Les Invalides. Champ de Mars
Les musées des Invalides sont visibles les mardi, jeudi et dim. seulement, de midi à 3 h. du P"- nov. au 31 janv. et 4 h. le reste de l'année; le tombeau de Xapoléon I^'', les lundi, mardi, jeudi, vendr. et dim., aux mêmes heures. L'hôtel des Invalides est ouvert t. 1. j., de midi à 4 h.
Station du Métropolitain aux Champs-Elysées, d'où l'on va aux Invalides en 10 min., tout droit par l'allée et le pont Alexandre III et l'esplanade des Invalides. Il y a aussi les omnibus de la porte St-Martin à Grenelle (Y), du quai de Valmy à la Porte Rapp (AD^ et de la gare St-Lazare à Grenelle (AH), plus, jusqu'à un certain point, ceux qui passent à la place de la Concorde, les tramvjays des deux rives de la Seine, les bateaux à vapeur et le chemin de fer des Invalides (p. 350).
Baedeker. Paris. 15» éd. 20
300 ff^ve g. IR. INVALIDES. Esplanade.
Au-dessus de l'océan des maisons, à l'O. du quartier St-Germain, émergent visibles de tous côtés: le dôme doré des Invalides, dominant le vaste hôtel du même nom, et la tour Eiffel, au X.-O. du Cbamp-de-]\Iars, en face du ïrocadéro.
L'esplanade des Invalides (pi. R. 14; //et IV) est une
belle place bordée de plusieurs allées d'ormes et de près de 500 m. de long sur 250 de large, entre la Seine et l'hôtel des Invalides. Elle est reliée directement aux Champs-Elysées (p. 69) par le pont Alexandre III (p. 228). La partie de l'esplanade, comprise entre la rue de l'Université et le quai d'Orsay, doit être prochainement ornée de jardins et de massifs de verdure. Près de la Seine, en amont, du côté du Ministère des affaires étrangères (p. 303), se trouve la gare des Invalides (p. 350). — A l'O., le pont des Invalides (p. 228) et la manufacture des Tabacs (p. 316).
Une grille sépare la place de la cour extérieure de l'hôtel des Invalides, transformée en jardin et entourée de fossés maçonnés. Une batterie triomphale est établie derrière les fossés; ce sont les «canons des Invalides», qu'on tire poiir annoncer les événements importants. En outre un obusier et onze pièces non montées.
Parmi les pièces non montées, il y a huit canons algériens, avec inscriptions arabes; un cochinchinois d'un côté et un chinois de l'autre. Ceux de la batterie sont, à dr. en se tournant du côté de la Seine : deux canons autrichiens, fondus à Vienne en 1681 et 1580; ensuite quatre canons prussiens, pris à l'arsenal de Berlin en 1757 par les Autrichiens et amenés devienne par Napoléon 1^^, avec 2333 autres canons; une pièce hollandaise de la citadelle d'Anvers en 1832; une pièce iiisse de Sébastopol (1856) et un mortier algérien. — Pièces montées du côté gauche: *piemer wurtembergeois, chef-d'œuvre de fonderie, cannelé en hélice et avec sculptures, du temps du duc Frédéric (1593-1608); canon vénitien de 1708; quatre canons prussiens et une pièce hollandaise, une pièce russe et un mortier algérien, comme de l'autre côté.
Dans le jardin, la statue du Prince Eugène de Beauharnais (1781-1824), bronze par Dumont, autrefois sur un boulevard.
On remarque aussi quelques sculptures dans le square des Invalides à l'E., hors de la cour, un Ancêtre (Brennus), bronze par Massoidle et la Défense du foyer, groupe en marbre, par Boisseau. — A l'O., dans le square de Latour-Maubourg, l'Age de bronze, par DelJiomme.
L'hôtel des Invalides (pi. R. 14 ; IV) fut fondé par Louis XIV et construit de 1670 à 1675 par Libéral Bruant et J. Hardouin- Mansart, sauf le Dôme, qui est de 1706 (v. p. 312). C'est le plus ancien des établissements de ce genre. Il couvre une superficie de 126985 m. carr. et pouvait loger 7000 pensionnaires, mais on n'y admet plus que les anciens militaires dans l'impossibilité de travailler, et il n'y a plus guère qu'env. 175 pensionnaires. Aussi diverses parties sont-elles maintenant affectées à d'autres usages, et l'on y a transféré en 1898 le quartier général du gouverneur de Paris.
JjQ, façade du palais a trois étages et plus de 200 m. de long. Au tympan de la porte centrale, un bas-relief de Louis XIV à cheval, entouré de la Justice et de la Prudence, par Gruill. Coustou jeune.
Esplanade des InvaiicLes
-ave etmipTime pai
Place \^aiilian
Cour d'honneur. INVALIDES. Rive g. 18. 307
A dr. et à g. de l'entrée, Mars et Minerve, bronzes par le même. Aux pavillons d'angle, quatre groupes de bronze par Desjardins, représentant des peuples vaincus, de l'ane. monument de Louis XIV, place des Victoires (^p. 210). Dans le baut, même aux lucarnes, des trophées en pierre.
La cour cVhonaeur est entourée d'arcades, en partie décorées de scènes peintes de l'histoire de France sous Charlemagne, 8t Louis, Louis XIV et Xapoléon L»". Dans la galerie de dr., une statue du général Daumesnil (p. 261). En face de l'entrée est Véglise des Invalides (p. 312); à dr., le musée d' Artillerie (v. ci-dessous); à g., le musée de F Armée (p. 310;. On y transférera prochainement le musée de la Marine (p. 171).
