MUSEE CARNAVALET
Rive dr. 5. \S9
face, du côté dr., le pavillon de Choiseid, du temps de Louis XIY. Au fond, la heïle façade de la maison des Drapiers, du xvu® s.. par L. Bruant.
Dans les galeries, des fragments d'édifices du moyen âge, de la Renaissance et dos xviie-xviii» s. Sous le pavillon de dr., une voussure et une statue équestre en haut relief de Henri IV (bronze, par Lemaire, 1838), qui surmontait une porte de l'anc. hôtel de ville. Sur les côtés, des statues de la Sécurité publique et de l'Espérance par Fr. Anguier. En face et plus loin, dix statues d'apôtres de l'école de (i. Pilon, du château d'Anet
Salles du fond, souvenirs de Paris du xlx*' s. On y entre des deux galeries de la cour ; nous y allons par celle de dr., qui aboutit aussi à l'escalier memionné p. 190.
Salle du Palais-Royal (pi. IX): modèle en relief du Palais-Royal en 1843, peintures, estampes, médaillons de contemporains d'après David d'Angers; modèle d'ane. diligence; à dr. de l'entrée (sous v^erre), masque de Béranger; à l'autre mur, en face, masque de Ste-Beuve.; à la porte vitrée à g., coffret offert à la ville de Paris par celle de Prague (1900). — Salle DE l'Hôtel -DE -Ville (pi. VIII): restes et modèle de l'anc. hôtel de ville, fragment de retable du xvie s.; au long mur de g.: paysages et vues de Paris, par Houbron, Cagniart, Teu Cate, Gillot, P.-L. Moreau, Braqnaval, etc.; du côté des portes vitrées: buste d'Alphaud (p. xxv) , bronze par Oarrier-Belleiise ; puis, des inscriptions et des médailles provenant des fondations d'anciens édifices, en particulier de la cour des Comptes (1810). — Salle de 1830 (pi. VII): charges de célébrités du temps de Louis- Philippe, statuettes et bustes en plâtre, par Dantan jeune. A l'entrée, à dr. , une statuette du duc de Bordeaux (Henri V), à l'âge de sept ans; du côté du jardin, un portrait de George Sand, en costume d'homme; fauteuil mortiiaire de Béranger; dans les vitrines, des souvenirs de la Restauration et de la révolution de 1830; à la !'■« feu. à g., plaquettes (Pasteur à l'âge de 70 ans), médailles, insignes, etc.; aux murs, des tableaux et des estampes, en particulier, à dr. en face de l'entrée, un portr. d'Ann. Carrel par A. Scheô'er et des portr. d'Alfr. de Vigny en uniforme de lieutenant et de Paul et d'Alfred de Musset enfants. — Dans le vestibule (pi. VI), un busie et des souvenirs du président Carnot (m. 1894); à dr., la porte de la chambre d'Hon. de Balzac. — Nous ressortons de ce côté et suivons la galerie, pour gagner l'escalier principal déjà mentionné.
ler étage. — L'escalier principal de cette partie du musée, la
Rrce fiai; Francs- - Bouj-naar .
plus intéressante, est au fond de la cour, à g. en arrivant, à l'extrémité des salles du rez-de-chaussée. Dans l'escalier même, des mou-
190 Hive, dr. n. MUSEE CARNAVALET. t"- ^fofr.
lages de bas-reliefs de Jean Goujon et des fac-similés d'anciens plans de Paris.
(taleuik au 8. DU JARDIN OU en face de l'escalier, trois salles (pi. 1, II et IV) et deux galeries (pi. III et V), topographie de Paris, surtout des vues de Paris, estampes, peintures et dessins; des scènes de mœurs et des souvenirs, qu'expliquent des étiquettes.
Il y en a notamment par les frères Raguenet, Demachy, Oudry, Perclle, Tliion, Hubert Robert et St-Aulnn. — Salle I: belle porte en bois sculpté provenant d'une anc. maison de Paris; à dr. , Claude ChustUlon (?), le Roman des chevaliers de la Gloire (tournoi du temps de Louis XIII); à g. (à la feu.), vue générale du vieux Paris (sous verre), aquarelles de Hoffhauer. — Salle III: à g.. Procession de la Ligue en 1590, par un élève de Pourbus; à dr. de l'escalier de la salle IV, vue du tombeau de J.-J. Rousseau dans l'ile des Peupliers, à Ermenonville (p. 409).
Au FOND DU JARDIN, suite de la topographie et commencement de la partie historique (pi. V à VIII).
D'abord deux salles (pi. V et VI) renfermant encore des vues de Paris. Dans la 2^ aussi des porcelaines de Sèvres du temps de la Révolution, avec vues et emblèmes, et une collection de plus de 200 tabatières historiques, de 1789 à 1848. Sur un support, au milieu: vues et paysages de Paris, par Ed. Yon, Fr. Ricols, Canella, J. Richomme, A. Vollon, V. Marec, Houbron, etc. — Salle Daxgeau (pi. VII): plafond très gâté (de Le Brun?) et des boiseries de l'hôtel Dangeau du temps de Louis XIV; en outre, des porcelaines, des tapisseries, une effigie funéraire de Henri IV, eu cire (1610), modelée, dit-on, par Bourdin, le lendemain de l'assassinat du roi. — Salle de la Ligue (pi. VllI): une Procession de la Ligue (v. cidessus); Dubois donnant une leçon au duc d'Orléans, peut-être de Jouvenet, et une bannière; à la feu. du côté de la rue, une collection sur l'histoire du ballon (178.3-1880). En face, porcelaines et faïences du temps de la Révolution, p. ex. l'encrier de Camille Desmoulins. Dans la vitrine à g. eu entrant: caricature (gouache) de la Procession et orgie de la Ligue, exécutée vers 1624. Plafond peint par Le Brun et restauré par Maillot: l'Olympe, Hébé présentée à Jupiter par Mercure; dans les angles, les Muses.
L'escalier voisin descend dans la salle duPalais-Eoval (souvenirs du xix^ s., p. 189). Dans cet escalier et sur le palier, des boiseries, de vieilles enseignes parisiennes en bois sculpté et en fer forgé, des plaques de cheminées. — Plus loin, à dr., la
Galerie de la Kévolution (pi. IX et XI), souvenirs de l'époque révolutionnaire: tableaux, portraits de de Launay, Chénier, Marat, Louis-Philippe-Egalité, Danton, Kobespierre, insignes, décorations, faïences, porcelaines, surtout de Xevers.
A noter, dans la 3^ vitr. de g., la «tasse à la guillotine», en porcelaine de Berlin. Du côté de la fen., bustes, statuettes, estampes, autographes; à dr. de la sortie, un masque peint de Voltaire. — Salle centrale (pi. X; scdon des SUiarts): plafond peint et boiserie du xvuie s., provenant de l'hôtel des Stuarts; vases de Sèvres du temps de la Révolution; en face, une vitrine avec reliques de ce temps, p. ex., la tabatière de Marat; buste de Delille par Pajou et une harpe sculptée; à dr., le fauteuil où mourut Voltaire et le petit fauteuil mécanique du conventionnel Couthon. — Suite de la galerie de la RévoUdion (pi. XI): portraits de Desmoulins, Mirabeau, St-Just, Hoche, J. Chénier, etc.; à g. de l'entrée, une pendule avec des satires contre la Révolution (la Folie révolutionnaire); esquisse dessinée d'après nature par David pour son tableau: la Mort de Marat; les Préparatifs de la fête de la Fédération au Champ-de-Mars en 1790, par Debucourt; puis le Serment du jexi de Paume, réduction peinte du tableau
i" étage. MUSÉE CARXAYALET. ^'f« àr. 5. 191
ébauché par David; la Pompe funèbre de Marat (à g. de la sortie); insignes, miniatures, éventails, montres, boutons; dans les vitrines à dr., axitographes de Robespierre, Mirabeau, Fouché, etc., documents relatifs à l'exécution de «Louis Capet» (Louis XVI). — Plus loin, à dr., la
Salle de la Bastille (pi. XII), dans le bâtiment principal, pièces et objets authentiques de la Révolution.
