Quartier Latin
Restaurants, v. p. 18, 19.
Le quartier de la rive g. au S. de la Cité, comprenant le V^ arrondissement (Panthéon) et la partie E. du VP (Luxembourg), est bien connu sous le nom de Quartier Latin. C'est, avec la Cité, le plus ancien quartier de Paris. Il a été de tout temps le siège des institutions scientifiques et se nommait jadis, l'Université (v.p.263).
En passant de la Cité à la rive g. par le boni, du Palais, on traverse le petit bras de la Seine au pont St-Michel (pi. R. 19 ; F) , .d'où l'on a une belle vue à g. sur Xotre-Dame. Du même côté, sous
BOUL. ST-MICHEL. ^n-e g. 16. 275
le quai, une station de la ligne d'Orléans (p. 302). Le pont aboutit à la place St- Michel, où s'élève, à dr., contre une maison la fontaine St-Michel , de 2(5 m. de haut sur 15 de large, érigée en 1860. Elle se compose d'un arc de triomphe du style de la Kenaissance, arec un St Michel terrassant le dragon, en bronze, par Duret, sur un rocher d'où jaillit une cascade, retombant dans trois vasques entre deux griffons. De chaque côté, des colonnes en marbre rouge avec des statues allégoriques aussi en bronze.
Le boulevard St-Michel (pi. R. 19; G. 19; V) est l'artère principale de la rive g. : il fait partie de la grande ligne de boulevards traversant Paris de la gare de l'Est au carrefour de l'Observatoire (v. p. 336). Ses cafés et ses restaurants sont très fréquentés par les étudiants.
La rue de la Huchette, ouverte au xiii» s., et la me St-Séverin (pi. R. 19; V), qui partent à l'E. de la place et dii boulevard St-Michel, conduisent dans une des parties les mieux consei-vées du vieux Paris, aux ruelles étroites et tortueuses, si connu par taut de romans. Dans la première rue s'ouvrent les curieuses ruelles du Chat-qui -Pêche (ainsi nommée d'après une anc. enseigne) et Zacharie.
La seconde rue conduit à *St-Séveriii (pi. R. 19; V), intéressante église à cinq nefs, avec chap. latérales, mais sans transept, surtout des xnie et xve s. Elle est eu partie sur l'emplacement d'un ancien oratoire du temps de Childebert I^f. Sa façade se compose d'un portail du xm^ s., qui provient de l'anc. église St-PieiTe-aux-Bœufs près de Notre-Dame et d'une élégante tour du xiyes. A la porte N.. deux lions, entre lesquels les curés de St- Séverin rendaient la justice. Le second collatéral de dr. est du xiv« s., le reste du xv» s. Les quinze feuêtres de la nef sont garnies de *vitraux, ceux des fenêtres du haut des xve et xyi» s. Le double déambulatoire a de curieuses voûtes à nervures et le chœur un triforium original. Dans les chapelles, des peintures murales modernes. Elles sont, en faisant le tour, de dr. à g., par Pai/l Flandrin, Heim et Signol, Schnetz et Biennoury, Murât, Hipp. Flandrin, Alex. Hesse, Cornu, Gérôine, Leloir, Jobbé- Duval, Mettez et Rîchomme.
Un peu plus loin, près de la rue Lagrange, l'anc. chapelle du vieil Hôtel-Dieu, St-Julien-le-Pauvre (pi. R. 19-22; l'), dn style goth. de la tin du xn^ s. L'entrée est au u" 11 de la rue du même nom, par une cour ancienne, mais négligée. A dr. de la porte, lui vieux puits bouché. Cette chapelle est maintenant affectée au culte catholique grec. Messe les dim. et fêtes à 10 h. Au mur du collatéral de dr. , un tombeau du xve s. (bas-relief). Dans la cour de ce côté , un coin du rempart de Philippe-Auguste (s'adresser au sacristain). Dans le collatéral de g., la statue de Montyon (1733-1820), le grand philanthrope.
Derrière cette église, la rue du Fouan-e (c.-à-d. de la paille qui servait de siège aux écoliers). C'était au xiiie s. le quartier des écoles, mentionné par le Dante sous le nom de ^^vico degli Straui» (Paradis, x, 137). La rue du Dante mène de là à la rue St-Jacques (pi. R. 19; F), où se voit, sur une plaque au n'^ 72, le plan de l'anc. porte St-Jacques, de l'enceinte de Philippe-Auguste. Suite de cette rue, p. 332. — La rue St - Julien - le - Pauvre aboutit à la rue de la Bucherie. où il y a, au no 13, nu cloîti-e à arcades ogivales: anc. salle des cours de la faculté de médecine de 1.369 à Louis XV et école d'auatomie sous l'Empia-e (acquis par la ville).
Le boul. St-Michel croise le hovlevard St-Germain (p. 304,303) à env. 300 m. de la Seine. C'esl là un des centres de la circulation. A g., les jardins qui précèdent les Thermes (p. 285) et l'hôtel de
270 Ifhe g. iG. KCOLE DE MEDECINE.
Cluny (p. 277). Le boul. St-Michel passe ensuite à la place de la Sorbonne (p. 287) et à l'eutrée E. du jardin du Luxembourg (p. 325).
L'Ecole de médecine (pi. E. 19; F), à 100 m. du boul. St- 31ichel, sur le boul. St-Germaiu, forme un vaste corps de bâtiment qui s'étend au 8. jusqu'à la rue de l'Ecole-de-^Iédecine. La façade (de 1878) sur le boulevard, par Ginain, est dans le style sévère de celles du palais de justice sur la place Dauphine, de l'hôtel des postes, etc. Elle est décorée de deux cariatides par Crauk, la Médecine et la Chirurgie. La partie ancienne, sur la rue de l'Ecole-de-Médecine, date du xyiii*" s. Elle a une belle cour , précédée d'une galerie à deux rangs de colonnes ioniques et au fond de laquelle est une statue de Bichat (1771-1802), l'anatomiste, bronze médiocre d'après David d'Angers. Dans le vestibule , la Science dévoilant la Nature, par ^rtr?•^«s. Dans la galerie du côté du boul. St-Germain: Hippocrate et Hygie, marbre par J. Thomas. Dans la 1"' salle des Thèses: le Foyer de la Comédie-Française converti en ambulance (1870-71), grande toile par Richet. A l'extrémité E. , dans le vestiaire : Hippocrate refusant les présents d'Artaxerxès, par Girodet (s'adresser au concierge à dr. , place de l'Ecole-de-Médecine). Le corps de bâtiment principal comprend le rjrand ami^hithéâtre (1400 places), la bibliothèque (env. 90000 vol., ouverte aux médecins et aux étudiants les jours non fériés de 11 h. à 6 h. et de 7 h. ^/^ à 10 h. 1/2 <i^i î^oir, sauf en sept, et oct.) et un musée d'anatomie comparée, dit musée Orfila, du nom de sou fondateur (1787-18.53), qui est ouvert comme la bibliothèque.
Sur le terre-plein à l'O. de l'Ecole de médecine , du côté du boulevard, une statue de P. Brona (1824-1880), le chirurgien-anthropologiste, bronze par Choppin, et une statue de Danton (1759-1794), en organisateur de la défense nationale, par A. Paris.
De l'autre côté de la rue se trouvent des dépendances de la Faculté, V école pratique (laboratoires), de construction récente, et, à g., l'anc. réfectoire du couvent de cordeliers (xv*^ s.; voir son aspect dans la cour du n» 7), où se tint le club de ce nom, sons la Révolution, et qui contient maintenant le musée Dupuytren, collection pathologique, ouverte aux étudiants dans la sem. , de 11 h. à 4 h. Là aussi, au 4^ étage, le musée Broca consacré à l'anthropologie (ouvert les lundi, mercr. et vendr., de 1 h. ^2 ^ 4 h.).
Au u-:' 5 de la rue de l'Ecole-de-Médecine, un bel hôtel du xvii« s., d'abord amphithéâtre de St Côme (1694), auj. école des Arts décoratifs.
Au coin de la vieille rue Serpente et de la nouvelle rue Danton, qui commence près de la fontaine St-Michel, se trouve Vhôtel des Sociétés savantes, où se font des conférences. Dans la rue Hautefeuille, à dr. de la rue Serpente: n" 5, Vhôtel des abbés de Fécamp, avec une jolie tourelle au coin de l'impasse Hautefeuille. N" 9, hôtel à créneaux et trois tourelles, construit, dit-on, par les Chartreux (xye s.). — Rue St-André-des- Arts, à g. de la rue Hautefeuille, au delà de la place: n»» 47-49, emplacement de l'anc. hôtel de Jeanne de Navarre , puis de Jacques Coytier,
^^ U TL I 3 o p
TÏOTK iS P
a li .V e I n o a
HOTEL DE CLUXY. r^ire g. i€. 277
médecin de Louis XI et des ducs d'Orléans (inscription au no49); n» 61, passage du Commerce, où se trouvait (n" 8) l'imprimerie de l'Ami du Peuple de Marat (1793). Dans ce passage s"ouvre la Cour de Rouen, dépendance de l'anc. hôtel des archevêques de Rouen (sv^ s.). Henri II y bâtit un hôtel pour Diane de Poitiers. La terrasse (jardiuet) est un reste des remparts de Philippe-Auguste avec la hase d'ime tour; curieux puits dit de Coytier (v. ci-dessus: s'adr. au concierge).
