‹ Paris et ses environsChapitre 59 sur 102 · S Cité. 15. PALAIS DE JUSTICE · texte numérisé non relu

S Cité. 15. PALAIS DE JUSTICE

la cravache à la main. Le tribunal révolutionnaire y siégea en 1793 et y condamna la reine Marie-Antoinette.

On passe ensuite dans \di galerie des Prisonniers, qui commence entre la salle des Pas-Perdus et la galerie Marchande. A dr. de la galerie des Prisonniers, se trouvent les salles de la Cour de cansntion^ toutes trois avec de beaux plafonds. A côté de la Chambre criminelle, la galerie St-Louis, avec une statue de St Louis et des fresques par 01. Merson. La Chambre civile est la plus riche ; plafond superbe à caissons peints et dorés, pendentifs avec la Glorification de la Loi, par Baudry, et la Loi et la Vérité, par Delannay; au mur du fond, un Christ par Henner.

Le vestibule de Harlay, dont on a vu la façade en venant de la place Dauphine (p. 26<3), est décoré de quatre statues de législateurs: St Louis, Philippe-Auguste, Charlemagne et Napoléon 1^^. A g., le buste de Duc, l'architecte , par Chapu. Un escalier au milieu, avec une statue de la Justice par Perraud, conduit à g. à la Cour d'assises et à dr. à la Chambre des ajjpels de la jjolice correctionnelle. Sur le palier, la Loi, par Duret.

La galerie de la Ste-Chapelle, parallèle à celle des Prisonniers, mène du vestibule de Harlay aux parties neuves du palais. Vers le milieu, à dr. , la P'^ Cham})re de la Cour dl' appel, richement décorée, comme celles de la Cour de cassation. On y remarque une peinture, la Justice, par Bonnat, et un Crucifîment du xv*- s., dit le «Christ du Parlement», avec d'anc. édifices de Paris (p. ex. la Tour de Nesle) à l' arrière-plan, et qui était jadis dans la grand' chambre du Parlement (p. 2G7). Il a été peint par un artiste des Pays-Bas (Hugo van der Goes?). Il y a aussi deux écussons dorés de la Eenaissance, avec quatre figures allégoriques.

Les Chambres de la police correctionnelle , les 8'', 9«", 10*^ et 11'' du tribunal de l^'^' instance, deux au l^»" étage et deux au second, ont leur entrée spéciale dans la cour de la Ste-Chapelle. dont le portail est du côté 0.

La **Sainte- Chapelle, la principale curiosité du palais de justice, est visible tous les jours, sauf les lundi et jours de grande fête, de 11 h. à 4 ou 5 h., selon la saison. On peut même la voir le lundi en s'adressant au gardien, à l'entrée. Il faut un temps clair. — C'est l'anc. chapelle du palais, construite de 1245 à 1248, sous St Louis, par Pierre de Montereau, pour recevoir les reliques (couronne d'épines et morceau de la vraie croix) que le roi avait rapportées de la croisade et qui sont aujourd'hui à Notre-Dame. Elle a été restaurée dep. 1837, surtout par Viollet-le-Duc, et elle n'a pas souffert lors de l'incendie du palais de justice allumé en 1871 par les communards. C'est un véritable bijou de style gothique. Elle se compose de deux chapelles superposées. — La chapelle basse, où l'on entre d'abord, servait aux domestiques de la cour. Il y a des pierres tombales de chanoines de la Ste-Chapelle. — La cha-

