Les Boulevards
Pour le Métrox>olitain des grands boulevards ou «ceinture intérieure», V. l'appendice, p. 39.
La large rue Royale conduit de la place de la Concorde (p. 63) au N. à la Madeleine, d'où partent à g. le boulevard Malesherbes (p. 224) et à dr. les Grands Boulevards (p. 77).
La *Madeleine (pi. R. 18; //) rappelle, à l'extérieur, les temples romains. Elle a été commencée en 1806, sur les soubassements d'une église du xviii^ s., par Napoléon P"" qui l'avait destinée
LA MADELEINE. ^ive dr. 2. 77
à un temple de la Gloire. L'architecte fut P, Vignon. Louis XVIII voulut en faire une église expiatoire , avec des monuments à la mémoire de Louis ^Yl et de Marie-Antoinette. Elle a été terminée en 1842 sur les plans de l'architecte Huvé. L'édifice a 108 m. de long sur 43 de large; il repose sur un soubassement d'env. 7 m., et il a encore plus de 30 m. de haut à l'intérieur sous les coupoles. Tout aiitour règne une majestueuse colonnade d'ordre corinthien. Il n'est pas entré de bois dans la construction. Les murs, sous le portique, n'ont pas de fenêtres, mais 34 niches, garnies de statues de saints et de saintes. Le fronton de la façade, par Lemaire, représente le Jugement dernier. La porte principale, en bronze, de 10 m. 50 de haut sur 5 de large, est ornée de bas-reliefs par Triquetif représentant le Décalogue.
L'isTÉRiEUR ue peut se visiter que de 1 h. à 6 li. de l'après-midi (quand la grille est fermée sur la façade, on entre par les portes latérales près du choeur). Il n'y a qii'ime seule nef, avec chapelles sur les côtés, contre des colonnades derrière lesquelles sont des tribunes. La voûte est divisée en trois coupoles à jour d'en haut et un hémicycle. Dans les pendentifs, les Apôtres, sculptés par Pradier, Rude et Foyatier. — Sculptures et peintures des chapelles: à dr. , le Mariage de la Vierge, par Pradier; à g., le Baptême de J.-C, par Rude; à dr., Ste Amélie, par Bra, et la Conversion de Ste Madeleine, par Schnetz; à g., St Vincent de Paul, par Raggi, et le Repas chez Simon le Pharisien, avec Ste Madeleine lavant les pieds du Sauveur, par Couder; à dr., le Sauveur, par Duret, et Ste Madeleine au pied de la croix, par Bouchot; à g., la Vierge, par Seurre, et des Anges annonçant à Ste Madeleine la résurrection du Sauveur, par Cogniet ; à dr., Ste Clotilde, par Barge, et Ste Madeleine priant au désert avec les anges, par Abel de Pujol; à g., St Augustin, par Etex, et la Mort de Ste Madeleine, par Signal. — Le maître autel est surmonté d'un groupe de marbre par Marochetti, l'Assomption de Ste Madeleine. A l'abside, une mosaïque représentant le Christ et des personnages du Nouveau Testament, par Gilhert-Martîn, et au-dessus ime gi-ande fresque de Ziegler, le Christianisme en Orient et en Occident (en bas, Napoléon le"" et Pie VII).
La Madeleine est renommée pour la musique religieuse et les exécutions avec orchestre, aux grandes fêtes et dans la semaine sainte. — Sortie de la messe, v. p. 59.
Derrière l'église se trouve, depuis 1900, la statue de Lavoisier (1743-1794), le chimiste, par E. Barrias. Sur le socle, des basreliefs en bronze, représentant, d'un côté, Lavoisier dans son laboratoire avec sa femme, et de l'autre, le grand chimiste donnant son cours à ses élèves : Cundorcet, Lagrange, Laplace, Lamarck, Monge, etc. Derrière, l'énumération de ses découvertes.
Devant l'église, à dr. de la rue Royale, s'élève la statue de Jides Simon (1814-1896), le philosophe, marbre, par D.Puech (1903), devant son anc. maison. Sur le socle, des bas-reliefs en bronze doré.
Pour le boul. Malesherhes, St-Augustin, etc., au N.-O. de la Madeleine, V. p. 224. — Oinnibus et tramways, v. l'appendice, p. 29 et p. 34.