Le "^musée d'Artillerie, un des plus complets (plus de 10 000 pièces; et fort intéressant, comprend toutes sortes d'armes offensives et défensives, anciennes et modernes.
Entrée, v. p. 305. Pas de vestiaire. — Le catalogue (1889-1893) forme 5 vol.: 1 (lettres A-F), armes antiques, 75 c; 2 (Gr-I), armes défensives, armures, casques et boucliers, 1 fr.; 3 (J-L), annes offensives, armes blanches, etc., 1 fr. 25; 4 (M) , aimes à feu portatives , 1 fr. 25 ; 5 (N-P), artillerie et objets divers, 75 c; supplément de 1901, dû. au conservateur actuel, M. F. Bernadac, 50 c. Phototypies des plus belles armes, armures etc., 50 c. la pièce (s'adresser au gardien). — Il y a partout des étiquettes.
L*= GALERIE DES ARMURES, à dr. cu arrivant par la grande porte. Cette salle , comme la suivante , est décorée de peintures murales militaires du temps de Louis XIV, dans le style de van der Meulen, et qu'expliquent des inscriptions. A dr., des armures des xv^-xvii^ s., dont plusieurs historiques. En face: G 178-180, armures italiennes pour combattre en champ clos, celle du milieu d'un Médicis; ensuite des armures de joute allem., dont une à tonne (^G182), pour combattre à pied. A côté, G 167. curieuse armure de cheval de Maximilien IL Du côté dr., des armures historiques, désignées par des étiquettes, et particulièrement aussi une série d'armures allemandes dites «maximiliennes» (cannelées), de la l'*" moitié du xvi^ s., etc. — Dans le haut et contre les murs: à dr.. les originaux; à g., des copies de drapeaux et d'étendards français, le 2^ à g., l'ori- Mamme de St- Denis (rouge); le 9^, l'étendard de Jeanne d'Ai'c (blanc fleurdelisé). — Au fond, un modèle du château de Pierrefonds. Derrière, les portraits du général de Lariboisière (m. 1812) et de son iîls (m. 1812), par Gros. — Au milieu, en revenant, des armures d'enfants. — Dans les vitrines: des armes à feu, des armes blanches et des parties d'armures, telles que boucliers et casques, parmi lesquelles il y en a qui sont des chefs-d'œuvre.
Ire VITRINE, à partir du fond: M 37, arquebuse de Richelieu; M 1648, pistolet allem. du xviie s. ; .M 70, arquebuse à rouet, etc. — II^ vite.: *M 640 et 1752, fusil et pistolets faits par ordre de Napoléon I^r^ à Rotterdam, pour le chérif du Maroc; M 1781 et 1713, autres pistolets de prix des xvnie-xixe s. — Ille VITE.: épées et sabre de la 2^ moitié du xvi^ s.; G- 246, hausse-col du xvu^ s.; armes à feu allem. des xvi^ et xviie s.; I 59 (autre côté), rondache (bouclier de parade) ital. du xvie s., avec le triomphe
308 ^''^« ff- i^- INVALIDES. Musée
de Galatée d'après Raphaël; J 124, belle épée ital. ; M 63, arquebuse franc, du xvi» s. — IV«vitr.: à dr., LOB, arbalète à cric flam. ou allcm., à sculptures eu ivoire (vers 1500;; rondaches (I 64-68 et 78-82) et boucliers (I 76 et 77) italiens du xvie s., surtout les n»» *77 et *82; G 599, chanfrein de tournoi (tin du xvi» s.). — V^ vitu.: à dr. , M 35, mousquet à mèche de 1629; J 233 et 240, rapières espagnoles; M 82, arquebuse à rouet (xvi«-xvne s.); G 608, muserolle d'uu harnais de cheval allem. (xvie s.); G 93 (autre côté), armure du commeuc. du xvn« s.; H 50, 51, 263 et 114, salades de joute (casques) maximiliennes, casque de carrousel allem. (xvii^s.), armet (casque) gravé et doré (xvi^ s.); M 202 et 126, mousquet et arquebuse allem. à rouet. — VI« vitk. : M 127, 1619 et 1644, pétrinal à rouet et pistolets allem. des xvie et xviie s. ; M 362, arquebuse allem. à pied-de-biche (crosse); G 597 et (au revers) *593, chanfreins ti'ès remarquables, le second ayant appartenu h Philippe II d'Espagne. — Vile viTR.: belles épées franc., ital. et espagn. des xvi^ et xvue s. — Ville viTR.: J 26, épée de connétable de France (fin du xv* s.); M 2135 et 2136 , cartouchières allem. (fin du xv!» s.) , etc. — IX» et X« vitr. (plates): dagues, armes de chasse, trousses,
IP GALERIE DES AKMURES, à g. de la grande porte: magnilique coliection d'armures de toutes pièces, pour combattre à cheval ou à pied, la plupart du xv^^ et du xvr s., et encore, des armes d'estoc et de taille, des hallebardes, des pertuisanes, etc.; puis dans des vitrines, des parties d'armures, etc. — Au milieu, entre autres, 2<^ rang, *(! 3H, armure allem, du xvr s. ; *G 16G, armure de joute de Maximilien ['■'■; (y 40, armure bavaroise de 1533; G 717, armui-e sarrasine du xvi'' s.; G 41, autre armure bavaroise; "(i 117, armure du mi François I*^^'; G 52 et 53, armures allem. du xvi^ s. : *G 118 à 125, armures des rois Henri II, François II, Charles IX, Henri III, Henri IV, Louis XIII (123 et 124) et Louis XIV; G 196, armure de Louis XIV enfant (?); G 197, armure du duc de Bourgogne, petit-hls de Louis XIV.