Au milieu, un modèle de la Bastille, taillé dans une pierre de la forteresse. Dans la vitrine qui reutoure, des curiosités de toute sorte relatives à la Bastille; du côté de la cheminée, des lettres de cachet (p. 181), le dernier ordre de Louis XVI à sa garde suisse, le 10 août 1792 (p. 67), un médaillon où il est représenté avec le bonnet phrygien et une écharpe tricolore. Au plafond, une bannière d'émigration. Côté de l'entrée: armoire où est représentée la prise de la Bastille, table des droits de l'homme (au mur), armes, cartes à jouer, relim-es. Constitution de 179i), reliée en peau humaine. Dans la vitrine à la fenêtre de g.: gravures, peintures. Autre armoire, portraits, notamment celui de la «veuve Capet» (Marie-Antoinette), pendant son séjour à la Conciergerie, par Prieur, et le médaillon de Charlotte Corday, dessiné d'après nature par Q,uéverdo, pendant son jugement (autre portr.. t. p. 365); rideaux de fenêtre. Côté de la cheminée: armes, instruments de supplice; vitrine contenant l'échelle et les instruments de l'évasion de Latude, qui fut enfermé 36 ans à la Bastille, par suite de démêlés avec la Pompadour. Au-dessus, le portrait de Latude, par Vestier. Côté du jardin: épées et sabres d'honneur et encore une armoire du temps.
Salle Empire (pi. XIII). souvenirs de l'Empire.
A g., le nécessaire de campagne de Napoléon I^'', de nombreuses pièces eu vermeil; puis des autographes, des médailles, etc.; à la fenêtre, souvenirs de Napoléon I^f, surtout de Ste-Hélène; une carte d'Allemagne qui lui a servi en 1806 et son masque mortuaire, ainsi que celui du duc de Reichstadt (l'Aiglon). Au mur de g.: Gros, le cardinal de Belloy, archevêque de Paris, reçoit les drapeaux pris à Austerlitz. Collection Beugnot, léguée en 1902: actes du gi-and-duché de Berg, qui échut à Murât; *portefeuille aux armes de Napoléon; bonbonnières avec miniatures de Laetitia et Jérôme Bonaparte , etc. — Un escalier monte ici à g. au 2e étage (p. 192).
Les salles en face ont été habitées par Mme de Sévigné de 1677 à 16%; elles sont maintenant, sauf la salle XYI, décorées de boiseries provenant d'anciens hôtels de Paris. — Salle XIY, dans le style de la Régence, tableaux, dessins et estampes. De g. à dr., Boilly: le Porte-drapeau (1788); "^portr. de Lucile Desmoulins; le Pont-Royal (1800); portr. de l'artiste. Aii-dessiLS de la cheminée: Pesne, portr. de Mariette. Sur la cheminée, curieuse pendule à cadran décimal de 1795. A dr. et à g.: H. Robert, Destruction de l'église du couvent des Feuillants (p. 66); dessins de Watteau, St- Auhin, etc. Au mur de dr., Boilly, Départ des conscrits de 1807. Sur la table, buste en terre cuite, par Caffieri. — Salle des Costumes (XV): au fond, une armoire avec une riche collection de costumes du xrn^ s. au commencement du xix^, donnée par M. H. Gain. Au-dessus, des fîgiuines des principaux rôles de la Comédie Italienne. Dans les vitrines et aux murs : tableaux de mœurs et de costumes. Vitrine centrale: bonnets phrygiens, cocardes, escarpins; poupées costumées du temps de Louis XV, entre autres celle de Voltaire; robe de baptême du prince impérial (1856); beaux peignes en
192 liive dr. 5. MUSEE CARNAVALET. i^" étage.
écaille. — Salle des Théâtres (XVI): portraits, caricatures, autographes et souvenirs d'artistes. A g., le portr. de la cantatrice Maillard, qui figura la déesse Raison à la Révolution. A dr., une vue du boul. du Temple en 1862, avec sept théâtres. Au mur du fond: buste de Taillade, par Deloye; statuettes de la tragédienne Rachel, par Gauthiez (1900) et de Mlle Déjazet. A la fenêtre de dr. : vitrine avec des souvenirs des «trois Dumas». — Galerie Lucien - Faucou (XVII): dessins, entre autres, Lagi^enée , 'Pompe funèbre de Voltaire (1791); va7i der Meulen, Inauguration du dôme des Invalides. A côté, deux cabinets des médailles; une armoire avec des coins et des dessins à.'Aug. Du/pré, et dans le premier cab., des souvenirs de la cantatrice Alboni (1826-1894). — Salle A. de LiESViLLE (XVIII): tableaux et dessins. Au mur de g.: Scènes de la comédie enfantine ; sans étiquettes : Jeaurat, son portrait ; Cochin, le Concours de dessin; portr. de l'architecte Ledoux (1736-1806); portr. de d'Alembert (1753-1781), par Catherine Lusurier ; à la 2e fen.. Dame de qualité jouant de la vielle (xv!!!*" s.). Au mur du fond: Jeaui'at, la Dispute à la fontaine; au-dessus. Réunion d'artistes, par Coypel. A dr. de l'entrée: portr. de Théroigne de Méricourt (1762-1817), par Vestier (?); portr. de Mme Pouget, par Chardin. Vitrine centrale: statuettes, médaillons, etc., du xviii^ s. pour la plupart. — Salon chinois (XIX): peintures rococo à sujets chinois; sur une table, modèle du château d'eau de la Samaritaine, qui était jadis près du Pont-Neuf. — Salle de Sévigné (XX): anc. salon de Mme la marquise de Sévigné. Du côté de l'entrée, *portr. de Mme de Grignan, fille de la marquise, par Mignard,. Dans la vitrine, au-dessous, une lettre de la marquise (autographe de Carnavalet); un morceau d'une de ses robes; portr. (miniature) de Mme de Sévigné ; portr, de Roger Collerye, dit Roger Bontemps, poète français (xv*' s.). A la fenêtre de dr. : une copie (mal placée) du portr. de Mme de Sévigné par Mignard. — Au fond, à dr. et à g.: le pont Notre-Dame et le pont au Change, par H. Robert. Porcelaines, bourses, petits tableaux de mœurs. — Dans le cabinet (XXI), fermé par une belle grille en fer, la majeure partie de la précieuse collection de porcelaines de Liesville. — Par la salle XX, à dr., dans la
Salle des Echevins (XXII): portraits d'échevins et d'autres magistrats ; à g. en entrant, celui de Voltaire à vingt-quatre ans, par Largillièi'e, et des estampes relatives à Voltaire. Au long mur de g.: portr. d'homme, par Duplessis. A g. de la sortie: portr. de deux echevins, œuvre excellente de Lwgillière.
