‹ Paris et ses environs: manuel du voyageur (volume 2)Chapitre 36 sur 59 · IX. S» U BattilU à Vincennet · texte numérisé non relu

IX. S» U BattilU à Vincennet

Les voitures publiques conduisant du Louvre à Vineennes ont déjà 4ié mentionnées p. 176. On a de plus iei à sa disposition le tramway Sud de la Bastille à Gharenton et le ehemin de fer de Vincennes (p. 17).

Tramwat du Louvse a Vimcbmkbs, V. ei-dessons.

Le TBAMWAT DU Louvss A Ghaskutoh (K) suit les rues de BivoH et de St- Antoine, passe aussi à la BastlUef gagne ensuite les quais et s'arrête dans le bas de Gharenton, près du pont, à 700m. de Ventrée du bois (v. p. 184). Prix: 80 et 25 c.

Le TBAMWAT DB LA Bastillb A Ghabbvtov sult la rue de Lyon, à dr. du ehemin de fer, puis Tayenue Daumesnil, qui traverse un coin du bois de Vincennes près du lac de Gharenton (p. 184). Prix : 60 et 125 c.

Le cHEMi» DE PEB DB ViNCBirMBS correspoud avec la ligne de ceinture à la itaUon du Bel-Air. Il a aussi une station à St-Mandi (r. ci-dessous). De Paria à Yincennes: 66 et 30 e. dans la semaine, 65 et 36 c. les dim. et fStes. Cette ligne contourne plus loin le bois en passant à FonUnap" àoiu-Boiêy JfQgent'Sur-Mame^ Joinville^ etc. (p. 183 et 184; belle vue à g.).

Les iVA^TBAUx DB Gbabbktoiv partent du pont d'Austerlitz, non loin de la Bastille (v. p. 176). Prix: 10e. dans la sem., 16 c. les dim. et fêtes.

Le chemin à* fer de Lyon (p. 18) a aussi une station k Gharenton, dans la partie nommée Gonflans, a VO. (v. la carte).

Le TBAMWAY DU LOXTYBE A ViNCENNBS {C ; 40 et 20 C.) SUlt

d^al>ord les quais et arrive à la Bastille par le boul. Henri IV (p. 48). Puis il prend la rue du Faubourg-St-Antoine jusqu'à la place de là Nation (pi. 0. 31) , Tanc. place du Trône , qui forme Textrémité de Paris à l'E., comme^ celle de l'Etoile au N.-O., à 2 h. de marche en ligne droite de la première. Il y a au milieu un vaste bassin avec un jet d'eau; lia été question de transformer la place pour y ériger un monument par Dalou , représentant la République sur un char traîné par deux lions , guidé par la Liberté et escorté du Travail, de la Justice et de la Paix, etc. Une douzaine de voies de communication aboutissent à cette place comme à l'autre, mais elle n'en a pas . l'animation et il n'y a pas d'édifices remarquables aux alentours. Lorsque Louis XIV reçut en 1660, après la paix des Pyrénées , les hommages de la ville de Paris , on avait érigé un trône à cet endroit, ce qui lui a fait donner son nom. Le «à était Pane, barfière, s'élèvent deux hautes colonnes doriques «annelées, eommeneées en 1788, mais achevées seulement en 1847. Chacune est décorée de deux bas - reliefs, par Deshœufs et Simàrt^ f «présentant , du cdté de la ville , le Commerce et l'Industrie , d» l'autre côté, la Victoire et la Paix, et elles sont surmontées de Statues de bronze i dt Louis , par Etex , et Philippe le Bel , pat Dumont. Vient ensuite le Cours de Vincennes , large avenue qui conduit directement à Vincennes (2750 m. jusqu'au château).

Sur la place et aux le Gouni^ a lieu tous les ans pendant trois semaines, à partir du jour de Pâques, la foire uu pain dUpicet^ sorte de fête du printemps excessivement animée, offrant la plus grande variété de distractions.

