartier moderne qui s'étend au delà. Le parc date de la tin du xvii*^ s. 'L'avenue superbe qui les traverse et monte jusqu'à l'arc de triomphe, a env.1900m.de long; elle a été dessinée par Le Xôtre en 1670. Le parc et l'avenue sont une des promenades les plus fréquentées, surtout par d'innombrables équipages, automobiles et bicyclettes, aux heures de la promenade au bois, de 3 h. à 5, 6 ou 7 h. du soir, selon la saison. Au commencement se trouvent deux Dompteurs de chevaux, par Guill. Coustou, de l'anc. r-hâteau de Marly (p. 375): ils forment le pendant des chevaux ailés placés à la sortie du jardin des Tuileries (V. p. 65). Plus loin, à dr. et à g., les cafés-concerts mentionnés p. 39. Les endroits écartés des promenades ne sont pas toujours des mieux fréquentés le soir.

AuN. est le palais de l'Elysée (pi. E. 15; //), qui est précédé d'un grand jardin. Il date de 1718, mais il a été rebâti en 1850. C'est la résidence du président de la République.

C'était le palais habité en été sous Louis XV par la marquise de PompadoTir. Louis XVI le donna ensuite à la duchesse de Bom-bon, mère du duc d'Enghien, ce qui lui valut le nom d'« Elysée-Bourbon». Plus tard, il fut habité par Murât, Napoléon 1er, Louis Bonaparte, roi de Hollande, la reine Hortense et le duc de Berry et enfin Xapoléon III, comme président de la République. — Ce palais est fermé au puotîc.

Le côté S. des Champs-Elysées a subi une transformation complète lors de l'exposition de 1900. On y a construit alors le Petit et le Grand Palais , entre lesquels passe Vavenue Alexandre III ou V Allée Triomphale, dans Taxe du pont Alexandre III, sui* la Seine (p. 228).

Le Petit Palais (pi. R. 15 ; II), k g. de l'avenue en allant vers le pont, a été bâti par l'architecte Ch. Girault. C'est le plus beau des deux, dans un style renouvelé des xviie-xviiie s., en rapport avec les édifices voisins, sur les places de la Concorde et des Invalides. La façade présente deux élégantes colonnades et un dôme, où est l'entrée. A dr. du porche, les Saisons, par L. Convers: à g., la Seine et ses rives, par Ferrary. Au tympan et au pied du dôme, des groupes et des statues, par Injalhert et de Saint-Marceaux. Derrière l'édifice, les Heures, par H. Lemaire, et l'Archéologie et l'Histoire, par Desvergnes. Ce palais renferme auj. le musée de la Ville de Paris, où sont réunis les achats faits depuis trente ans aux Salons annuels, et la '^collection Dutuit, léguée à la viUe en 1902. Ces musées sont ouverts t. 1. jours, sauf le lundi, de 10 h. à

70 Rive dr. /. CHAMPS-ELYSEES. Petit Palais:

5 11. (4 11. en hiver). Vestiaire gratuit, pour les cannes et parapluies. Si l'on est pressé, traverser rapidement le musée de la Yille , pour consacrer tout son temps à la collection Dutuit (p. 71).

Le VESTIBULE ou la «rotonde» est orné d'un groupe en bronze doré, St-Greorges et le dragon, par Frémiet. — On entre d'abord dans la

Galerie de sculpture de la Ville, à dr. et à g. du vestibule. Elle compte plus de cent œuvres, eu plâtre et en marbre, mais peu de bien remarquables.

A dr. du vestibule. Mur de g.: marbres par Allouard, Roufosse, Béguine; G. Bareatf, la Vision du poète (Victor Hugo ; plâtre). Au centre: Frémiet, Duguesclin (plâtre doré); Salières, Romance d'Avril; Barrau, Salammljô et Mathô. Mur de dr. : marbres par Moncet, Henri Plé, Bertaud , Béguine et Vital- Cornu. Rotonde: au milieu, R. Larche, la Tempête; à dr., François 1", par J.-J. Cavelier (de l'ancien hôtel de ville).

A g. du vestibule. Mur de dr. : sculptures par Jllle Berthe Girardet, A. Gardet, Dalou, etc. Au centre: Frémiet, Porte-falot (original à l'hôtel de ville, p. 179); Larroux, Nymphe et dauphin; Daillion, le Réveil d'Adam. Mur de g.: L. Aube, le Dante. Rotonde: Octobre, le Remords; à g., l'Impératrice Joséphine, par Vital Dubray.