On revient dans la salle Empire (XIII ; p. 191), où l'on monte par l'escalier au
II"^ étage. — Cette partie du musée se compose de six cabinets consacrés surtout au siège de Paris en 1870-1871.
le»' CAB. (à g. en entrant): tableaux, dessins et esquisses du peintre impressionniste Guillier, étrangers ;iu siège. A g. (en face de la fen.):
2« étage. MUSEE CARNAVALET. Rive dr. ô. 193
la place Maubert et le Charbonnier du pont des Arts. Au fond de la salle, le Mail. — 2^ cab. (à dr.): au milieu, un relief des environs de St-Germainen-Laye, où eut lieu la bataille du 19 janv. 1871; souvenirs de Gambetta, son masque mortuaire; uniformes et armes de célébrités de la garde nationale Qleissouier, Dubois, Carolus Duran, etc.); manuscrits, tableaux, photographies. — 3e CAB.: restes d'un ballon, dans lequel un plénipotentiaire du gouvernement de Paris parvint en Autriche; service des ambulanc^; service des dépêches par pigeons, petits journaux, bons alimentaires, laissez-passer. — 4e cab.: aliments et substances équivalentes; masque mortuaire du peintre Regnault (p. 142), tué à Buzenval. Dans ce cab. et dans les 5^ et 6» cab.: caricatures et journaux, armes, portraits; dans une armoire, veiTe fondu et autres débris des incendies. Puis, dans le 5e cab.. à la feu., le masque de G-ustave Flaubert (1821-1880), auteur de «Salammbô» (v. p. 320), et dans le G», au long mur de g., celui de Jules Vallès (1833-1885), le polémiste (don de Mme Séverine). Au-dessus de ce dernier masque: souvenirs de la visite de Nicolas II en 1896; plume qui servit au tsar lors de la pose de la pieiTC du pont Alexandre III (p. 228). A g., à côté. Réception des marins russes en 1893; Réception du tsar et les Fêtes russes en 1896, par Luigi Loir. En face, à dr., masque de Michelet et sa table de travail. A dr. eu entrant, portr. de Victor Hugo jeune, par Heim. A g. en entrant: Obsèques du président Carnot à Notre-Dame, par Houhron, et au-dessus. Vue de Paris vers 1849, grand dessin dû à Victor Hugo.
La bibliothèque historique de la Ville (pi. R. 26 ; F), destinée à remplacer celle qui a été incendiée avec l'hôtel de ville en 1871, est au a" 29 de la rue de Sévigné, dans l'anc. hôtel de Le Peletier de Souzy, bâti par Bullet en 1687. La bibliothèque (env. 200 000 volumes et 150Ô0 manuscrits) est essentiellement consacrée à l'histoire de Paris et de la Révolution fi-ançaise. Elle est ouverte tous les jours aux travailleurs, en hiver de 10 h. à 4 h., et à partir de Pâques, de 11 h. à 5 h.; vacances de 8 jours à Pâques et du 15 août au pr lundi d'octobre. — Autres vieux hôtels de la rue de Sévigné: no 52, hôtel de Fïesselles, dernier prévôt des marchands massacré en 1789 (décoration de rinceaux, urnes, etc.) ; 7 et 9, hôtel du conseiller Xic. Pinon (auj. caserne des sapeurspompiers; jolie façade dans la cour du 9), etc.
Le bâtiment en deçà de la bibliothèque, n^ 17, est le lycée Victor- Hugo, un lycée de jeunes filles, sur l'emplacement du couvent des Filles- Bleues, fondé par la marquise de Verneuil, maîtresse de Henri IV,
La me des Francs -Bourgeois aboutit, à l'E. du musée Carnavalet, à la place des Vosges (pi. R. 26; F), l'anc. ^Zace Royale, Elle a reçu son nom actuel sous la Révolution , en l'honneur du département des Vosges, le premier qui envoya des contributions patriotiques à Paris, et elle l'a déjà perdu et repris deux fois. Le milieu est décoré d'une statue équestre de Louis XIII, en marbre, par Dupaty et Cortot, remplaçant depuis LS2ô une autre statue de ce roi élevée par Richelieu et détruite en 1792. Dans les angles sont des fontaines jaillissantes et tout autour des hôtels des xtii^ et xvnie s., avec des arcades et de hautes toitures.
Ici se trouvait la cour de l'anc. palais des Tournelles , près duquel se donna le tournoi qui coûta la vie à Henri II, en 1565 (v. p. 175). Ce fut ensuite un marché aux chevaux, où eut lieu, en 1578, le duel de trois Mignons du roi Henri III et de trois favoris du duc de G-uise. Catherine de Médicis le fit démolir et Henri IV fit ériger le caiTé de maisons actuel. Vieux hôtels: no 21, de Richelieu (1615); n" 13, où mourut la tragédienne Rachel; n» 1. de Coulanges (1606); no 3, d'Estrades (1752; auj. bibliothèque des Arts décoratifs, ouverte de 10 h. à 5 h. et de 7 h. du s. à 10 h., sauf le dimanche), etc.
Bœdeker. Paris. 159 éd. 13
194 Ifive dr. n. i'LACE DES VOSGES.
La maison de Victor Hugo (pi. R. 26; V), au n" 6 de la place des Vosges, est l'anc. hôtel du maréchal de Lavardin (1610), où le poète habita le 2'' étage de 1833 à 1848. Elle a été transformée en 1903 en un musée, ouvert les mardi, jeudi, sam. et dim., de midi à 5 h. (ou 4 h.). Conservateur: M. le Dr L. Koch. * Escalier: dessins représentant des scènes de l'œuvre du i)oète, par Rochegrosse, E. Bayard, Brion, Villette, T. Jolumnot, Nanteuil, Hubert Fleury, etc.; charges et caricatures, par Nadar, Daumier, GUI, etc.
Premier étage. — Vestibule: buste de V. Hugo (plâtre), -p-dr Schœneiverk (1879); dessins de F. Lix, Frémiet, etc. — Grande galerie (à la suite). Mur de g.: E. Carrière, Fantine abandonnée; Fantin-Latour, 1(» Satyre; iio«/?.n^, portr. de V.Hugo; Hemier, Sarah la Baigneuse; Eaff'aëUi, Défilé du 26 févr, 1881. Grand mur de g.: Decamhez, J. Valjean devant le tribunal. A la l^e feu.: masque de V. Hugo, par Daloii. Plus loin: E(jU, Veillée à l'arc de triomphe de l'Etoile (v. p. 75). A la 2^ fen.: *buste de V. Hugo (plâtre), ])iir Bodin. Ensuite: P. Baudry, Sacre de la femme; Louis Boulanger, la Litière de Richelieu; 01. Merson, Esmeralda; B. Lepage, portr. de V. Hugo ; Grasset, Eviradnus. Au fond : G. Rochegrosse, les Burgraves; J.-P. Laurens, Mort de Baudin (v. p. 257); *V. Hugo jeune, buste en marbre, par David d'Angers (1838); A. Besnard, la Première d'Hernani; F. Roybet, Don César de Bazan. Grand mur de dr. : Steinlen, les Pauvres gens; Çabanel, le Titan; Ed. Fournier, Hernaui (v» acte). Au milieu: la fameuse table faite par V. Hugo, avec quatre autographes et les quatre encriers de Lamartine, de George Sand, d'A. Dumas père et de V.Hugo. Chaire portant l'inscription: «Vive, Ama», arrangée par le poète pour son amie Juliette Drouet. — Bibliothèque (à g.): 4000 vol.; 5000 estampes; aux murs, dessins originaux de V. Hugo; portraits du poète par Rodin, Devéria, Maitroi; portraits d'A. Dumas, Lincoln et G. Sand, donnés par eux à V. Hugo. Au milieu, vase de Sèvres offert au poète par la République (1881). Mur de g.: couronne d'argent offerte par la ville de Prague lors de l'inauguration du monument de V. Hugo.
Deuxième étage. — Vestibule: buffet, cabinet à liqueurs et petit banc arrangés par V. Hugo pour Mme Drouet; murs décorés de faïences ayant appartenu à Mme Drouet et au poète; dessins à la plume de V. Hugo. — Salle I: dessins originaux de V. Hugo (plus de 500; collectious P. Meurice et L. Koch); au mur du fond. Siège de Paris (1870); entre les fenêtres: miroir avec cadre pyrogravé par V. Hugo. — Salle II où salle Drouet: panneaux, meubles, dessins humoristiques faits par V. Hugo et qui décoraient le salon et la salle à manger (p. ex. la cheminée entourée de faïences) de la maison de Mme Drouet près de Hauteville-House. — Salle III (à g.): dessins de V. Hugo et bahut à double corps (même provenance). — Salle IV ou chambre mortuaire (à la suite), une reconstitution de la chambre mortuaire de l'avenue d'Eylau, auj. Victor-Hugo (p. 76); à dr. , le lit de mort de V.Hugo; à la fen., le pupitre du poète, avec sa plume, son encrier et un autographe; à côté, l'armoire aux manuscrits; au mur de g., V. Hugo sur son lit de mort, par Bonnat; sur la cheminée, portraits de Georges et de Jeanne Hugo enfants.