Ire VITR.: *J 376 à 385, magnifiques épées des rois François le'-, Henri II, Charles IX, Henri IV (379 et 380; épées de mariage), Louis XIII j Louis XIV (382 et 383), Louis XVI (épée de sacre) et du dauphin Louis XVII; H 143 et 93, bourguignote, armet (casque) et brassards de Henri II; G 249, hausse-col de Louis XIII; II 280, casque de Louis XIV enfant; K 50, masse d'armes de Henri II; Lll5, arbalète de Catherine de Médicis; G 425, 657 et 514, gantelets, étriers et éperons de Louis XIV; M 95, 36 (devant) et 96, arquebuses de Louis XIII; M 410, mousquet de Louis XIV.
— Ile-IVe VITR.: *H 257, 253 et 155, casque à l'antique dit «à la Chimère » et casques ital, du xvie s, — V^ vitr.: *G 51, armure ital. du xvi^ s,, avec bas-reliefs «d'une composition et d'une exécution mei-veilleuses»; *I62, rondache ital.; *H254, casque ital. à l'antique; *J 95-97 , épées ital. du xvies.; *G 50, armure ital. dite «l'armure aux lions», du xvi» s.
— Vie VITR.: *H 184, morion ital., autres casques ital. du xvie s.; G 239, hausse-col du temps de Henri IV; 17, targe de Mathias Coi-vin, roi de Hongrie (m. 1490); K 58 et 56, masses d'armes (xvie s.); *J 112, 74, 111, badelaires et cimeterre ital. (xvie g.); J 119, sabre d'Et. Bathori, roi de Pologne (m. 1586); K 47, 49, masses d'annes; *G 609, museroUe de cheval (1567). — Vile VITR,: casques ital. du xvi^ s. , surtout la *bourguignote H 149 et le *casque H 251; H 261 , casque polonais; P 575 , olifant du xii* s.; P 567 , menottes ou poucettes du xvie s.; J 390 et 389, sabre de Stan. Poniatowski (? m. 1762) et épée de Charles XII (m. 1718); I 86, bouclier du duc de Bourgogne enfant (petit-fils de Louis XIV); M 367 et 359, arquebuses à rouet allem. (xvie s.). — Ville vitr.: casques et bouclier (163) ital. du xvie s., poires à poudre, cartouchières et amorçoirs ital,; masses d'armes; pistolets allem. (crosse terminée en boule); arquebuses de même origine.
d'Artillerie. INVALIDES. -R"" 9- 1^- 309
Salle ue dr, : casques et boucliers de toutes les formes, cottes de mailles, bottes, etc. — Une porte aa fond de la galerie ouvre sur un passage, de l'autre côté duquel se trouve, dans quatre salles, la galerie ethiograpMqve , collection de 78 types guerriers de rOcéanie, de l'Amérique et des côtes de l'Asie et de l'Afrique.
On revient au vestibule et l'on tourne dans le couloir à g. qui mène à la salle orientale.
L'escalier qui se trouve daus ce couloir conduit aux salles du 2^ étage. Il y a dans quatre salles à g. une série de 72 personnages représentant las costumas de guerre de l'âge préMstorique , des G-aulois, des Grecs, des Romains et des Français, depuis Charlemagne jusqu'à la tin du xvuie s., — et dans la galerie de dr.. une riche collection de petits modèles d'artillerie, de l'antiquité jusqu'à notre époque: au milieu et à g., l'artillerie de campagne, du côté des fenêtres, l'artillerie de siège et l'artillerie étrangère.
Salle orientale. 1'"^ travée : au milieu, à dr. et à g., des armes blanches. Au mur à dr. en entrant. J 1317 (sous verre), tm riche sabre annamite pris à Hué (1885); J 1273. un beau sabre chinois. En outre, quelques armes à feu, dont deux beaux fusils turcs (à g.), 31 2182 et M 2183.
2^ travée: armes orientales et africaines; deux riches selles orientales, du butin de l'expédition de Bonaparte en Egypte (1798).
YiTRixE DE DE.: H 445 et 460. casques de Bajazet II (m. 1512) et casque mongol; M 2349, belle poire à poudre en vermeil, avec pierreries, du xvii^s. ; J 1217 et 1223, Idiouttars indiens; J 1235, sabre cingalais; J 1198, 1201 et 1200. poignards indiens; J 1237 et 1238, épées javanaises; J 1180, 1178 et 1176. sabres indo-musulmans; J 1249 et 1248, kris malais: arcs et carquois. — Vitr. de g. : H 451 et 452, casques russe et tartare du xvie s.; J 1215, exe. khouttars hindous; J 1205. poignard indien, à poignée et ornements en jade et pierres fines; J 1048, trousse de grand -maître d'hôtel du sérail; J 1173, sabre indo-musulman; J 1067 et 1066, khandjars des Balkans.
