De Paris à St- Denis et à Enghien. Montmorency
Chemin de fer du Nord (ligne circulaire entre la gare du Nord et la gare St-Lazare, 29 kil.). Départs au moins 3 fois par heure; il y a des trains-tramways. Trajet jusqu'à St-Denis: 8 à 14 min. pour 80, 55 et 35 c; aller et retour, 1 fr. 20, 85 et 55 c.; — jusqu'à Enghien: 15 à 25 min., pour 2 fr., 1 fi". 45 et 95 c.
Pour aller à St-Denis, on peut aussi profiter des tramways , qui correspondent avec les omnibus et qui partent: de VOpéra (v. l'append.,
aSîôtîrod''-"' S3TOSK — 'Assiod ■
ST-DENIS. Env. de Par. 25. sS'd
p. 'ai, TXF). de la Madeleine (appeud., p. 34, TXE), du Châtelet (append., p. 33, TZ), de la Trinité (append., p. 88, Epiiiay-la-Trinité) et de la Porte Maillot (append., p. 34, TNAE). Trajets d'env. 3/4 d'heure, peu intéressants. Piix: 60 et 30 c.
Départ de la gare du Nord (p. 212 ). — 2 kil. La Chapelle-Nord- Ceinture (pi. B 22), après la vaste gare aux marchandises du ch, de fer du Xord, et où l'on croise le chemin de fer de ceinture (v. l'appendice). Un peu au delà des fortifications, à dr., la ligne de Soissons par Crépj-en-Valois (p. 409). — 4 kil. La Plaine-St-Denis. — Les trains-tramways ont encore deux stations avant St-Denis : le Landy et le Pont de la Révolte.
7 kil. St-Denis. — hôtels: H. du Grand-Cerf (pi. a, C3), rue de Paris, 29, i\ la place aux Gueldres, avec restaur. à la carte; H. de France (pi. b, B 3), rue de la République, 60, avec pâtisserie -restaur.; H. du Commerce, place aux Gueldi-es, 1, et rue de Paris, 27. — Cafés: de l'Industrie, rue du Chemin-de-Fer, 27; de Paris, rue de la République, 20.
Stations des tramways de paris (v. p. 382): de l'Opéra et de la Madeleine: au Barrage (pi. Cl), en traversant toute la ville du S. au N. Descendre b. la rue de la République (pi. C 3), par où l'on va à dr. eu 10 min. à la basilique. La station de retour est dans la même rue au coin de celle de Paris, à 3 min. de la basilique.
Poste et télégraphe (pi. P. & T.; BC 3), rue de la République, 61, et av. de Paris, 110.
Visite des tombeaux de la basilique: à 9 h. 5, 10 h. 5, 11 h. 5, 12.5, 12.35, 1.35, 2.30, 3.5, 3.35, 4.5, 4.35, 5.5 et 5 h. 30 dans la sem.; les dim. et fêtes vers 11 h. 5 (quand il y a une neuvaine, on ne peut visiter qu'à 3 h.). Pourb. au gardien qui conduit. Entrée du trésor et de la crypte, 50 c. — Entrée libre durant les fêtes patronales du 9 au 17 octobre.
St-Denis est une ville de 6080!-( hab., et un chef-lieu d'arrond. de la Seine, sur le canal de son nom (p. 245) et les rivières du Croult et du Rouillon, près de la rive dr. de la Seine. C'est un centre industriel très actif, avec des ateliers de construction, des fabriques de produits chimiques, etc. Elle doit sa renommée à sa basilique, avec les tombeaux des rois de France.
De la station (pi. AB 3), on se rend à la basilique («cathédrale»; omn. lô c), en 15 min. euv., en traversant le canal St-Denis (v. p. 245) et suivant la rue du Chemin-de-Fer, puis la rue de la Eépublique. Au commencement de cette dernière est une église paroissiale, St-Denis de VEstrée (pi. B 2, 3), dans le style du xiii^ s., construite de 1864 à 1868 par Yiollet-le-Duc. — On croise plus loin la rue de Paris, qui traverse la ville du S. au X. A g. en arrivant à la ba.silique, Vhôtel de ville (pi. C 3), dans le style de la Renaissance, achevé en 1883.