L'^hôtel de Cluny (pi. E. 19; F), an S.-E. de la croisée des boulevards St-Michel et St-Germain. occupe en partie l'emplacement du palais romain construit, dit-on, par l'empereur Constance Chlore, de 292 à 306, où Julien fut proclamé empereur par ses soldats en 360 et que les rois francs occupèrent avant d'aller habiter la Cité. Il n'en reste plus guère que les salles de bains ou les Thermes, h l'état de ruines (v. p. 285). Il appartint dès 1340 à l'abbaye de Cluny, dans le ]V[âconnais, et les abbés se firent construire une résidence sur ses mines. L'hôtel de Cluny actuel, un des édifices les plus élégants du style gothique tertiaire mêlé de Eenaissauce, a été bâti en 1490 par l'abbé Jacques d'Amboise. et il a conservé presque entièrement son ancien aspect. Jacques Y d'Ecosse et Marie d'Angleterre, troisième femme de Louis XII, dite la Keine Blanche, y habitèrent. Déclaré «propriété nationale» à la Révolution, il échut en 1833 à l'archéologue Al. du Sommerard. qui y installa ses riches collections d'objets du moyen âge et de la Renaissance. A .sa mort, l'hôtel et ses collections furent acquis par l'Etat, qui les réunit aux ruines des Thermes oft'ertes par la ville.
Le -musée de Cluny se compose de produits artistiques et industriels anciens de toutes sortes. Le nombre des objets est si grand (plus de 11 000 w^) . qu'une seule visite ne suffit même pas pour jnger des plus importants. Directeur, M. Saglio.
L'entrée est rue du Sommerard. 14. sur le square de la Sorbonne (p. 285). La cour est entourée d'un mur à créneaux. On y entre par une grande porte ou par nne petite porte voûtée, l'une et l'autre encadrées de jolies sculptures. On remarquera la façade avec sa tourelle, ses fenêtres gothiques à croisillons, sa jolie corniche, .sa balustrade ajourée et ses grandes lucarnes à frontons. L'aile de g. a quatre grandes arcades ogivales. Dans l'aile de dr., un passage menant aux jardins (p. 285). La porte du musée est dans l'aile de dr. du bâtiment central.
Le musée de Cluny est public tous les jours, excepté le lundi et les jours de fête réservés (v. p. 95), en été (pf avr.-30 sept.) de 11 h. à 5 h. dans la sem. et 4 h. les dim. et fêtes, en hiver toujours de 11 h. à 4 h. Catalogue de 1883: broché, 4 fr. ; relié, 5 fr. Il y a à peu près partout des étiquettes. Vestiaire obligatoire, mais gratuit.
Rez-de-chaussée. — I^e salle: sculptures diverses; clôture, panneaux, bahuts et statues en bois de différentes époques; collection de poids et de mesures, de mortiers, d'épitaphes, etc.
278 ^ii'e 0- i^- MUSEE DE CLUNY. Rez-de-chaussée.
IP SALLE. A l'entrée, à dr. et à g., des bancs goth. à dais, auxquels on a ajouté des étagères supportant des chefs reliquaires et quantité de jolies statuettes et de petits groupes religieux en bois, des xv« et xvi*" s. et d'origine française, allemande, flamande ou italienne. Dans les vitrines, une importante collection de chaussures anciennes (à la l»"^ fen. de dr. : curieux souliers de «vilains» du xvii^ s.). Aux murs, encore des sculptures en bois. A la 2«' fen. de dr., 1337, un coffre de mariage français du xvi*' s. Des deux côtés et à la cheminée, des coffres franco -flamands du xvi^ s. — La cheminée, en pierre, a des hauts reliefs de 1562: le Christ et la Samaritaine, par Hugues Lallemeut.
IIP SALLK. Du côté de l'entrée: *709, grand retable en bois sculpté, peint et doré, de la fin du xv«^ s. ; à dr., *712, retable flamand en bois sculpté, peint et doré, du xvi<^ s. ; à g., 816, 7<s8, Stes Femmes et Mater dolorosa du xvi*^ s. Au milieu, 1422, un lutrin ou dressoir goth. allemand de la fin du xv^ s., et un tourniquet avec des miniatures et des reproductions d'estampages de la couronne de lumière d'Aix-la-Chapelle (xii^' s.). Aux fenêtres, des deux côtés, des objets en plomb trouvés à Paris dans la Seine: xiv*^, xv« et xvi^ s. A l'autre mur: s. n», un -retable de la Passion encore plus grand et non moins beau que celui d'en face; à dr., 715, le Calvaire, triptyque eu bois sculpté du xvr s. ; à g., -710, grand triptyque en bois sculpté, peint et doré, avec sujets en peinture, ouvrage allemand de la fin du xv«= s. , sur une crédence française des xv^-xvi^ s. En outre encore de très beaux meubles gothiques. — Au milieu, sur un écran isolé, le LECiS Adolphe de Rothschild. Du côté de la fenêtre (à g.) : deux volets de Michael Wolgemuth (1480); au centre, la Késurrection et la Descente aux limbes, bas-reliefs d'albâtre, cadre en bois sculpté et lapis (xvi*'s.); au-dessous, sous verre, Jésus au mont des Oliviers (art hispano-flamand, xvi^ s.), une médaille (art allemand, 1549) et un tableau de dévotion minuscule (art italien, 1541); à dr., l'Adoration des mages, ^^ox Luca d' Olanda (? ] 1523); au-dessus, la Résurrection, plat d'étain (art allemand, xvi^' s.). De l'autre côté (vers le jardin): au centre, Grand chantre (art ail., xv*^ s.); au-dessous, un superbe bâton incrusté du cardinal Montelparo (art italien, fin du xvi^ s.); à g. , St Jacques (el Matamoro; fin du xv*^ s.); au-dessous, la Vierge et l'Enfant, moule en ardoise (art ail. ; fin du xv« s.) et l'Invocation à tous les saints, miniature italienne (60 sujets; xvi*" s.); à dr., l'Assomption (art espagnol; fin du xvi*^ s.); au-dessous, une serrure de coffre (art français; xv** s."); l'Annonciation (art ail.; fin du xv^ s.). Au centre, au-dessus du Grand chantre: St Dominique et Ste Catherine recevant le rosaire (art ital.; fin du xvi^ s.). Sur une frise à hauts reliefs, les Vertus, retable en albâtre (art ital. ; fin du xvi^ s.).
IV^ salle: meubles des xvi*? et xvii^ s.; médailles et jetons de l'histoire de France et de Paris; dans des vitrines, belle collection
Bez-de-chaussée. MUSÉE DE CLUNT. ^i^'^ 9- i^- 279
de plaquettes (p. ex., à la 2* fen., les Bacchanales, d'après Clodion) et médailles des xv% xvi% xvir et xyin^ s.; 192, cheminée du XVI*? s., avec bas -reliefs représentant Actéon changé en cerf, par Hugues Lallement; toujours de beaux meubles.
V^ SALLE (à dr. de la lY"), collection Audéoud, composée d'objets d'art italiens et espagnols des xvii^ et xvm^ s., parmi lesquels on remarque d'abord une Adoration des mages qui compte plus de 50 statuettes costumées , ouvrage napolitain , provenant d'une Crèche (presëpe). Il y en a une autre plus petite, dans le coin à dr. Ensuite une grande vitrine contenant quantité de statuettes peintes et des groupes, comme le 3Iassacre des Innocents et la Cène. Dans le fond, un tabernacle richement sculpté et tout doré, avec un 8t Antoine de Padoue tenant l'enfant Jésus, ouvrage espagnol. Beaux meubles sculptés ou avec incrustations et peintures. Glaces richement encadrées. Fragments de lit espagnol, de tentures de cuir, etc.
Corridor: peintures italiennes des xiv^-xvi*? s.; panneaux d'un grand retable espagnol du xv*- s. et autre retable de même origine et de même époque.
