‹ Paris et ses environs: manuel du voyageur (volume 2)Chapitre 45 sur 59 · L'IJ · texte numérisé non relu

L'IJ

ArmpsblanclLes et armes k t'eu

Cour d^go-ulèniic

Armure 8(rez-3e-Gh.) 'Vestî- lAnnures frydreli,) j ( jfoaae» SmuSÈÀV. *U \ tnûe |CeatJr ^lumiV)

.1 E^se S^ Louis

£ntree du musée

Co\ir d'hOIULeur Xatréc^rinripai»

de a Iniradid.es

Dans le vestibule , de grandes bouches à feu de diverses provenances , notamment deux pièces arabes et un canon codiinchinois en bois, cerclé de fer ; deux pièces espagnoles provenant du Mexique, des moulages de monuments de soldats romains trouvés dans le Rhin.

1^ galerie deê armures , è dr. en arrivant par Is grande porte. A dr., des armures des xvi® et xvn® s., dont pkisieures historiques : du connétable de MontnK>rency , des ducs de Ouise et de Mayenne,

!2d4 Biv9 9.U. PARIS. Muite d'arHUerie.

du baron des Adnts , d« Sully , de Turenne, «le. Au fond : autel, tentures , manteaux et collier de Tordre du St-£sprit, créé en ld79 par Henri III. Dans les yitrines du milieu , des aimes de luxé «t des parties d*armures remarquables par le trayail. Dans le haut et contre les muis , les originaux ou des copies de drapeaux et étendards français , à commencer par roriflamme (rouge) ; à g., Téten^ dard do Jeanne d'Aïc (blanc fleurdelisé). Les fresques de cette isalle et de la suivante rappellent des faits d'armes du règne 4e Louis XIY; elles sont de van der Meulen.

2® paierie det ^irmurts, magnifique collection d'armures de tontes pièces, pour combaittre à cheval ou à pied; des d^ni-armures , etc., la plupart du xv^ et du xvi® s. On remarquera les ^armures des rots de France, depuis François I^^ jusqu'à Louis XIY, puis surtout les armes contenues dans les vitrines. — •l'® vitrine : casque, rondadw et épées du plus beau travail, du xvi®s. Sur les côt^s, doux splendides armures de la même époque , celle de g. dite araripure aux lions» (1550) y celle de dr. avec des bas -reliefs dessinés par Jules Bomain (xvi^ s.). — *2^ vitrine : casque, brassards , masse d'armes et armet de Henri II , étriers, éperons et bausse*col de Louis XIII, arbalète de Catherine de Médicis , gantelet de Louis XIY , épées d'armes et de mariage de Henri IV, mousquets de Louis XIII^ car rabine de Napoléon I*^, épée de Charles XII de Suède (decrièse); épée de Louis XVI et son fourreau , enrichis de pierreries ; casque de Bajazet, 111s de Mahomet II, etc. — *3^ vitrine : caïiques, inT>rlon6, rondaches, masses du xvi^ s., ouvrages italiens ; casques russe et tartare des xv^ et zvi^s. -^ A^ vitrine: autres casques et rnonons du XVI® s., targe du xv®, oliphant du xi^, menottes du xvi® b. — 5** vitrine : bouclier , casques , épées , etci, des xvi® et xvn® a. — ♦6® vitrine, à g. : armes à feu magniilqties des xvi® et xvn® s., surtout une arquebuse et des pistolets allemands. -^ *7® vitrine: armes à feu non moins remarquables , damasquinées et enrichies de pierreries, faites par ordre de Napoléon V pour le chérif du Maroc.

Salle de dr, : casques et boucliers de toutes les formes , cottes de mailles, sabres, épées historiques.

Une porte au fond de la galerie ouvre sur un passage, de l'autre côté duquel est la '^giderie ethnographique , coUeetion intéressante de 78 personnages représentant les principaux types guerriers de rOcéanie, de l'AmériquA et des côtes de l'Asia et de l'Afrique. .

Qn revient au vestibule et l'on tourne dans le couloir à g. L'escalier qui s'y trouve conduit aux salles du 2® étage , où sont encore deux loi^ues* galeries parallèles à la cour. Celle de g. renferme une collection très remarquable de ^costumes de guerre des Gaulois, des Orecs, des Bomain» et des Français depuis Charlemagne jusqu'à la^ du xvin^s. r^ La galerie de dr. contient une riche collection de petits madHee d^arHUerie des temps les plus reculés jusqu'à notre époque.

Le couloir du rezrdA*(^us8éemèiie aux ioUeidea armes blancheê

EglUe de» In^validei, PARIS. Rivt g, 14, 235

fit txrmes à ftu. 1'^ et 2^ salks : armes orientales ou arabes, persanes, albanaise», monténégrines , /grecques , chinoises, japonaises et indiennes, dont beaucoup d'un trwail ezcessîTFMnent remarquable. £n face de l'entrée^ l'^habit de guerre de l'empereur de Chine, pris Mb palais d'£té dans l'expédition de 1860 , et d'autres trophées de cette campagne. — 3^ salle , à dr. : armes d'hast , armes blanches depuis le xu^ s., et armes à feu depuis le xt^'s. jusqu'au xix*^, les piàoes les plus remarquables dans, des vitrines. Contre, le mur du côté de la porte , une armoire vitrée contetttant des spécimens des cardres français , des récompenses militaires et des bâtons de marechaux» -^ 4® salle, du côté .opposé: suite des armes modecnes jus'qu'à nos jours , collection d'arbalètes et: de pistoletSi .-^ Ag«, une 5*^ salle avec le reste des armes modernes, et, au fond^ des tambours, des gxosses caisses, etc.