La ^Basilique ou Cathédrale (pi. C 3j occupe l'emplacement d'une chapelle bâtie vers l'an 275 sur le tombeau de St Denis (p. 218). Dagobert P"" (m. vers 638) la remplaça d'abord par une église à côté de l'abbaye, où il fut inhumé avec ses successeurs; mais il y eut encore plusieurs reconstructions, dont l'une due à Pépin le Bref (m. 768). L'ahhéSuger (1121-1152) décida plus tard la construction d'une église grandiose ^ qui n'a conservé des anciens bâtiments que
SÏ-DENIS.
Basilique.
la crypte centrale et quelques colouues. Avec cet édifice commence le style ogival i|ui se développe du style roman, évolution dont on
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peut suivre ici les phases jusqu'à un certain point. Le plein cintre et l'ogive y alternent dans la façade , tandis que les autres parties
Basilique. ST-DEXIS. ^nv. de Par. 25. 385
ne présentent plus que l'ogive. Le chœnr inauguré eu 1144, avec sa couronne de chapelles empruntée au plan roman primitif, appartient déjà en partie au nouveau système. Une restauration générale, nécessitée par des fondations insuffisantes et un incendie, ayant été entreprise à partir de 1230, sous les abbés Eudes Clément et Mathieu de Vendôme, le caractère goth. fut en«-ore plus accentué. Le haut du chœur, la nef et le transept furent alors refaits. Des chapelles lurent ensuite ajoutées au xiv« s. au bas côté X., aiusi qu'au mur E. du transept sud. St Louis (m. 1270) ayant érigé daus le chœur des monuments en l'honneur de ses ancêtres, l'usage s'établit d'en consacrer un à chaque roi, à des princes et même à de grands personnages. Sous la Révolution (1792-1793). la basilique et les tombeaux furent ravagés. Les restaurations sous Xapoléon I*""", Louis XTITI et Louis-Philippe furent plutôt malheureuses, malgré des dépenses considérables. C'est seulement dès 1859, sous Xapoléon III, que VioUet-Ie-Duc , un archéologue de génie, rendit son caractère au vénérable édifice.
S0U8 le8 Carolingieus, les bénédictins de St-Denis jouèrent aussi un rôle politique. Lorsque JPépin le Bref monta sur le trône, en 751, il envoya Fulrade, abbé de St-Denis, à Rome, pour obtenir l'assentiment du pape. Plus tard, le pape Etienne II. ne pouvant résister aux Lombards, se réfugia à St-Denis et y sacra Pépin et ses deux fils. Charles et Carloman. Enfin Pépin y remit à sa mort le pouvoir à ses fils, en présence des grands du royaume. L'abbaye eiit aussi les faveurs des Capétiens. Louis VI , dont le meilleur conseiller fut aussi un abbé de St-Denis, Suger (v. p. 383), prit solennellement comme étendard la bannière de l'abbaye, Vol'iflamme, ainsi nommée à cause de sa couleur rouge et or. On ne s'en servait que quand le roi eu personne prenait part à la guerre. EUe figura pour la dernière fois à la malheureuse journée d'Aziucourt. Suger fut régent du royaume sous Louis VII, parti pour la deuxième croisade (1147-1149) , et contribua beaucoup à ramener la noblesse dans la dépendance de la couronne. Il continua aussi les chroniques de St-Denis. Abélard (p. 249) séjourna dans cette abbaye auxiies., jusqu'à ce qu'il se retirât à Paraclet, près de Nogeat-sur-Seine. En 1429, Jeanne d'Arc suspendit ses armes dans la basilique de St-Denis. Henri IV j embrassa solennellement le catholicisme en 1593. Le mariage de Napoléon I«' et de Marie-Louise y fut célébré en 1810.