W= SALLE, à dr. , avec galerie accessible seulement du l^»" étage et avec des portes donnant sur le jardin (p. 285) et sur les Thermes (p. 285) : sculptures, surtout des sculptures religieuses, statues, basreliefs et ornements. A la porte , une Vierge et un St Jean au calvaire, ouvrages flam. du xv^ s. Au milieu: plusieurs Vierges et des saints, des xiv^ et xv^ s.; une Vierge au calvaire du xvi*? s.; l'Ange de l'Annonciation, ouvrage pisan du xiv^ s., etc. ; du côté g., la Vierge à l'Enfant, statuette en pierre polychrome (fin du xv^ s.). A dr., des tombeaux de grands -maîtres de St -Jean -de -Rhodes. Aux murs, plusieurs retables des xiii", xiv^ et xv^ s. ; des statues du xiv«= s., des bas-reliefs en albâtre de même époque, etc. Sur des meubles à g., des groupes et des statuettes, surtout, au l*?»", cinq magnifiques "Statuettes de pleureurs du tombeau de Philippe le Hardi à Dijon, par Clans Sluter (fin du xiv^'s.), et une Présentation en marbre du xive s. ; au 2^, un Coiironnement de la Vierge du xv'' s. Audessus, au l<?i' meuble, 6321, Apparition de la Vierge, tapisserie flamande du xvi^ s. ; au 2^ meuble, 6284, la Délivi-ance de St Pierre, tapisserie de Beauvnis du xv« s. — Entre les deux, l'entrée actuelle des Thermes (p. 285).
VIP SALLE, cà g. du corridor ou en face de la précédente, aussi avec galerie au le»" étage. Aux murs, trois magnifiques '^"tapisseries de Flandre, du commencement du xyi»? s., faisant partie d'une suite de dix tapisseries qui ont pour sujet l'histoire de David et de Bethsabée. Dans des vitrines, une ^collection d'ornements d'église, d'étoffes anciennes, de guipures, de vêtements, de coiffures, etc. Tout autour encore des sculptures remarquables: à dr. de l'entrée, 282, 284, l'Astronomie, la Clrammaire, sur une frise à hauts reliefs;
280 Ifii-f fl- f^- MUSEE DE CLUNY. Ttez-de-charnsée.
derrière, une Vierge; plus loin, 460, Flore, en cariatide, autant de statues du xvi«" s. ; *448, groupe de marbre, les trois Parques, attribué à G. Pilon, avec bas-relief de l'école de J. Goujon au piédestal; 251, Vierge avec l'Enfant, du xvi^'s.; 449, 456, 450, à dr. de la porte, Ariane abandonnée, du xvi<^ s.; le Sommeil, Vénus et l'Amour, par J. Coimii; 453-455, le Portement de croix, la Mise au tombeau et l'Ascension, bas-reliefs du xvi*' s. ; — de l'autre côté, 479, la Mise au sépulcre, œuvre italienne du xvit'^ s., et encore des bas-reliefs; 457, le Christ (coiifé d'un chapeau) apparaissant à la Madeleine, basrelief flamand du xvi«" s. ; au milieu , devant la porte , deux tourniquets avec des échantillons de tissus; au plafond, une lanterne vénitienne du xvi*' s.
Ville SALLE. Suite de la *collection de tapisseries, ornements d'église, tissus, guipures, etc.; dans iine grande vitrine, aufowi: *tentures, manteaux et colliers de l'ordre du St-Esprit, établi par Henri III en 1579. Au milieu, un *fanal de galère vénitienne, du xvi« s. ; deux belles colonnes monolithes du xvi'' s., avec des statues du xye s. Statuettes des xv*' et xyi*^ s., à dr. de l'entrée: 56.S, l'Enlèvement, d'après Jean Bologne; 564, la Renommée; 463, la Reine de Saba; 494, un Génie funèbre par G. Pilon ou Ponce Jacquo ; un bas-relief de la chap. du château d'Anet; 493, un Berger. A g. de l'entrée : 487 , Vénus et des amours , du xvii«' s. ; 735 , une statuette d'homme en bois doré, ouvrage allemand. Ensuite d'autres sculptures du xYi^s., en particulier une Vierge en haut relief (273), 461, l'Annonciation; 464, le Jugement de Salomon, et une partie d'un manteau de cheminée (291) par (7. de Vriendt. Au fond, des fragments d'architecture de l'anc. hôtel de ville de Paris (v. p. 176).
IX^ salle: voitures de gala des xyii^ et xviii^s., traîneaux, harnais de luxe, chaises à porteurs, etc.
Premier étage. — On monte au premier, du corridor entre les salles VI et VII, par un escalier en bois portant les armes de Henri IV et de Marie de Médicis, qui provient du palais de justice.
Corridor: armures et armes dans des vitrines et en panoplies.
1"^ SALLE, à g. ^ faïences françaises y flamandes , hollandaises, grès, etc., des xvi^'-xviiie s. l^e vitrine à g. : faïences et terres vernissées françaises (Avignon, Beauvais. Epernay, etc.). 2*= vitr., en face: grès allemands et limbourgeois. A côté, deux charmantes terres cuites (Satyres) de Clodion (1783) et un buste d'enfant par Pigalle. 3<5 vitr.: ^faïences de Palissy et de St-Porchaire, dites d'Oiron (xvi^ s.). 4e vitr. : faïences de Sceaux , Paris, Xiederviller, Strasbourg, Marseille, *Moustiers et Alcora (Espagne). 5^ vitr. : de *Rouen. 6*" vitr.: de "^Nevers. 7^ vitr., à g.: faïences hollandaises (Delft). 8^ vitr., à g. : faïences allemandes. Enlin des carreaux de revêtement. Dans les vitrines du milieu, encore des faïences françaises. Puis des armes.
2e SALLE, cu facc , près de l'escalier, '^faïences italiennes des
1^' étage. MUSEE DE CLUXY. ^''--^ 0- i^- 281
xv^-xviii^ s., magnifique collection, dans huit grandes vitrines, classée par ateliers (noms sur les vitres): à dr., l^^^ vitr., Faenza; 2e, Cafaggiolo et -Deruta; %" , *Deruta; 4^, *Grubbio, à reflets métalliques; Castel Durante; q*'-7«', TJrbino; 8^, Venise, Castello et Castelli, — Au mur à g. de l'entrée, des "médaillons et des bas-reliefs en faïence émaillée de Lucn délia Rohhia et de son école (xv*' s,).
3^ SALLE, à dr. de la 2«-. Tout autour, des "^ tapisseries du château de BoiLssac (xv^ s.), faciles du bas dites de la Dame à la Licorne, celles du haut représentant l'histoire de St Etienne, son martyre et l'invention de ses reliques. Belle cheminée en pierre sculptée du xvr s., l'Histoire de la Santa Casa de Lorette. d'une maison de Rouen : plafond de cette maison et belles portes en chêne. — Ensuite de Vorfèvrerie, une riche collection à^émaux (surtout de Limoges), des verres, etc.
pe vitriue à ç., près des fenêtres: *orfèvrerie d'église, surtout des châsses, des couvertures de livres, des croix, des crosses, etc.. à émaux champlevés, des xiie-xiue s. — 2^ vitrine: *cinaux de Limoges du xv^ s. et du commeuc. du xvies., par les Pénicand , en particulier, *4578, un Calvaire de Nardon Pénicand, de 1503; 4576, Pietà de Monvaerni, le plus ancien artiste mentionné. — 3^ vitrine, *émaux de Limoges des xvi» et xviie s.: 4617-4630, de grands médaillons représentant la Vie du Christ, par Léon. Limousin ou Limosin (1557); 457S, Eléon. d'Autriche, femme de François le'; à côté (s. n"«), les portr. du duc et de la duchesse de Guise, aussi par Limousin; 4596 (à g., au-dessus), 4594, 4595, 4591, 4603, 4593 (au-dessus), 4611, 4612, coupes, coffret et assiettes par Pierre Eeymond, ainsi qu'un fond de coupe sans u"; 4599,4600. coupes par Je«u Courte!js ; 4613, assiette par F.-G. Mouret. etc. De l'autre côté, œuvres de Coxly Xoijlier. — 4^ vitrine, suite des *émaux: *4589, cabinet de deuil de Catherine de Médicis, par Martin Didier (?), et plus de 30 autres émaux plus petits, par Jeaii II et Jean III P>^nicati<l, J. et P. Coiirteys, J. Limousin, Goulij NoijUer ou Xoylier /<"•. Xoijlier II, Suzanne Covrt, etc. — 5« vitrine, suite des *éniaux, une centaine, surtout de P. Beijmand, 4639-4654, seize sujets tirés de l'histoire de la Vierge et de la Passion; puis de P. Courteys, des Laudin (deux Stc Catherine et un Baptême du Christ), des Xoylier. Au-dessus: 4610, uu plat en émail par L. Limousin, le Jiigement de Paris; 4606, le plat de Moïse, par P. Pénicand. Dans le haut, encore des plaques par M. Didier, des coupes, des salières, etc.