3^ travée: dans la vitr. de dr.. modèles d'armures japonaises; dans la vitr. de g., fusils turcs. Puis, G 738, cuirasse persane (xvi* s.); H 456, casque circassien. Vitr. du fond: -G 740, habit de guerre de l'empereur de Chine, pris au palais d'Eté dans l'expédition de 1860; J 1318. poignard d"origiue européenne: K 1158 et 1159, 948 et 949. bâtons de commandement chinois, hache d'armes et espèce de hallebarde, tous de l'expédition de 1860. Sur les côtés, encore des armures japonaises.
I" GALERIE DES ARMES BLANCHES ET ARMES À FET, à dr. de la
salle orientale: armes d'hast, armes blanches depuis le xn^ s., et armes à feu du xv^ au xix« s., les plus belles dans des vitrines. Du côté g., les armes à feu les plus anciennes , des selles d'armes des xv^ et xvi^ s., des parties de harnais. Au mur du côté de la porte, une armoire vitrée contenant des spécimens des ordres français et des récompenses militaires.
Vite, des armes à feu (M): M 1 et 2 (à g. de la cloison), les deux premières armes à feu, dites «escopettes» ; 9, 5 et 10, mousquets et pétrinal à mèche; 417, grand mousquet rayé à rouet, ensuite des arquebuses à rouet, la plupart allem., celles de la rangée du haut surtout des armes de chasse dites «à pied-de-biche». — Vitr. des armes d'hast (K): porte-mèches (607
310 liiir fj. 18. INA'ALJDES. Musée d'ArtilJvrie,.
et 603), pertuisanes (495, etc.), espontons (5«7, etc.), marteau d'armes du •XV*' s. (22), hache d'armes d'Edouard IV d'Angleterre (m. 1483; 84); hallebardes, dont une allem. avec deux pistolets (262); couteau de brèche ital. (126).
IP GALERIE DES ARMES lîL ANCHES ET ARMKS À FEU, RU delà de la
salle orientale, suite: armes à feu, particulièrement des pistolets et des fusils modernes, puis des arbalètes et encore des armures et des armes d'hast anciennes. Au fond, des casques et d'autres coiffures militaires des temps modernes. Du côté g., aussi des armes préhistoriques, en partie des moulages et des imitations; du côté dr., des armes antiques, originaux et moulages.
Du côté de l'entrée, des grenadiers (M 721, etc.), utilisés au xviiie s. pour lancer des grenades, et des fusils de rempart, le n» 431 à neuf coups. — Dans i^es vitrines à la cloison, des pistolets de luxe des xviexviiie s., ceux à crosse terminée en houle presque tous allemands, les n"s 1765 (français) et 1766 se chargeant par la culasse; puis encore des fusils de luxe des xvi^-xixe s.
Galerie nu fond, à g.: tambours, timbales, grosses caisses, haches de sapeurs, etc.; souvenirs de Napoléon 1"', banc de Ste- Hélène et lit de camp; selles et armes de luxe, armes d'honneur et armes historiques, bâtonsde maréchaux et décorations. Selles: (x624, de Louis XIV; 626, de Charles X; 625, de Napoléon l^^. Souv. de Napoléon, dans le fond: redingote grise, habit de Marengo, robe de chambre blanche de Ste-Hélène, chapeau porté dans la campagne de France; au mur en face des fenêtres: armes, moulages, etc.
Le reste du musée est sous les portes et dans les cours voisines, de chaque côté du passage. Cour de la Victoire, à dr. en sortant: pièces modernes, modèles de bouches à feu de marine ; au fond, affût et canon russes provenant de Sébastopol, canons des galions espagnols coulés dans la baie de Vigo en 1702 et retirés de la mer en 1872; à g., plaques de blindage transpercées. — Cour d'Angouléme, de l'autre côté : bouches à feu de tous les calibres , entre autres : à dr., N 239 , une pièce allemande datée de 1523 ; N 49 . un pierrier portant le nom de Pierre d'Aubusson (m. 1503); à g., le Griffon, coule vrine de 1528, prise à Coblentz en 1797. Statue de J.-B. GrièeawAYiZ (171 5-1769), premier inspecteur-général de l'artillerie, bronze par Bartholdi. Au mur, une des chaînes qui servirent aux Turcs, au siège de Vienne, en 1683, à soutenir et garantir un pont de bateaux sur le Danube; elle a 180 m. de long. Sous la porte cochère voisine, une chaîne pour les captifs, garnie de cinquante carcans et prise dans le camp marocain après la bataille d'Isly (1844).
Le musée de l'Armée, en face du musée d'artillerie, dans la cour d'honneur (p. 307) et ouvert en même temps , occupe, au rezde-chaussée, d'anc. réfectoires, décorés de peintures murales du temps de la fondation des Invalides, de l'école de van der Meulen, et les deux galeries correspondantes de chaque côté, au l^^' étage.
Rez-de-chaussée. — Vestibule: au plafond, merveilleuse tenture de soie brodée (dragon en or fin et soleil) de la tente de l'impératrice de Chine, prise en 1900.