La Galerie de peinture de la Ville, où l'on passe de l'aile gauche de la galerie de sculpture, se compose d'une quantité de tableaux d'une valeur discutée, parmi lesquels on distingue cependant un petit nombre de chefs-d'œuvre.

Au mur de g., en partant de l'entrée: paysages, par Luigi Loir et Herpin; Gilbert, l'Atelier de teinture des Gobelins. A g. de la seconde porte: *buste de Victor Hugo, marbre par A. Rodin. A dr. de la porte, tête de femme, marbre par J. Dubois. Ensuite: Maignan, Christ rédempteur; Luigi Loir, Fête pour l'empereur de Russie (1896); Cottet, paysage; Bonnat, St Vincent de Paul; L. Simon, En visite; J.-P. Lanrens, St Bruno. Plus loin: Humbert, portr. du colonel Marchand; G.-P. Lanrens, Proclamation de la République (1848); J. Blanche, portr. de M. Chéret. Puis, des paysages par ^d. Dejuo»^, L'Herrnitte, Ten Cale, Cazin. Bail, Cendrillou; Tanoux, Trois épaves; *Henner, Eglogue; (t. G^^ny, les Grives ; Fantin-Latour, Tentation de St Antoine; Dujfaud, Pastorale; /. Bail, Partie de cartes; Jeanniot, la Présentation; paysages, par Baudin, Billotte, Ménard. Au delà de la porte: *Daumier, Joueurs d'échecs, Amateurs d'estampes. Trio d'amateurs; L. Cogniet, Bailly proclamé maire de Paris; Bonna.t, Christ en croix; G. Courbet, la Sieste; P. Delaroche, les Vainqueurs de la Bastille à l'hôtel de ville; L. Cogniet, St Etienne; G. Courbet, Proudhon et ses enfants. Plus loin: H. Robert, Vénus de Médicis; L. BoilUj (1761-1845), Distribution de vin et de comestibles aux Champs-Elysées; H. Eobert, Hercule Farnèse ; Restout, Naissance de la Vierge. — Buste de la reine Marie- Amélie, marbre par A. Moyne; buste du prince impérial, fils de Napoléon III, marbre par Carpeaux (ISQô). En face: buste de St-Just, marbre par David d'Angers (1848). Au milieu: les *Premières funérailles, marbre par Barrias; Madeleine, marbre par Bastet. — Au mur de dr. (en revenant): Raffaëlli, l'Hôtel des Invalides; 3Iontenard, les Arènes d'Arles; C. Rosat, En décembre ; *Roll, Eu été ; Lazerges (en haut), le capitaine Marchand; paysages, par Petit-Jean, Guillemet, P. Vauthier. J. Véber, Trois bons amis (très curieux). Plus loin: Roll, portr. d'Alphaud; Tattegrain, Marine; Pointélin, le Haut -Jura; A. Truchet, Soirée d'esthètes; paysages par Guillemet, Allegro, Will, etc. — Au printemps, marbre, -par Hercule ; le Paradis perdu, marbre par J. Gautherin. — Ensuite : *A. de Neuville, Combat des fours à chaux à Champigny (1871) ; Buland, Procession; Sergent, Gaîment; Roll,Yèi& du 14 Juillet (1882;.

Coll. Dutuit. CHAMPS-ELYSEES. «î^"« f?^- i- 71

Demont-Breton, Daus l'eau bleue: Aman-Jean, portr. de jeune fille; Berton, En Vénus; petits tableaux par Carrière, Gagliardini, L. Gillot. Bi.mns, la Fonderie. — Turenne enfant, statuette par Mercié; Lidli enfant, bronze par ^4. Gaudel. — Au delà de la porte: Bourgeois, Lever de liuie; Carrier-Belleuse. Tendre aveu.