STE-<'HAPELLE. Oité. 15. 209

PELLE HAUTE était réscrvée à la coar. Elle ue forme qu'une nef d'une grande légèieté, d'env. 20 m. d'élévation, sur 35 de longueur et 11 de largeur. Dans les murs sont 15 fenêtres de 15 m. de haut sur 4 de large, entre lesquelles il ne reste que la largeur des contreforts soutenant l'édifice. Ces fenêtres ont des vitraux aux couleurs splendides, en partie du temps de St Louis, mais restaurés par Lusson, d'après des dessins de Steiulieil. Les sujets sont surtout empruntés à la Bible. A la 1"^*" fenêtre à dr.: la Légende de la sainte croix et la Translation de la couronne d'épines et du bois de la croix. Ceux de la rose sont du xv«^ s. Les murs ont des décorations polvcbromes mais discrètes en harmonie avec les vitraux. Sous les fenêtres de la 4« travée , à dr. et à g., deux niches, où étaient les places réservées à la famille royale. A la 5^ travée à dr., une petite ouverture grillée, par où Louis XI assistait à la messe sans être vu. Il y a des statues des apôtres (en partie restaurées), aux piliers, et un très beau baldaquin ogival, en bois, où étaient les saintes reliques et qui a sur les côtés deux petits escaliers tournants. — On sort par le portail et le gardien ouvi-e sur demande un passage à dr. menant à la galerie Marchande (p. 267).

La Conciergerie, la fameuse prison, occupe la partie inférieure du palais du côté de la Seiue. Elle sert maintenant de prison préventive. La plupart des prisonniers politiques de la Révolution furent détenus à la Conciergerie avant d'être conduits à l'éeliafaud. On montre encore leurs cachots, surtout celui de la reine Marie- Antoinette , transformé en 1816 en une sorte de chapelle , et d'où l'on passe dans celui de Robespierre et dans la salle des Girondins (auj. une chapelle également). Les autres détenus célèbres furent: Bailly, Malesherbes, Mme Roland, C. Desmoulins, Danton, Fabre d'Eglantine, G-eorges Cadoudal et le comte de la Valette. On y voit deux tableaux: Marie-Antoinette faisant ses adieux à sa famille lors de sou trausfèremeut du Temple à la Conciergerie, par Drolling, et Marie-Antoinette recevant la communion dans son cachot par Pajou (1817). Cette prison et les salles basses dites salles des Gardes (au-dessous de celle des Pas-Perdus, v. p. 267) et réfectoire des officiers de St Louis se visitent le jeudi (de 9 h. à 5 h.), avec une permission qu'on demande par écrit au préfet de police de Paris (bureau des prisons), rue de Lutèce, en face du palais. Le gardien qui conduit (pourb.) montre aussi l'anc. entrée sombre, oiivrant sur la cour du Mai (v. p. 267) par où passèrent env. 2742 victimes de la Révolution. — Les cuisines dites de St Louis, restes du palais du xiiie s., ne se visitent plus.

Le tribunal de commerce (pi. E. 20; F), en face du palais de justice, du côté E. du boni, du Palais, a été construit de 1860 à 1866 par Bailly, dans le style de la Renaissance. Il a un dôme octogone de 42 m. de haut, destiné à faire perspective dans l'axe du boni, de Sébastopol (p. 84ri, L'intérieur est public tous les jours de la semaine. L'escalier d'honneur conduit à la salle d'audience et aux salles des faillites. A la hauteur du premier sont des statues allégoriques: l'Art industriel, par Pascal; l'Art mécanique, par Chapu; le Commerce terrestre, par Maindron; le Commerce maritime, par Cabet; et dans le haut, des cariatides par Dubut. Dans le vestibule, les bustes de L'Hôpital, chancelier de France (1505-

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1573), et de Colbert. Au milieu du corps de bâtiment est une cour entourée de deux colonnades superposées, au-dessus desquelles sont des cariatides de Carrier-Belleuse, supportant un toit vitré. La salh cV audience, à g. au premier, est ornée de boiseries en chêne et d'un plafond à caissons et à grisailles et de quatre tableaux : l'Installation des juges-consuls par L'Hôpital, en lô()3, et Louis XIY signant l'ordonnance de commerce de Colbert, en 1673, par Robert-Fleury ; les Nantes et les Corporations devant Etienne Boileau, en 1208, par P. Delance. Principales audiences le lundi.

La large rue de Lutèce, en face de l'entrée principale du palais de justice, conduit à l'Hôtel -Dieu. Au milieu, la statue de Th. Renaiulot (1586-1653). philanthrope, médecin et fondateur du journalisme en France (v. ci-dessous), bronze par A. Boucher (1892). — Sur la petite place, ornée de deux fontaines, à g., derrière .le tribunal de commerce, se tient, les mercredi et samedi, le plus important marché ava; fleurs de Paris. Le dimanche, il y a ici un marché aux oiseaux.