La façade est encore celle de l'église de Suger, qui fut terminée en 1140; mais les sculptures de ses trois portails ont été en grande partie et a,ssez mal refaites au xis*- s. Au portail du milieu: le Jugement dernier, les Vierges sages et les Vierges folles, etc.; au portail S. ou de dr,. St Denis en prison, d'après un tableau du Louvre fp. 143) , et les douze mois ; au portail X. . St Denis conduit au supplice et les signes du zodiaque. Les portes en bronze des trois portails sont modernes. Des créneaux ont été ajoutés au xiv^ s., à cette façade, derrière laquelle s'élève le fronton de la nef majeure, avec la statue de St Denis. A dr. et à g. se dressent des tours basses. Celle de g. ne dépasse plus les créneaux. Il y a enfin au X. du transept un portail, avec des sculptures qui ont moins soufiert, le Martyre de St Denis et des statues de princes.
Bsedeker. Paris. 15» éd. 25
386 Env. de P<ir. 26. ST-DENIS. Basilique.
L'intérieur, long de 108 m. 16 sur 39 m. 32 de large, est à trois nefs, avec un transept à une nef. Le sombre porche, aux lourds piliers, où l'on se trouve d'abord, est du temps de Suger; il fait singulièrement ressortir la nef du xiii*' s. . d'uue légèreté et d'une élégance admirables, avec ses piliers sveltes, son triforium et ses 37 fenêtres de 10 m. de haut. Les vitraux sont presque tous modernes, sauf ceux de la chap. de la Vierge (p. 387). Le maître-autel est aussi moderne, dans le style du xiii*^ s., ainsi que l'autel qui est derrière, dit «Confession de St-Denis», avec ses reliquaires.
Nous passons maintenant aux monuments funèbres, qui ont été rétablis dès 1816, à l'aide des fragments sauvés par Al. Lenuir (p. 296), et restaurés par Viollet-le-Duc. Ils forment auj. un muséi^ grandiose de la sculpture française du moyen âge et de la Renaissauce. On est, il est vrai, si Adte conduit qu'on ne peut apprécier les détails (les moulages de quelques-uns des plus beaux monuments sont au musée de sculpture comparée du Trocadéro, v. p. 235). — Pour les heures de visite, v. p. 383.
Côté N. — ^Tombeau de Louis XII (m. 1515) et d'Anne de Bretagne., sa femme (m. 1514), exécuté de 1516 à 1532 par les Juste, famille de sculpteurs de Tours. C'est un édicule, style renaissance, à arcades ouvertes dans le genre du monument des Visconti à la Chartreuse, près de Pavie. Le couple royal y est représenté deux fois, d'abord couché, nu et dans un style très réaliste, sur le sarcophage, puis agenouillé au-dessus devant un prie-dieu. Dans les élégantes arcades, des statues assises des apôtres. Aux angles, des statues allégoriques. Sur le socle, de petits bas-reliefs: Entrée de Louis XII à Milan (1499); Passage des montagnes de Gênes (1507); Victoire d'Agnadel, sur les Vénitiens (1509) ; Soumission de Venise.
— A dr., surtout une *colonne torse à la mémoire de Henri III (m. 1589), par Barth. Prieur. Derrière, une autre colonne avec trois génies, par Jean Picart et G. délia Rohhia, et qui renferme le cœur de François IL On vous montre d'ici, à dr. du maîtreautel, le tombeau de Dagobert P'' (m. 638), du xiii^ s., qui a de curieux bas-reliefs allégoriques figurant la délivrance de l'âme du roi et sa réception au ciel, et des statues modernes du roi et de son fils Sigebert, et une *sta.tue de la reine Xantilde, du xiii^ s. A côté, une Vierge polychrome du xiv*^ s., de l'église St-Martin-des-Champs.
— Ensuite, à g., le *tombeau de Henri II (m. 1559) et de Catherine de Médicis (m. 1589), chef-d'œuvre de l'architecte Pierre Lescot et du sculpteur Germain Pilou, de 1564-1583. C'est un édicule en marbre dans le genre de celui de Louis XII, avec douze colonnes et douze piliers, et les statues des défunts, représentés aussi une première fois en marbre, nus, sur le tombeau, et une seconde fois en bronze, vivants, à genoux au-dessus de l'entablement. Aux angles, des figures en bronze: la Foi, FEspérance, la Charité et les Bonnes Œuvres, par Ponce Jacquiau. Bas-reliefs de Re-
Basilique. ST-DENIS. ^"i-- d^ P^ir. 25. 387
gnmidin et de Roussel. Plus loin, à g., quelqiies Yalois. — Ou monte un escalier.