Galerie parallèle (en recommençant). 1" salle : esquisses des décorations de l'hôtel de ville (v. p. 176) par Piivis de Chavannes, MaHin, Baudoin, Eoll, J. Ferry, etc. — 2^ salle: dessins de Puvis de Chavannes; esquisses par P. Delacroix et Andrieu. — 3^ salle: décoration d'édifices civils de la ville de Paris, etc. Au centre: Meissonier montant Rivoli, bronze par J.-J^r. Meurice; plus loin, Chien de chasse, marbre par Fouques. Dans le coin à dr., décoration d'édifices religieux, par Dagnan-Bouveret, Maignan, etc. — 4e salle: surtout des esquisses et des dessins, et à g. en entrant, quelques tableaux: Boutigny , Un brave; Didier-Pouget, Landes aux bruyères, etc. Dans le coin de g.: études peintes (legs Armand Renaud). Vitrine centrale: médailles modernes.

La grille à l'extrémité de la galerie de peinture indique l'entrée de la

* Collection Dutuit, rassemblée par les frères Eug-ène et Auguste Dutuit (m. en 1886 et en 1902) et renfermant des tableaux, des objets d'art, une bibliothèque de livres rares, des estampes et des antiquités. EUe a été arrangée artistement par M. Georges Gain, conservateur du musée Carnavalet.

Mur de dr. — i™ travée. Au mur: Oudry, Chiens de chasse. — 2e travée. Paroi de dr.: Claude Lorrain, paysage; au-dessus, Tiepolo, Alexandre et Bucéphale. Dans le coin, épi de maison en faïence (fin du xvie s.), ire vitrine: faïences de B. Palissy, et de Rouen; plateau hexagonal (Rouen; xvme s.); bassin rond hispano-mauresque bleu et or; plat de Damas; deux plats siculo-arabes; en bas, un *mortier en faïence jaspée de B. Palissy. Plus haut, plat en faïence de Rouen aux armes de St-Simon, fait pour en remplacer un d'argent lors de la disette de 1709. Au mur, trois bas -reliefs de l'école des Délia Robbia; la Vierge et l'Enfant, école florentine (xve s.). Devant, deux landiers de bronze, école florentine (xve s.); le Jour et la Nuit, d'après Michel -Ange, réductions attribuées à Jean Bologne. 2e vitr., en bas : plats de CTubbio, de Faenza et de Deruta, à reflets métalliques et à sujets mythologiques ou bibliques. Au milieu: situle de l'école des Patanazzi; plat rond de Pesaro, avec l'écusson des Orsini; *plat de G-ubbio orné d'une figure de femme (xvi« s.); tasse d'accouchée; aiguières. En haut, une gourde d'Urbino. Au coin à g., Jordaens, Martyre de Ste Apolline (esquisse). A la paroi: sur une table, statuette de femme en bois, travail champenois (xvi^ s.) et deux bronzes Louis XIV; puis, un Ave Maria, de l'école des Délia Robbia; dessins de Guardl: Vues de Venise. — 3« TRAVÉE. Paroi de dr.: dessins de Ruisdad, van de Velde, lan Dyck, Berghem ; au milieu: *Bembrandt, Saskia couchée. Au mur: *Bembrajidt, portrait de l'artiste, par lui-même, signé et daté (1631); à g. du Rembrandt: ^Hackaert, paysage; *Art van der Xeer, Coucher de soleil; autres tableaux de van Goyen, A. van Ostade, A. van de Velde, etc. Devant, une vitrine avec des dessins àJA. van de Velde, deux Bakhuysen, un van Goyen, et *le Joueur de cornemuse, dessin en couleur, par A. van Ostade. Plus loin: A. van Ostade, un Buveur; *D. Téniers, le Liseur de gazette; un Corn. Béga; Brouwer, Scène de cabaret; un Wouicernuoi; *J. Steen, le Petit quêteur (fête des Trois -Rois?); van Goyen, paysage: encore des D. Téniers; puis, *Terburg, la Femme au miroir; Lingelbach, Animaux. Devant, une vitrine avec des dessins par Ouyp , Berghem; une Ste Famille , école italienne , et un paysage de Patd (xvme s.). A la paroi de g.: dessins par Ph. de Koniyick (une Rue), C. Visscher, C. Dusart, Hobbemn , L. de Leyde , van Ostade, Ommeganck , etc. — 4e travée. Paroi de dr. Exposition de gravures qui varient. La collection possède