Le u" y du quai aux Fleurs (pi. R. 23, 22; V) est sur remplacement de la maison d'Héloïse et d'Abélard (v. p. 249; inscription). Plus loin, dans la rue Chanoines.se (pi. R. 22; V), parallèle an quai, au n» 26, des restes de la chapelle St-Aignan, du xne s., et au u" 18, la prétendue tour de Dayohert (pi. R. 22; F), du xv^ s., avec une vieille rampe d'escalier en bois et une jolie vue sur Notre-Dame (s'adr. au concierge, à g.; pourb.).

La préfecture de police (pi. R. 20, 19; IV) occupe, à dr., une anc. caserne et deux anc. hôtels d'état -major, sur le boul. du Palais, près du pont St-Michel (p. 274). Il y a trois divisions principales: administration centrale, commissariats de police et police municipale. Les bureaux sont ouverts de 10 h. à 4 h. Celui des objets trouvés est au quai des Orfèvres (pi. R. 20; F), 36. dans les dépendances du palais de justice.

Le u" 8 du quai du Marché- Neuf y à la suite du quai des Orfèvres, est sur l'emplacement de la maison où Th. Renaudot (v. ci-dessus) fonda la Gazette de France (p. 49; inscription).

L'Hôtel-Dieu (pi. R. 22, 23; F), un peu plus loin, avec façade sur la place du Parvis-Xotre-Dame (v. ci-dessous), a été reconstruit à cet endroit de 1868 à 1878, par Diet. Il était auparavant à dr. de la place, sur les deux rives du bras 8. de la Seine, et c'était le plus ancien hôpital de Paris, peut-être même de l'Europe, fondé vers 660. Ce fut d'abord un couvent de religieuses, puis un hospice de pèlerins. Il compte aujourd'hui 828 lits et il y a trois chaires de clinique.

La PLACE DU Parvis-Notre-Dame (pi. R. '22: F), devant la cathédrale, est décorée d'une statue de Charlemagne, à cheval, conduit par Olivier et Roland, bronze d'après Louis et Ch. Rochet, sur un piédestal provisoire. Le Parvis a sa forme actuelle depuis la reconstruction de l'Hôtel-Dieu.

L'ancien Pai-vis était beaucoup plus étroit. Eu deçà de la place, le Petit-Pont, il l'endroit où était l'un des deux ponts romains. Il mène à

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la place du Petit-Pont, où était le Petit-Ch.àtelet, démoli en 1782. Au r.o 2 de cette place s'élevait la tour de Bois, défendue en 886 contre les Normands par douze héros parisiens (inscription).

"Notre-Dame (pi. E. 22: V). l'église métropolitaine de Paris. a été fondée en 1163, sur l'emplacement de l'église primitive datant du iv s., et consacrée en 1182; mais la nef n'a été achevée qu'au xiir s. La première pierre en a été posée par le pape -Alexandre III, alors réfugié en France. L'aspect de cette église est un peu lourd et écrasé, mais c'est là le résultat de circonstances que les arcMtectes ne pouvaient guère prévoir: les flèches des tours n'ont pas été construites; elle est entourée de hautes maisons au lieu des peti-tes habitations d'autrefois, et le sol sur lequel elle est bâtie a été considérablement exhaussé. >7otre-Dame fut transformée en «temple de la Eaison» en 1793, après avoir eu ses sculptures mutilées; mais les orgies dont elle fut le théâtre la firent fermer dès l'année suivante et elle fut rendue au culte en 1802. Depuis 1845, l'église a été restaurée par Lassus, Yiollet-le-Duc et Bœswillwald.