Troisième étage. — Vestibule: photographies des funérailles du poète. Salle I (à g.): portraits de famille, entre autres celui de Mme V. Hugo, par Bonnat (au mur de g.). — Salle II. l^e vitrine: cheveux et mains (moulages) de V. Hugo à différents âges; i)lumes; exemplaire des «Châtiments», avec reliure ornée d'une abeille en or du manteau impérial de Napoléon III, etc.; 2^ vitr. : autographes de V.Hugo; à dr. de la sortie: portr. du général Hugo, père du poète. — Corridor: Roll, Ovation à V. Hugo. — Musée populaire (au fond du corridor): affiches théâtrales, petits bustes du poète, pipes avec la tête de V. Hugo, etc.
Larue du Pas-de-la-Mule, au N.-E. de la place des Vosges, conduit au boulevard Beaumarchais (p. 85), près de la Bastille (p. 181).
RUE DU LOUVRE. Rivedr.6. 195
An S., la rue de Birague, où naquit Mme de Sévigné (au n^ 11^"*), va déboucher dans la rue St-Antoine (p. 180).
6. Quartier au N.-E. du Louvre jusqu'aux boulevards (place de la République).
Station du Métro.: me du Louvre, près de St-Germain-l'Auxerrois (v. p. 91 et l'append., p. 39). — Restaurants convenant aus visiteurs de ce quartier, v. p. 17.
La partie X. de la bue du Louvre (pi. R. 20, 21; III) a été percée en 1888 (pour l'extrémité S. de cette rue, entre le Louvre et St-Germain-l'Auxerrois, v. p. 91). Elle débouche provisoirement dans la rue Etienne -Marcel, non loin de la place des Victoires (p. 210).
L'hôtel des Postes et Télégraphes (pi. R. 21 ; ///) , près de là. a été reconstruit de 1880 à 1884 et forme un vaste quadrilatère isolé. Le public entre par la rue du Louvre dans une galerie de 50 m. de long, où sont les bureaux en rapport direct avec lui. Derrière est la cour vitrée du transbordement, consacrée au service des voitures, et à côté, la cour de remise, avec une grille à sculptures originales par Bonin. Le sous-sol comprend les ateliers de timbrage, les appareils du service pneumatique et les écuries; le l^^' étage, le service du classement des lettres et de la distribution; le 2^, celui des voitures et des logements pour le personnel administratif; le 3^, les archives et les magasins. — Les bureaux de la poste restante et des réclamations sont au fond de la grande galerie, à dr. en entrant de la rue du Louvre. A dr. aussi le télégraphe. — Services des postes et télégraphes, v. p. 28 à 32.
Derrière la poste, rue J.-J. Rousseau, au milieu du bâtiment, une plaque en marbre rappelle l'hôtel d'Herwarth, où La Fontaine mourut en 1695. J.-J. Rousseau habita dep. 1770 dans la partie de la rue de son nom qui est au N. de la rue Coquillière, l'anc. rue Plàtrière.
A côté, rue Gutenberg, VhÔtel des Télépho)ies, construction neuve en briques glacées. — En face de l'hôtel des Postes, le service des colis postaux (p. 32).
La Bourse de Commerce (pi. R. 20: ///), presque à mi-chemin entre le Louvre et la poste, à dr. , est l'anc. Halle au Blé, transformée en 1888-1889 par Blondel. Le noyau est une vaste rotonde dont la construction date de 1762-1767, et qui a été munie d'un dôme après un incendie en 1811. Il y a du côté de la rue du Louvre une nouvelle façade avec quatre colonnes de style grec supportant un fronton décoré de sculptures par Croisy. Le dôme est orné à l'intérieur de belles peintures: l'Orient, par Clairin; l'Occident, par Luminais; le Xord, par Laugée, et le Midi, par Lucas. La Bourse est publique tous les jours ouvrables, de 9 h. à 6 h. (7 h.
196 Hive dr. 6. HALLES CENTRALES. Du Louvre
le mercredi), et les commerçants s'y réunissent à 1 h. — En dehors de l'édifice, à dr. à l'opposé de la rue, se voit une colonne dorique de 30 m. de hauteur et 3 de diamètre, un reste de l'hôtel de la Reine, puis de Soissuns, bâti par BuUant en 1572 sur l'ordre de Catherine de Médicis et qui se trouvait sur l'emplacement de la Bourse. Elle ►renferme un escalier, par où la reine se rendait sur la plate-forme, avec Ruggieri, pour faire des observations astrologiques.
Dans le sous -sol, un entrepôt frigorifique de 0400 m. cubes; on y peut conserver 3000 bœufs ou 20000 moutons, ainsi que du gibier et des poissons. Au deuxième sous-sol. la chambre des machines Lindé à compression d'ammoniaque qui produisent le froid nécessaire. Entrée en face du n" 2 de la rue de Viarmes. Visite intéressante seulement pour les hommes compétents: s'adresser à l'employé (pourb.). On mettra son pardessus.
Dans la rue Vauvilliers, derrière la Bourse de Commerce, quantité de vieilles enseignes: n» 21, Au Panier fleuri; n» 23, A mon idée, etc. .
Les Halles Centrales (pi. R. 20-23; ///), le «ventre de Paris», non loin à l'E. de la Bourse de Commerce, sont un groupe gigantesque de constructions à peu près tout en fer et avec couverture en zinc, œuvre de Baltard (1851). Elles comprennent 10 pavillons, dont chacun renferme 250 étalages de 4 m. carr. de superficie, qui se louent à raison de 20 c. par jour. Entre ces pavillons passent des rues couvertes, de 15 m. de largeur et de hauteur, coupées par une sorte de boulevard de 32 m. de largeur, qui descend vers la rue de Rivoli. Les 6 pavillons à l'E. mesurent ensemble 166 m. de longueur sur 124 de largeur. Au-dessous sont des caves de 3 m. 80 de haut, dont la majeure partie servent à l'emmagasinage des denrées, au mirage des œufs, etc., et où il y a aussi une usine municipale d'électricité. Les entrepôts de ces caves sont divisés en 1200 compartiments. Les pavillons sur le devant sont particulièrement ,pour le détail, les autres pour les ventes en gros, qui se font de plus, le matin, dans les rues voisines.
C'est surtout dans les premières heui'es de la matinée qu'il faut voir ce vaste marché pour se faire une idée de la consommation, en aliments, d'une ville de plus de 2 millions 1,2 d'habitants. Cependant on ne doit pas oublier qu'il y a par toute la ville un grand nombre de marchés couverts du même genre, et que qiiantité d'autres choses Cle pain, le vin, etc.) ne se vendent pas aux Halles. Le marché en gros, où se fournissent non seulement les Parisiens, mais aussi les grands marchands du dehors et même de l'étranger, dure de 4 h. du matin à 9 h. en hiver et de 3 h. à 8 h. en été.
Sur le square, au S.-E. des Halles, près du boni, de Sébastopol, s'élève la jolie fontaine des Innocents. C'est un ouvrage de la Renaissance, dû à Pierre Lescot, avec des sculptures par Jecm Goujon. Adossée d'abord à une église des Innocents, elle n'avait que trois arcades, mais elle a été reconstruite en 1788 sous formt de pavillon carré et décorée de naïades, par Pajou, avec un lion ee de nouveaux ornements. En face de la rue Berger, à l'angle du square, on a reconstruit la façade du bureau des Mlles Lingères
à la pi. de la Répuhl. ST-EUSTACHE. Rive dr. 6. 197
(1716), provenant d'un anc. pavillon du temps de Mme de Pumpadour, qui se trouvait dans la rue Courtalon, près des Halles.
