I. Du Loavre an muée €Amii¥alet et à la BastiUo
Nous allons d*abord aux âalles (Jentrales {$^ 141) par là ;rQ.e de Rivoli et la rue du Pont-'Il^ui^ à g>). et nous continuons au delà, à dr., par la rue de'Rambute&tl, qui traverse le boni, de 8éba9topol, jusqu'à la rue des Francg-Bourgeois. Là se trouvant, à $., les
Are]dvesHatio]|Ale0(pl.fi.23; III). CastVukcMmés&oubise, qui occupe remptaeement de rhdtel du conniStahie dé Clissèn, bâti en 1371, et dont il reste encore, dans la rue des Arcl^lves, . ^ g. de la façade\ une belle porte flanquée de tourelles , restaurée ea 1846. Il avait ensuite appartenu, jusqu'en 1696, à là puissunte famille de Guise. Il se compose aujourd'hui des bâtiments construits pat François de Rohan , prince de Soubise , au commencement du xvm®. s.,
4rchii>e8 NaHonale9. PARIS. Bive dr, 9. 177
et d'autres lé^iûés ou ajou^^ de nos Jours. La principale cour, du cdt4 de la rue des Francs-Bourgeois , est entourîée d'une colonnade du style corinthien, par Lamer, aboutissant aune façade avec fronton, décorée de deux ordres de colonnes corinthiennes et composites accouplées, et de sculptures par Rob. Lelorrain.
L'Assemblée Constituante ayant Institué en 1794 une commission des Archives, les actes publics qui se trouvaient dans divers dépôts furent recueillis et classés, puis transportés, en 1808, dans le local où Us sont encore aujourd'hui. Les archives nationales y sont divisées en 4 sections : secrétariat , sectior^ historique, section administra" tive , section législative et judiciaire. On est admis à y travailler tous les jours non fériés, de 10 h. à 3 h., après en avoir fait la demande au bureau des renseignements. Les pièces les plus curieuses du dépôt ont été réunies pour former un musée.
Le mvaée des Ar^Tég on musée paiéograpMque est publie le dimanche de midi à 3 h. et visible aussi le jeudi avee la permission du directeur général, mais il est fermé provisoirement pour cause de travaux. Il occupe 6 salles du premier étage. Il y a partout des étiquettes et on trouve le eafalogue dans ehaque salle.
/. SaUe des Mérovingiens^ des Carlc^vingienê ei des Capétiens. Partout dea pièces avec une quantité de sceaux. A g., dans de grands cadres, des papyrus mérovingiens et carlovingiens. Derrière, daps la 2® rangée, à g., les comptes de rhôtel de St Louis (1966-1357) , sur des tablettes de cire vertes. Dans une vitrine à g., les actes du procès de Jeanne d'Are, avec une caricature de la Pucelle, faite durant ce procès. A l'extrémité de la 2® rangée, le rouleau de Vital, abbé de Savigny, avee des vers latins attribués k Héloîse (1139-33). — * dérangée, des registres avec des mlniaturea. Au milieu, d'autres papyrus miz^vingiens (le plus ancien de 626) et des papyrus carlovingiens. Au mur du côté de la 3® salle , les codicilles de St Louis (1326-1370).
//. Salle des Valois. A g., l^^^ rangée de vitrines: déolaratton du clergé de Franee en 1682 % révocation de redit de lïaates (1686). — dérangée, jt g., dans le haut, l'édit lui-même, signé de Henri IV (1598); des lettres de Cath. de Médicis, de Marie Stuart, etc.
II I. Salle des Bourbons^ richement décorée. A g., derrière une balustrade dorée, une vitrine contenant les procès verbaux de Tinterrogataire de Marie -Antoinette à la Conciergerie; des interrogatoires de plusieurs autres membres de la famille royale; le journal de Louis XVI (l«r janv. 1766 au 31 juil. 1793); le discours prononcé pat le roi à la Convention après sa défense par de Sèze (36 déc. 1793) ; le .procès verbal de Tinhumatlon de cLouis Capet» (31 janv. 1798), eU. Dans le cadre au-dessus de la vitrine , le testament de Louis XVI , fait à la tour du Temple le 29 déc. 1793, et la dernière lettre de Marie- Antoinette , écrite à la Conciergerie le 16 oct. 1793, Tun et l'autre d'une authenticité douteuse ; du moins la lettre ne porte pas la signature de la reine. Au milieu de la salle, près de la balustrade, à dr., le testament dé Marie Leczinska.