Dans les deux vitrines du second rang: des vidrecomes allemands; 4763, une lampe de mosquée du xiiie s.: des verres italiens gravés sur dorure, du xive s. et des verres de Venise. Ensuite une collection de bois sculptés provenant de meubles. A l'opposé de la cheminée, encore deux vitrines avec des verres: dans celle de dr. aussi des ven-es de Venise, surtout les plats 4779 à 4782, à sujets peints, dits «églomisés», du xvi" s.. Psyché et Proserpine, Dalila et Samson, Junon et ïsis, la Naissance de Bacchus, et dans celle de g., des verres français, allemands et des Pays-Bas. Entre les vitrines: un coffre de mariage vénitien, du xvie s.; un *retable allemand en cuivre repoussé, du xii^ s., et deux candélabres limousins du xin» s. Au mur, neuf plaques d'émail sur cuivre (1 m. sur 1 m. 65), les plus grandes connues, représentant des divinités et des allégories, par Pierre Covrteys, de l'ancien château de Madrid au bois de Boulogne (p. 2,39) et commandées par François I^f. Au-dessous, retable richement doré (bords du Rhin, xiie s.). Du côté des portes, encore des meubles et des statues, des xve-xviie s.
4« salle: '^fa/iences hispano-moresques , à reflets métalliques, des xiv^-xviie s., et -faïences de Rhodes (Lindos), de la même
282 r?ive g. IG. ]\nJSEE DE CLTJNY. ■?" ^tf^ge-
époque, faites par des ouvriers persans; émaux et jades chinois; quelques vases en bronze; du côté des fenêtres, bahut espagnol du xvii^ s. ; aux fenêtres, des vitraux anniens.
5f salle: mcinuments du culte hébraïque, meubles, orfèvrerie, bijoux, manuscrits, étoit'es brodées: don de Mme la baronne Xathaniel de Rothschild (collection formée par .S. Strauss); cheminée du xv^ s.
G<^ sallk: 1'"p vitrine, instruments de musique: psaltérion, mandolines, pochettes de maîtres à danser, violon d'Amati. 2^ vitrine, collection de coffrets. Contre le mur: au milieu, 1455, un cabinet florentin du xvii*' s., décoré de mosaïques; puis un cabinet flamand du xvi^'s. ; deux cabinets français (Louis XIII); *1477, un cabinet vénitien du xvi^s. , à incrustations, peintures et statuettes, représentant une façade de palais à coupole. Du côté des fenêtres, armoires sculptées et bahuts du xvi^s.
1*^ salle: meubles flamands du xyii^'s. ; deux vases anciens de la Chine, à émail cloisonné; plafond peint du xvii« s.
8«^ salle: grand lit à baldaquin de l'époque de François P""; 1424, 1426, sur les côtés de ce lit, armoires à deux corps, art français du XVI'' s. A dr. de la cheminée, 1424, cabinet sculpté en noyer du xvi^s. (époque de Henri II), de l'abbaye de Clairvaux. En face des fenêtres, 1431-1432, armoires à deux corps duxv^s. Vitrine du milieu, manuscrits avec miniatures des xiii«'-xvr s., en particulier des portraits de Christophe Colomb (n^ 1817) et de Bernard Palissy (n" 1818). Dessus, 743, une Vierge en bois du xv«-s. A la l'« fenêtre: moules à pâtisserie des xvi<^-xviii«"s. ; planches gravées d'un jeu de cartes (xvn^ s.). A la 2« fenêtre: râpes à tabac, du xvii^'s. ; 1579- 1580, jeux de dames et de trictrac; tabatières, poivrières, autres boîtes et casse-noisettes en bois, des xvi*^ et xvii'^' s.
9^ SALLE, surtout des ivoires. — l'<^ vitr., au milieu à dr. : 1081, triptyque italien du xiv^s., des scènes de l'évangile; s. n», olifant allem. du xi'' s. ; à g. , 1058 , tau ou bâton pastoral en buis et en Ivoire , du xiii^ s. ; à dr. , 1088 , fragment de triptyque du xiv*" s. ; s. n*^, plaque de reliure du ix«^ s. — 2^ vitrine de dr. : 1034 , 1033, restes de pyxides à hosties; s. n», *plaque de diptyque consulaire du ye ou du vic s. ; cofl'ret byzantin du ix^ s. ; 1035, le Christ bénissant le mariage d'Othon II, empereur d'Allemagne, et de Théophano, fille de Romain II, empereur d'Orient (973); bas-reliefs du vii^ au xirs. ; s. n^, crosse de l'abbaye de vSt-Martin de Pontoise, art français du xiii*^s. (don de Mme X. de Rothschild). — Grande vitrine: 1052, dans le haut, châsse de St-Yved, en ivoire, du xii^-s.; six Vierges des xiie-xive et xyii^s. ; 1106, Ste Catherine, du xv<^s. ; coffrets, pions d'échiquier, etc.; au-dessous, 5296, 5297, têtes de lion en cristal de roche, du iii*" ou du ivs., trouvées dans un tombeau près du Rhin; 1032, divinité couronnée, de même provenance. Derrière: 1060, châsse décorée de 51 bas -reliefs tirés de l'Ane, et du Nouv. Testament, du xiyt' s. ; crosses, etc. — l'«' vitrine de g.:
/«- étage. ]kIUSEE DE CLUXY. Hive g. 16. 283
poires à pondre, râpes, tabatières, couteaux et fourchettes à manclies en iToire , etc. , du xvii^ s. 2«" vitrine de g. : médaillons en cire et médailles. — Du côté de l'entrée : 1461 , 1462 , meubles en ébène sculptée, du xvii«=s. , et des parties de cabinets de la même époque (autres en face). Yitrine entre les deux meubles: ivoires et statuettes en bois; s. n°, Adam et Eve, par Francheville {?), du xyii^s. ; 1153, à g., Manneken-Piss, par Duquesnoy , auteur de celui de Bruxelles (1619); 1113, la Vertu châtiant le Yice, groupe attribué à Jean Bologne, sur un cippe du xix^ s.; dans le bas, 1056, 1057, coifrets vénitiens du xiii«^ s.; cornes à boire. — 1'"^ fenêtre du côté du jardin: quenouilles et fuseaux sculptés, du xvr s.; ceinture de cha^steté. — Entre les fenêtres et au mur du fond, 1458, 1467, des cabinets en ébène du xvii^' s. Dans les vitrines sur les côtés, des statuettes, des bustes, des médaillons, des bas-reliefs en ivoire des xvi'^-xviiie s. — V" vitrine de dr. , du côté de la cour : plaques en partie dorées d'un coffret de la fin du xv» s. et autres plaques des xiv*= et xv^ s., quelques-unes découpées à jour et d'une très grande finesse, par ex. le n» 1177, un tout petit diptyque du xvi*'s.. qui comprend 102 figures. A g., scène de la Passion, peinte en vert, duxv^'s. : peignes. — 2^ vitr. : au milieu, s. n», beau triptyque haut relief du xiv« s.; 1082 et 1063-1066 (à dr.). Scènes de la Passion et légendes (xiyes.); diptyques des xive-xv« s.; à g., 1085 et 1069-1073, boîtes à miroirs du xiv'' s.
10« salle: ouvrages en fer, serrurerie, bronzes, etc.
Siir une table, à dr. de l'eutrée: statuette eu brouze de Jeaune d'Ai'C (xv^s. ; don du baroji A. de Rothscbild); beaux serpents de bronze d'une vasqne du château de Villette (art français; xvne s.). — l''^ vitrine du côté de la coui-, seiTures, heurtoirs, etc.. des xve-xvnes.; coffret-écritoire en fer damasquiné d'or et d'argent, du xvif s. — 2« vitr.: serrures, targettes, etc., des xive-xA'iiie s. — 3^ vitr., au mur du fond, clefs; audessus, 5114, miroir dans une monture en fer damasquiné de Florence (xvi« s.). — 4=8 vitr., à coté de la i^: 570S, étriers de François l^i; 5003, au-dessus, statuette de Ste Catherine de Bologne, du xvii* s.; encensoirs, etc. — 1409, crédence du xvie s. — 5^ vitr.: garniture d'une trousse de veneur du xvi^ s. — Ge vitr., au-dessus de la 5»: 5189-5102. aiguières et bassins en étain, par Fr. Briot, et d'auti'es ouvrages du même genre. — 7« vitr., du côté du jardiu: plaques de serrures, veiTOUS et heurtoirs du xvie s. — 8« vitr.: plaquettes, bossettes de mors du xvie s., tire-bouchons, pinces, etc., des xvii^ et xviiie s. — 9^ vitr.: 6599, ceintm-e de chasteté à double usage, ouvrage italien. — 1271, sur une crédence du xvie s., basrelief en fer de la même époque , les Vierges sages , ouvrage italien. — 10e vitr.: *serrures et *clefs ouvrées du xvi^ s. La seconde clef à dr. au premier rang (5962) a été faite par Loiiis XVI. — 11^ et 12^ vitr., à dr. et à g. de la cheminée, bronzes, surtout des statuettes. — La cheminée est du xvi» s. — 13® vitr., devant la cheminée, cotfrets en fer. A dr.. mesures en bronze. A g.: chenet italien du xvi® s., serpents du xrvne s. — 14^ vitr.: heurtoirs eu bronze; verrou et serrure du xv^ s.; 6126, ceinture de supplice, etc. A g. et à dr. de la vitrine, des fonts eu métal de cloche, du xive s., et une cuve baptismale eu plomb, aussi du xit® s. Autre côté de la vitrine: pentures de Notre-Dame de Paris, support de pot-au-feu et autres, serrure de maîtrise, fers à repasser, etc. Sphère céleste italienne de 1502. *Banc d'orfèvre et ses accessoires, ouvrage allemand de 1565, à marqueteries et sculptures, les pièces en fer couvertes de fines gravures;