De la place part le tramway de Jfonireuil^ localité célèbre par ses pêebes, mais qui n a rien d'intéressant. C'est aussi le point de départ des tramways de la VlUette et de la place Valhubert (j^'^iin <i®s Plantes).

Le tramway de Vincennes passe plus loin par le boul. de Picpus, l'avenue de St-Mandé, et St-Mandé, à côté de la stat. de ce nom du chemin de fer de Vincennes. — St^Mand^, au S., est un village

182 Bivedr, 9, PARIS, Vincenn^.

de 9398 hab., possédant deux asilêê poar les vieillards et dont 1& cimetière renferme la statue en bronze d'Armand Carrel (m. 1836)^ par David d'Angers. A 2 min. de la station est le joli petit lac de St'Mandéj dont les alentours sont très bien boisés.

Yincen&eS. — C<tfé de la Paix^ square Harigny, près de la stat. dea tramways. Reitaur, Marconi^ à côté, avenue Marieny, 7. Maison Aubrp^ rue de Paris, 28, en face du château: déj., 2fr. 50; dîn., 3 fr. 50. Caférestaur. de la Porte- Jaune, dans le bois (v. p. 183).

Vincennea est une ville de 20530 bab., importante seulement par sa situation et par son fort, à la porte de Paris. A part le château , il n'y a guère , comme curiosité , que la statue du gênerai Daumesnil, par L. Bocbet, sur le cours Marigny, près de la station des tramways. Daumesnil, défenseur du château en 1814 et 1815^ repoussa les offres des alliés en répondant , dit-on, qu^ll ne le rendrait que lorsqu'on lui rendrait sa jambe restée sur le champ do ba^ taille de Wagram , ce que rappelle le geste de la statue.

Le cli&teaa de Yincennes fut fondé au xii^ s. et a,grandi peu à peu. Il servit de résidence royale jusqu'en 1740 et changea plusieurs fois ensuite de destination. C'est seulement sous Louis-Philippe qu'il a été considérablement fortifié , et qu'on y a établi de grands dépôts de munitions, surtout pour l'artillerie, avec une école de tir. Il n'est visible qu'avec une permission du ministère de la guerre, à Paris.

Le château servit aussi longtemps, dès le règne de Louis XI (1^1- 83), de prison d'Etat. C'est là que furent détenus: le toi de Navarre (1574), le erand Condé (1650), le eardinsl de Retz (1652). Fouquet (1661), le comte de Mirabeau (1777), le dernier duc d'Enghien (1804), les ministres de Charles X (1830), les députés qui conspirèrent contre TAssemblée nationale en mai 1848, et bien d'autres. Le due d'Enghien, de la famille dea Condé, que !Napoléon I®' fit enlever en 1804, dans le grand -duché de Bade, y fut condamné à mort comme chef de la conspiration de Pichegru^ Cadoudal, etc. On le fusilla dans le fossé du château, où il fut aussi en,< terré. Louis XVIII fit exhumer ses restes en 1816, et les ftt ensevelir dans la chapelle, où il lui érigea un monument.

La chapelle , avec sa jolie façade gothique, a été commencée ei^ 1397 et achevée en 1552. Elle se distingue par ses voûtea élancées et de belles verrières dues à J. Cousin* Le monutnent médiocre du duc d'Enghien, autrefois devant un autel, est actuellement dans l'anc. sacristie. Il se compose de quatre figures exécutées par Deseine, représentant le duc soutenu par la Religion, la Franoei déplorant sa perte et un« figure emblématique de la Vengeance.

La salle d'armes, construite en 1819, renferme au rez-de-chausséft le matériel d'artillerie et au premier étage des armes suffisantes, diton , pour l'armement complet de 120 000 hommes.