.Vusée de l'Armée. IXVALIDP:S. Bive g. 18. 311
Sallk de Turesne, du côté droit. Vitrines à dr. et à g., objets anrérifurs à la Révolution. Mur de dr.: 1™ vitr., des souvenirs de Turenne et le boulet qui l'a tué à Sasbach (1675). A g. , son portrait par Pbil. de Champaigne. A côté, tête casquée polychrome (portr. présumé de Jeanne d'Arc). Dans le coin, buste de Bavard. A dr. plus loin, des dessins et de petites peintiires, qu'expliquent des inscriptions. A g., des reproductions de drapeaux et étendards français. Au milieu, le maréchal de Rochambeau, par Hamar (plâtre; l'original est à Vendôme). Puis sur un meuble, médaillons en bronze de Desaix (1768-1800), par Verdot, et de Carnet (1759-1823), par David d'Angers; étendard du régiment de Roval- Lorraine (l^-^ République). 3^ vitr.: btistes de Viala (1780- 1793), 'tué à l'âge de 13 ans, et de Bara (1779-1794), tué à l'âge de 15 ans. Puis, au milieu et sur les côtés, des costumes de l'armée depuis la 1^" République , des costtimes et souvenirs de plusieurs maréchaux et généraux et particulièrement de Napoléon 1^^: pistolets, mors de son cheval à "Waterloo, table et chaises de son mobilier quand il n'était encore que lieutenant, d'autres meubles, un de ses chapeaux à cornes, entourage de son tombeau à Ste-Hélène; des souvenirs de son fils, le duc de Reichstadt; au fond, le drap mortuaire qui fut mis sur son char lors de la translation des cendres de Xapoléon aux Invalides; à g., ce char luimême et à dr. d'autres souvenirs de lui , son masque et la couronne d'or qui fut alors offerte jiar Cherbourg. Près de là , portraits de généraux de l'armée d'Ajigleterre , d'après van der Puy d'Utrecht. Mur du fond, à dr., portr. du mameluk Roustan, attribué à Gros.
Sali.e LouSTAtrsAn, à g. de la précédente. Série des uniformes de hussards de 1830 à 1870; uniformes de cavalerie et d'infanterie de 1825 à 1870; costumes des régiments de la garde et un drapeau de 1848. Trois tapis de selle du temps de Napoléon III. Au mur de dr. : médaillon du peintre A. Loustaunau (1846-1898). Mannequin de cantinière. etc.
Salle Buoeatid, du côté g. en arrivant, suite des souvenirs, des costumes et des armes, d'abord des campagnes d'Algérie (1830-1857), sous les ordres des généraux Bugeaud (1841-1844), Lamoricière, Cavaignac, etc., et des sièges d'Anvers (1832) et de Rome (1849), puis des campagnes de Crimée (1854-1856), d'Italie (1859), de Chine (1860) et du Mexique (1862), de la guerre franco-allemande et des expéditions coloniales, en Asie et en Afrique, les principaux souvenirs, designés par des étiquettes, dans les vitrines le long du mur à g. et au fond de la galerie. A g., le Fond de la giberne, épisode du siège de Strasbourg (1870), par A. de Neuville et Détaille. A dr., vers le milieu, buste de l'amiral de la Roncière-le- Xoury (1813-1881), bronze par Lequien. Au milieu et au fond, deux beaux costumes chinois: à dr., grand-duc annamite; à g., grand maudariu militaire chinois. Mur du fond: armes des touaregs; harnachement de cheval et armes de Samory; vêtement et armes de Saronkégny Moiy, de l'expédition du Soudan; Batteries alpines, tableau donué'par M. Loustaunau (v. ci-dessus).
Nous revenons dans le vestibule, où l'escalier central nous mène au 1^^' étage. Sur le palier, un joli buste en terre cuite de Marceau.
Preraier étage. — Galerie des régiments. Côté droit: première République et premier Empire. — l"* salle (de la Révolution): portraits, médailles, boutons d'uniformes, etc.— 2e salle (de la République; 1792-1800). Vitrine centrale: figures de la collection "Wtirtz-Pées (v. ci-dessous). — 3» salle (de Napoléon !«'■, ainsi que les suivantes): au milieu, relief des ruines de Saragosse; à g., relief de la bataille d' Austerlitz ; uniformes d'officiers de Napoléon 1er, etc. — 4e salle. Vitrine centrale: collection de types de l'armée de 1805 à 1814, 20000 figures eu carton peint, très exactes, découpées par "Wiirtz-Pées de Strasbourg, dont 8000 exposées ici (à g., Napoléon le"" et son état-major); à g., collection H. Lecomte, dessins en couleur d'uniformes du 1er Empire. — 5e salle: surtout des dessins de Raffét (v. p. 95). — 6e salle: à g. en entrant, portr. d'un commandant d'une compagnie des Bouches-de-l'Elbe (1814), fàr J. Landseer; suite de la coll. Wurtz; vue de la prison de Norman Cross (Angleterre),
312 ^«'e n- 1^- INVAJ.rDES. Eglise.
où 6000 Français restèreut prisonniers pendant onze ans jusqu'en 1814; uniformes de la vieille garde; costume d'officier français prisonnier sur les trop fameux pontons anglais. — Nous revenons à l'ejitrée, pour visiter le Côté f/anche: ancienne monarchie. — 1™ salle: règnes antérieurs à Louis XIII; dessins, dont une partie eu couleur. — 2e salle: règne de Louis XIII; dessins, etc.; au centre, un canon du temps. — 3» salle: règne de Louis XIV; dessins et plans de batailles; au centre, une vitrine renfermant des armes. — 48, 5e et fie salles: règnes de Louis XV et de Louis XVI: même disposition.
La eoiu- d'honneur est terminée au 8. par l'église des Invalides.
L'église St- Louis -des -Invalides, construite en même temps que l'hôtel, sur les plans de Bruant (p, 306), a trois nefs avec des tribunes en haut des nefs latérales.