284 Hive g. 10. MUSEE DE CLUNY. i-"- étage.
6054, grand et beau coffre en fer forgé du xvii» s. Au plafond, une lanterne du XVI8 s., aux annes de LoiTaine.
Il*" SALLE, "^orfèvrerie, etc. A g. de la l'« fenêtre, du côté du jardin: *ôl04, nef en bronze doré et émaillé, garnie de figures mobiles: Charles-Quint (en or), sa cour, des musiciens, etc., avec des mécanismes pour faire partir les bouches à feu, etc., très belle pièce du XVI*' s. — Vitr. à cette fen,: -5299, jeu d'échecs en cristal de roche, dans le style allemand du xv«"s. ; autres objets en matières précieuses, la plupart des xV'-xvir' s. — Entre les fen. : argenterie des xv«^ et xvir s.; corne à boire allem. du xv'' s. — A la 2^ fen.: plusieurs torques et autres objets gaulois en or massif, trouvés près de Rennes en 1856 ; 4990, fourreau d'une épée mérovingienne montée en or, avec garde en bronze; 4989, insigne militaire mérovingien, en or, extrémité d'un ceinturon; 1040, couverture d'évangéliaire en ivoire, montée en liligrane d'or, du x^ s.; 5076, grand fermail en argent doré et émaillé, ouvrage allem. du xiv<^s.; s. n», coffret eu filigrane d'argent doré, orné de perles et de pierres fines; *5103, à g. du fermail, prix de l'arbalète, en argent repoussé, doré, ciselé et gravé, ouvrage allem. de la fin du xv^s.; 5041, à dr., croix à double branche du xiii'' s., en argent doré, rehaussée de pierreries, de filigranes et d'ornements en relief. — Vitrine au mur du fond, f achets français (armoiries) des xyii*' et xviii*" s. Puis, "4988, devant d'autel en or, à hauts reliefs au repoussé, donné par l'empereur Henri II (1002-1024) à la cathédrale de Bâle, probablement l'œuvre d'artistes lombards, La tapisserie et le tapis, des xvi*" et xvii«^ s,, proviennent aussi de Bâle, — Vitr. à la fen, : montres, bagues, pendants, châtelaines, ceintures.
Du côté de l'entrée. l'«^ vitr, : étuis, cachets, boîtes à mouches, etc. Au milieu : 5278, portr. de François P^". — 2^ vitr. : orfèvrerie d'église des xiii^-xvii'^ s.; s, n», chef reliquaire (art français du xvi^'s. ; legs de 31me N. de Rothschild). Vitr. suiv. : riche collection de cuillers, fourchettes, couteaux et ciseaux, et de nécessaires des xv!** et xvii«^ s. — Au mur : des crosses d'évêques.
Vitrine du milieu, *4979-4987, neuf couronnes d'or trouvées en 1858 et 1860 à Guarrazar, près de Tolède, en Espagne. La plus grande, rehaussée de perles, de saphirs orientaux, etc., est, comme l'indiquent les lettres formant l'inscription, qu'on y aura ajoutée pour en faire un ex-voto, celle du roi Reccesvinthus, qui régna de 649 à 672; le n" 4980, celle de Sonnica, la reine (?). — P"" vitrine de g. du côté du jardin: -5005, la rose d'or de Bâle, donnée par Clément V au prince-évêque de cette ville (xiv*^s.); 5029, 5021, 6022, ostensoirs et reliquaire, du xv*" s, — 2^ vitrine du même côté: 5042 (num, derrière), à dr,, croix double en cuivre doré, formant un reliquaire et richement ornée de filigranes et de pierres fines , très bel ouvrage de Limoges du xiii*" s. ; *5044 , croix processionnelle italienne, du xiv^ s., en argent repoussé, ciselé, doré et
Les Thermes. MUSEE DE CLUXY. «'«-e g. 10. 285
émaillé, ayant aux extrémités des statuettes de la Vierge, St Jean, St Pierre, la Madeleine, etc.; 5043, autre croix double, en filigrane d'argent doré, ornée d'une grande quantité de pierres fines, de perles et de pierres gravées antiques et présentant huit petits reliquaires, ouvrage de Limoges du xiir s, : reliquaires et monstrances.
Vitrine de l'autre côté, au fond: astrolabes, boussoles, horloges des xvi'^ et xvir s. ; boîte de boussole du xvii«" s. ; trousse d'architecte allemand du xvi« s., etc. — Vitrine précédente: figures d'applique et Cène en cuivre repoussé et doré, avec émaux, ouvrages de Limoges des xii^' et xiii"^ s. ; chauffe-mains des xiii*^ et xvi*" s. ; en face de la t'en., une châsse de Ste Anne, par Hans G-reiff, de Nuremberg (14:72) ; crosses d'abbés des xir-xiv^' s., etc.
On retourne sur ses pas jusqu'à la salle au lit à baldaquin (8^).
12<^ SALLE, à dr. : autre lit à baldaquin, du château d'Eflfiat (Puyde-Dôme ; xYii"^ s.). Sur la cheminée, 937, J.-C. bénissant le monde, statue par Duquesnoy. A la fenêtre , une collection de reliures des xvi'^-xvui'^ s.
Ensuite la '^chapelle, construction goth. d'un style très riche, avec un pilier au centre. A g., un grand retable flamand du xv*' s. En face, des sièges et stalles gothiques. A la place de l'autel, dans une abside en encorbellement, une grande châsse eu bois du xv^ s. Devant, un lutrin en cuivre. Au fond, un christ en bois sculpté de grandeur naturelle, du xii^ s.; des statues de la Vierge et de St .Jean, provenant d'un calvaire italien du xiii*" s. , et une porte en bois du xv«^ s., à l'escalier, par où l'on redescend dans la salle VI du rez-dechaussée (p. 279).
Les Thermes, ou ruines des bains du palais des empereurs romains (p. 277). sont du cûté du boul. St-Michel. L'entrée des visiteurs est dans la salle VI du rez-de-chaussée. On jugera des dimensions que devait avoir le palais par ces immenses salles de bains, dont l'une, l'ancien frigidarmm «m bain froid, a 18 m. de haut, 20 m. de long et 11m. 50 de large. Les antiquités qu'on y voit offrent en général peu d'intérêt. L'inscription d'un autel romain mutilé (n" 2; à dr. de l'escalier), consacré à Jupiter, nous apprend que les bateliers parisiens («nautae Parisiaci») formaient une corporation déjà au temps de Tibère (m. 37 ap. J.-C). A g., une statue de l'empereur Julien, en marbre grec, trouvée à Paris (v. p. 99, no 1121). En face, là où était la piscine, une mosaïque gallo-romaine, — On ressort par la porte d'entrée du musée.
Le jardin ou square Clunij, où l'on n'entre que par la cour de l'hôtel, renferme des sculptures provenant d'édifices, notamment un portail roman de l'anc. église des bénédictins d'Argenteuil. Contre la chapelle, un moulage de la belle Vierge du portail de Notre-Dame de Paris.
En face de l'hôtel de Cluny, au delà d'un petit square créé en 1899 et que décore un groupe en pierre par Tony Xoël, «Pro Patriâ morituri», s'élèvent les nouveaux bâtiments de la Sorbonne.