■^Façade. — La plus belle partie de Xotre-Dame est sa façade, la plus ancienne dans son genre, qui est du commencement du xni^ s. et a servi de modèle pour beaucoup de façades des églises du nordest de la France. Elle est divisée en trois parties principales par des contreforts, et elle présente trois étages bien distincts, sans compter celui des tours. Dans le bas, trois baies avec de belles voussures ogivales, dont les sculptures, en tant qu'elles n'ont pas été détruites à la Révolution, sont des productions intéressantes du commencement de l'époque ogivale. Celles du portail du centre représentent le Jugement dernier. Au trumeau, un beau Christ, refait par <t. Dechaume. Dans le tympan, le groupe du Christ en gloire, où l'ange de g. portant des clous est un chef-d'œuvre de la sculpture française au xui*" s. La porte du S., dédiée à Ste Anne, et celle du X., qui sert ordinairement d'entrée, dédiée à la Ste Vierge, sont décorées de sculptures relatives à ces saintes; on remarquera surtout, à la seconde. l'Ensevelissement de la Vierge. Cet étage se termine par une galerie, où des niches renferment vingt-huit statues de rois d'Israël et de Juda, considérés aussi comme des rois de France, et refaites au xix*" s. Au-dessus de la galerie sont, au milieu, une Vierge accompagnée de deux anges tenant des flambeaux; à dr, et à g., des statues d'Adam et d'Eve. — Le principal ornement du deuxième étage est sa magnifique rose , de 13 m. de diamètre et de style encore assez simple. De chaque côté est une double fenêtre ogivale avec une petite rose feinte. — Le troisième étage se compose d'une seconde galerie, haute d'env. 8 m., à colonnettes fort légères, portant des ogives géminées avec trèfles ajourés. Plus haut règne une balustrade couronnée par des statues de monstres et d'animaux ^v, p. 273) , et le tout se termine par deux grosses tours quadrangulaires, percées d'ouvertures géminées hautes de plus

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(le 10 m. Les portails latéraux méritent aussi d'être vus. Celui du S. a de belles pentures en fer forgé du xiii«^ s. (restaurées). La flèche du transept, haute de 45 m., en bois revêtu de plomb, a été reconstruite en 1850. On admire la légèreté et l'élégance du chevet, avec ses fenêtres à frontons et ses arcs-boutants d'une grande hardiesse (fontaine voisine, v. p. 273).

Iktékieuu. — Notre-Dame est divisée en cinij nefs, avec un transept simple et fort court; elle mesure 127 m. de long sur 48 de large et 34 de haut dans la nef majeure. L'abside est petite et de forme ronde, comme dans les églises romanes; les bas côtés se prolongent en un déambulatoire. Des chapelles ont été ajoutées plus tard entre les contreforts des collatéraux et du chœur. Les voûtes reposent sur 75 piliers, la plupart ronds, aussi des restes de l'art roman, ainsi que les tribunes au-dessus des bas côtés. Ces tribunes ont à la grande nef des arcades que supportent 108 petites colonnes, et il y a au-dessus 37 grandes fenêtres. On remarquera les vitraux anciens des roses du grand portail et des portails latéraux. La chaire est de 1868, d'après Yiollet-le-Duc. Le grand orgue de Cliquot, restauré par A. Cavaillé-Coll, a 6000 tuyaux, ayant jusqu'à 32 pieds de haut; il comprend env. 10 octaves, avec 86 jeux, 110 registres et 5 claviers. A dr. du portail S., deux plaques de marbre noir où sont inscrits les noms des otages de la Commune (p. 247).

Le chœur et le sanctuaire sont séparés de la nef et du déambulatoire par de belles grilles. A l'entrée, à dr., devant un pilier, la statue de Xotre-Dame de Paris, de la 1" moitié du xv^ s. On remarque dans le chœur les stalles et des bas-reliefs en bois, du commenc. du xvii^ s., représentant des scènes de la vie de J.-C. et de la vie de la Vierge; dans le sanctuaire, un autel de 1874, avec une Pietà, dite le Vœu de Louis XIII, et des statues de Louis XIII et de Louis XIV, par Nie. et Gruill. Coustou et par Coyzevox.