Dans le haut de la nef centrale, deux rangées de drapeaux pris sur l'ennemi, surtout des drapeaux russes de la guerre de Crimée (1854-1856), autrichiens de la guerre d'Italie (1859), chinois (1857-1860), mexicains (1861-1865) et deux allemands de 1870; des plaques commémoratives placées aux premiers piliers en indiquent la provenance. Près de 1500 drapeaux des campagnes de Louis XIV et de Napoléon le"" furent brûlés par les invalides avant l'entrée des Alliés (1814) ; d'autres ont été également incendiés en 1851 lors d'une cérémonie funèbre. — Aux piliers de l'église sont en outre des monuments en l'honneur de maréchaux et officiers supérieurs dont les dépouilles reposent dans les caveaux de l'église, et d'anciens gouverneurs des Invalides. — Derrière l'autel principal, une grande verrière et une porte de communication avec le Dôme, qui est ordinairement fermée.
Dans l'angle S.-E. de la cour d'honneur, à dr. en sortant de l'église, on parvient par le long corridor de Metz au S. au parvis du dôme des Invalides, séparé de la place Vauban (p. 313) par une grille en fer forgé.
Le *dôine des Invalides est une annexe de l'église, ajoutée de 1693 à 1706 par J. Hardouln-Mansart, comme couronnement de l'édifice et pour les offices en présence de la Cour (Eglise Royale). Elle forme un carré, qui sert de base à un tambour, supportant le dôme élégant, haut de 97 m. et que couronne une lanterne avec flèche, à 107 m. de hauteur. Ce dôme est en partie doré et orné de bas-reliefs en plomb représentant des trophées militaires.
A l'intérieur, la crypte circulaire centrale, qui renferme auj. le tombeau de Napoléon, est entourée d'absides elliptiques au bout du grand axe et du petit (à dr. et à g., des tombeaux de maréchaux de Louis XIV, v. p. 313). Dans les coins du rectangle sont des chapelles rondes reliées par des passages plus bas (dans les chapelles antérieures, des sarcophages de membres de la famille de Napoléon, V. p. 313). Au-dessus de la crypte centrale, le dôme est supporté par quatre piliers, dont l'énorme maçonnerie est allégée par des passages et par les colonnes qui les précèdent. Dans le tambour il y a d'abord une large frise, richement décorée, avec douze médaillons de rois de France, et surmontée d'autant de grandes fenêtres. Le dôme se compose de deux coupoles. La première est divisée en douze compartiments où sont peints les apôtres, par Jouveiief, et ouverte au milieu , laissant apercevoir la seconde, ornée d'une grande com-
Dôme. INVALIDES. ^ive g. 18. 313
position par Ch. de Lafosse, St Louis offrant au Christ l'épée avec laquelle il combattit les ennemis du christianisme. Cette seconde coupole est fermée, mais éclairée par des fenêtres dissimulées. Les Evangélistes des pendentifs sont aussi par de Lafosse, les peintures au-dessus du maître-autel, de N. Coypel. La calotte extérieure du dôme est en bois et en plomb.
Le *TOMBEAU DE Xapoléon I^^" , coustruit de 1843 à 1853 d'après les dessins de Visconti, est sous le dôme. Il consiste en une crrpte circulaire de 11 m. de diamètre, profonde de 6 m. et ouverte dans le haut. Au milieu est le sarcophage de l'empereur, né à Ajaccio en 1769 et mort à Ste-Hélène en 1821 et dont les restes ont été transférés à Paris en 1840. Ce sarcophage, long de 4 m. sur 2 m. de large et 4 m. 50 de haut, est fait d'un seul bloc de porphyre de Sibérie. Le pavé est une mosaïque avec une gloire, une couronne de laurier et des noms de batailles : Eivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, léna, Friedland, Wagram, Moscova. Les douze belles tigiu'es colossales autour de la crypte sont de Pradier; elles symbolisent les principales victoires de l'empereur. Les six trophées se composent de soixante drapeaux pris sur l'ennemi. Le jour faible et bleuâtre qui tombe d'en haut contribue encore à l'impression de solennelle grandeur que produit ce tombeau.
L'entrée de la crypte (fermée) est derrière le maître-autel. Il y a de chaque côté une statue de bronze colossale, par Duret., l'une portant sur Tin coussin le globe teiTestre et l'autre un sceptre et une couronne. Sur l'imposte, cette phrase du testament de Napoléon 1^^: «Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé». En deçà, du côté de l'église, deux sarcophages où sont seulement les noms de Duroc (m. 1813) et de BeHrand (m. 1844), favoris de l'empereur et ses maréchaux du palais, le second son compagnon même à Ste-Hélène.
Dans les deux chapelles de chaque côté de la crypte sont les monuments des maréchaux de Louis XIV. Henri de Latour d^Auvergne, vicomte de Turenne (1611-1675), avec sa statue en marbre par Tuby et Marsy, apportée de St-Dcnis, et la bataille de Turkheim (1675), bas-relief eu bronze. Puis le monument de Sébastien le Presfre de Vanban (16.33- 1707), le constructeur de forteresses, avec sa statue en marbre par Etex (1847). — Les chapelles d'angle, surmontées de coupoles sont ornées de peintures par Bon et Louis Boullongne et Mich. Corneille. Dans la chapelle de dr., le sarcophage de Joseph Bonaparte (m. 1844), roi d'Espagne. La chapelle à g., plus près de l'entrée, contient le monument de Jérôme Bonaparte (m. 1860), roi de "Westphalie, avec sa statue par E. Gruillaume; un sarcophage plus petit avec les restes de son iils aîné et un autre où est le cœur de la reine de Westphalie.