Chœur. A dr. en bas, en venant de l'escalier: tombeaux de Blanche et de Jean, enfants de St Louis, œuvre très curieuse, en cuivre émaillé; les ligures en cuivre repoussé: la première d'abord à l'abbaye dePoissy (p.382), la seconde à celle deKoyaumont. — A g. eu haut, un second monument de Henri II et de Catherine de Médicis (p. 386), couchés, mais vêtus, en marbre, sur un lit de bronze. La reine, qui est représentée ici dans sa vieillesse, ayant peut-être trouvé inconvenantes les statues nues du grand monument, les avait fait remplacer par ces statues drapées. — Les chapelles du chœur auxquelles on passe ensuite, ne renferment pas de tombeaux. Il y a des vitraux anciens dans celle de la Tierge, où l'on voit aussi un pavé en mosaïque du xii^ s. et des sculptures représentant des scènes de la vie de J.-C. — En face de la sacristie, le tombeau de Frédégovde (m. 597), du xi^ ouduxiies., autrefois à St-Germain-des-Prés, à Paris. Le portrait en mosaïque de la reine est formé de petits morceaux de marbre multicolore, avec des contours en cuivre d'une grande finesse.
La SACRISTIE a été décorée au xixe s. de dix tableaux, représentant des scènes de l'histoire de l'abbaye. Le tkésok, à g. de là, ne contient presque plus que des objets modernes. Parmi les anciens, mentionnons un retable en cuivre repoussé du xii» s., et une croix en cuivre doré du xiiie s., partagée eu deux dans le sens de la longueur. — Au sortir de la sacristie on descend à g. (16 degrés) dans le transept S., puis par un escalier à dr. dans la crypte (p. 388).
Dans la chapelle à dr. du chœur, le tombeau de B. du Ghiiesclin (m. 1380), le champion de la France dans ses guerres contre les Anglais, et celui du connétable Louis de Sancerre (m. 1402) , son compagnon d'armes. — Deux intéressants bas-reliefs, naguère à Ste- Catherine-du-Yal-des- Ecoliers, et relatifs à la bataille de Bouvines (1214): les sergents d'armes font vœu d'ériger une église à Ste Catherine. Ce monument ne date probablement que d'une époque postérieure à Charles Y, qui fonda la confrérie des sergents d'armes.
— Puis, une statue de Charles F (m. 1380), chef-d'œuvre du xvi^ s., de l'église des Célestins, et le tombeau de Renée de Longueville, iille dn prince François II de Longueville, morte en 1515 à l'âge de sept ans, également de l'église des Célestins. — En face, le tombeau de Philippe le Hardi (m. 1285) et de Philippe le Bel (m. 1314).
— A g., le ^tombeau de François P"^ (m. 1547) , dans le genre de celui de Louis XII, mais encore plus grandiose, avec cinq figures agenouillées, François P»" lui-même, Claude de France, sa femme (m. 1524), et leurs enfants, plus, au soubassement, des bas-reliefs représentant les batailles de Cérisoles et de Marignan. Il a été exécuté sous les ordres de Philibert Delorme. Les sculptures sont dues à Pierre Bontemps (les deux enfants), à Marchand (les figures couchées), à Jacquiau, etc. — Puis V^urne du cœur de François I^"", chef-d'œuvre de la Renaissance, dû à Piéride Bontemps,
388 Env. de Par. 2.'i. ST-DENIS.
orné de. bas-reliefs exquis, représentant les Arts et les Sciences et destiné d'abord à l'abbaye des Hautes-Bruyères, près de Rambouillet. — Ensuite, le tombeau de Louis d'Orléans (m. 1407) et de Valeniine de Milan (m. 1408), érigé d'abord dans l'église des Célestins par leur petit-llls, Louis XII, et dû à des artistes de Milan. — Enfin, le toinheau de Cliarles d Etampes (m. 133G) , chef-d'œuvre du xiv^ s.