La rue et le square des Innocents occupent l'emplacement du cimetière de ce nom, qui datait de Philippe-Augiiste. Au n'^ 11 de la rue, une maison de 1669, dont le rez-de-chaussée présente une série de cryptes voûtées, dites «charniers», où l'on déposait les ossements du cimetière désaffecté en 1870. — C'est devant le n- 3 de la rue de la Ferronnerie, près de là, que fut, croit-on, assassiné Henri IV en 1610.
*St-Eustache (pi. R. 21-20; ///), eu face des Halles et au commencement des rues Montmartre et de Turbigo(la^joi/ife^^£'MS^ac/ie), est une des plus importantes églises de Paris. Cet édifice, commencé en 1532 probablement par Pierre Lemercier, et achevé en 16-12, sur les plans de Ch. David, offre im curieux mélange d'architecture gothique dégénérée et du style de la Renaissance, sauf le grand portail, qui a été commencé par Mansart de Jouy en 1775 et achevé en 1788. Sur la croisée, un campanile ajouré, dit le «Plomb de St-Eustache». C'est ici qu'eurent lieu en 1791 la pompe funèbre de Mirabeau, inhumé ensuite au Panthéon (p. 290), et en 1793 la fête de la «déesse Raison». Cette église fut le «temple de l'Agriculture » en 1795. Colbert (v. ci-dessous), Yoitui*e, Benserade, Yaugelas. le maréchal de la Feuillade, l'amiral de Tourville, le peintre Ch. de La Fosse, etc., y ont été inhumés. Elle a été entièrement restaurée de 1846 à 1854 et elle est auj. en réparation.
IsTÉRiEUK. On entre par le grand portail ou par une petite porte latérale près de la rue Montmartre. L'édifice, long de 106 m., large de 44 et haut de 33 soixs voûte . est divisé en cinq nefs , aux proportions élancées et aériennes. Six chapelles ont de vieilles fresques découvertes en 1846 et restaurées. Celles des autres chap. sont modernes. A remarquer les fresques du transept et de la chap. de la Vierge, et quelques sculptures. — Dans la 4^ chap., le Mariage de la Vierge, sculpture par Triqueti ; dans la 5^, un Ecce Homo, par Etex, et la Résignation, par Chafroiisse. — Au bras dr. du transept, des fresques par Signal: à dr., la Résurrection, St Jean l'Evangéliste et la Justice; à g., la Mise au tombeau, St Luc et la Tempérance. — Au fond du déambulatoire , la grande chap. de la Vierge, ajoutée au commencement du xixe siècle. Sur Tautel est une *statue de la Vierge par Pigalle (d'abord dans l'église des Invalides). Les fresques sont de Couture et représentent: Marie, mère du Sauveur; Marie, Etoile de la mer et Marie consolatrice. La chap. suiv., qui a des fresques par Bézard, renferme le tombeau de Colbert (m. 1683; v. p. xviii). C'est un sarcophage de marbre noir, avec la statue agenouillée de Colbert, en marbre blanc, par Coyzevox, et, aux extrémités, celles de l'Abondance, aussi par Coyzevox. et de la Religion, par Tubij. Les cinq autres chap. autour du chœur ont des fresques par Deloi'me, Basset (restaurations), Perruz, Pichon (Ste Geneviève) et F. Barrîas (St Louis). Le bras X. du transept est décoré comme celui du S.: les bas-reliefs aussi par Devers, les six statues d'apôtres par CrauJc et Husson, les fresques par Signal: à dr. le Crucifîmeut, St Jean l'Evangéliste et la Prudence; à g. le Portement de croix, St Luc et la Force divine. Au-dessus d'un bénitier, un beau groupe: deux anges et le pape Alexandre le'' (109-117), à qui est due l'institution de l'eau bénite. Il y a de ce côté un joli portail, dans une ruelle qui aboutit à la rue Montmartre. — Après le transept, la chap. dédiée à St Eustache, qui était général de l'empereur Titus; les fresques sont par le Hénaff. — Les vitraux du chœur et de l'abside ont été exécutés en 1631 par Soulignac. d'après Fhil. de Champaigne.
St-Eustache est peut-être la première église de Paris pour la musique religieuse et les exécutions avec orchestre, les jours de fête.
198 Rive dr. G. KUE DE TURBIGO. -0" Louvre
La rue de Turhigo (pi. R. 24; ///), grande rue moderne qui part de l'église St-Eustache, traverse à 200 m. un tronçon de la rue Etienne-Marcel, où l'on aperçoit la tour de Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne (1371-1419), tour (très négligée) à créneaux avec baies en ogive du xv^ s. Elle a été ajoutée à Vhôtel de Bourgoc/ne, bâti au xiii^ s., où les Confrères de la Passion (1548) et les Enfants sans Souci (1552) eurent leur théâtre et où furent d'abord représentés le. Cid de Corneille, Andromaque et Phèdre de Racine. Il y a un bel escalier à vis et une salle voûtée en ogive. Pour la visiter, s'adresser, au concierge de l'école (plutôt dans l'après-midi ; pourb.), rue Etienne- Marcel, no 20.
La rue de Turbigo croise plus loin le houlevard de Sébastopol (p. 84), puis la rue Si-Martin et la rue Réaumur (p. 211), pour aboutir enfin à la place de la Béjmbliqve (p. 84). — Pour le quartier du Temple, au S. de là, v. p. 202.
A dr., près de la croisée de la rue de Turbigo et du boulevard de Sébastopol, l'église St-Leu-St-Gilles (pi. R. 23; ///), dont le portail est du xive s. et la façade de 1727. Elle dépendait de l'abbaye de St- Magloire, couvent de filles pénitentes. Chap. des Fonts (à dr.): fresques, par Bézard et Desgoffe. Cbap. de la Vierge: St Gilles découvert dans sa retraite par le roi des Groths, par Monvoisin. Passage de la sacristie à g.: Scènes de la vie du Christ, bas-reliefs en marbre. A l'arc de triomphe: des fresques par Cihot. Le chœur a été restauré au xix^ s.
Nous tournons dans la rue St-Martin, qui conduit au X. à la porte 8t-Martin (p. 84). A dr., au coin de la rue Réaumur, s'élève
St-Nicolas- des -Champs (pi. R. 24 ; ///), église goth. agrandie au xv^ s. Elle a une tour carrée. L'élégant portail S., style renaissance, a été ajouté en 1576 d'après des dessins de Ph. Delorme. Le chœur est de la même époque. Au maître-autel, une Assomption, par Vouet. L'orgue a de belles boiseries. On a découvert récemment des peintures dans les chapelles collatérales du chœur. L'alignement des rues de Turbigo et Cunin-Gridaine dégagera cette église.