Devant le dôme, à dr.. le nouvel édifice de la pharmacie centrale de Vannée, dans le style du xvii^ s. — De la place Vauban (pi. R. 13; IV). aussi devant le dôme, part Vavemte de Breteuil, où se trouvait le puits artésien de Grenelle, qui doit être remplacé en 1903 par un monument de Pasteur (p. 337), représentant Pasteur assis, une mère et sa fille apportant au sauveur de cette dernière le tribut de leur reconnaissance, trois groupes d'animaux
314 ^^'i''<' fh '^- ECOJ.K MILITAIRE.
(symboles de l'agriculture) et la Mort vaincue, marbre par Paul Dubois, d'après Falguièrc.
Plus près de la place, à g., l'église St- François- Xavier (pi. R. 13; IV), construite de 1861 à 1875, par Lusson et Uchard. Elle a des peintures murales par Lameire, E. Dclaunay, Gazes et Bouguereau, une Vierge de Bonnassieux et des vitraux par Maréchal. Ordonnance originale à l'intérieur.
La rue Monsieur (pi. R. 13; /F), à l'E. de cette église, renferme au uo 12 Fane, hôtel des archives de l'Ordre de St-Lazare, auj. collège arménien, construit par Brongniart; dans la cour, quatre bas-reliefs, par Clodion.
A l'extrémité du houl. des Invalides, ITnstitution des jeunes aveugles (pi. R. 13 ; IV), bel édifice de 1839-1843. Le bas-relief du fronton, sculpté par Jouffroy, représente, au milieu d'enfants aveugles protégés par la Religion, Valeiîtin Haiiy (1745-1822), fondateur de l'établissement, le plus ancien de ce genre, dont on voit aussi dans la cour la statue, par Badion de la Tronchère. Excepté durant les vacances (août et sept.), l'établissement est visible avec une permission du directeur. — Il y a un musée d'aveugles, dit inusée Haiiy, visible le mercr. , de 2 h. à 4 ou 5 h. Il comprend deux collections, l'une d'objets inventés pour les aveugles, l'autre d'objets inventés ou fabriqués par eux. — En face, le couvent des Oiseaux (pi. R. 13; IV), autrefois à Pigalle, qui en fit décorer les murs de peintures représentant des oiseaux.
Le boul. du Montparnasse, prolongement de celui des Invalides, est croisé un peu plus loin par la rue du Cherche-Midi (pi. Gr. R. 13, 16; IV), où se voit (no 19) une enseigne du xviiie s., astronome traçant un cadran solaire avec l'inscription: «Au Cherche-midi». N" 87, anc. hôtel du maréchal Lefebvre (p. 250). N» 37, le siège du Conseil de f/nerre (pi. R. 16 ; IV), dans l'anc. hôtel de Toulouse-Lautrec (xviiie s.). — A dr. de cette rue, celle du Regard, avec le Mont-de-Piété (n» 15).
L'Ecole Militaire (pi. R. 10; /), où l'on parvient de la place Vauban (p. 313) en suivaut l'avenue de Tourville à l'O., puis celle de Loweudal à g., est un bel édifice construit en 1752 par Gabriel. Cette école a été fondée en 1751 par Louis XV, pour 500 gentilshommes se destinant à la carrière des armes. On l'a transformée en caserne en 1792, puis agrandie de deux ailes en 1855, et l'on y a installé plus tard Vécole Supérieure de Guerre créée en 1878, qui forme les officiers d'état-major. Cet édifice occupe une superficie de 116528 m. carr. La façade S.-E. donne sur la place Fontenoy, où s'élève un monument de 1871 en forme de pyramide. La façade N.-O. a un portique de huit colonnes corinthiennes cannelées d'env. 13m.de hauteur, avec un attique surmonté d'un dôme quadrangulaire.
L'av. de La Motte-Picquet, à l'O. de l'école, et la rue du Commerce mènent à l'église St-Jean-Ba])Uste de Grenelle (pi. G-. 7),d'où l'on va à dr. , par la rue des Entrepreneurs, à la. place Violet, où se voient la Bataille d'enfants, par Enderlin, et Sauvée, par H. Lemaire. Plus loin, la rue St-Charles, la deuxième à dr. , conduit à la lilace St- Charles , où est le Drame au désert, par Feucques. A l'autre bout de la rue St-Charles, la rue de la Convention (à g.), qui renferme Vhôpital Boucicaut (150 lits). A g. de l'église St-Jean-Baptiste (v. ci-dessus) part la rue de l'Abbé, que croise la rue Blomet, où se trouve V église St-Lambert de Vaugirard (pi. G. 10), bâtie de 1848 à 1856. — A dr., au bout de la rue de Vaugirard, la rue du Hameau (pi. G-. 10), où l'on a découvert en 1903 un cimetière qu'on croit être gallo-romain,
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Le Champ- de -Mars (pi. R. 8, 10 et 11 ; /) est un anc. champ de manœuvres, d'env. 1 kil. de long et 500 m. de large, qui avait été créé vers 1770 pour l'Ecole Militaire. Il a été affecté aux expositions universelles de 1867, 1878. 1889 et 1900. L'anc. galerie des Machines, qu'on a conservée des expositions de 1889 et 1900, mais qu'il est question de démolir, est une construction gigantesque de 420 m. de long. 150 de large et 48 de haut, sur les plans de F. Dutert et Contamin. — On projette de transformer le Champ-de-Mars en parc avec une promenade au bord de la Seine. En contre-bas du quai, on a construit depuis peu im vaste port.