La CRYPTE a été construite par Suger pour y déposer les reliques de St Denis et de ses compagnons. Le milieu, sous le sanctuaire, est occupé par le caveau des Bourbons, qui contient douze cercueils, ceux de Louis XVI et de Marie- Antoinette, de Louis XVIII, d'Adélaïde et de Victoire de France, du duc de Berry et de deux de ses enfants, de Louis-Joseph et de Louis- Henri- Joseph de Condé, les derniers de la famille; enfin de Louis VII et de Louise de Lorraine, femme de Henri III, ces derniers rapportés d'ailleurs. — Les chapelles et le pourtour de la crypte contiennent un certain nombre de sculptures, en partie d'une valeur douteuse: une statue de Marie- Antoinette à genoux et en robe décolletée, par Petitot; une statue de Louis XVI par Gaulle; une Diane de France du xvi« s., etc.
Les grandes constructions à côté de l'église sont celles de Vanc. abbaye, transformée par Louis XIV et Louis XV. C'est depuis 1809 une maison d'éducation de la Légion d^honneur (pi. C 3), où sont élevées gratuitement 500 filles d'officiers ayant au moins le grade de capitaine et d'autres membres de la Légion d'bonneur.
Dans la rue de la Boulangerie, au S.-O. de la basilique, au n" 15, un MUSÉE MUNICIPAL (pi. C3; public le dim., de 2 b. à 5 b., et visible dans la sem. en le demandant) a été installé dans l'anc. hospice. Ce musée contient surtout les objets découverts en 1900 sur l'emplacement de l'église des Trois-Patrons, qui se trouvait du côté N. de la basilique et remontait aux v^-vr s.
A l'entrée du musée, deux intéressantes statues mutilées, provenant de la Petite-Paroisse (p. 389). — V^ salle (anc. chapelle de l'hospice), objets des fouilles de 1900: à g. eu entrant, un sarcophage gaUoromaiu en pierre; au milieu, trois sarcophages mérovingiens (plâtre), avec des squelettes, des poteries et des bijoux. Au fond, dans une vitrine, poteries funéraires (v^-xv^ s.), antéfixe gallo-romaine; monnaies romaines, de Magnence (Franc d'origine), Néron, etc.; double tournois de Charles II, épée mérovingienne, etc. A g. de la vitrine, chapiteaux, fragments d'étoffes avec broderies. Tableau de l'anc. chapelle des Carmélites (p. 389). Cette salle a de belles griUes du x^aie s. — 2e SALLE (à dr.). A dr.: dans une armoire, ossements provenant des fouilles de 1900, dont un tibia géant (51 centim.) ; portr. de Mme Eoland, attribué à, Mme Lebrun; joli Christ en buis; dessins de Parrocel, Delaroche, Winterhalter ; curieux plan de St-Denis (1575). Vitrines du fond: ciboire vendéen eu bois, objets d'église; documents de la police révolutionnaire; lécythe romain. A g.: chartes de Philippe, évêque de Beauvais (1183), et de Barthélémy, évêque de Laon (1126). Dans les vitrines: collection de camées modernes; coffret du xv^ s.; objets des fouilles de Monceau-le-Neuf (Aisne): grains de blé, fétiches gallo-romains et mérovingiens, etc. Au mur du fond: bannière des médaillers de Ste-Hélène. Vitrines centrales: pétrifications; belle collection de minéraux de M. Doublemart (siirtout les améthystes). Sur les vitrines: petits canons du temps de Louis XIV, dont on s'est encore servi en 1815. Vitrine à g. de l'entrée: poteries romaines, clefs de la ville de St-Denis, etc. — Une partie du bâtiment, où se trouvait l'hôtellerie des Trois-Patrons, repose sur de curieuses voûtes en berceau et à piliers, sous lesquelles passe le Croult (pour les voir, s'adresser au gardien).