Les **grands boulevards ou boidevards intérieurs, larges de 30 m. sur une longueui- de 3(X) m. et qui font le tour de l'anc. ville de la Madeleine à la place de la Bastille, doivent leur origine à un agrandissement de la capitale sous Louis XIT. Leur nom, qui
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rappelle les «boulevards» du moyen âge alors démolis, se retrouve dans celui des «boulevards extérieurs» qui entouraient la ville jusqu'en 1860, et dans les «boulevards d'enceinte» qui longent les fortifications à l'intérieur de la ville. Depuis 1852, on applique aussi ce nom à beaucoup d'autres artères qui n'ont aucun rapport avec les remparts. Les «grands boulevards» forment les boulevards par excellence et le centre de la vie parisienne. Une promenade de la Madeleine à la place de la République, vers 4 h. de l'après-midi, familiarisera le mieux l'étranger avec la physionomie de Paris. La circulation y est alors énorme et l'on est frappé de voir tant d'équipages élégants, d'automobiles, de fiacres et d'omnibus. Si l'on est fatigué, on montera sur l'impériale d'un omnibus (ligne Madeleine- Bastille, etc.).
La plupart des boulevards sont pavés en bois, comme les avenues et les rues principales. Ils ont de larges trottoirs en asphalte, bordés d'arbres. Ces arbres périssent souvent, mais ceux qui meurent sont remplacés par d'autres déjà fort développés. Devant les cafés et les brasseries s'alignent de larges rangées de chaises et de petites tables. Sur les bords des trottoirs s'échelonnent des bancs, à l'usage des passants, des chaises qui se louent 10 c, des kiosques à journaux et à fleurs, des colonnes d'affichage, des bureaux de contrôle pour les fiacres, etc. Au milieu de la chaussée se trouvent, aux coins des rues, des refuges ou plates-formes destinées à en faciliter la traversée, et qui permettent de ne prendre garde à la direction des voitures que dans un sens. Çà et là des agents, armés d'un bâton blanc, interrompent de temps à autre la course précipitée des véhicules.
Le boulevard de la Madeleine (pi. R. 18; //), qui commence la série, en est un des plus petits (220 m.). Au n° 8 de la rue de Sèze (côté dr.), qui en part à g., la galerie Georges Petit (p. 38).
Le ^boulevard des Capucines (pi. R. 18-21; 77), qui vient ensuite, s'étend jusqu'au delà de la place de l'Opéra. A g., V Olympia (p. 39) et plus loin le café de la Paix et le Grand- Hôtel (p. 4). A dr., le glacier Napolitain (p. 20).
La PLACE DE l'Opéra (pi. R. 18; 77), que traverse le boulevard, est une des plus belles places de Paris. De là rayonnent cinq larges rues. Du côté S. , à dr. , la rue de la Paix, au bout de laquelle on voit la colonne Vendôme (p. 86); au milieu, V avenue de V Opéra (p. 88), qui forme avec la rue précédente un angle aigu, où est le cercle militaire; à g., la rue du Quatre-Septemhre, qui va vers la Bourse (p. 211), etc. Du côté N., à dr. de l'Opéra, la rue Halévy; à g., la rue Auber, qui mène à la gare St-Lazare (p. 217). La rue Boudreau, à g. de la rue Auber, mène au petit square de l'Opéra, où se voit un Pégase, par Falguière. — • Suite du boulevard, V. p. 81.
deVO. à VE. L'OPÉRA. Rive dr. 2. 79
Une partie de la place de l'Opéra est occupée en 1903 par les vastes chantiers du Métropolitain (v. p. 26), entourés de palissades. Trois lignes superposées passeront sous cette place: la ligne supérieui-e, de l'avenue de Villiers à Ménilmontant (son plafond métallique servira de plancher à la place); la ligne intermédiaire, du Palais-Royal à la place du Danube, et la ligne inférieure, d'Auteuil à la Madeleine.
L'^Opéra (pi. E. 18; //) ou V Académie nationale de Musique, magnifique monument sur les plans de CTi. Garnier, a été construit de 1861 à 1874. C'est le plus vaste théâtre du monde, occupant une superficie de 11237 m. carrés, mais il ne renferme que 2156 places (Scala de Milan: 3600). Pour juger de ses dimensions colossales il faut en faire le tour, et sa masse énorme surprend encore quand ou la voit de quelque hauteur. L'emplacement seul a coûté 10 500 000 fr. et les frais de construction se sont élevés à 36 500 000 fr. Il n'y a guère de variété de marbre rare ou de pierre précieuse qui n'ait été employée à sa construction.