72 Rive dr. l. CHAMPS-ELYSEES. Petit Palais:

des *eaux-fortes de Rembrandt, où diverses pièces se trouvent en plusieiirs états. Parmi ces 400 feuilles, on remarque surtout: Jésus guérissant les malades, pièce dite «aux cent florins» (achetée 29 700 fr. par Palmer en 1867 et 27 500 fr. paj- Dutuit). Les estampes de la collection sont de Durer, Maiitegiia, C'ailot, Claude Lorrain, etc. Ou ne peut les consulter qu'avec une autorisation spéciale. Au mur, Poussin, Massacre des Innocents; puis, des vitrines plates contenant des reliures, dans les styles de l'Empire et de la Restauration; Louis XVI, Louis XV et des livres reliés de Derôme, Grolier et Maïoli (xvie s.). Vitr. du fond (au milieu, devant la sortie): * Histoire du Grand Alexandre, manuscrit in-folio, par Jean Vauquelin , translateur au service de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, avec 204 miniatures (xv« s.).

Mur de g., en revenant. — ire travée. Vitr. plate: premiers livres à gravures. 2» vitr. plate: reliures Louis XIII, etc. Au delà de la porte. 3» et 4e vitr. plates : vignettistes du xviiie s. (J. Cars, etc.). — 2e TRAVÉE. Parol de dr. : J. Steen, la Diseuse de bonne aventure ; *D. Téniers, la Partie de cartes; *Adr.van Ostade, l'Analyse. En haut: Adr. van de Velde, paysage; *Janssens, Intérieur hollandais; *Iiuisdael, Plaines de Haarlem. Vitrine: dessins de van Does, Berghem, etc.; esquisse de vander Meulen (Louis XIV et son état-major). Au mur: van Everdingen, Marine ; Berghem, une Halte ; *Terburg, le Fiancé ; Weenix, Société joyeuse; *Hobhema, les Moulius; Adr. van de Velde, Mercure et Argus; Uobbema, Route en forêt; * Gonzalès Coques, Réunion d'artistes, parmi lesquels sont Brouwer, Gr. Coques, etc.; paysage, -pur Berck-Ueijde. Vitrine: trois dessins de Bembrandt, des dessins et petits croquis par A. van de Velde, etc. Paroi de g.: un P. Codde; *G. Metsu, Femme au clavecin; Palamedès, Intérieur; I. van Ostade, la Ferme; jV. Maas, Brodeuse; Cuyp, Deux vaches; *Buisdael (en havit), le Château; Palamedès, le Mauvais lieu; Mieris, le Chant interrompu (en haut). Vitrine: dessins. — 3e travée. A la paroi de dr.: paysages, par de Marne, etc.; panneaux du carrosse d'un cardinal italien (xviiie s.); petits bronzes Louis XIV. Au mur: H. Robert, la Maison carrée à Nîmes; un Boucher; un J. Vernet; *Fragonard, l'Allée ombreuse; dessins de Boucher et de Lépicié; Watt eau , série de têtes d'étude. Devant, sur une commode: Clodion, le Faune et la Bacchante. Plus loin, au mur : Fragonard, Vue du jardin de la Villa d'Esté ; H. Robert, Lavandières dans un parc; Pater, Réunion dans un parc; Oudry, Chiens. Sur une commode, Clodion, Bacchante. En haut: panneaux d'un carrosse (v. ci-dessus). Paroi de g. : Leblond, portr. de Louis XV (gravure en couleur) ; Clodion, Bacchanales (bas-reliefs); Chardin, le Singe antiquaire; H.Robert, le Colisée. — Les cinq gobelins médiocres, au mur de g., proviennent de la collection Dutuit; les autres belles tapisseries faisaient d'abord partie du Garde-Meuble de la Ville.

Vitrines centrales, rangée de dr. en partant de l'entrée.