ENGHIEN. Env. d. Par. 25. 389
Près de la place aux Gueldres se trouve l'anc. chapelle dite la Petite- Paroisse, du xvni® s., transformée en justice de paix (pi. C 3), avec l'anc. couvent de carmélites dont elle dépendait. Ce couvent a été fondé par Louise de France, fille de Louis XV, qui se fit carmélite. La chapelle a une belle coupole à rosaces du xyiii^ s. reposant sur des colonnes ioniques. Au-dessus de la porte, une Pietà; à dr. et à g., Jésus et les docteurs, Simon et l'Enfant (s'adresser au concierge; pourb.). — Sur le square TMers (pi. B4), .la statue de Vercingétorix, par J. Bertin. — A la porte de Paris (pi. C 4), la statue de N. Leblanc, le chimiste, par Hiolle.
Dans la Seine, au delà du ch. de fer, Vile St-Denis, et sur l'autre rive la plaine de Gennevilliers. avec le village de ce nom (4 kil.: p. 342).
De St-Denis a Exghien. — On laisse à dr. la grande ligne du Nord par Chantilly (p. 399) et l'on passe au fort de la Briche. A g., la Seine. — 10 kil. (de Paris). Epinay, village de 3438 hab., à env. 1 kil. à g. de la voie (voit., 20 c), sur la rive dr. de la Seine, et 2 kil. ^J2 de Gennevilliers (p. 342). Dans le voisinage, la ferme du Temps-Perdu et le Vert-Galant. Tramw. pour Paris (place de la Trinité, p. 216), pour St-Denis et Stains. Service de bat. à vap. pour St-Denis, Asnières (p. 341) et Puteaux-Suresnes (p. 342. 350). — Chemin de fer de Beaumont, v. p. 396.
D'Epi>-ay A Noisy-le-Sec, par la Grande-Ceinture: 13 kil., stat. principale le Boiirget. (9 kil.; p. 408). — Xoisy-le-Sec (9759 hab.) est la stat. où la Granfle-Ceinture se raccorde avec la ligue de l'Est (v. le Nord-Est de la France, par Bgedeker). — D'Epinat a Argesteuil, par la même ligne, longeant la Seine; 5 kil. Argenteuil, v. p. 392.
11 kil. La Barre-Orrnesson, station pour Ormesson, à g., et la Barre, à dr., avec des dépendances de l'anc. château de la Chevrette, donc le nom rappelle le souvenir de J.-J. Eousseau et de Mme d' Epinay.
12 kil. ISinghien-les-Bains. — Hôtels-restauk.: (Ze.s^ams, à l'établissement; des Quatre- Pavillons, en face; delà Paix, Grande-Rue, tous trois dans le même genre (ch. dep. 5£r., déj. 4, dîu. 5); Gr.-H. d'Enghîen, même nie (déj. 3 et 4 fr., dîn. 4 et 5); H. du Casino, en face du Casino (v. ci-dessous), dans l'av. de Ceinture (jardin).
Cafés: Kiosque chinois, au bord du lac; Salle des fêtes, avec jardin, avenue du Casino: C. du Xord, en face de la gare. — Casino, à côté, avec une terrasse en forme de navire. Abonnement: 1 pers. , 1 mois, 15 fr. ; saison, 45; 2 pers., 25 et 80; 3 pers., 30 et 90 (bals, concerts, etc.). — KuRSAAL d'Exghiex (uouveau), dans une anc. villa en face du Casino, entrée dans la Grande-Rue; abonnement: 15 joui-s 20 fr., 2 pers. 30, 3 pers. 45 fr., 4 pers. 60, 5 pers. 70; 1 mois 30, 50, 75, 90 et 100, chaque pers. en sus 10 fr. (bière de Munich, bock 30 c. cruche 40 c).
Thermes (ouverts le l^^ avril): eau en boisson, 10 c. le verre; abonn. de 15 jours, 3 fr. 50; d'un mois, 6 fr.; bains sulfureux, 2.10 à 4.80, selon l'espèce et l'heure, 1.85 à 4.30 par abonn.; douches, 1.50 à 4.80 et 1.25 à 4.30, etc. Plus de 100 baignoires; 30 cabinets de douche, etc.; appareils perfectionnés; vaste promenoir couvert. Température des eaux: 10 à 14'.
390 ^fiv. de Par. 25. ENGHIEN.
Canots pour promenades sur le lac: course, 2 f r. la sem., 2.50 le dim. pour une pers., puis 50 c. par pers. ; pour la traversée, 1 fr. 50.