La façade principale, précédée d'un large perron, se divise en trois étages. Au rez-de-chaussée s"ouvre le vestîbide, percé de sept arcades , dont les deux dernières à dr. et à g. formant les entrées principales sont flanquées chacune de deux grands groupes, tandis que quatre statues s'adossent aux piliers des arcades intérieures. Ces groupes et ces statues représentent de g. à dr. : la Poésie lyrique, par Jouffroy; la Musique, par Guillaume ; l'Idylle, par Aizelin ; la Déclamation, par Cliajm; le Chaut, par Dubois et Vatrinelle; le Drame, par Falguière; la *Danse, par Carpeaux, et le Drame lyrique , par Perraud. Au-dessus de ces statues , des médaillons de Bach, Pergolèse, Haydn et Cimarosa. Au premier étage, une loggia, avec trente colonnes corinthiennes monolithes, dont seize de plus de 10 m. de haut, en pierre, et quatorze plus petites, en marbre jaspé et à chapiteaux en bronze doré, encadrant sept baies à balcons. Dans les intervalles, des cartouches avec des bustes en bronze doré de grands compositeurs.
Au-dessus de la loggia, un attique richement sculpté et bordé de masques de théâtre aussi dorés. Aux deux angles, des avant-corps à frontons semi-circulaires, surmontés de groupes dorés par Gumery, la Musique et la Poésie, avec les Muses et les Eeuommées. Au centre de l'édifice s'élève un dôme peu saillant, au-dessus de la salle, et derrière un fronton triangulaire, là où commence la scène. Il est décoré au centre d'un Apollon avec une lyre dorée, par A. Millet, et sur les côtés de deux Pégases, par Lequesne.
Aux façades latérales, on remarque surtout des pavillons. A g,, le pavillon d'honneur, avec une double rampe pour les équipages. Devant, le monument de Ch. Garnie?', l'architecte (1825-1898), buste sur un haut socle avec le plan de l'édifice et orné de figures, par Carpeaux (1903). A dr., le pavillon des abonnés, l'entrée à couvert
80 Rioe dr. 2. L'OPERA. ^-«« boulevards
pour les voitures (v. ci-dessous). Ces façades sont aussi décorées de bustes de musiciens et, aux frontons, de figures symboliques. A dr., dans les rues Halévy et Gluck, une rangée de beaux candélabres ou torchères en bronze, d'après Carrier -Belleuse. — Représentations de l'Opéra, v. p. 34.
L'*iNTÉuiEUR est des plus somptueux. Dans le vestibule, des statues de LuUy, Rameau, Gluck et Hsendel, et de chaque côté, les bureaux. En face, V^escalier d'honneur, qui est grandiose; c'est le chef-d'œuvre de Ch. Garnier. En prenant son billet le soir aux bureaux, on monte directement aux places par des escaliers latéraux, qui cependant communiquent avec l'autre au premier étage. Les marches de l'escalier sont en marbre blanc; les balustrades en onyx d'Algérie reposant sur des soubassements en rouge antique. Cet escalier, large de 10 m. à sa base, se bifurque au premier étage, où se trouve l'entrée de l'orchestre et de l'amphithéâtre. Il y a là une belle porte, flanquée de deux cariatides, la Comédie et la Tragédie, ainsi que des groupes en bronze servant de torchères. Entre les quinze colonnes monolithes de marbre sarrancolin, qui s'élèvent jusqu'au troisième, se trouvent à chaque étage des balcons, d'où l'on peut observer les allées et venues du public. Fresques du plafond, par Pils, de dr. à g. : Minerve combattant les Forces brutales devant les Dieux de l'Olympe, Apollon sur son char, l'Edification de l'Opéra et le Triomphe de l'harmonie. Sous l'escalier, où l'on passe pour arriver au pavillon des abonnés , un bassin avec la Pythonisse, bronze de Marcello (duchesse Adèle Colonna), et dans le pavillon même, la Musique, marbre par Delaplanche.