Les égOTits de Paris ont dans la rue St-Martin, eu face de l'église St-Nieolas-des-Champs, une de leurs entrées principales, par laquelle descendent ou remontent les visiteurs, l'autre étant sur le quai du Louvre, près de la rue de ce nom (p. 91). Il s'y organise des promenades dans la bonne saison, du 1^" mercr. qui suit Pâques au 2« mercr. d'octobre, d'ordinaire le 2e et le 4e mercr. de chaque mois, 11 faut une autorisation, qu'on demande par écrit au préfet de la Seine, sur une feuille de papier timbré de 60 c, en mentionnant le nombre de personnes, et avec un timbre pour la réponse. Elle vous indique l'endroit et l'heure où l'on doit se présenter pour la visite. Si l'on est pressé, se faire inscrire au bureau de l'ingénieur en chef des Eaux et de l'Assainissement, place de l'Hôtel-de-Ville, 9. Les visites, auxquelles les dames peuvent prendre part, ont lieu à 1 h., à 2 h. 15 et à 3 h. .30. Il importe d'arriver à temps et d'être suffisamment vêtu. La visite dure env. 1 h. L'itinéraire suivi au départ de la rue St-Martin est le suivant: rues St-Martin et de Turbigo, boiil. de Sébastopol, place du Chàtelet (trajet effectué en wagon) ; quai de la Mégisserie, quai du Louvre (jusqu'à la rue du Louvre ; en bateau). Au départ du Louvre, itinéraire inverse. Les wagons et bateaux sont mus par l'électricité. Les gares extrêmes et médianes sont brillamment illuminées à la lumière électrique. De nombreuses plaques indicatrices renseignent les visiteurs sur le parcours, sur la nature des diverses canali-
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à lapl. de la Républ. ARTS ET METIERS. Ri^e dr. 6. 199
satious rencontrées, etc. — Le réseau des égouts forme auj. une longueur de plus de 1420 kilomètres. Le grand égout de la rive dr. se trouve sous le boulevard de Sébastopol, celui de la rive g. sous le boul. St-Michel. Le grand bassin est sous la place de la Concorde, d'où les collecteurs généraux conduisent les eaux à Asnières et à Clichy, où elles servent à des irrigations (p. 342). Les grands égouts ont 5 m. de haut sur 5 m. 50 et 6 m. de large. Les collecteurs ont une sorte de trottoir ou banquette de chaque côté et une cunette ou canal d'eau entre les deux. Le système de curage est le suivant. Il y a des bateaux ou des wagons avec vannes de même dimension que la cunette et pouvant former écluse. Si l'on baisse la vanne, l'eau, qui vient la presser, la pousse avec les bateaux en avant et chasse par là-même les immondices vers l'ouverture de la galerie.
Au delà de St-Nicolas, entre la rue St-Martin et le boiil. Sébastopol, le joli square des Arts- et- Métier s (pi. R. 24; ///). Au milieu se dresse une colonne avec une Yictoire en brouze par Crauk, érigée en mémoire de la campagne de Crimée (1854-1855). A dr. et à g., des vasques ornées de figures en bronze. — Au S. du square, le théâtre de la Gaîté (<p. 36), construit en 1862.
Le Conservatoire des Arts et Métiers (pi. R. 24; ///) a été créé en 1794 par la Convention. L'idée en remonte, dit-on, à Descartes (1596-1650), et elle fut mise en pratique dès 1775 par le célèbre mécanicien Vaucanson, qui légua en 1783 à l'Etat, pour l'instruction de la cla.sse ouvrière, sa collection de machines, instruments et outils. Le musée est réuni avec une école industrielle. Les cours sont publics et gratuits.
Le Conservatoire est établi depuis 1799 dans l'anc. prieuré de St-Martin-des- Champs, de l'ordre de Cluny, qui remplaça en 1060 une abbaye bien plus ancienne, détruite par les Xormands, et qui subsista jusqu'en 1789. Les bâtiments en ont été restaurés et complétés dès 1845. Les parties les plus intéressantes d'autrefois sont l'anc. église (v. ci-dessous) et l'anc. réfectoire. Une tour de l'anc. enceinte du prieuré a été reconstruite à g. de la façade sur la rue St-Martin. Près de cette tour, la fontaine du Verthois, de 1712, restaurée en 1886. — Devant la façade de l'anc. église qu'on voit de la rue St-Martin, à travers une grille, est le monument de Boussing aidt (1802-1887), le chimiste et agronome, un buste dont le socle est précédé de statues de la Science et un Agriculteur, bronzes par Dalou.
L'entrée est dans la cour d'honneur, rue St-Martin. Le perron monumental, en face, est une addition moderue. Sur les côtés, à dr., la statue de Papin (1647-1714), l'inventeur de la machine à vapeur; à g., la statue de Nie. Leblanc (1742-1806), qui le premier sut extraire la soude du sel marin, bronzes par Millet et HioUe.
L^ ancien réfectoire,k dr. dans la cour d'honneur, est un magnifique vaisseau à deux nefs, du xiii^ s., attribué à Pierre de 3Iontereau, l'architecte de la Sainte-Chapelle (p. 268). Il renferme la bibliothèque, et on ne le visite que le lundi, mais la bibliothèque, qui compte plus de 40 000 voL, est publique le dim. de 10 h. à 3 h. et dans la sem., excepté les lundis et fêtes, de 10 h. à 3 h. et de 7 h. 72 à 10 h. du soir. Uandenne église, un peu au delà, mais qui u'e.st
200 Rive dr. 6. ARTS ET METIERS. Dti Louvre
pas ouverte de ce côté, est une construction remarquable des xi''xiii« s., qu'on verra mieux de l'intérieur (v. ci-dessous).
Le MUSÉE, où l'on entre par le perron de la cour d'honneur (on monte 22 degrés pour en redescendre autant) est public en hiver: les dim. de midi à 4 h. et les mardi, mercr. et sam. de midi à 3 h. ; en été : les dim. et jeudi de 11 h. à 5 h. et les mardi, mercr. et sam. de midi à 4 h. Vestiaire gratuit et obligatoire seulement pour les paquets. — Les collections, qui donnent un bon aperçu des différentes phases de la construction des machines, etc., sont divisées en 24 catégories, désignées par des lettres majuscules, et ces catégories comprennent chacune un nombre plus ou moins grand de subdivisions, pour lesquelles on a employé des lettres minuscules. La partie concernant la physique (P), plus développée que les autres, a 10 sous-catégories, désignées par une seconde majuscule (PA, PB, etc.), et des subdivisions comme les autres. Les objets sont, autant que f)ossible, classés dans l'ordre chronologique. Il y a partout des étiquettes explicatives, qui nous dispensent d'entrer dans les détails. Le plan permettra de s'orienter facilement, et nous donnons ci-dessous pour chaque partie les divisions générales.
Kez-de-chaussée. — l"^ salle ou salle de VEcho: magnifique collection de grapliite et de néplu'ite des mines Alibort, en Sibérie (ainsi nommées du Français qui les a découvertes), surtout des applications industrielles du grapliite; modèle de paquebot à hélice; bustes divers. Un jeu d'acoustique fait qu'un mot prononcé à voix basse dans un coin s'entend très bien dans le coin diagonalement opposé.
Côté sud du bâtiment central ou à dr. de la l''» salle (autre côté, p. 201). — V^ salle, exploitation des mines. Au milieu, à dr. et à g.: appareils et machines pour le sondage, etc. Tout autour, des échantillons de minéraux. — 2e-6a salles, métalUirgie.— 2^ salle, à dr. de la 1™: plan des usines du Creusot, modèles d'artillerie, etc. — 3e salle, à la suite de la V^: laminage et forgeage du fer et de l'acier, etc. — 4e salle: à dr. et à g. (aux fenêtres), machines soufflantes; hauts fourneaux et fours à coke; fourneaux pour la fabrication de l'acier, etc. Côté des fenêtres: fouraeau pour le zinc, trophée de la métallurgie du nickel, marteauxpilons, marteau à la catalane, etc. De l'autre côté, encore deux marteauxpilons et des minéraux. — 5e salle (à côté de la 3«): appareils pour corroyer et souder des bandages de roues, fers ouvrés, etc. Au mur de dr., dans un coin, le Livre d'or de l'alliance franco-russe, par M. Ph. Deschamps (médailles d'or et d'argent qui s'y rapportent). — 6e salle, à dr.: au milieu, à partir de l'extrémité de dr. (3e salle), métaux coulés, forgés, laminés, etc.; à dr., des ateliers de plombier, de cloutier, d'orfèvre, etc. — 7e salle, industrie du bois.