VoiTUKÏ.'s poiir excursions, à la gare: l'heure, 2 fr. 50 dans la semaine, 3 fr. les dim. et fêtes; pour Montmorency, 2.25 ou 2.50, etc.
Tkamw. éi.ectr. de la gare, toutes les 10 min.: 1, pour St-Gratlen, par Enghieu et le lac (10 et 15 c.) ; 2, pour Montmorency. Tramway (i'Enghien à la Trinité (p. 216), par Epinay, St-Denis et St-Oueu.
Poste et télégkaphe, Grande-Rue, 83, près de l'établissement.
Courses de chevaux: deux fois par mois en été. Entrées: 3, 5, 10, 15 et 20 fr. Le champ de courses se trouve à 1400 m. au N.-O. d'Eughien, au N. du chemin de fer (p. 391; tramway).
Enghien (40 m.) est une petite ville moderne de 4067 hab., située* au bord d'un joli lac et au pied de la colline des Champeaux et de la forêt de Montmorency. Les eaux sulfurées calciques, découvertes en 1776, s'emploient contre les affections catarrhales des muqueuses et les maladies de la peau. ^J établissement thermal, qui est très bien organisé (bains, douches, inhalation), se trouve à l'extrémité 0. de la Grande -Rue, près du lac. En face, le casino. — Enghien est surtout fréquenté par les familles israélites de Paris.
Le tramway (v. ci-dessus), qui passe près du lac, conduit au village de St-Ch'atien, à euv. 1500 m. au delà du lac. Dans l'église, le monument moderne du maréchal Catinat (1637-1712; statue par Nieuwerkerke), mort k son château de St-Gratien, situé derrière l'église, et deux groupes d'enfants en bronze, par Mme L. Bertaux.
D'Ekghien à Montmorency. — Chemin de fer (6 kil., en 8 min., pour 50 et 25 c), en passant à la halte de Pointe -Baquet et à la stat. de Soisy. — Tramway (1400 m., pour 25 et 30 c, v. ci-dessus): arrêts à V Orangerie, à St-Valéry , tous deux non loin de l'église de Montmorency, et à la place du Marché.
Montmorency. — Hôtels: de France, à la gare (ch. dep. 2 fr. 50, rep. 1, 2.50 et 3, v. n. c. , vin 1.50; pens. 7); de la Gare, en face; du Cheval-Blanc, place du Marché (connu par le séjour des peintres du xviiie s.). Non loin de la gare, h g.: hôt.-rest. des Deux- Tourelles. — Capés-restaur. : Chalet des Fleurs, à la gare (déj. 2 fr. 50, dîn. 3); des Trois-3Iousquetaires , à l'Ermitage, avec casino; Vrai restaur. de VE^'mitage, boni, de l'Ermitage (v. p. 391). — Voitures: chez Heyraud, près de l'hôtel de France. Voit, à 2 ou 3 places, 2 fr. ; l'heure, 3 fr. le dim. ; à 4 pL, 2 f r. 50 et 3 f r. 50.
Montmorency j ville de 5419 hab., renommée par ses cultures maraîchères et ses grands vergers de cerisiers, est l'une des promenades favorites des Parisiens, en raison de sa belle forêt. Elle fut au moyen âge le berceau des ducs de Montmorency, qui remontent au milieu du x^ s. et qui ont compté six connétables, douze maréchaux, quatre amiraux, plusieurs cardinaux etc. Leur château a été dévasté pendant la Eévolution et ensuite démoli.
La ville se compose d'une partie vieille , aux rues escarpées et tortueuses, et d'un quartier moderne, avec de nombreuses villas. ^'église, dans la vieille ville, est un édifice du xiv s., dont la tour et la petite flèche s'aperçoivent de loin ; elle renferme les monuments des généraux polonais Xiemcewicz (m. 1841) et Kniaziewicz (m. 1842). Dans la rue du Temple, qui passe tout près, on remarque une jolie maison de la Renaissance.