La salle de l'Opéra est déjà défraîchie. Il y a cinq étages de loges décorées en rouge; presque tout le reste est doré. Au quatrième étage, à la naissance des arcades, aux avant-scènes, etc., des figures et des têtes. Une belle frise fait le tour de la salle. Le plafond, les Heures du jour et de la nuit, est de Lenepneu. — La scène a 60 m. de hauteur sur oô de largeur et 25 de profondeur. Elle communique avec le foyer de la danse, dont le fond est une glace de 7 m. de large et 10 m. de haut. Ce foyer , où les abonnés ont le droit d'entrer, est décoré de portraits de danseuses célèbres et de Danses, par Boulanger.
Le "^ foyer du public est une des merveilles de l'édifice. Il y a d'abord un avant -foyer, dont la voûte est revêtue de mosaïques par Salviati, d'après Curzon: Diane et Endymion, Orphée et Eurydice, l'Aurore (Eos) et Céphale, Psyché et Mercure. Le foyer même a 54 m. de long, 18 de haut et 13 de large. Des portes vitrées donnent sur la loggia (vue), et d'autres sur le grand escalier. A côté de l'entrée principale, deux glaces de 7 m. de haut. De chaque côté, dix colonnes accouplées, avec des statues dorées personnifiant les qualités nécessaires à l'artiste. Aux extrémités, des cheminées monumentales à cariatides, derrière lesquelles sont des salons. Au pla-
de VO. à VE. BOUL. DES ITALIENS. liive dr. 2. 81
fond, aux voussures et au-dessus des portes et des glaces, des peintures renommées mais endommagées par Bavdry: au centre, la Mélodie et l'Harmonie, entre la Comédie et la Tragédie ; aux cheminées, le Parnasse et les Poètes de l'antiquité ; puis les Muses, moins la Philosophie; la Musique chez tous les peuples et la Danse.
A g. en venant de la salle, un passage, avec les Mois, par Clairia; puis un buffet (rotonde), avec tapisseries des Ciobelins d'après Mazerolle. le Vin et les Glaces, la Pâtisserie et la Pêche.
Dans le pavillon d'honneur (v. p. 79), dont l'entrée est rue Auber, à dr., au le» étage, une bibliothèque spéciale et le petit musée de V Opéra (public les jours ouvrables de 11 h. à 4 h.). A g.: portr. de Gluck. Vitrines (à dr. et à g.): poupées avec des costiimes de théâtre et reconstitution de salles de spectacle dep. le svne s. Vitr. plate (à l'entrée): portr. en miiiiatui'e de LuUy, Grétry, etc. Plus loin, à g., piano de Spontini, pendule de Rossini.' Vitr. plate (au fond): masques en cuir de danseurs (s^^lIe s.); linge ensanglanté du duc de Beriy (p. 204:); bombe jetée à Napoléon III par Orsini (1858). A dr. et à g., bustes en marbre, surtout ceux de Mme Miolan-Carvalho (p. 252), par Franceschi, et de la Guimard (1743-1816), par 3Ierchi.
Sur le reste du boulevard des Capucines au delà de l'Opéra, à g. à l'extrémité, le théâtre du Vaudeville (p. 35) et la rue de la Chaussée-d' Antin , au bout de laquelle se voit l'église de la Trinité (p. 216); puis, le café Américain.
Le "boulevard des Italiens (pi. R. 21 ; //, ///;, le suivant, est le plus distingué de tous les boulevards. Son nom, qui date de 1783, lui vient d'un théâtre des Italiens qui s'y trouvait et qui a été remplacé par l'Opéra-Comique (v. ci-dessous). A dr., n^ 33, le magasin d'orfèvrerie Christofle, dans le htoMpavilhyn de Hanovre, bâti en 1760, mais restauré en 1887. C'est là qu'était l'hôtel du maréchal de Éichelieu (1757). A g., n° 28, le théâtre des Nouveautés (p. 36), avec le théâtrophone (p. 37). A dr., le grand hôtel du Crédit Lyonnais (p. 46) et un peu plus loin, le magasin des manufactures de l'Etat (p. 55). A g., la rue Taitbout, où commence le boul. Haussmaun (p. 224). Puis la rue Laffitte, à l'angle de laquelle se trouve, sur le boulevard, l'anc. restaurant de la Maison Dorée, auj. fermé. Là s'élevait la maison où habitait Mme TaUien (1775- 1835). Au bout de la rue, l'église de Xotre-Dame-de-Lorette (p. 216), et derrière en perspective la butte Montmartre, avec son église du Sacré-Cœur (p. 218). Puis, au coin de la rue Le Peletier, le café Riche, dans le style Louis XY.