A la clôture extérieure du chœur (cartes pour le trésor, v. p. 273). *23 bas-reliefs en pierre, richement peints et dorés, par Jehan Ravy et son neveu Jehan le Bouteillier, achevés en 1351. Ces spécimens de la sculpture gothique, d'une exécution inégale, se distinguent tous par leur style monumental et leur sereine beauté.

Les chapelles contiennent un certain nombre de monuments, surtout d'archevêques de Paris, savoir, de dr. à g., à partir de la sacristie (v. p. 273) : ceux de Mgr Afre (v. p. 182), par Debay ; de Mgr Sibour (p. 292), par Dubois; du ^comte â/Harcourt (m. 1718), par A. Pigalle; de Mgr Darboy (p. 247). par Bonnassieux: du cardinal Morlvt (m. 1863), par Lescornel; de Vévêque Matiffas de Biicy fm. 1304), avec une belle crosse, derrière le maître-autel; du cardinal de Bellay (m. 1806), par Deseine; de Mgr de Quelen, (m. 1839), par G. Dechaume; du cardinal de Noailles (m. 1729), par le même; de Mgr de Juigné (m. 1811), par Cartellier; de Mgr de Beaumont (m. 1781), du maréchal Guébriant (m. 1643) et de

X0TRE-DA3IE. Cité. lô. 273

sa femme Renée du Bec-Crépin. — La grille du côté g. est ordinairement fermée, et il faut revenir sur ses pas.

Dans les croisillons: à dr., Scènes de la vie de la Vierge, apôtres et Pères de TEglise; à g., des évêques de Paris et des moines, fresques par Perrodin (1869-1870),

La sacristie, construite de 1843 à 1850 par Viollet-le-Duc. renferme le trésor de Notre-Dame, qui se visite, dans la semaine, de 10 h. i/.^ à 4 h., 5 h. 1/2 ou 6 h., moyennant 1 fr., qu'on paie à dr. à la grille du déambulatoire. Il y a deux salles, à l'extrémité de la galerie et à g. Elles occupent l'emplacement de l'ancien archevêché, démoli au commencement du xixe s. Le sacristain montre et explique les principaux objets, mais on n'a guère le temps de rien examiner. La plupart des objets sont modernes et sans grande valeur artistique, sauf ceux des derniers temps: vases sacrés donnés par Xapoléon III, ornements avec figures brodées, dans le style du moyeu âge, etc. Les objets anciens sont une grande croix grecque émaillée, du xn^ ou du xiue s. ('?); des bustes eu argent de St Denis et de St Louis, du xiv« s.; un calice grec, aussi du XIV8S.; un calice allemand du xv^, des chasubles des xve et xvi^, des amphores du xvi^ et des reliquaires des xme-xvie s. — Il y a aussi des objets historiques et des souvenirs, comme le manteau du sacre de Napoléon I^r et les vêtements ensanglantés de Mgr Affre, de Mgr Sibour et de Mgr Darboy.

Tours. — La *vue du sommet des tours de Notre-Dame, hautes de 68 m., est une des plus belles de Paris. On y monte de 9 h, à 4 ou 5 h., selon la saison, en payant 50 c, et il y a encore un vestiaire. L'entrée est par la tour du N. , à g. en dehors de l'église. Il y a en tout 397 marches, 256 jusqu'à la première galerie. Dans la tour du S. est le bourdon de Notre-Dame, pesant 12500 kilos, et une cloche rapportée de Sébastopol, qui ne sert pas. On remarquera, à la balustrade des tours, les bêtes d'amortissement, en forme de chimères, de diables, etc., curieux monuments de la sculpture du temps.

Derrière la cathédrale, sur l'emplacement de l'anc. archevêché (détruit en 1830), converti en square, là fontaine Notre-Dame, joli petit monument goth. de 1845. — Le cloître Xotre-Dame occupait l'emplacement de la rue de ce nom, à g. de l'église. Les chanoines y possédaient 51 maisons presque toutes détruites aujourd'hui.