C'est au donjon qu'on enfermait les prisonniers d'£t&t. Il a 52 m. de haut et 5 étages , formant chacun une haute et vaste pièce avec cabinets dans les tours des angles. Jolie vue de la plate-forme. - A l'E. du château se trouve le fort de Vincennes et an delà le

Bois de Yineennes. Quoique bien moins fréquenté , ce bois ne le céderait guère maintenant au bois de Boulogne, sans la plaine

Vine€ime8. PARIS. Bive dr, 9. 183

qui lie coupe d^s«4;r4«blement en deux. Il a été entièrement leplanté sous Louis XV, en 1731. Les ouvrages du génie et les chemin de fer en ont détaché de nos Jours des parties considérables, mais il couvre encore, avec le champ de manœuvres et le polygone (v. ei-dessous), une superficie de près de 900 hectares. Sa transformation en promenade publique , faite en 1857-58, n'a pas été exé* cutée avec moins de succès que celle du bois de Boulogne.

Arrivé à l'angle du fort, on appuiera à dr. pour prendre le chemin du milieu, la route de Joln ville (v. ci-dessous), et un peu pluâ loin , celui de g., la route de Nogent (v. ci-dessous). A moins de 1100 m. du fort (1800 du ch&teau) se trouve le lac des Mvnimtè, ainsi nommé parce qu'il a été creusé, en 1857, dans un enclos ayant appartenu aux religieux de Tordre des minimes. C'est donc un lae artificiel, de 8 hectares de superficie , avec 3 îles , dont la plus petite, VUe de la Porte- Jaune, à l'extrémité N., est reliée à la rive pai un pont et renferme un cafe^reatauranU Les autres communiquent entre eUes , mais ne sont abordables qu'en bateau.

A rîle de la Porte-Jaune aboutit une allée venant de Fontenay-sotu- Bois, village et station à 5 ou OOO m. au N.-E. en dehors du bois (4965 liab.). — A 700 m. environ à TB., à Textrëmité de la route , ï/cçeni-ntr- •Marne (9491 bab.), qui s beaueoup de jolies maisons de campagne. Un vladue courbe de 827 m. de long et 28 m. de haut, appartenant à la ligne de Belfort, y traverse la Harne.

Le lac est entouré à une certaine distance par la route Hreu^ laire de l'ancien enclos , par laquelle on en fait le tour en 40 min. L'allée sur le bord est plus courte de 10 min. On trouve des embarcations (50 c. par pers. pour */j h.) du côté 0. ou du côté de Paris, où sont des habitations de gardiens. En contournant ce lac à TE., on passe aux petites cascades formées par les deux ruisseaux qui l'alimentent. Appuyant un peu plus loin à g. par une belle allée, on se rapproche du second ruisseau, qu'on longe jusqu'à la route de Joinville et à la plaine de Qravelle, Cette plaine divise le bols en deux parties bien distinctes, sur une longueur d'environ 3 kil., à partir du château de Yincennes , et une largeur de 1000 à 1500 m. A dr. se trouve le champ de manauvres de l'infanterie, avec un camp, et derrière, â dr,, le polygone de V artillerie, A un jcaxrefour dans le champ de manœuvres s'élève une pyrami(2«/ reconstruite depuis 1871, à Tendroit où était, dit-on, le chêne sous lequel St Louis rendait la justice. Plus' loin , le champ de cowrses, et au delà, les redoutes de la Faisanderie et de Oravelle, On a déjà de la lisière du bois , près de la première redoute , de beaux coups d'œil sur la vallée de la Marne et les hauteurs du N. de Paris.

J&inville-U-Pontt village de 3364 hab. et stat. du chemin de fer (p. 181), à peu de distance à g. de la redoute, dans un joli site sur la rive dr. de la Harne, est le rendez-vous des canotiers de ce côté, comme Asnîèrefi (p. 239) sur le bord de la Seine. Là commence le canal dt Bt-Maur, canal souterrain de 600 m. de long, pereé à travers la colline en 1825. Il est d'une grande importance pour la navigation, vu qu'il abrège considérablement, la Marne faisant à partir d'ici une courbe de 18 kil. Plu* loin, les stations de St-Maur-PortCréUity du Parc de St-Maur, de Champigny. Champigny, sur la rive g. de la Marne, est connu par les batailles des