ire VITR.: dix moutres ; bijoux de la Renaissance; broc en métal ayant, dit-on, appartenu à Luther; baiser de paix (travail ital., xvie s.); à l'extrémité de g., *buste de jeune homme, bronze ital. (xve s.). — 2e vitr. : verres de Venise à reflets métalliques; ^chandelier presque intact en faïence de St-Porchaire, dit d'Oiron (2e période), aux armes de France et au chiffre de Henri II; à g. du chandelier, *biberon aussi en faïence de St-Porchaire (1™ période), au chiffre du connétable Anne de Montmorency et de Madeleine de Savoie, sa femme; à dr., biberon de même faïence (Ire période); lampe de mosquée (xve s.); buire en verre de Venise (xve g.). — 3^ vitr.: Emaux de Limoges (xvie s.). Côté g. : triptyque (Ste Famille), par Nardon Pénicaud ; *portr. de femme, par L. Limosin; Scène de l'Histoire de Jason, plat par J. Courteijs ; autres pièces, par N. Pénicaud et J. Courteys. En haut: *aiguières avec l'Histoire de Jason, par J". Courteys; coupe, salière et triptyques de Pierre Raimond et N. Pénicaud ; triptyque. Extrémité de dr. : Neptune apaisant la tempête, par Martin Didier. Côté dr. : *Adoration des Mages, par Jean II Pénicaud d'après l'estampe d'Albert Durer (xvie s.); Descente de croix, par J. Courteys; coffret émaillé, avec les

Coll. Dutuit. CHAMPS-ELYSEES. P^^ve dr. i. 73

Travaux d'Hercule. Extrémité de dr. : triptyque. — Grande viteine cestkale: livres et manuscrits enluminés. Côté de l'entrée: le Grand Boèce, De Consolatione (miniatures de Vérard; 1494); les Heures de la Vierge Marie (xve s.). En haut: Relation des Funérailles d'Anne de Bretagne ou le Trespas de l'Hermine regrettée, par Pierre, Choque (1515). Côté de la sortie: Poëme d'Adonis, donné à Fouquet par La Fontaine (1658); le Labyrinthe de Versailles (1667) , aux armes de Louis XIV. — 4e titr. à dr. : livres à reliures ayant appartenu à Mmes de Maintenon, du Barry, de Montespan, puis à Louvois, Fouquet. Richelieu, Colbert, etc. Audessus: reliures de Padeloup (1583). Maïoli (1584), etc.; reliure dite à la fanfare attribiiée aux Eve; ^Histoire d'Hérodote; reliures mosaïques. — A g. de la sortie: buste à' Auguste Dutuit, bronze par P. Fosca (Naples).

Vitrines centrales, rangée de g-., en revenant.

ire viTR. Côté g., reliures d'œuvres ayant appartenu à Henri III. Henri II et Diane de Poitiers, Marie de Médicis, Marie-Autoinette, etc. — •2e viTR. Côté dr. : olifant d'ivoire: plaque évangéliaire, ivoire byzantin (xes.); chapelets en ivoire, travail français (xvie s.) : croix processionnelle de Théodoros, argent gravé, travail byzantin ; arçon de selle sculpté, travail allemand (xvé s.), etc. Extrémité de dr. : *poudrière en ivoire, travail ital. (xvies.); au-dessus, manche de couteau (xive s.). Côté g.: Scènes de la vie du Christ, deux bas-reliefs en ivoire, travail français (sives.); deux plaques de châsse avec émaux champlevés (xmeg.)j *tTiptyque d'époque romane (reliquaire de la vraie croix): au centre, une double croix et deux anges portant la lance et Téponge; agrafe de chape en cuivre doré; deux reliquaires, travail rhénan (xme et xive s.). En haut: coffret en os, avec scènes de belluaires, travail ital. (xvies.); volute de crosse; Vierge processionnelle provenant de l'abbaye d"Ourscamp, près de Xoyon , style roman (xue».); crosse d'ivoire, travail français (xive s.) ; coffret en ivoire avec scènes de la Vie des saints; deux chandeliers limousins (xue s.); navette à encens. Extrémité de g.: la Flagellation, émail attribué à Monvaemi. — 3e vitr. Argenterie Louis XV. En haut: *pendule de Lepaute (Louis XVI), petit déjeuner de Mme du Barry en porcelaine de Sèvres; deux salières en argent par M. Bouty (1778). — 4e vitr. Laques, jades et céladons.

Galerie des antiques, où l'on entre par la porte à dr.