Ancienne église, à la suite de cette salle, beau vaisseau à chœur du style de transition et abside romane des xie-xiiie s. Machines de grandeui' naturelle. A l'entrée du choeur, un pendule Foucault (v. p. 288), et une boule de verre de 1 m. 50 de diamètre; au fond, la voiture à vapeur de Cugnot (1770), des charrues, etc. A g. dans la nef, des machines à imprimer; à dr., des bicyclettes, etc.
Galerie du sud, à dr. de la salle de l'industrie du bois où l'on revient: agriculture, riche collection d'instruments aratoires et agricoles; têtes des principales espèces bovines, pièces anatomiques; échantillons de fruits (à g. à l'entrée), etc.
Galeries Vaucanson, dans le bâtiment sur la rue de ce nom, en continuant le tour du rez-de-chaussée. 1'"^ galerie: suite de l'agriculture et coyistructions rurales, telles que greniers, silo, ferme, etc.; puis des
àlapldelaBépubl. ARTS ET METIERS. Rive dr. 6. 201
constructions civiles, suitout de grands appareils de chauffage et de ventilation, des bains, etc. — Salle du milieu, économie sociale, particulièrement des tableaux et des graphiques: institutions patronales, participation aux bénéfices , habitations ouvrières, etc. Autre collection de ce genre (musée social), v. p. 305.
2e galerie, suite des constructions civiles: écluses, barrages, viaducs, entre autres celui de Garabit (Cantal); ponts, égouts de Paris, ascenseur hydraulique (à g.); grues, treuils, cabestans, etc.; — phare, excavateur, pian relief du canal de Suez.
G-ALEKiE Dr xoRD, suitc des constructions civiles et géométrie descriptive, cinq salles et un couloir parallèle, qu'on verra en finissant. 1'^^ salle: outils du bâtiment, matériel des chantiers, etc. — 2^ salle: travaux hydrauliques, surtout des ponts. — 3^ salle: appareillage et charpente, coupe des pierres. — 4^ salle: géométrie et perspective; instruments et machines à dessiner, dans le bas du côté des fenêtres. — 5^ salle: bois de placage, marbres, serrurerie, etc. — Couloir parallèle aux salles précédentes: fours à chaux et à plâtre; modèles de perforateur, de dragues et d'excavateur. — 6e salle et couloir voisin: géodésie et horlogerie.
Côté xord du bâtiment central. — Galerie haute, après la salle précédente: suite de Vhorlogerie et de la géodésie et astronoviie. A remarquer des horloges avec de belles gaines du xviiie s. — Galerie basse et couloir voisin, à côté d'uu escalier montant à la galerie de la filature et du tissage (p. 202): poids et mesures anciens et modernes, français et étrangers; appareils pour mesures de précision.
ler étage. Sur le palier, en face de l'entrée, un grand vase de Sèvres. — Salle d'honneur, en haut du grand escalier: l^ vitrine etvitr.de g., appareils originaux du chimiste Lavoisier (p. 77) ou provenant de son laboratoire. Ensuite, des modèles du métier (p. 202) et d'autres machines de Vaucauson, de Watt, de l'abbé Nollet, etc. A côté, entre les piliers de g., la machine arithmétique de Pascal; au milieu et entre les piliers de dr. : autres machines et appareils de construction ancienne. Vitr. à la feu. du milieu: étalons provisoires du mètre, faits lors de la création du système métrique, types de décimètre cube, de litre et de kilogramme.
Côté sud du batoient central ou à dr. en arrivant, mécanique générale: récepteurs, tels que moulins à vent, tui-bines, etc, ; machines à vapeur et parties de machines; chemins de fer, y compris la première locomotive à chaudière tubulaire de Marc Séguin (1827), à la fin, à droite.
Salle suivante, physiqîie mécanique; appareils pour la démonstration des lois de la pesanteur, etc.
L'escalier à côté de la salle précédente ou à l'extrémité S. du bâtiment principal conduit à une salle et une galerie situées au-dessus et parfois fermées. Il y a des lampes, de giaudes machines électriques, etc.
Galerie du sud, physique générale: petits appareils hydrostatiques, densimèti-es. aréomètres; appareils relatifs à la pression et à l'écoulement des liquides et à la liquéfaction des gaz; thermomètres; électricité statique (aimants), électromètres, etc.
Salle du font?, météorologie.
Galeries Vaucaxson. Passage et l^e salle: acoustique, optique, télégraphie et téléphonie ; phonographes d'Edison, graphophones, etc. — Salle du milieu: outils et vuichines-outils, dont beaucoup de tours; diverses machines de Vaucanson , etc. — 2e galerie: suite des machines-outils, spécialement pour travailler le bois et les métaux; moteurs; pompes et machines hydrauliques. — La dernière salle de ce côté comprend surtout, dans deux vitrines, de beaux spécimens de verrerie et de céramique.
Galerie du nord, arts chimiques. — l''e et 2e salles, verrerie: curiosités; céramique, etc. — 3e salle, céramique: modèles d'ateliers, de fours à briques, à poterie et à porcelaine; grande coupe en porcelaine de Sèvres, dite «coupe du travail», d'après Diéterle ; statue en porcelaine de Bernard Palissy; porcelaines; émaux, etc. — 4e salle, teinturerie, etc.; fabride cations produits chimiques, apprêt, teinture et impression des tissus
202 Rive dr. 6. ARTS ET METIERS.
et du papier peint. — 5» salle, machines diverses, p. ex. pour travailler le caoutchouc.
Ire AILE DU NOKD, à, la suïtc dc la galcric précédeute. Trois salles consacrées aux arts chimiques et quatre aux arts graphiqiies. l^ et 3^ salles, •papeterie, fahricatiou du papier, etc. A dr., par les fenêtres, se voit un reste de l'enceinte fortifiée de l'anc. abbaye. — 4^ et ô^ salles, typographie, gravure, lithographie, etc. — 6e salle, photographie.
Côté nord du batimest centrai., en retournant vers le grand escalier, chimie industrielle: brasserie (à g.), saponification (à dr.), fabrication des bougies, etc.; distillation, meunerie (galerie à dr., v. ci-dessous); appareils d'éclairage par le gaz, etc.
Ile AILE DU NORD, à g. cu retoumaut au milieu de la galerie précédente, filature et tissage. — l'e partie: matières premières, outils et machines pour la préparation des matières textiles. — 2» partie: métiers à filer et à tisser, entre autres, au milieu, à dr., le métier de Vaucanson, de 1745, destiné à remplacer l'anc. métier à. la tire dans le tissage des étoffes façonnées. A g., derrière un grand métier à rubans, le modèle du métier original de Jacquard (1804). Toutes sortes d'échantillons de tissus. A dr. vers l'extrémité, aux fen., des métiers à tricot et à dentelle. — 3e partie: belle collection de tissus de soie, velours, etc., tapisseries des Gobelins et de Beauvais.
Le portefeuille industriel, qui complète le musée, est dans le bâtiment au N. de l'entrée principale, et la salle où il se trouve est ouverte au public tous les jours, sauf le lundi, de 10 h. à 3 h. Ou peut y étudier les dessins des machines les plus nouvelles, en prendre des copies ou des calques. Là aussi sont déposés, à l'expiration des brevets, les originaux des descriptions et dessins qui y sont relatifs, ainsi que les marques de fabrique. — Le Conservatoire est en outre chargé de la vérification des poids et mesures, et il y a encore un sei-vice public d'essais sur la résistance des matériaux, etc.
L'Ecole Centrale des Ai'ts et Mamifactures (pi. R. 24; ///), située à l'E. derrière le Conservatoire des Arts et Métiers, est destinée à former des ingénieurs , des directeurs d'usines et de manufactures, etc. Les élèves y sont admis par voie de concours et la durée des études est de trois ans. — Dans la cour, la fontaine du Carré St-Martin.