184 Rive dr, ê. PARIS. Vineennes.

BO nov. et 3 dée. 1870, dans lesquellea les généiraux Trochu et Duerot «herel&èrent vainement à pereer les lignes allemandes. On a érigé sur la hauteur derrière Champigny un monument avee une crypte où reposent les restes des victimes de ces journées, Français et Allemands. Champigny est aussi desservi par le ehemln de ter de Orande-Oeinture, rejoignant -la ligne de TEst à Nogent-sur-Mame (p. 183), eto. On jouit de beaux coups d*œU sur la vallée de la Marne, Vineennes et Paris des loealltéa situées sur les coteaux au delà de Chanipigny : Chennevièret (3 kil.), dont la vue passe pour supérieure à celle de St-Germain-en-Laye (sans doute le maUn); aueg-m^Brie (4 kil.) t\ Binm^-Si-Uçer (4kil.). Ce» locaUté# sont desservies par les stat. de la Varenne-St-Maur (1 kil.). Suey-Bonneuil (1 kil.), et Boissy-StrLiffer (500 m.). A Boissy-St-Léger , près du chemin de fer, le château du Piple , avec une éeole normale protestante de jeunes fille». A 2 kil. au delà du village, le beau chdUau de OroB-BoiSy du xvii^ s. avec un vaste pare. >- Les autres stat. de la ligne de Paris à Vineennes et Brie Comte -Bobert (36 kil.) sont à peu près sans intérêt. Brie-Comté-Rùbert est une petite ville fort ancienne, mais déchue.

Un peu plus loin que la redoute de la Faisanderie se voit une ferme modèle, où Ton peut boire du lait eheud. L^avenue de la Penne passe ensuite à eôté des tribunes du champ de eourses et monte vers le plateau où est le lae de Gravelle , alimenté par une machine à vapeur au bord de la Marne. De ce lac sortent des mis* -seaux qui alimentent les autres lacs. A quelques pas de là, le ^rond" foint de OraveUe, avec un pavillon, où Ton peut avoir des rafrai* chissements en été. On y a un panorama magnifique , notamment sur les vallées de la Marne et de la Seine.

Les cbemins à dr. au delà du rond-point sont barrés par des sentinelles lorsque des exercices ont lieu au polygone ; on prend «lors V avenue de GraveUe, à g., pour se diriger vers le lac de CharentoU} distant d'env. ^/j h. On passe de ce côté, à g., non loin de Vhospice d'aliénés de Cibarenton-St-Mauxice , et de VasUe de Vin* cennes , pour les ouvriers malades ou convalescents. Ensuite on arrive sur la route de Charenton à St-Mandé , où passe le tramway Sud de la BastiUe (p. 181).

CfMrentont bourgade de 11 826 hab. (avec Conflana et le» Carrières)^ doit sa notoriété à Thospiee d*aliénés mentionné ci-dessus, qui de fait est maintenant sur le territolve de Bt'Maurice^ eonunune de 5076 hab., créée en 1842. Charenton fut aussi jadis célèbre par le temple que les protestants y construisirent en 1606, avee Tautorisation de Henri lY, et qui fut détruit en 1685. Le pont qui s*y trouve est sur la Kame, un peu au-dessus de son em* bouchure dans la Seine. Bateaux, tramways, et chemin de fer^ v. p. 181.

La partie du bols au N. de Charenton jusqu'à St-^Mandé (p. 181} et aux fortifications de Paris , a été créée lôrs de la transformation de ce bois en 1857*68. On y remarque surtout le toc de Charenton ou de Daumemit , plus grand encore que celui des Minimes. H contient deux jolies lies, communiquant entre elles et reliées à la terre ferme du côté de Oharenton. Il y a un petit temple au-dessus d'une grotte artificielle, un café, etc. Un batelier, du côté de Tave-^ nue Daumesnil, vous épargne la peine.de revenir sur vos pas (10 c). Promenade en barque sur le lao , 60 c. et davantage, conformément au tarif, affiché à Tembarcadère.

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