A g., tête en bronze d'un personnage romain, découvert aux Fins d'Annecy (Haute-Savoie; nie s. ap. J.-C). — Mur de dr.: Bonus Eventus, bronze trouvé aux Fins d'Annecy. — l^* vitr. (au mur). En bas, petits bronzes: poids en forme de porc gras; 59, aiguière étrusque; anse de sitiile macédonienne; Hercule et Télèphe, etc. l'* tablette: petit vase de toilette romain; vase en forme de tête de nègre (art alexandrin), etc. 2e tablette: timon de char en forme de guerrier grec ; Tritonide (art alexandrin) ; balance romaine; Jupiter lançant la foudre; *buste d'Antonia, et plus loin, *Antonia (nièce d'Auguste, mère de Germanicus et de Claude) en Vénus; curieux buste - amulette de Mercure , dit aux clochettes , bronze gaUoromain (v, p. 381); buste de Bacchus libyen jeune, etc. En haut, poteries: lécythes et rhytons. Au mur: buste d'Àntonin le Pieux, bronze du ine s. (trésor d'Annecy). — 2e vitr. Poteries. En bas: hydrias à ligures rouges ou noires; 64, hydria avec Orphée, des Satyres et des Ménades: canthare: deux jeunes lutteurs et un paidotribe. Au milieu: jolies figurines en terre cuite de Tanagre; lécythes à figiu'es; 42, hydria avec Orphée et les Ménades; *52, hydria: les Trois Grâces (Charités) à leur toilette. En haut: lécythes, figurines de Tanagre, etc. — Au mur, sur un support: reine d'Egypte en Isis, bronze vert, travail égypto-grec (uie s. av. J.-C). — 3e VITR. Bronzes. En bas: Jupiter nu (ancien style grec); peson de balance en forme de crâne humain coiffé d'un papillon; *anse de chaudron romain; déesse étrusque; Thoutmosis III, roi d'Egypte. Au milieu: *groupe de deux personnages étrusques trouvé à Cività Castellana; Imhotep , l'Esculape égyptien, etc. En haut: placage en bronze d'un char étrusque; deux couronnements de lit. — Au mur: *Bacchus debout,

74 Rivi dr. 1. CHAIiTPS-ÊLYSÉES. G-i'aml Palais.

bronze vert du iv» s. av. J.-C. trouvé à Rome en 1880. — Au fond : tête en bronze de personnage romain (Fins d'Annecy, v. ci-dessus).

Vitrines centrales. 1"^ vitk. (en revenant). En bas: vase à Hguros noires avec un aurige, Athéné casquée sur son char, Héraclès et Hermès; coupes, rhytons, verres antiques. En haut: vase grec avec des Satyres et desMénades; miroir grec en bronze à graffiti avec Vénus et un autre avec Hélène (v» s. av. J.-O.); le *Somnieil aux tempes ailées, bronze trouvé à Arles; *ciste de Palestrina avec des scènes de l'Iliade; Pâtre grec en bronze, les yeux incrustés d'argent, peut-être de l'école d'Alexandrie (iii« s.). Extrémité de dr. : masque de Méduse en pâte de verre (iv^ s. av. J.-C). — 2e viTR. : belles médailles de Lucrèce Borgia; de Malatesta de Rimini, par 3/n/^eo de Posti ; de Sigismond Malatesta, par Bertolio, etc.

— 3e VITE. Extrémité de g.: collier d'esclave avec iine inscription latine signitiaut: «Prends-moi et ramène-moi à Aprouiauus Palatiuus, à la Serviette d'or, au mont Aven tin, car je me suis enfui» ; miroir gravé à graffiti ; tessère judiciaire; monnaies grecques, p. ex. de Syracuse, monnaies romaines. Côté dr. : boucles d'oreilles étrusques; monnaies romaines; miroir de Palestrina; collier formé de monnaies d'or, etc. Extrémité de dr. : *acteur grec en ivoire polychrome; monnaies de Charles VII, etc. Côtédr.: plaque de carcan d'esclave avec inscription; tessères consulaires; sceaux privés. — 4^ vitr. : *grande médaille de Henri IV et de Marie de Médicis, par G. Dupré; médaille de G-eorges d'Estouteville , cardinalévêque de Rouen, qui obtint la réhabilitation de Jeanne d'Arc (1457) ; de ^François le^, par Romelli ; de *Catherine de Médicis, par G. Pilon, etc.

— 5» VITR. En bas, beaux rhytons et poteries. Extrémité de dr. (bronzes): bulletin de vote d'un juge athénien, etc. En haut: rhyton à scènes bachiques ; *patère phénicienne en argent; anse en argent ciselé. En bas: rhytons, grand canthare, etc.