286 Bho. g. 16. SORBOXNE.
La *Sorbonne (pi. E. 19; V) doit sou origine à un collège établi en 1253 par Robert de Sorhon, confesseur de St Louis, pour y recevoir quelqui-s professeurs et étudiants de l'Université fondée cinquante ans auparavant. La réputation de ses élèves en fit bientôt le centre de l'enseignement de la théologie scolastique. Elle exerça une influence décisive sur la formation de l'église gallicane. La Sorbonne combattit non seulement la Réforme, mais aussi les jésuites, prit le parti des jansénistes (1713) et fut l'adversaire, souvent raillée , des philosophes du .wiii*" s. Elle fut supprimée à la Révolution et elle devint à partir de 1808 le siège de l'université de France ou de la direction supérieure de l'enseignement dans toute la France ; mais elle est redevenue en 1896 le siège de l'université de Paris, les Académies de province devenant des universités indépendantes. Elle compte env. 130 chargés de cours, 25 maîtres de conférences et 170 agrégés. Les cours des cinq facultés, gratuits et publics, sont fréquentés par près de 12000 étudiants.
Le palais de la Sorbonne, bâti en 1629 par Richelieu pour la faculté de théologie, mais reconstruit et agrandi depuis 1885, sur les plans de Nénot, occupe un emplacement d'env. 250 m. de long sur 100 m. de large. Il est auj. surtout le siège des facultés des lettres et des sciences, les facultés de droit et de médecine ayant leurs locanx particuliers (p.288et276). Sa façade principale, du côté de l'hôtel de Cluny, sur la rue des Ecoles, a deux frontons, les Sciences et les Lettres, par Mercié et par Chapu, et huit statues: la Chimie (à g.), par Injalbert: l'Histoire naturelle, parCarlier: laPhysiqne, par Lefeuvre; les Mathématiques, par Suchetet; l'Histoire, par Cordonnier; la (iéographie, par Marqueste; la Philosophie, par Lougepied et l'Archéologie, par Paris.
Dans le vestibulk, des statues d'Homère et d'Archimède, par Delàplanche et par Falguière. Au milieu se trouvent l'entrée principale et l'escalier des tribunes du grand amphithéâtre. A dr., à l'entrée du vestibule DES GALERIES DES Lettkes ET DES SciExcES : le Panorama de Venise et la place de la Concorde, et dans la galerie menant à la cour, d'autres paysages, tous par Ch. Foïlpot (1902). Dans la cour d'honneur, la Pête du Lendit ou la Foire aux parchemins à St-Denis (xv^ s.), grand panneau décoratif par J.-J. Weerts. Dans l'escalier de la bibliothèque (à g. de la cour): à dr., le Rêve; au milieu, le Chant des Muses éveillant l'àme humaine; à g., le Silence, par Rochegrosse.
Le VESTIBULE DU HAUT est omé de peintures murales , à dr. de la porte principale, par Flameng; h g., par Qhartran. Les premières, relatives aux Lettres, représentent: la Fondation de la Sorbonne, Abélard et son école, l'Installation de la première imprimerie k la Sorbonne, Et. Dolet, Amyot, Ronsard, Marot, Rabelais, Ramus, La Boëtie, Brantôme, Budé, L'Estoile et Montaigne , Richelieu posant la première pierre de l'église de la Sorbonne, le Recteur de la Sorbonne et Henri IV, les grands écrivains du xvii« s., Rollin, principal du collège de Beauvais (à Paris), et des écrivains du xix^ s. A côté, une statue de la République, par Délhomme. La seconde série de peintures, relatives aux Sciences, commence aussi à la porte: Louis IX étudiant les mathématiques, Anibroise Paré pratiquant la ligature des artères , Bern. Palissy enseignant la minéralogie, Buffon, de Jussieu et Daubenton, Pascal et Descartes, Lavoisier et Berthollet, Cuvier, Laënnec (auscultation), Arago.
SOKBONNE. Ifive g. IG. 287
Lu GRAND AMPHITHÉÂTRE, qu'on peiit parfois visiter le jeudi de 11 h. à 4: h. (s'adresser an concierge, rue des Ecoles, 7), a de la place pour 3500 personnes et sert aussi à des solennités. On y remarque dans le fond une grande peinture par Piivis de Chavannes, le Bois sacré; à la coupole, des peintxires décoratives par Galland et tout autour six statues : Sorbon, par Crauk ; Richelieu, par Lanson; Descartes, par Contait; Pascal, par E. Barrias ; Rollin, par Ohaplam, et Lavoisier, par Dalou. Peintures des salles contiguës, par Wenclcer et LeroUe ; de la salle des Actes, par Jobbé-Duval et Duez ; de la salle du Comité, par Lhermitte iitRoll; des appartements du recteur, par iïa^Tî. Collin, et de l'auditoire de chimie, par Besnard.
L'ÉGLISE DE LA SoRBONXE, ia scule partie de l'ancien palais qui ait été conservée, a été construite sous le cardinal de Richelieu, de 163Ô à 1659. Elle a un dôme remarquable. Sa façade principale, ornée de statues des docteurs de l'Eglise, est sur la place de la Sorbonne. du côté du boul. St-3Iichel.
A l'intérieur, à dr., à l'entrée, le tombeau du duc de Richelieu (m. 1822), ministre de Louis XVIII. Dans le bras g. du transept: un grand tableau de Xic.-Aug. Hes-se, Robert de Sorbon (p. 286) présentant à St Louis de jeunes élèves en théologie ; puis, le Christ à la colonne, marbre par Eamey fils, etc. Dans le bras dr. du transept, le *tombeau du cardinal de Richelieu (m. Iii42) en deux pièces de marbre, par Girardon (1694), d'après Le Brun, avec le défunt soutenu par la Consolation et la Science dans l'attitude de la douleur, œuvre d'un fini remarquable. Au-dessus, le chapeau authentique du cardinal. Derrière, une grande peinture murale par Timbal, la Théologie, où se voient des portraits de Robert de Sorbon, de St Bouaventure, d'Abélard, du Dante, de Bossuet, de Pascal, etc. A la coupole, des pendentifs par Phil. de Champaigne, et des mosaïques: les quatre Docteurs de l'Eglise. Au mur de g. de la nef: Pour l'humanité, pour la patrie, tableau par Weerts.
La petite place de la Sorbonne est décorée du monument d'Auiiuste Comte (1798-1857), fondateur du positivisme, buste eu marbre avec des tigures allégoriques par A. Injalbert (1902). — Au delà, boul. 8t-3Iiohel, le lycée St- Louis, construit par Bailly. sur l'emplacement du collège d'Harcourt, qui fut fondé en 1280.
Plus haut, à dr. du boulevard, la petite place Médicis, près du jardin du Luxembourg (p. 325), d'où part la rue Souiflot, menant au Panthéon (p. 288).
Derrière la Sorbonne, àg. , du côté delà rue des Ecoles, se trouve le Collège de France (pi. R. 19 ; F) , fondé en 1530 par François I«^»', rebâti en 1(311, puis détruit, et reconstruit en 1778 par Chalgrin: il a été restauré et agrandi de 1831 à 1842. Ce n'était d'abord qu'un simple collège, dit «collège des trois langues», mais il compte auj. 42 chaires et le programme comprend tout le domaine des sciences. Les cours, publics et gratuits, sont spécialement fréquentés par les hommes faits et des dames. Le Collège de France ne dépend pas de l'Université, mais il relève directement du ministère de l'instruction publique. — Devant la façade, rue des Ecoles : Claude Bernard (1813-1878), le physiologiste, bronze par Guillaume; dans le parterre, le Dante (1265-1321), bronze par Aube; dans la cour du côté de la rue St-Jacques, Budé (1467-1540), l'érudit auquel est due
288 line g. ig. PANTHEON.
en partie la fondation du Collège, par Max Bourgeois; dans le vestibule de dr., ChamjJolUon (1790-1832), l'égyptologue , par Bartholdi, etc.
La rue des Ecoles passe plus loin an square Plonge (p. 292) et aboutit derrière la halle aux vins, non loin du Jardin des Plantes (p. 328).
Nous montons maintenant, à dr. du Collège de France, la vieille RUE St-Jacques. a dr., les vastes bâtiments neufs de la Sorbonne, avec la tour de son observatoire. A g. , ceux du lycée Louis-Je- Graïul, jadis le collège de Clermont des jésuites, reconstruit de 1887 à 1896. Plus haut à g., V Ecole de droit, agrandie de ce côté de 1892 à 1897 et qui s'étend jusqu'à la place du Panthéon. Nous arrivons ensuite à la grande rueSoufflot (pl.R. 19; V). qui mène du jardin du Luxembourg (p. 325) au Panthéon. A l'extrémité de cette rue: à g., la façade E. de l'Ecole de droit, construite par Soufflet en 1771; à dr., la mairie du V^ arroadissementj bâtie en 1849, et en face, la belle statue de J.-J. Rousseau (1712-1778), bronze par P. Berthet (1889).