A dr. du boulevard, les rues Favart et Marivaux, entre lesquelles est l'Opéra-Comique (pi. R. 21, //; v. aussi p. 35), incendié en 1887 et reconstruit de 1893 à 1898, sur les plans àe Bei'nier, avec façade sur la petite place Boïeldieu. La décoration extérieure comprend six cariatides et des têtes ornementales par Allar, G. Michel et Peynot; aux arrière-corps latéraux, des statues de la Musique et de la Poésie par Puech et Guilbert, etc. Sur le perron,
Baedeker. Paris. 15« éd. Q
82 Bive dr. 2. BOUL. MONTMARTRE. Les boulevards
deux grands candélabres en granit ruse. — Le bureau de location est rue Marivaux, prés du boulevard.
L'iNTÉiuEUK est richement décoré. — Vestibule, statues: à dr., la Comédie lyrique, par A. Mercié; à g., le Drame lyrique, par Falguière. Sculpturi's: monument de Bizet, par Falgitière. Un monument de (jrounod doit y être aussi placé. — Escalier d'houneur de dr., peintures: Fr. Flamenff, la Tragédie (Sophocle faisant répéter Œdipe à Colone) et la Danse; le Vice fuyant devant la Vérité et la Comédie (plafond). — Escalier d'honneur de g.: L.-O. Jlferson, la Musique et la Chanson au moyen âge, l'Hymne héroïque et l'Elégie. — Vestibule du foyer, peintures par J. Blanc. — Grand foyer du public: Gervex, le Ballet de la Iteine, au Louvre, devant Henri III et Catherine de Médicis, et le Théâtre de Nicolet, à la foire St-Lauront; Maigna)i, la Ronde des Notes, scènes tirées d'opérascomiques. — Salon du côté de la rue Favart (buvette): Toudovze, la Danse, la Musique, le Jeu de «Robin et Marion » représenté devant Charles d'Anjou (xme s.), la Glorification de la Musique (plafond). Salon de l'autre côté: Raph. Coliin, la Romance, l'Ode, l'Inspiration, la Vérité animant la fiction (plafond). — Salle, plafond par Benj. Constant: la Gloire, la Symphonie, le Chant et la Poésie, entourés des types classiques de rOpéra-Comique.
Le boul. des Italiens se termine à l'E. à la rue de Richelieu (p. 210-203) et à la rue Drouot (à g.; p. 214). A dr., les bureaux du Temps et du Journal des Voyages, où il y a toujours aux devantures des photographies envoyées par les correspondants. Dans la rue Drouot, à g., au n» 9, Vhôtel des Ventes mobilières, et plus loin au N., n» 26, la maison du «Figaro» (v. p. 49).
L'hôtel des Ventes inobUières on hôtel Drouot est connu pour les ventes d'objets d'art qui y ont lieu surtout de janvier à mai, généralement à partir de 2 h. On ne saurait conseiller aux étrangers d'y acheter qu'en compagnie d'habitués de la maison. Les adjudications se font au comptant et moyennant 5"/o en plus pour les frais.
Le boulevard Montmartre (pi. R. 21 ; ///) fait suite à celui des Italiens. Plus loin, à dr. , la rue Vivienne, qui conduit à la Bourse (3 min.; p. 211) et au Palais-Royal (p. 89). Ensuite, à dr., le théâtre des Variétés (p. 36) et le 2JO,ssage des Panoramas ; à g., le passage Jouffroy et le musée Grévin (p. 39). Puis, à dr. et à g., les rues Montmartre et du Faîihour g -Montmartre, aussi de grandes artères.
A peu de distance, à dr. de la rue Montmartre, rue Feydeau, 3, V Office national du commerce. La rue Montmartre (939 m. de 1.) aboutit aux Halles Centrales (p. 196). Vers le milieu de cette rue, au coin de la rue St-Sauveur, l'enseigne «Au Soleil d'or», la plus beUe du vieux Paris, du commenc. du xviiie s.