La belle cour centrale du Petit Palais, ornée de parterres, de bassins et de sculptures, est provisoirement fermée au public.

Le G-rand Palais (pi. R. 15; //), construit par Deglane, Thomas et Louvet, s'étend à l'O. jusqu'à l'avenue d'Antin. Il a aussi une façade à double colonnade, des dômes sui'baissés et un portail orné de sculptures, par M. Verlet^ Lombard, Gasq, Boucher , C. et H. Lefehvre, Lahatut, Barrau, Béguine, Charpentier, etc. Au-dessus des perrons d'angle, deux quadriges superbes : l'Harmonie terrassant la discorde et l'Immortalité devançant le Temps, par Récipon. Derrière la colonnade, une frise en mosaïque de verre: les Grandes Epoques de l'Art, par G. Martin, d'après Ed. Fournier. La coupole du vestibule doit être ornée de peintures par Besnard. Ce palais est destiné aux expositions de peinture et sculpture annuelles (p. 38), du cycle et de l'automobilisme, aux concours hippique et agricole, etc.

Au delà du Grand Palais, à g., le palais de Glace (p. 43).

Vis-à-vis, de l'autre côté de l'avenue, le pavillon de VElysée (restaur. Maire; p. 14) et le beau théâtre des Folies - Marigny .

— A dr. du pavillon Maire, au milieu de la verdure, le monument d'Alphonse Daudet (1840-1897), le romancier, statue en marbre blanc par de St-Marceaux, érigée en 1902.

Le parc ou Carré des Champs-Elysées s'étend jusqu'au Rond- Point des Champs-Elysées (pi. R. 15 ; //) , place circulaire ornée de corbeilles de fleurs et de six jets d'eau, à mi-chemin entre la place de la Concorde et l'arc de triomphe de l'Etoile. — Av. Ma-

Arc de VEtoîle. CHAMPS-ELYSÉES. «^'^'e dr. i. 75

tignon (à dr. du rond -point), n" 3, la maison où le poète Henri Heine mourut en 1856, avec un grand balcon (au 5^ et.), où il se tenait souvent. — L'avenue d'Antin, qui traverse le rond-point, s'étend au X. jusqu'à la rue duFaubourg-St-Honoré et à St-Philippedu-Eoule (pi. B. 15; II), basilique du style classique, bâtie de 1769 à 1784, sur les plans de Cbalgiin, avec une coupole décorée d'une descente de croix par Chassériau. Au S., l'avenue descend au pont des Invalides (p. 228).

1,^ avenue Montaigne, qui part aussi du rond -point, va vers le pont de l'Aima (p. 229).

Ensuite, à g. de l'avenue des Champs-Elysées, le beau rpiartier Marb evf {stsit. du Métro.), tout moderne, composé de riches hôtels particuliers. Le Trocadéro (p. 234; stat. du Métro.) est à env. 1500m. de ce côté, par la rue Pierre-Charron. Plus haut dans l'avenue, à g., le grand Elysée Palace Hôtel (p. 3).

La place de V Etoile (pi. B. 12; /), sur une petite éminence, jadis le sommet de la montagne du Eoule, où aboutit l'avenue des Champs-Elysées, est ainsi nommée parce que de là rayonnent douze avenues (p. 76).

L'*arc de triomphe de l'Etoile, qui en occupe le milieu, est le plus grand de tous les monuments de ce genre. Commencé par Xapoléon 1er, gji 1806, en mémoire de la bataille d'Austerlitz, sur les plans de Chalgrin (m. 1811), il n'a été terminé que sous Louis-Philippe, en 1836. Il consiste en un seul arc de 29m. de hauteur sous voûte et de près de 15m. d'ouverture, croisé sur les côtés par un arc de 18 m. sur 6. Tout l'édifice a env. 49 m. 50 de hauteur, près de 45 de largeur et plus de 22 d'épaisseur. Il est richement orné de sculptures. A l'E., du côté des Champs-Elysées : à dr., le Départ de 1792, par Rude, le plus beau des quatre groupes, avec la Bellone. Au-dessus, les Funérailles de Marceau (1796), par Lemaire. — A g., le Triomphe de 1810, après la campagne d'Autriche, par Cortot. Au-dessus, Murât faisant prisonnier le pacha Mustapha, à Aboukir (1799), par Seurre aîné. — Sculptures à rO.: à dr., la Résistance contre les envahisseurs (1814); à g., les Bienfaits de la paix (1815), par Etex. Au-dessus, le Passage du pont d'Arcole (1796), par Feuchères^ et la Prise d'Alexandrie (1798), par Chaponnière. — Bas -reliefs sui' les côtés: au X., la Bataille d'Austerlitz (1805), par Gechter; au S., la Bataille de Jemmapes (1792), par Marochetti. — Les Victoires à côté des voûtes sont de Pradier. Sous la corniche, une frise représentant le Départ et le Retour des armées; puis, les noms de 172 batailles et ceux de 386 généraux qui ont figuré dans les guerres de l'Empire, les noms soulignés désignant ceux qui sont morts au champ d'honneur. — C'est sous cet arc que le cercueil de Victor Hugo (m. le 22 mai 1885) fut placé sur un haut catafalque, le 1«=»" j^in iggs (^y. p. 288).