A quelques pas de là, à l'extrémité de l'île, se trouve la Morgue, le bâtiment où sont exposés les morts trouvés, afin qu'on en puisse constater l'identité. L'entrée est publique. Les corps à exposer sont d'abord mis dans un appareil frigorifique, qui les fait geler à 14 ou 15», puis dans la salle d'exposition, qui est maintenue à la température de 4'^ au-dessous de zéro, et ils se conservent là, avec les couleurs naturelles, au besoin pendant trois mois. La morgue reçoit chaque année de 700 à 800 cadavres.

L'île St-Louis (pi. R. 22; F), à l'E. de la Cité, de l'autre côté de la Morgue, est une oasis paisible, au milieu de ce Paris si agité.

L'ÉGLISE St-Louis-en-l'Ile, à dr. de la rue principale, est des xvii^ et xviii^ s. Elle a un clocher curieusement ajouré.

A l'intérieur, des peintures modernes, puis de vieux tableaux, dont deux dans la 2^ chap. (à dr. du maître-autel, où est aussi un curieux portr. de St François de Paule) et deux (de 1604) dans la 4^ chap. A dr.

Bsedeker. Paris. 15» éd. 18

274 Oité. 15. ILE SÏ-LOUIS.

dans le mur de cette chap.: la pierre d'autel où Pie VII prisonnier h rontainebleau offrait le saint sacrifice (1812-1814). Plus loin, un joli bénitier du couvent des cannélites deChaillot, souvenir de sœur Louise de la Miséricorde (Mme de LaVallière; 1G75). Chap. des fonts: le Baptême du Christ, par Stella (van den Star). Visite du trésor, où se voit surtout un ornement d'autel du xiiie s. (2fi pièces de broderie): les vendr., sam. et dim. après le 25 août (fête de St Louis). Il y a aussi de petits bas-reliefs en albâtre du xv^ s.

A l'E. de cette église, quai d'Anjou, 17, l'anc. hôtel de Lauzun, de 1657 (inscription; curieuse cour), acquis en 1899 par la ville et où l'on projette d'installer un musée (où l'on mettrait les estampes du Carnavalet); les poètes Théophile Grautier (1811-1872) et Baudelaire (1821-1867) y habitèrent. — La rue des Deux-Ponts relie le quai d'Anjou au (juai d' Orléans (pi. R. 22; F), où se trouve, au n°6. dans un \ieil hôtel à porte sculptée, la, bibliothèque polonaise, créée en 1830 (au 2^ étage, la salle de lecture, publique t. 1. jours de 11 h. à 4 h.). On y a organisé un petit musée avec des souvenirs d'Adam Mickiewicz (1798-1855), le poète polonais, qui fut professeur de littérature slave au collège de France de 1840 à 1844.

Au n" 2 de la rue St-Louis, le bel hôtel Lambert, construit au XVII*' s., p&r Levau, pour le président Lambert de Thorigny. Il appartient dep. 1832 aux princes Czartoryski.

Visite, en l'absence des princes, de préférence de 10 h. à 11 h., eu s'adressaut par écrit à M. le secrétaire de l'hôtel Lambert. Superbe escalier orné de gobelins. Vestibule (rotonde): grands panneaux en camaïeu, par Le Sueur, dont les principales peintures sont toutefois au Louvre (v. p, 160). — Galerie d'Hercule: le Mariage d'Hercule et d'Hébé, plafond par Le Brun; aux murs, des panneaux (paysages) par Fr. Perrier et des grisailles par Le Sueur. Petit salon: l'Aurore, par Le Brun; deux basreliefs, par Donatello; vieille châsse en ivoire, etc. Salon de travail: trois jolis Watteau ; grisailles de Le Sueur; Credo, par Frémiet. Chambre à coucher (anc. salle des Muses): plafond par Le Brun; lit Henri IL Voltaire a habité quelque temps dans cet hôtel, alors à Mme la marquise du Chàtelet-Laumon (1750).

A côté passe le boni. Henri IV (p. 182) et à dr. est le pont Sully (p. 182), qui aboutit sur la rive g. au boni. St-Germain (p. 292), à côté de la halle aux vins et près du Jardin des Plantes (p. 329).

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