Le boulevard Poissonnière (pi. R. 21-24; ///) doit son nom à la rue ci-après (p. 83), par laquelle jadis le poisson était surtout amené à la Halle. Au commencement, à g., le magasin de bronzes de Barbedienne & C* (p. 51). A dr., le café-concert Parisiana (p. 39); à g., la taverne-restaur. Brébant (p. 21). Au n» 9, les bureaux du Matin, où se voient toujours des photographies des personnalités du moment. Plus loin, à g., la petite rue de Rougemont, au bout de laquelle se voit l'hôtel du Comptoir National d' Escompte, reconstruit en 1883, avec une porte décorée de statues
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symboliques par A. Millet. A l'extrémité du boulevard: à dr. la rue Poissonnière et à g. la rue du Fauhourg-Poisstmnière.
Rue Poissonnière n^ 21, un hôtel datant de 1660 et habité par G-rétry en 1787 (cour et balcon). — Dans la rue du Faubourg-Poissonnière, n» 15, le Conservatoire de musique.
Le Conservatoire de musique et de déclamation (pi. B. 21, 24.; ///), sur l'emplacement de l'anc. Académie royale de musique, fondée en 1795. et qui doit être transféré ailleurs, est destiné à former des sujets pour les théâtres nationaux. Il compte plus de 70 professeurs et plus de 700 élèves. Ces derniers n'y sont admis qu'à la suite d'un concours, mais l'enseignement y est gratuit. Ceux qui en sortent avec le grand prix ont pendant quatre ans une pension de 3000 fr., avec l'obligation de voyager en Italie et en Allemagne, pour se perfectionner dans leur art. Les premiers prix ont droit à un engagement aux théâtres subventionnée. — Le Conservatoire, maintenant sous la direction de Théod. Dubois, a eu à sa tête Cherubini (1795-1804), Auber (1842-1870) et Ambr. Thomas (1871-1896). — Concerts, v. p. 37.
Le Conservatoire possède un musée instrumental très précieux, dans la seconde cour, du côté de la rue du Conservatoire, d'où l'on peut y entrer (visible le lundi avec une carte de la direction des Beaux-Ai"ts, rue de Valois, 3, et public le jeudi de midi à 4 h.). Il y a là beaucoup d'instruments remarquables, comme œuvres d'art ou au point de vue historique. — Il y a aussi une bibliothèque, la plus importante qui existe pour la musique (ouverte t. 1. jours de 10 h. à 4 h., sauf les dim. et fêtes).
Un peu au delà, au coin des mes Ste-Cécile et du Conservatoire, est St-Eugène (pi. B. 21-24; ///), église goth. bâtie en 1854-55, par L.-A. Boileau, où les piliers sont remplacés par des colonnes en fonte.
Au n'J 26 de la rue des Petits-Can-eaux (pi. R. 21, 24; IIIj, la cour Lanoix et un ancien passage de la fameuse cour des Miracles, dont il ne reste rien, mais qui du xiii^ s. jusqu'à Louis XIV était le repaire des truands et des vagabonds. Victor Hugo en a fait une admirable description dans «Notre-Dame-de-Paris». — Ensuite, dans la rue Montorgueil, la curieuse auberge du Compas-d'Or (n<^» 72-64), du xvie s. (cour).
Le boulevard Bonne - Nouvelle (pi. R. 24; ///) succède au boul. Poissonnière. A g. , le théâtre du Gymnase (p. 35) , le restaur. Marguery (p. 16), la rue d/Hauteville, par laquelle ou aperçoit St -Vincent -de -Paul (p. 213), et le grand magasin de la Ménagère (p. 50).
A quelques pas du boulevard, dans la rue de la Lune à dr., est Notre- Dame -de-Bonne-Nouvelle (pi. R. 24; III), église bâtie en 1624 à la place de la chapelle Ste-Barbe, détruite lors du siège de Paris par Henri IV (1593), et reconstruite de 1823 à 1830. Dans la l'e chapelle de dr., un beau groupe de marbre en haut relief par Ch. Desvergnes, le Souvenir des morts. La chap. de la Vierge, à g., est ornée de fresques par Aug. Hesse. Il y a d'autres peintures par Schnetz, Alaux et Abel de Pujol. — Dans la même rue, la boutique Brioche de la Lune (brioches renommées). — André Chénier (1762-1794), le poète, habitait au n» 97 de la rue de Cléry (inscription), qui croise la rue Poissonnière (v. ci-dessus).