IV. Salle ovcae^ suite des Bourbons. Vitrine du milieu, le cahier du tiers-état de Paris (1789), la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen , la Constitution de 1791 , l'arrêté prescrivant la démolition de la Bastille, des motions de' Mirabeau et de Sieyès. Cette salie, l'anc. salçn de Mme de Bohan , a un plafond par ïTatoire, les Aventures de Psyché.
F. Sotte de la République. A la 1'^ fenêtre, des assignats ; à la 3®, le serment du jeu de paume, avec les signatures. A g. de la porte, diverses pièces .émanant de membres de la Convention ou du gouvernement constitutionnel. Au milieu, au coin de dr., des lettres de Charlotte Corday.
V. Salle du Consulat et de r Empire. Nombreux documents moins curieux ; une table du cabinet de Louis XVI, sur laquelle Bobespierre blessé fut déposé au Comité du Salut public, aux Tuileries. Au-desSua, un tableau
Bsedeker. Paris , 7® édlt. 1^
17S Mivedr.9. PARIS. Impriimrù NdHodcOé.
allégOTique , JWM Tftl&ttx comme peintore, mal» fort BinguUer et derem biatorique. Il date du règne de Henri lY, oi il fut «aisl dans une égUae des jésuites et servit comme pièce de conviction lors de la suppression de Tordre, en 1762. Il représente le vaisseau de TEgllse («Typus re- Hgioniâ*) voguant vers le port du salut, entoura d^embaroations qui lui amènent des fidèles et d'autres dans lesi^^uelles sont des ennemis qui l'attaquent, etc. : il y a de» inscriptions.
Il y a aussi dans le palais , au rez-de-chaussée, un musée sigillographique, qui n'est pas encore ouvert au putlrc. Il doit se composer d^une collection des plus complètes de sceaux , depuis Childéric I®', en 457, jusqu'à nos jours.
A côté du palais des Archives se trouve V^cole des Chartes, fondée en 1820 pour former des archivifites-paléographes.
£n face, le Mont-de^Piétéj qui a le privilège des prâts «ur gages au profit de TAssistance publique. Les prêts ne se font pas pour moins d^un mois, mais ils peuvent se renouveler pour 15 jours. On est toutefois libre de retirer les objets avant le terme, en payant les droits. Les prêts sont des quatre cinquièmes de la valeur pour les objets en or et en argent et deiux tiers pour les autres. Us ne peuvent pas dépasser 10 000 francs à rétablissement central ouôOOfr. aux succursales et aux bureflrUX auxiliaires des divers arrondissements. L'intérêt à payer revient au taux extraordinaire de 9V2 p. 100 au Mont-de-Piété et de 12 p. 100 si Ton s'adresse aux commissionnaires spéciaux. Les objets qui n'ont pas été retirés ou dont la a reconnaissance» n'est pas renouvelée, sont vendus au bout de 14 mois , et l'excédant sur le prix d'estimation réservé à qui de droit pendant trois ans. Le Mont-de-Piété fait annuellement pour plus de 50 millions de prêts.
A côté est Notre-Dame-des^Blancs-Manteaux , église insignifiante , dont le portail se trouve à l'opposé.
Plus loin dans la rue des Francs-Bourgeois, au coin de la rue VieUle-du-Temple , une tourelle goth. avec des arcatures et une fenêtre grillée, reste de Vhôtel Barbette, d'où sortait Louis d'Orléans, lorsqu'il fut assassiné par ordre de Jean sans Peur, en 1407.
Un peu plus haut à g., dans la rue Yieille-du-Temple, se trouve l'Imprimerie Nationale (pi. B. 23 ; III) , qui est établie dans l'ancien hôta de Strasbourg ou du fameux cardinal de Rohan (m. 1803). On voit dans la cour une reproduction en bronze de la statue de Gutenberg par David d'Angers , dont l'original est à Strasbourg. L'imprimerie est visible gratuitement le jeudi, à 2 h. précises, avec un billet du directeur ; mais les étrangers obtiennent facilement sans cela la permission de la voir, en se présentant à l'heure dite. La visite duré 1 h. - 1 h. V2- Les visiteurs sont conduits par les ateliers , qui occupent env. 1200 ouvriers des deux &ei.^ , et qui sont par conséquent très grands. Les caractères d'imprimerie et la tellure se font dans le même local. L'établissement est particulièrement riche en caractères orientaux. Lors de la visite de Pie VJI, on a imprinié devant lui l'Oraison dominicale en 150 langues. On
Mus/t Carnavalet. PARIS. Miv€ dr. 9. 179
imprime surtout ici les actes et les documents officiels , les livres publiés aux ftais du gouvernement , des cartes géologiques et des cartes à jouer, les figures et Tas de trèfle, les seules dont l'Etat se réserve le monopole.