Grâ^^^^^mn^^Waener î Debes .Leipzig
MONTMORENCY, ^nv. de Par. 25. 391
L'avenue Emile, qui aboutit à la gare, et le boulevard de l'Ermitage, qm en part vers l'E., rappellent l'Ermitage de J.-J. Rousseau, offert au philosophe par Mme d'Epinay et habité par lui et Thérèse Levasseur de 175G à 1757. C'est auj. la «villa du Pausilippe» à M. de Basily, où Ton va en 10 min. de la gare, en prenant la rue Grétry (v. le pi.) en face du «Vrai restaurant de l'Ermitage», La maison à dr. de l'entrée (rue Grétry, 50) est celle qu'habita Jean- Jacques, mais elle est réduite à un rez-de-chaussée. C'est là qu'il écrivit r«Emile», le «Contrat social» et termina la «Nouvelle Héloïse». — Au N.-E. du boulevard s'étend la superbe Châtai- (jneraie, avec le restaurant mentionné ci-dessus.
Il y a dans la vieille ville, près de la place des Ecoles, un petit MUSÉE J.-J. Rousseau, réuni à la bibliothèque municipale au S. et ouvert les mercr. et jeudi de 2 h. à 4 h. On y voit des meubles de J.-J. Rousseau, sa table à écrire, deux vérines pour lire le soir en plein air, etc.; son masque pris par Houdon; une collection de vues de ses différents séjours; portraits, bustes et statuettes de Jean- Jacques; autographes; belles éditions des œuvres de Rousseau, en partie illustrées, etc.
La FOKÊT DE Montmorency, qui commence à la Châtaigneraie, s'étend sur un terrain très accidenté, de 2000 hect. de superficie. Elle se compose surtout de châtaigniers et elle est dominée par les forts de Montmorency et de Montlignon, sur la ligne de défense extérieure de Paris. On prendra au N. de la gare de Montmorency le bon chemin qui monte et qui conduit, sur le versant méridional de la forêt, en une 72 ^- ^ Andilly. L'église de ce village contient des copies de tableaux anciens, dont l'un, le Mont Olympe, a été décrit par Rousseau. La hauteur voisine commande une belle vue jusqu'au Montmartre, au Mont-Yalérien et à St-Germaiu-en-Laye. A env. 1 kil. au N.-E., au delà du fort de Montlignon, on arrive à la Croix-Blanche (modeste restaurant), d'où l'on descend, par le carrefour du Pont-d^Enghien (café-restaur.), en une Y2 ^- ^^' château de la Chasse, restes peu remarquables d'un château du xiv^ s., 6 à 7 kil. au N.-O. de ^Eontmorency, à peu près au centre de la forêt.
D'Enghien à Paris par Argenteuil. — 17 kil. Trajet en 45
à 50 min. Prix: 1 fr. 80, 1 fr. 20, 80 c.
Au départ, à g. dans les arbres, le lac d'Enghieu. Ensuite, à dr., le champ de courses (p. 390). Au loin, sur la hauteur, le belvédère du c?iâteau de la Tour, au-dessus de St-Prix (v. ci-dessous). — 13 kn. (de Paris) St-Gratien (v. p. 390).
15 kil. Ermont-Eaubonne, deux villages, l'un (3101 hab.) à 1 kil. au N.-O., l'autre (1889 hab.) à 1500 m. au N. de la gare. Ces deux endroits sont connus par le séjour de Mme Houdetot, de Saint- Lambert et de Rousseau. Omnibus d'Ermont pour Margency (3 kil. ; 40 c), Andilly (4 kil. ; 50 c; v. ci-dessus), Montlignon (4 kil. ; 40 c.) et Saint-Prix («j kil.; 50 c), jolis villages, dont le dernier est aussi
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connu par les séjours qu'y firent Sedaine (1719-1797), l'auteur dramatique, P.-L. Courier (1772-1825), le pamphlétiste, et Victor Hugo. — Lignes de Pontoise et de Valmondois, v. R. 26.
Ensuite la ligne d'Argenteuil tourne au S. — 16 kil. Sannois. Puis on descend entre les hcmteurs (VOrgemont (140 m.), à g., et (le Sannois (135 m.), à dr. (v. p. 393). — 19 kil. Àrgenteuil, et de Là à Paris, v. ci-dessous.