Le boulevard St- Denis (pi. E. 24; ///), le suivant, doit également son nom aux rues voisines, la rue du Fauhourg-St-Devis à g. et la rue St-Denis à dr., une des plus anciennes artères de Paris.
La porte St-Denis, entre la rue de ce nom et celle dn Faubourg-St-Denis, a été construite depuis 1673, sur les plans de Fr. Blondel, en mémoire des triomphes de Louis XIV en Hollande
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et on Allemagne. Elle a 24 m. 05 de haut. Les pieds-droits ont sur les deux faces des obélisques engagés, recouverts de trophées militaires. Dans le bas des obélisques de la face principale, à dr., le dieu du Rhin; à g., la Hollande vaincue. Le bas-relief au-dessus de l'arc, du même côté, représente le passage trop vanté du Rhin par LoiiisXIV, en 1672; celui de l'autre face, la prise de Maestricht (1(373). Les sculptures unt été exécutées par les frères Anguier, sur les dessins de Girardon, mais à peu près complètement refaites de 1886 à 1887.
Les rues superbes qui débouchent un peu plus loin à g. et à dr., sont les boulevards de Strasbourg et de Sébastopol; avec les boni, du Palais (p. 266) et St-Michel (p. 275), ils traversent Paris du N. au S., soit de la gare de l'Est (p. 212) à l'Observatoire (p. 337). La gare de l'Est se voit à l'extrémité du boul. de Strasbourg. Dans l'axe du boul. de Sébastopol, le dôme du tribunal de commerce (p. 269).
Le boulevard St- Martin (pL R. 24-27 ; ///) succède bientôt au boul. St-Denis, et il a aussi sa porte.
La porte St- Martin, arc de triomphe de 17 m. 50, a été érigée depuis 1675, aussi en l'honneur de Louis XIV, sur les plans de P. Bvllet. Elle est percée d'une grande arcade et de deux petites. Les bas-reliefs du S., par Le Hongre et Legros père, et ceux du N., par M. Desjardins et G. Marsy, représentent la prise de Besançon, la prise de Limbourg et la défaite des Allemands, des Espagnols et des Hollandais.
Non loin au S., dans la rue St-Martin, le Conservatoire des Arts et Métiers (p. 199).
La mairie du X^ arrondissement (pi. R. 26; ///), à 300 m. de la porte, dans la rue du Faubourg -St-Martin, où l'attention est attirée par son campanile, est à l'extérieur une très jolie construction édifiée de 1893 à 1896, sur les plans d'^. Rouyer , dans le style de la Renaissance et qui rappelle l'hôtel de ville. L'intérieur n'a guère de curieux que le hall central, avec son escalier et ses trois étages de galeries. Dans la salle des fêtes, au ler, sur le derrière, un gi-and haut relief par Dalou, la Fraternité des peuples.
Ensuite, à g., le théâtre de la Renaissance (p. 36) et le théâtre de la Porte-St-Martin (p. 35), incendié par les communards et rebâti en 1873. C'est là que jouait jadis l'acteur Fréd. Lemaître (p. 85). Plus loin, la chaussée a été nivelée pour faciliter la circulation, tandis que les trottoirs sont restés à leur hauteur primitive. A g. encore des théâtres, V Ambigu- Comique et les Folies-Dramatiques (p. 36), ce dernier rue de Bondy.
La place de la République (pi. R. 27; ///), l'anc. place du Châtean-d' Eau, où aboutit le boul. St-Martin, occupe l'emplacement d'un anc. bastion de l'enceinte supprimée sous Louis XIV et n'a une forme régulière que depuis 1880. — Au X.-E. de la place, la caserne du Château, jadis du Prince Eugène (1858), a été construite par Napoléon III pour commander les boulevards. Du même côté, Vhôtel Moderne. — La statue de la République,
deVO.àVE. PLACE DE LA EÉPUBLIQ.UE. Bivedr.2. 85
œuvre réaliste des frères Morice, se dresse au milieu de oette place depuis 1883. Le piédestal, en pierre, a 15 m. 50 de haut et la statue, en bronze, 9m. 50, jusqu'au bout du rameau d'olivier qu'elle tient dans la main droite. Devant le monument , uu lion en bronze avec l'urne du suffrage universel ; autour du piédestal, des statues de la Liberté, l'Egalité et la Fraternité et douze bas-reliefs en bronze, par Dalou: Serment du Jeu de Paume, Prise de la Bastille, Abandon des privilèges, Fête de la Fédération, Séance de la Constituante, Enrôlements des volontaires. Bataille de Valmy, Combat du «Vengeur», Reprise du drapeau tricolore en 1830, Gouvernement provisoire de 1848, 4 Septembre 1870, Fête nationale du 14 juillet 1880.