On visite d^abord le 1^^ étage, où sont les ateliers de composition et 4e fonte des caractères ; puis le rez-de-chanssëe, qui comprend le eliehage, la galvanoplastie, le glaçage du papier, Timpression (44 presses mécaniques et 80 presses à mains) , la lithographie , la réserve . le séchoir , le •atinage , et enfin le 2® étage , occupé par les ateliers de femmes, c.-a-d. eeux de réglure, de pliage, de brochure et de reliure.
Plus bas dans la rue Vieille - du- Temple , de Tautre côté de la rue des Francs - Bourgeois , n° 47 , se voit encore un de ces hôtels comme il y en avait tant autrefois dans le quartier, V hôtel deHollande, ainsi nommé parce qu'il fut occupé par l'ambassade de Hollande JBOus Louis XIY. C'est une belle construction du xvii^s., avec une porte monumentale ornée de sculptures remarquables (têtes de Méduse) et qui a du côté de la cour un grand bas-relief par Regnaudin, Bomulus et Rémus allaités par la louve.
La rue des Francs-Bourgeois passe ensuite , à dr., devant l'anc. hôtel Lamoignon , dont la fondation remonte au zvi® s. Un peu plus loin, à g., dans la rue Sévigné, le musée Carnavalet.
Le musée Carnavalet (pi. R.26; V) est une collection de monuments et d'objets divers relatifs à Vhistoire de Paris et de la JSevolution, à laquelle est adjoint depuis 1871 la nouvelle bihliothèç[ue de la Ville, Le nom de musée Carnavalet lui vient de ce qu'il est établi dans l'ancien hôtel Carnavalet , appelé lui - même ainsi du nom d'une dame de Kemevalec , à laquelle IL appartint d'abord. Cet hôtel , acquis par la ville et entièrement restauré en 1869 , date des xvi® et ivn® s. ; il a été commencé sur les plans de Téôscot et de BvXlant, continué par du Cerceau et achevé par JPr. Mansart. Il a été habité pendant 20 ans par Mme de Sévigné (1677-1698). Les sculptures de la façade et celles du bâtiment au fond de la cour, les Saisons , sont attribuées à Jean Ooujon. Les 8 autres statues de la cour , les Eléments et des Divinités mythologiques, sont de moindre valeur, les dernières même mauvaises.
Le miuée, qui est public les dimanche et jeudi de 11 h. à 4 h., oeeupe actuellement 14 salles du rez-de-ehaussée , ime partie du sous-sol, une galerie dans le jardin et 7 salles ou galeries au 1^ étage. Il y a partout des étiquettes.
BBz-DX-cHAUSsiB. S premières salles. D'abord des photographies de monuments gallo-romains et des fossiles et monuments de Tage de pierre. Puis des pierres provenant de constructions romaines, en particulier des ârènea, dans la rue Monge. Salles suivantes : meules romaines, surtout tin moulin rétabli pour en montrer Tusage ; sarcophages, un certain nombre faits de débris de monuments, etc.
Sous-sol: suite des sarcophages et, dans un caveau, des moulages de squelettes découverts dans les arènes.