La. ^Yue àe la, plate -forme, où conduit un escalier commode

76 Rive dr. i. CHAMPS-ELYSEES. ^rc de l'Etoile.

sous l'arcade du 8., est fort belle. On peut y monter de 10 h. à 4 ou 6 h., et on le fera de préférence vers le soir, après la pluie et par un vent d'ouest : entrée gratuite (le gardien demande quelques sous pour une œuvre de bienfaisance). Il y a en tout 273 marches.

En face: les Champs-Elysées, avec le Grand Palais à dr. ; plus loin, le Louvre et deitière la tour St-Jacques, l'hôtel de ville, etc. A dr. de là, Notre-Dame et le Panthéon, avec St-Etienne-dii-Mont à sa g., le dôme de la Sorbonne en deçà; devant, le clocher de St-Grermaiu-des-Prés; à dr., les deux toiirs de St-Sulpice; en deçà, les deux flèches de Ste-Clotilde; à dr., au loin, le dôme du Val-de-Grâce; plus près à dr., le dôme des Invalides; au loin, le clocher de Montrouge; puis, en deçà, la tour Eiffel et le palais du Trocadéro. A g. du Louvre (au N.), le dôme de la Bourse; la colonne Vendôme, le toit vert de la Madeleine, les hauteurs du Père-Lachaise et de Belleville, avec le Crématoire et les églises de la Croix et de Belleville; devant, l'Opéra; puis le dôme de St-Augustin ; bien haut, l'église du Sacré-Cœur et au loin St-Denis ; à g. de là, les hauteurs de Montmorency et de Cormeilles, etc. A l'O.: les avenues de la Grande-Armée et de Neuilly, qu'on projette de prolonger jusqu'à la forêt de St- Germain- en -Laye, le Mont-Valérien, l'avenue du Bois-de-Boulogne et le bois lui-même, enfin les hauteurs de St-Cloud et de Meudon.

Des douze avenues qui rayonnent de la place de l'Etoile, nous mentionnerons encore: à dr. , Vavemie de Friedland, où se trouve le monument de Balzac (1799-1850), le romancier, marbre par Falguière, et V avenue Hoche, menant au parc Monceau (750 m.; v. p. 225) ; de l'autre côté de l'arc de triomphe, V avenue de la G-rande- Armée, prolongement de celle des Champs-Elysées dans la direction de Neuilly (v. p. 227); à g., V avenue du Bois - de- Boidogne (p. 240); V avenue Kléber (stat. du Métro.), qui va au Trocadéro (tramway), en passant devant le joli palais de Castille (n» 19), à l'ex-reine Isabelle d'Espagne, et V avenue Victor-Hugo , qui mène au bois de Boulogne par la porte de la Muette (pi. R. 5; v. p. 240). Sur la place de ce nom (pi. E. 9; stat. du Métro.), un monument de Victor Hugo (1802-1885), par E. Barrias. La statue en bronze du poète se dresse sur un rocher flanqué de figures allégoriques: le Drame, la Poésie lyrique, la Satire et la Gloire. Sur le socle, des bas-reliefs. — Le poète est mort au n^ 124 de l'avenue.

Encore à la place de l'Etoile, à dr. en venant des Champs-Elysées, une station du Métropolitain (v. l'append., p. 40), le tramway de St- Germain-en-Laye (p. 376) et d'autres tramways, etc.

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