Le ^Panthéon (pi. E. 19 ; F) est bâti à l'endroit le plus élevé de la rive g., le «mont de Paris» (60 m. d'alt.), sur l'emplacement du tombeau de Ste Geneviève, patronne de Paris (422-512), où il y eut d'abord une chapelle, puis une église, démolie au xvin'^' s. Il a été construit de 1764 à 1790, sur les plans de Soufflot. On le dédia aussi à Ste Geneviève, mais la Constituante le convertit en 1791 en un «Panthéon» destiné à la sépulture des grands hommes, comme l'indique son inscription. 3Iirabeau y fut inhumé le premier, le 15 avril 1791, et le 10 juillet suivant, on y transféra les restes de Voltaire. Puis le Panthéon fut rendu au culte, en 1806; retransformé en temple à la révolution de 1830, en église en 1851 et désaffecté de nouveau en 1885, pour les obsèques de Victor Hugo.
C'est une construction grandiose en forme de croix grecque, de 112 m. de long sur 84 de large, ayant au milieu un dôme de 83 m. de haut et plus de 23 m. de diamètre. Ce dôme repose sur un haut tambour entouré d'une colonnade corinthienne, et il est surmonté d'une lanterne qui est couronnée à son tour d'un petit dôme. — La façade est formée d'un péristyle de 22 colonnes corinthiennes, hautes de 25 m,, dans le genre de celui du Panthéon de Rome. Le *fronton, de 36 m. de long sur 7 de haut, a été sculpté par David d^ Angers. Il représente la Patrie, entre la Liberté et l'Histoire, distribuant des couronnes à ses enfants, qui forment de chaque côté des groupes fort animés; à g., sous la protection de la Liberté, des politiciens, des savants et des artistes, à dr., à côté de l'Hi.stoire, des soldats de la république et du premier empire.
Sous le portique, deux groupes de marbre par ilffa?^r/ro« (m, 1884) : Ste Geneviève, priant Attila, chef des Huns, d'épargner la ville de Paris, et le Baptême de Clovis par St Rémi. Les battants des trois portes sont en bronze.
PANTHEON. ^i^'« 9- i6. 289
L'intérieur (ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 10 h. à 5 h. en été, 4 h. en Mrer) a un aspect imposant. De chaque côté des nefs règne une colonnade d'ordre corintliien, formant une galerie latérale dont le pavé est plus haut (attention aux marches en examinant les peintures) et supportant une tribune. Dans le plan de Soufflot, le dôme devait être moins élevé et reposer sur des colonnes; J. Rondelet, qui lui succéda en 1781, les remplaça par des piliers. Il y a trois coupoles superposées, dont la seconde a des peintures par Gros, Ste Geneviève recevant les hommages des rois de France: Clovis, Charlemagne, Louis le Débonnaire et Louis XYIII; en haut, Louis XVI, Marie- Antoinette, Louis XYII et la princesse Elisabeth, les «martyrs de la Révolution». Celles des pendentifs, par Carvalho, d'après Gérard, représentent la Mort, la Patrie, la Justice et la Gloire.
Le Panthéon est décoré de peintures qui en font un temple national. Paul Chenavard fut chargé de cette décoration en 1848, mais ses projets ne furent pas exécutés (cartons à Lyon), l'église ayant été rendue au culte. Plus tard on confia ce travail cà des artistes d'écoles différentes, ce qui a nui à l'unité de l'ensemble.
Dans la nef: à dr., la Prédication de St Denis, peinte par Gcdlartd; -Enfance de Ste Geneviève, par Piivis de Chavannes (1877); à g., le Martyre de St Denis, par Bonncd; Attila et Ste Geneviève, par -E/.i^eZaMïïay (composition; m. 1891) et Courcelles- Dumont. Au-dessus de ces peintures et des suivantes, d'autres plus petites, qui les complètent, ici des saints de France. — A la grande porte, des statues de St Denis, par Perraud, et de St Rémi, par Cavelier; premiers piliers, des statues de St Martin, par Cahet et Becquet, et de St Germain, par Chapu.
Dans le bras g. du transept : à g., St Louis rendant la justice, fondant la Sorbonne, fondant les Quinze-Yingts et prisonnier des Sarrasins, par Cahanel; à dr., Jeanne d'Arc à Domremy, à Orléans, à Reims et à Rouen, par Lenepveu ; au fond, la Foi, l'Espérance, le Patriotisme et la Charité, par Humbert , et une tapisserie des Gobelins (Savonnerie), «Pro Patria». — Contre le pilier de g., une statue de St Yincent de Paul, par Falguière.
Dans le bras dr. du transept, à dr., le Couronnement de Charlemagne et Charlemagne restaurateur des lettres et des sciences, par H. Lévy ; au fond, un pèlerinage à Ste Geneviève et une procession avec sa châsse, par Maillot, ainsi qu'une tapisserie des Gobelins, «Gratia Plena», du temps où le Panthéon servait d'église; à g., le Baptême de Clovis et son Yœu à la bataille de Tolbiac, par Jvs. Blanc.
Dans le chœur: à dr., la 3Iort de Ste Geneviève, par J.-P. Laurens, et une statue de la sainte par Guillaume. Au pilier en deçà, des statues de St Grégoire de Tours, par Prémiet, et de St Bernard , par Jonffroy. Les *peintures du côté g. sont encore par
Bgedeker. Paris, lô® éd. 19
290 J^i^e (f. 16. PANTHEON.
P. de Cliavannes (1898) et relatives à Ste Geneviève et Attila (se placer pour les voir mieux au pied de l'escalier ou un peu plus loin). A la voûte de l'abside, une mosaïque par Hébert, le Christ montrant à l'ange de la France les destinées de son peuple. Les trois panneaux entre pilastres du chœur seront prochainement ornés d'œuvres de Détaille.
Pendule de Foucault. Au milieu de la coupole , la Société astrouomique de France a fait rétablir eu 1902, sous la direction de MM. Camille Flammarion et Bcrget, le pendule installé d'abord en 1851 par le physicien Léon Foucault (1819-18<î8) de Paris pour «démontrer le mouvement de la terre». Il est lancé tous les jours à 10 h. et à 2 h. (un écriteau indique dans quelle direction), sauf le lundi.
Pour monter au Dôrue, il faut une carte de l'administration des Beaux-Arts, rue de Valois, 3, au Palais-Royal. L'escalier est dans le bras g. du transept. Ou gravit d'abord 139 marches jusqu'à la toiture, puis 192 jusqu'à la première coupole, au centre de laquelle est une ouverture de 7 m. C'est de là qu'on voit le mieux les peintures du dôme (p. 289). — Restent encore 94 degrés à gravir pour arriver au sommet de l'édifice, dans la lanterne. Le panorama qu'on a de là est moins beau que celui de Notre-Dame, parce qu'on n'est pas au centre de la ville.
Les caveaux ne sont aussi visibles qu'avec une carte de l'administration des Beaux-Arts (v. ci-dessus), sauf le jour des Morts (2 nov.) et à l'anniversaire de la mort du président Carnot (26 juin). L'entrée est à g. dans le fond du temple. On y voit d'abord le tombeau de Victor Hugo (1802-1885), un monument de mauvais goût érigé à J.-J. Rousseau (1712-1778), celui de Voltaire (1694-1778), avec sa statue d'après Houdon, et le monument bien simple de l'architecte Soiifflot (1713-1781). Sous le bras g. du transept, un modèle de l'édifice. Plus loin à g., un caveau où sont les restes du conventionnel Lazare Carnot (1753-1823), de son petit-fils le 2)résident Carnot (1837-1894), du général Marceau (1769-1796), du fameux grenadier La Tour d'Auvergne (1743-1800) et du représentant du peuple Baudin (p. 257). Ensuite le maréchal Lannes (1769-1809), le mathématicien Lagrange (1736-1813), le marin Bougainville (1729-1811) et des sénateurs du premier empire. On sort à l'O. près du grand portail (pourb. à volonté).
La bibliothèque Ste-Geneviève (pi. E. 19; F), long édifice au N. de la place du Panthéon, a été construite de 1843 à 1850 par H. Lah7'0iiste. Sur les murs sont inscrits des noms d'écrivains célèbres. Cette bibliothèque a été fondée dans l'abbaye de Ste-Geneviève par le cardinal de La Rochefoucauld, en 1624. Elle s'accrut en 1710 de la bibliothèque considérable du cardinal Le Tellier, archevêque de Reims. Déclarée propriété nationale en 1790, elle a été transférée dans le bâtiment actuel en 1850. La bibliothèque Ste-Geneviève compte 3503 manuscrits, du xi^ au xvii« s. (au rez-de-chaussée), dont une partie ornés de belles miniatures; env. 200000 vol., parmi lesquels il y a une collection presque complète d'aides, ouvrages sortis des presses des Manuce (Aide et Paul), célèbres imprimeurs vénitiens des xv*" et xvn* s., et des collections d'elzévirs (xvi^ et xvii^ s.) et de la plupart des publications périodiques des xvii^ et xviii*^ s., plus env. 8000 estampes y compris près de 5000 portraits. On y voit aussi un portrait de Marie Stuart donné par elle à l'abbaye de Ste-Geneviève.