Le quartier du Temple (pi. R. 24-27, 23-26 ; ///) s'étend au S. du tronçon E. de la rue de Turbigo. Ce quartier a dû son nom à la principale maison des templiers en France, dont une partie, la tour du Temple, a servi de prison à la famille royale (1792-1793). Napoléon I" fit abattre la tour en 1811 et le reste fut démoli sous Napoléon III. — L'emplacement du Temple est maintenant occupé par un square et un marché.
Le square est décoré de cinq statues en bronze: la statue de Béranger (1780-1857), par Doublemard; le Bétiaire, par Noël; Cet âge est sans pitié, par Schœnewerk; le Harpouneur, par Fél. Richard, et Diogène, par Marioton. Derrière le square est la belle mairie du IIP arrondissement (Temple).
Devant la tour se trouvait un hôtel bâti en 1667, où Philippe de Vendôme donna ses soupers célèbres qu'égayait l'abbé de Chaulieu, l'Anacréon du Temple. Eu 1765, le prince de Conti donna au Temple, qui était inviolable, un asile k J.-J. Rousseau, menacé d'une lettre de
LE TEMPLE. IH^e dr. e. 203
cachet. — Le marché du Temple était jadis important et pittoresque par ses boutiques de fripiers. On est en train de le démolir (1903) et il doit être remplacé par des boutiques légères.
En deçà du marché, presque en face, se voit Véglise Ste-Elisaheth, fondée en 1628 par Marie de Médicis, mais agrandie en 1826. Dans une chapelle à g. de l'entrée, des peintures murales par Biennoxirv, Hesse, Eoger et Laton. La demi -coupole du chœur est décorée d'une Apothéose de Ste Elisabeth, par Alaux. Les fonts, en marbre blanc, à dr. de l'entrée, sont de 1654. Il v a aussi des peintures dans le déambulatoire, mais surtout de belles boiseries du xvi« s., une centaine de panneaux sculptés (scènes de la Biblel provenant de l'anc. église 8t-Yaast d'Arras. — La rue de Turbigo en passant dans celle du Temple a fait disparaître l'hôtel du marquis de l'Hospital qui fut le jardin de Paphos sous le Directoire.
La rtie du Temple descend du square au S. vers l'hôtel de ville (p. 176) et croise à mi-chemin la grande rue de Rambuteau (Ip min.j, qui vient des Halles Centrales, à dr., et conduit à g. aux Archives Nationales (p. 183).
7. Du Louvre et du Palais -Royal aux boulevards Montmartre et des Italiens.
Station du Métro.: place du Palais-Eoyal (v. l'appeud. p. 40). — Bestauratits convenant aux visiteurs de ce quartier, v. p. 16.
Immédiatement au X. du Palais-Eoyal se trouve la Bibliothèque Nationale. Sou entrée est dans la rue de Richelieu (pi. E. 21 ; //), qui part de la place du Théâtre-Français (p. 88) et passe à rO. du Palais-Eoyal. — Contre une maison au coin des rues de Eichelieu et Molière s'élève la fontaine Molière érigée en 1844 à la mémoire du célèbre poète, qui mourut en 1673 dans une maison située sur l'emplacement du n» 40 de la rue de Eichelieu (plaque commémorative). C'est une œuvre de Yisconti, avec une statue assise de Molière, par Seurre, et des statues debout de la Comédie sérieuse et la Comédie légère, par Pradier. — Au n^ 39 de la rue de Eichelieu, à g. de la fontaine, une inscription indiquant que là mourut Diderot (p. 300). En deçà, n» 23 ^^s, la maison où le peintre Mignard mourut en 1695 (plaque); n*^ 25, joli hôtel Louis XV, avec une fenêtre à mascaron. Au delà de la fontaine, n" 50, hôtel de Louise de la Motte, mère de la marquise de Pompadour; il y a un balcon en fer forgé avec consoles sculptées.
Après avoir croisé la rue des Petits-Champs, par où l'on aperçoit, à dr., la statue de Louis XIV (p. 210) , on longe du même côté la Bibliothèque Nationale (v. ci-dessous), dont l'entrée principale est plus loin en face de la fontaine Eichelieu.
204 Rive dr. 7. BIBLIOTH. NATIONALE. Du Louvre
La ^fontaine Richelieu, ou Louvois est un beau monument en bronze, aussi par Yisconti, avec des statues par Klagmann, représentant la Seine, la Loire, la Garonne et la Saône. Le petit square où elle se trouve occupe l'emplacement de l'Opéra où le duc de Berry, fils de Charles X, se rendait, pour voir danser sa maîtresse, Virginie Oreiller, lorsqu'il fut assassiné en 1820, par Louvel.
La *Bibliothèque Nationale (pi. R.21; //), nommée aussi au cours des siècles Bibliothèque du Roi et Bibliothèque Royale ou Impériale, est probablement la plus riche du monde. L'édifice, l'ancien palais Mazarin, remonte jusqu'au xvii<^ s., mais il est maintenant en majeure partie moderne. Après l'achèvement des parties en construction sur la rue Yivienne, il occupera presque tout le quadrilatère formé par les rues de Éichelieu, des Petits-Champs, Yivienne et Colbert. La belle façade, précédée d'une cour et d'une grille, qu'on voit du côté de la rue Yivienne, en fait partie, de même que celle qui donne sur la rue des Petits-Champs.
Les Carolingiens collectionnaient déjà des manuscrits. St Louis (m. 1270) avait sa bibliothèque dans une annexe de la Ste- Chapelle. Charles V avait réuni une collection plus importante, dont l'inventaire fut fait en 1373, mais qui fut vendue en 1425 au duc de Bedford. Louis XII (m. 1515) peut être considéré comme le fondateur de la bibliothèque actuelle. Il réunit dans sou château de Blois les livres de son prédécesseur, Charles VIII, et acquit en outre les bibliothèques des Sforza de Milan et de la famille Gruthuuse de Bruges. Pra)içois I^^ (m. 1547) fit transférer cette collection de 1890 vol. à Fontainebleau, l'accrut encore considérablement et en confia l'administration à G-uillaume de Budé (p. 206). Il établit aussi le «dépôt légal», c.-à-d. l'obligation (d'abord assez mal suivie), pour les imprimeurs, de déposer à la bibliothèque royale un exemplaire (plus tard deux) de tous les ouvrages imprimés en France. La bibliothèque fut ensuite transférée à Paris et établie par Henri IV (m. 1610) dans le collège de Clermont. Avec le produit de la vente des biens de cet ancien collège de jésuites, le roi fit relier les volumes. Sous Louis XIV (1643-1715), la bibliothèque s'enrichit des collections Dupuy (9000 vol.), Mentel (10000 vol.), Gaston d'Orléans, etc. Sous Lo«/s- X F elle fut transférée enfin dans le local actuel en 1724, sur le conseil du directeur, l'abbé Bignon. — La bibliothèque s'est accrue à la Révolution de celles d'un grand nombre des établissements religieux alors supprimés, et elle s'augmente toujours par des dons et des acquisitions. Elle compte auj. plus de trois millions de volumes. Il n'existe encore que treize tomes du catalogue. Il s'arrête au mot Blanzy et l'on a calculé qu'il faudrait encore 25' à 30 ans pour l'achever.
La Bibliothèque Nationale se divise en quatre départements: 1° imprimés et cartes, 2 manuscrits, 3° estampes, 4° médailles et antiques.
La salle publique de lecture (entrée au N , rue de Richelieu, en face du square) est ouverte 1. 1. jours de 9 h. à 4, 5 ou 6 h. suivant la saison, sauf les 9 jours qui précèdent le lundi de Pâques. La salle de travail (entrée, v. ci-dessous) est ouverte aux mêmes heures, à l'exception des dim. et jours de fête et des 15 jours qui précèdent Pâques, mais on n'y est admis qu'avec une carte délivrée sur recommandation au secrétariat de l'administration (p. 205).
A dr. et à g. dans la salle sont des tables, divisées en 344 places.