De la place de la République rayonnent diverses rues importantes : au S.-E., le boulevard Voltaire (p. 247); à l'E., Vaveniie de la République, qui mène au cimetière du Père-Lachaise (p. 247); au N.-O., le boulecard de Maqenta, qui s'étend jusqu'à Montmartre, en passant devant les gares de l'Est et du Nord, et dans l'axe duquel on aperçoit le dômeréclame des Magasins Dufayel (p. 217); au N.-E., entre l'hôtel et la caserne, la rue du Faubourg-du-femple, qui croise le canal St-Martiu (p. 246) à un petit square, quai de Valmy, où se trouve un buste du grand comédien Fréd. Lemaitre (;i800-1876. par P. Granet) et qui monte à Belleville (p. 245; funiculaire, en 15 min., 10 c); au S.-O.. la vieille rue du Temple (p. 203), qui va jusqu'à l'hôtel de ville, et un peu plus bas à dr. la grande rue de Turbigo, qui descend tout droit aux Halles Centrales (p. 196). — Tramways, omnibus et funiculaire à la place de la République, v. l'appendice.
Entre les boul. Magenta et St-Martin est la Bourse du Travail fpl. R. 27 ; ///), construite de 1889 à 1890 par la ville de Paris (architecte, Bouvard) et mise par elle à la disposition des syndicats professionnels, pour arriver à la suppression des bureaux de placement.
Le boulevard du Temple (pi. R. 27 ; ///) est ainsi nommé parce qu'il est près de l'ancien quartier du Temple (p. 202). Il était jadis plus animé que maintenant, et il fut même longtemps la promenade à la mode, quand le centre de Paris était moins à l'O. (v. les gravures du musée Carnavalet, p. 187). Il y avait là alors beaucoup de théâtres. — Au n" 41, le théâtre Déjazet, dont le nom est celui d'une actrice célèbre (1797-1875), a été construit en 1852 (p. 37).
Le boulevard des Filles-du- Calvaire (pi. R. 26: III), qui vient ensuite, doit son nom à un ancien couvent (1633-1790). A l'extrémité, à g., se voit le cirque d'Hiver (p. 38).
Le boulevard Beaumarchais (pi. R. 26; ///, F), le plus long des Grands Boulevards (750 m.) et le dernier de ce côté, est ainsi nommé eu l'honneur du célèbre écrivain Caron de Beaumarchais (1732-1799), qui avait là une grande propriété. — Au n^ 99 de ce boulevard (rue 8t-Claude, n"^ 1), l'hôtel habité jadis par le fameux Cagliostro (m. 1795). X<>s 21-23, hôtel construit par Hardouin-Mansart et où habita Ninon de Lenclos (m. 1706).
La rue St-Claude, à dr., conduit à la rue de Tureime, où est l'église St-Denis-du-St-Sacrement fpl. R. 26; ///), édifice de style néo-grec, datant de 1823-1835. Dans la chapelle à dr. de l'entrée, une Descente de croix par Eug. Delacroix et une statue de Ste Geneviève par Perraud (1868). Les peintures du chœur sont d'^. de Pujol. — Rue de Turenne:
86 Bivedr.s. PLACE VENDOME.
no 54, hôtel du président de Gourgues (1728), auj. école communale; n° 60, hôt. du chancelier Boucherat et couvent de Ste-Elisabeth jusqu'en 1901 ; n" 23, hôtel de Colbert de Villacerf (1740; voir la cour). — Rue de Thorigny (presque en face de la rue St-Claude; pi. R. 26; III): n» 5, superbe hôtel du xviie s.
Le boulevard Beaumarchais aboutit à la place de la Bastille, V. p. 181. — Pour les restaurants des boulevards de l'est, v. p. 17.