Dans le vestibule, des bustes de grands écrivains français. — Dans la salle de lecture et autres salles de la Réserve au rez-de-chaussée, des vitrines
ST-ETIEXXE-DU-MOXT. ^ive g. 16. 291
contenant des raretés de la collection (reliures armoriées, celles de Maïoli et de Grolier; manuscrits à miniatures; elzévirs, incunables, etc.)- — Dans l'escalier, le buste de Gering, qui fonda à la Sorbonne la première imprimerie française, en 1469; au-dessus, une copie de l'Ecole d'Athènes de Raphaël, au Vatican, par P. Balze ; sur les côtés, des médaillons allégoriques, aussi par Balze, et des bustes de La Rochefoucauld et Labrouste. A l'entrée de la salle de lecture, derrière le gardien, une belle tapisserie des Grobelins, l'Etude surprise par la Nuit, d'après Balze. La salle de lecture, au premier, est à deux nefs, les voûtes supportées par dix-sept uei"vures en fer et seize colonnes fort légères. 420 personnes peuvent y travailler. Elle est publique tous les jours, sauf durant les vacances (ler-iô sept.), de 10 h. à 3 h. et plus tard de 6 h. à 10 h. Le soir, elle est presque uniquement fréquentée par des étudiants.
Au N. de la place du Panthéon, dans la rue Valette: n» 21, restes intéressants de l'anc. collège Fortet, fondé en 1391, rendez -vous des Ligueurs et du conseil des Seize.
La,place Ste-Geneviève, au X.-E. du Panthéon et devant l'église St-Etienne-dn-Mont, était autrefois occupée par un cimetière. On y a découvert en 1903 des sarcophages des premiers temps chrétiens, ainsi que des bijoux mérovingiens qui seront exposés au musée Carnavalet (p. 187).
St-Etienne-du-Mont (pi. E. 22; F) a été construit de 1517 à 1541 dans un mélange des styles gothique et renaissance. Le chœur surtout a des éléments gothiques, tandis que toute la façade, achevée en 1620, est dans le goût de la Eenaissance. A g. du portail est une tour carrée Hanquée d'une tourelle ronde, probablement d'une construction plus ancienne. En 1795, ce fut le Temple de la Piété filiale, accordé aux Théophilanthropes.
L*intérieur, un des plus importants des églises de Paris, a trois nefs de hauteur presque égale. Les piliers, ronds et sveltes, sont reliés à mi-hauteur par une galerie. De leurs chapiteaux s'élancent des nervures qui se recourbent sous les voûtes en clefs pendantes, dont la plus belle est celle de la croisée. Le chœur est précédé d'un *Jw5é d'une grande élégance, par Biard (1600-1605). La chaire, par Lestocard, sur les dessins de Lahij-e, est décorée d'une foule de statuettes et supportée par un Samson. Les vitraux de la rangée supérieure sont très intéressants ; on attribue les principaux à Pinaigrier (1568). La 5^ chap. à dr. a une Mise au tombeau avec figures de grandeur naturelle, en terre cuite, du xvn^ s. Les autres œuvres d'art, sauf les verrières (v. ci-dessous), sont de moindre importance.
A dr. du chœur, trois grands tableaux qu'il n'est guère possible de voir, les deux du haut des ex-voto de Paris à Ste Gl-eneviève, par Largïllière (1696) et de Troy (1726); au-dessous. Lapidation de St Etienne, par Abel de Piijol. A côté, l'épitaphe de Biaise Pascal (m. 1662). Plus à dr., celle de Jean Racine (m. 1699). — Chapelle de la Vierge, derrière le chœur (de 1660): Vie de la Vierge, quatre grandes fresques par Caminade (1839). Dans la 2« chap. du même côté, richement décorée, le tombeau de Ste Geneviève, patronne de Paris (422-512), une châsse moderne qui ne renferme qu'une partie du sarcophage de la sainte. Sa fête se célèbre toujours par une sorte de pèlerinage, du 2 au 11 janvier. — Derrière l'abside (porte à dr.), la galerie du charnier (de l'anc. cimetière, v. ci-dessus), ornée de magnifiques verrières des xvie et xvne s., entre autres, le Pressoir mystique, par Piiiaigrier. — A di-. de cette galerie, la chajpelle des Côtelé*
292 Une y. 16. RUE MONGE.
chismes (de 1861), avec des peintures par Giacometti, Timbal et Biennoury. A l'entrée, à dr. et à g., des statues de St Jean et de St Louis de Gonzaprue, par Chapu. — Dans la l'-" chap. à g. du chœur, des peintures murales du xvi« s., le Martyre des dix mille soldats sous Maximien. Mgr Sibour fut assassiné au maître-autel par l'abbé Verger en 1857.
La tour carrée romano-ogivale à dr. de St-Etienue fait partie du lycée Henri IV, qui est séparé de l'église par la rue Clovis; c'est un reste de l'abbaye Ste-Geneviève (un fragment de sa façade se voit au n*^ 1 de la rue Clotilde). Sur la place se voit encore l'anc. réfectoire, du xiir s.
Presque derrière St-Etienne, au X.-E., est V Ecole Polytechnique (pi. R. 22; F), fondée par Monge en 1794. Elle prépare aux services de l'artillerie, du génie, de la marine, du corps des ingénieurs, de l'état-major, etc. 220 à 250 élèves. Deux années d'études.
De l'autre côté de l'école, la rue Monge (pi. R. 22; F), qui relie le boni. St-Germain à l'avenue des Gobelins (arènes de Lutèce, à g., V. ci-dessous; place Monge, à dr., p. 333). Dans le voisinage, à l'angle de la rue Monge et de la rue des Ecoles, le square Monge, décoré de statues en bronze de Voltaire d'après Houdon (1872) et de Fr. Villon par Etcheto, de deux statues en pierre (J. Aubry et P. de Viole) de l'ancien bôtel de ville et d'une fontaine Louis XV.
Plus bas encore, à dr. de la rue Monge et au boni. St-Germain, V église St-Nicolas-du-Chardonnet, de 1656-1709; tour de 1625.
A l'intérieur, dans la 1™ chap. de dr., un tableau de Desgoffe, Jésus guérissant l'aveugle de Jéricho, et un de Corot, le Baptême de J.-C; dans la 2» à dr. du choeur, le monument de J. Bignon (m. 1656), par Girardon, et St François de Sales, par Ph. de Champaigne ; dans la 4e à g., ceux du peintre Le Brun (m. 1690), par Coyzevox, et de sa mère (à la fen.), par Tubij. Buffet d'orgue du xviiie s.
La rue Monge aboutit au boni. St-Germain à la place Mauhert, -où est la statue cVEt. Dolet, imprimeur qui y fut brûlé en 1546, sous François P"", comme coupable d'impiété et d'athéisme. C'est une statue moderne, en bronze, par Guilbert, avec un haut relief et deux bas -reliefs, Paris protégeant la Libre -Pensée, l'Arrestation et l'Exécution de Dolet. Inscription dans le goût du temps: «Non dolet ipse Dolet, sed pia turba dolet».
Tout droit par la rue Lagrange, on descend à Notre-Dame (p. 271) en passant derrière St-Julien-le-Pauvre (p. 275). A dr., le boulevard St-Germain va aux quais de la Seine du côté de la halle aux vins (p. 328).
Le quartier pauvre au S.-E. du lycée Henri IV et de l'école polytechnique, surtout la rue Monffetard (pi. G. 22; F), donne une idée du vieux Paris. Dans la rue Moiiffetard, de vieilles enseignes curieuses, et au n" 99, le passage des Patriarches, sur l'emplacement de l'anc. hôtel de Chanac (xiye s.), où habitèrent G. et B. de Chanac, patriarches d'Alexandrie et de Jérusalem; no 60, une fontaine de 1671. Dans la même rue, la place de la Contrescarpe, où se voit, au n" 1, une inscription rappelant que là se trouvait le Cabaret de la Pomme-de-Piu, illustré par Rabelais et la pléiade de Ronsard. — A l'E., entre les rues Monge et de Navarre, on a déblayé de 1870 à 1883 une partie d'un amphithéâtre antique, les arènes de Lutèce (pi. G. 22 ; F). Il a été construit sur le
PONT DES ARTS. H^ve g. n. 293
versant E. du mont de Paris (p. 288) et date des ii» et ui» s. ap. J.-C. Sa circonférence (axes: 57 m. et 47 m.) est minime en comparaison d'autres constructions de ce goure. Les gradius ont été fortement restam-és. Le tout est entouré de jardins. Les autres restes sont au musée Carnavalet (p. 187).