‹ Paris et ses environsChapitre 64 sur 102 · Le Luxembourg · texte numérisé non relu

Le Luxembourg

Le musée du Luxembourg est ouvert tous les joirrs, sauf le lundi et aux grandes fêtes, comme celui du Louvre (p. 95): les dim. et fêtes de 10 h. à 4 h.; dans la semaine, en hiver (l^r oct.-31 mars), aussi de 10 à 4; en été, de 9 à 5. Il est parfois fermé vers la fin ou au commencement de l'année, pour cause de remanîments.

Marie de Médicis, veuve de Henri IV, ayant acheté en 1612 le château et le jardin du duc de Piney-Lnxembonrg chargea trois ans plus tard l'architecte Salomon de Brosse d'y construire un grand palais neuf. Ce dernier, le palais du Luxembourg (pi. E. 19 ; IV), qui a conservé le nom de son premier propriétaire, rappelle par ses piliers à bossages rustiques et son excellente construction la cour du palais Pitti à Elorence, mais il a bien gardé le caractère français surtout dans ses pavillons d'angles aux toits élevés. La façade principale, longue de 90 m., qui nous révèle encore l'intention de l'architecte malgré plus d'une restauration, est située au N. dans la rue de Yaugirard, en face de la rue de Tournon. Des changements considérables y ont été faits en 1804, par Chcdgi^in, sur l'ordre de Xapoléon 1^' qui y installa le Sénat, et la façade du côté du jardin, d'abord semblable à la façade principale, a été modifiée de 1831 à 1834 par A. de Gisoi^s, qui copia autant que possible celle de l'édifice primitif. Après 1815 le Luxembourg fut le siège de la Chambre des Pairs, puis, sous Napoléon ITT, celui du Sénat, qui l'occupe aussi sous la République depuis 1879.

Palais. LE LUXEMBOURG. ^^ve g. 19. 317

Ce palais fut habité par divers princes et princesses jusqu'à la Révolution. La Convention en fit une prison, oïi furent détenus entre autres: Ph. de Noailles, maréchal de France, décapité à 79 ans (ainsi que sa femme); le vicomte de Beauharnais et sa femme Joséphine, plus tard impératrice des Français; Hébert, David, Danton, C. Desmoulins, le poète Fabre d'Egiantine, etc. L'édifice devint en 1795 le palais Directorial, puis, en 1799, le palais du Consulat, jusqu'au jour où Bonaparte alla habiter les Tuileries, en 1800.

Le palais est visible, au moins en partie, eu dehors des sessions du Sénat, tous les jours, sauf le dim., de 9 h. du matin à la chute du jour. Pour les séances du Sénat il faut des cartes spéciales. — Les visiteurs traversent la cour et se présentent au bas de l'escalier dans le coin à g., où ils trouvent un employé chargé de les conduire (poiu-b.).

Dans la cour d'honseur,' à dr. et à g. du perron central, les statues de Montesquieu et de Pasquier, par Foyatier et Xanteuil. —Dans le vestibule, à dr. l'Auge gardien, par Hussou.

PKEiaER ÉTAGE. — La biblîothèque a une coupole ornée de *peiutures par Eug. Delacroix (1847), les Limbes d'après le Dante. — Dans la salle des séances, une colonnade avec les statues de Turgot (m. 1781), d'Aguesseau (m. 1751), L'Hôpital (m. 1573), Colbert (m. 1683), Mole (m. 1855), Malesherbes (m. 1791) et Portails (m. 1855). A dr. et à g. du bureau: les Pairs offrant la couronne à Philippe le Long et les Etats de Tours décernant le titre de Père du peuple à Louis XII, peintures par Blondel. Au commencement du grand hémicycle, les statues de Charlemagne, par Etex. et de St Louis, par Dumont." — La galerie des bustes est décorée de bustes d'anciens pairs et sénateurs. — La buvette (auc. salon de Napoléon I") a des peintures: le Chancelier de L'Hôpital (v. p. 269j remettant les sceaux à Charles IX, Achille de Harlay repoussant les propositions du duc de Guise, Charlemagne, St Louis ^ Louis XIV, par Caminade, Vinchon, Champmartin et H. Flandrin. Au plafond, des peintures allégoriques par Decaisue. — La *salle des pas perdus , l'anc. salle du Trône, la plus brillante de toutes, dans le style Louis XIV, a été achevée en 1856. Les sujets des peintures de la voûte sont: au milieu, l'Apothéose de Napoléon I", par Alaux, etc.; sur les côtés, la Paix et la Guerre, par Brune; aux extrémités, l'Apothéose des rois de France, par Lehmann. Ou remarquera aussi la cheminée monumentale du milieu, de 1880. — Salon romain: vues de Rome (grisailles sur drap). — Salles des commissions: plafonds par Jadin et Picot. — Escalier d'honneur: douze tapisseries des Gobelins et de Beauvais. — Salon de Jeanne Hachette: statue de Jeanne Hachette, par Bonnassieux. — La grande galerie, pour laquelle Rubens peignit la célèbre série de scènes de la vie de Marie de Médicis (p. 132), à l'E., a un plafond orné d'un Lever de l'Auroi'e par Callet, peintre français du xviiie s., et des Douze mois par Jordaens, élève de Rubens.

Rez-de-chaussée. — Dans la partie 0., la prétendue *chambre de Marie de Médicis, petite salle décorée de peintures attribuées à des élèves de Rubens, van Thuldeu et van Huden. Le plafond, dont le sujet principal est l'Apothéose de la reine, est par van den Hoeck. — La chapelle, restaurée en 1892 est aussi très richement décorée de peintures par Gigoux (inscriptions;; derrière l'autel, les Vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse, par Abel de Pujol: sous l'orgue, un groupe d'anges, par Jaley, etc.

Le Petit-Luxeriiboarij , à côté du palais, à l'O., est auj. la résidence du président du Sénat. La jolie chapelle adjacente, construite de 1622 à 1631, faisait jadis partie d'un eonvent des Filles du Calvaire.

Le *niusée du Luxembourg (pi. R. 19; IV) est à g. au delà du Petit-Luxembourg, dans l'anc. urangerie, agrandie et transformée.

318 Rive g. 19.

Page 1