Ic'iTAOB. EseaUer et P^ salle : projets d'achèvement du Louvre pour un Palais National , peintures relatives aux événements de la grande révolution et les révolutions de 1890 et de 1848, la plupart sans valeur artistique ; objets divers des mêmes époques. — Grande salle. Au milieu, modèle de la Bastille taillé dans une- pierre de la forteresse. Au plafond, drapeau de l'émigration aux armes de France et dei alliés et avec l'hydre
180 Bivé dr, 9. PARIS. Place dtê Vo9ge9,
rëyolntioftnaife. Autour de l» salle, de* objets de toute sorte relatif^ à là. erftnde révolution , avec des emblèmes; tels que (de g. à dr.): cartes 4. jouer, almanaehs, tentures, éventails, armes, drapeaux, instruments de suppliée, horloges, imprimés, bottes et tabatières, peintures et dessins^ objets de toilette et bijoux, épée de la Tour-d'Auvergne, armoire à sinet» patriotiques, etc. — QtUerietr faïenees à emblèmes patriotiques, de 1789 a 1804} Insignes et décorations, numismatique. Dans les vitrines do. milieu, des porcelaines de Sèvres et la tasse à la guillotine, en porcelaine de Berlin. — Salon central : boiserie et plafond d'anciens hôtels de Paris, pendule républicaine, fauteuils de Voltaire et de Béranger, etc. — «Soloi» dts iableaux^ mal éclairé et dont Tinstallatlon est provisoire , nombreuse»
Feintures de petite dimension et de peu de valeur artistique, relatives k histoire de Paris. Plafond de Lebrun dans sa jeunesse, TOlympe. — Eie€Uierc enseignes, plaques de cheminées, tableaux, objets céramiques, etc.
Bbx-ds-chaussAb , ntit€. Salle du Patais-Ro^al: modèle en reUef de» galeries de ce palais, exécuté en 1843 ', médailles, peintures, estampes. — J>em$ le jarâAn , où Ton doit encore en élever d'autres , des construction» rapportées, surtout la maison des Drapiers , du xvii^ s., la façade refaite d'après l'architecte primitif, Jacques Bruant. — Sùue lu artades^ de» fragments d'édifices, du moyen âge. de la renaissance et des xvii^-xvixx® s. — 6 dernières salles: fragments d^édifiees gallo-romains, cheminée du xvi^ s. ; poteries, verres, broncès, médailles et autres objets trouvés dan» des fouilles, les premiers de l'époque gallo-romaine, les aute«s de l'époque mérovingienne et du moyen âge ; inscriptions funéraires et monumentales;.
On se trouve à la sortie au pied de Vescalier de la b^tiothèque^ dan» lequel sont des fae-simdle des anciens plans de Paris et des moulages de* principales œuvres de Jean Goi:^^"-
La BiBLioTBiQUK D» LA ViLtB, dcstlnéc à remjDlacer celle qui a ét4 incendiée avec l'hôtel de ville en 1871, compte d^ env. 60000 volumes et 40 000 estampes et plans anciens, relatifs a l'histoire de Paris et de 1» Bévolution française. £lle oceupe le premier étage de l'hôtel et elle est ouverte tous les jours à ceux qid désirent y travailler, en hiver de 10 h. à 4 h., en été, à partir de Pâques, de 11 h. à 6 h. Vacances de 8 jours à Pâques et du lo août au 1®' octobre.
La rue des Francs-Bourgeois aboutit un peu plus loin à la i des Vosges, Pane, place Royale (pi. R. 26 \ V). Elle a reçu son nom actuel sous la Révolution , en Thonneur du départ, des Vosges , le premier qui envoya des contributions patriotiques à Paris , et elle Ta déjà perdu et repris deux fois. Le milieu est une sorte de square décoré d*une statue équestre de Louis XI II y en marbre, par Dupaty et Gortot, remplaçant depuis 1829 une autre statue de ce roi élevée par Richelieu et détruite en 1792. Bans les angles sont des fontaines jaillissantes et tout autour des maisons du commencement du zvu® 8., avec des arcades et de hautes toitures.
A l'endroit où est cette place se trouvait la cour de Tanc. palais des Tcumelles^ où eut lieu le fameux tournoi qui coûta la vie à Henri II, en 1566 (p. 70). Catherine de Médicis fit démoUr ce palais , et Henri IV fit ériger sur l'emplacement le carré de maisons qui s y trouve encore. Abstraction faite des cris joyeux des enfants qui s y livrent à leurs ébats, tout Îest ordinairement fort tranquille. C'est ici le centre du quartier du Marais^ abité par des gens paisibles, de petits' rentiers ou des fonctionnaires en retraite. On a peine à croire aujourd'hui que ce fut sous Louis Xm le plus beau quartier de Paris, et que la place était en quelque sorte le Palais-Boyal de l'époque.
La rue des Vosges au N.-£. de la place, conduit directement «q boulevard Beaumarchais (p. 48), près de la BastUle (p. 47).
Flaee de là NaHon. PARIS. Eivt dr. 9. 181