Le 14 juillet 1790 fut célébrée sur le Champ -de-Mars la «fête de la Fédération». Au fond était érigé l'autel de la Patrie, où le roi, l'Assemblée Nationale, les délégués de Tannée, de la garde nationale et des provinces vinrent prêter serment à la constitution. Talleyrand, en sa qualité d'évêque, y célébra l'office, assisté de 400 prêtres. En 1793, le vieux Bailly, premier maire de Paris, y fut mené au supplice par une froide matinée de novembre; un de ses bourreaux, lui ayant dit: «Tu trembles, Bailly'?», il répondit: «Oui, mon ami, mais c'est de froid». Vna autre cérémonie y eut lieu le 1" juin 1815, le «champ de Mai» de Xapoléon 1er. Louis -Philippe y remit en 1830 les drapeaux tricolores à la garde nationale, et Napoléon III y distribua en 1852 les aigles destinées à remplacer les coqs gaulois.
La "tour Eiffel (pi. E. 11; /) ou toiir de 300 m,. près de la Seine et en face du Trocadéro (p. 235), a été élevée de 1887 à 1889, par l'ingénieur -constructeur Eiffel. Elle est visible de tous côtés de Paris ou des environs et connue dans le monde entier par des gravures ou des modèles. Sa hauteur dépasse de beaucoup celles des autres monuments les plus élevés du mnnde : obélisque de Washington, 169 m. de haut ; Mole Antonelliaua de Turin, 166 m. ; tours de la cathédrale de Cologne, 157 m. : tour centrale de celle de Rouen, 151 m. : pyramide de Khéops, 146 m., etc. — La base, sur quatre massifs en pierre, dont les fondements sont à 14 m. du côté de la Seine et à 9 m. de l'autre côté, constitue un carré de 129 m. 22 de côté (pyramide de Khéops, 227 m. 50). La charpente est en treillis de fer et les poutres sont creuses. Les montants partent avec une inclinaison de 54° et sont réunis sous le premier étage par des arcades. Le premier étage est à env. 58 m. du sol et mesure plus de 65 m. de côté. Les piles montent encore isolément, mais en se rétrécissant, jusqu'à une hauteur de 179 m,, où elles se rejoignent. Dans l'intervalle, à près de 116 m., est un deuxième étage. Un plancher, audessus du point de jonction, constitue une sorte de palier, à 207 m. La pile unique a encore 10 m. de côté vers le sommet. Le troifiième étage y au pied de la lanterne qui constitue le couronnement, est à 276 m. du sol, et il a une salle vitrée de 16 m. 50 de côté, pouvant contenir 800 personnes. La lanterne a 24 m. de haut; Un escalier y mène à un balcon circulaire, de 5 m. 75 de diamètre. Au-dessus enfin est installé un phare électrique de 70 kil. de portée.
Jj ascension de la tour ne saurait se conseiller que s'il y a espoir de jouir de la vue, par un temps clair, sans froid ni vent. La tour est ou-
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verte tous les jours, de mars à nov. , dep. 10 h. du mat. jusqu'à la nuit. Le public n'y monte par les escaliers que jusqu'au 2e étage, et cela par les piliers ouest et est, ou le 1" à dr. et le 2« à g. en venant de la Seine. Le tarif ordinaire est le même par les escaliers que par les ascenseurs. Il est de 3 fr. jusqu'en haut dans la sem. (2 fr. le dim.), 1 fr, jusqu'au ler étage et 1 fr. du 1^" au 2^ (50 c. le dim.) ; 1 fr. du 2e au sommet (50 c. le dim.). — La terrasse du 4^ étage est d'ordinaire ouverte au public les lundi, mercr. , jeudi et dimanche. — En hiver, ou monte seulement au !"• et au 2<^ étage, par les escaliers, de midi à la nuit (4 h.), moyennant
1 fr. uniformément. — Il y a un restaurant au ler étage.
La *vtte du sovtmet peut s'étendre, dans certaines directious, jusqu'à 'JO kil. en ligne droite. On peut voir, par ex., au S.-O. jusqu'au delà du Chartres et au N.-E. jusqu'au delà de Villers-Cotterets. Au 2^ étage, l'horizon est borné par les hauteurs des environs de Paris.
En face, le Trocadéro (p. 235) , sur la rive dr. de la Seine, que traverse ici le pont d'Iéna. En aval, les ponts de Passy (p. 237).
Plus à l'E., près du pont des Invalides, au n" 63, se trouve la manufacture des Tabacs (pi. R. 14; //), vaste établissement. On y est admis le jeudi, quand ce n'est pas un jotir de fête, en s'y présentant un peu avant 2 h. Cette manufacture, dite du Gros-Caillou, qui doit être transférée à Issy, occupe env. 1200 personnes, dont 1000 femmes, et elle livre env.
2 500 000 kilos de tabac par an. — Les recettes du monopole des tabacs en France se sont élevées eu 1902 à 415 millions de francs, laissant un bénéfice net de 332 millions et demi.