Le reste du musée est sous les portes et dans les cours de chaque eôté du passage. Cour de la Victoire, à dr. : pièces modernes, mo'^ dèles de bouches à feu de marine , affût et canon russes provenant de Sébastopol, canons des galions espagnols coulés dans la baie de Tige en 1701 et retirés de la mer en 1872. — Cour d'AngouUme, de l'autre côté : bouches à feu de tous les calibres , entre autres , le GrifBooi, coulevrine de 1528, prise a Ehrenbreitstein , près de Oeblentz, en 1797. Au mur, une des chaînes qui servirent aux Turcs, pendant le siège de Vienne, en 1683, à soutenir et à garantir un pont de bateaux sur le Danube ; elle a 180 m. de long. Sous la -porte cochère par où l'on peut sortir de l'hôtel , une chaîne garnie de ÔO carcans, qui fut prise dans le camp marocain après la bataille d'Isly (1844) ; elle était destinée aux prisonniers. A. L'église des Invali des se compose de deux parties distinctes, \ ré glise St^Louis ejfïi^ôme. 1

li' ÉOLiSE St-Lov is a son portail dans la cour d'honneur, au S. La neFest décorée de deux rangées de drapeaux pris sur l'ennemi, surtout en Algérie, en Crimée, eu Italie,' en Chine et au Mexique.

Près de 1500 drapeaux, trophées des victoire» de Napoléon I®', furent brûlés dans la cour des Invalides le. 30 mars 1814, la veille de Tentrée des alliés à Paris ; d'antres, des guerres de la République et de TEmpire, '• -l^ont été par imprudence en 1861, à re&terrememt du marécbal Sébaatiani.

Aux piliers de l'église sont des plaques comm^morativeê et des monuî Mnts érigés en l'honneur d'|g£i^jg^gpi^verneurs deslnxalides. Sur titois plaques de cuivre, les noms de. maréchaux et officiers supérieurs dont les dépouilles reposent dons les caveaux de l'église.

Derrière l'autel principal, une grande veririère et une porte de communication avec le Dôme, qui est ordinairement fermée. -

Le DÔMJB a une entrée spéciale au S<y place VaOban , derrière l'hôtel, dont il faut faire le tour (heures, v. p* 232). .

Cette secoude église , construite en 1706 par J.^H* Mansart, forme un carré régulier de près de 60 m. de. côté, avec un portail à deux rangs de colonnes doriques et corinthiennes superposées, orné de statues. Sur cette base est assise une tour ronde ,. peraée de 12

236 Bive g, U. PARIS. Tomh. de Napol. P^,

fenêtres et à colonnes coiinthiennes engagées, accouplées par % au nombre de 24. Au-dessus règne un attique et plus haut s'élève le dôme, que couronne une lanterne terminée par une flèche avec une croix, à 105 m. de hauteur. Ce dôme, en partie doré, est en charpente, couvert en plomb et orné de bas -reliefs représentant des trophées militaires.

yL Le nombean de Napoléon I^ '', construit par VUconH \ est sous le dôme. Il consiste en une crypte circulaire ouverte dans le haut. Au milieu d'une couronne de laurier en mosaïque , incrustée dans le' pavé ; est un sarcophage en forme de cuve antique , de 4 m. de long «ur 2m. de large et 4 m. 50 de haut, où reposent les cendres du grand homme. Il est fait d'un seul bloc d'une espèce de grès rougeâtre de Finlande. Les parois de la crypte , en granit poli, sont décorées de 10 bas-reliefs de marbre, par Simart: Rétj^tinra^ ment de l'ordre , Conco rdat , Réforme de l'AdllUxÛSlCAtion/CôniîÔil d'Etit, Code, Université ^ Cour'*des .pj)mp.tas , Déveloj»p£sient dm commerce et de l'industrie , Travaux jjubli es , Légion d'honneur. Lërf? figures coibssàles entre ces bas-reliefs comptent au nombre des plus beaux ouvrages de ^radier.; elles symbolisent les principales vifitaLifia. de l'empereur. Les six trophées se composent de 60 drapeaux conquis, qui étaient restés cachés au Luxembourg. Le pavé est incrusté de noms de batailles : Rivoli , Pyramides , Ma^ rengOf Aust&rlitz, I/na, Friedland, Wagram, Moskowa. """Ti'ciitréé de la cryple (fermée) et trôtttlT'àcrrlère le maître autel. Elle est flanquée de deux sarcophages qui portent deux noms pour unique décoration, ceux de Dutô c et dé Bertrand^ les favoris de l'empereur, ses maréebaux du palais . LIb ' premïe'r Tul tué en 1813 à la bataille de Bautzen, le second (m. io44) accompagna Napoléon dans toutes ses campagnes ^ le suivit à rîle d'Elbe et à Sainte-Hélène, puis escorta ses cendres, solennellement transférées aux Invalides en IStô. Au-dessus de la porte de la crypte, on lit les mots suivants, empruntés au testament de Tempereur: •Je déaire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé*. Il y a de chaque côté une figure de bronze colossale en forme de cariatide, par Duret; Tune porte sur un coussin le globe terrestre, l'autre un sceptre et une couronne.

Le dôme , qui s'arrondit précisément au-dessus du tombeau , se compôsë'de deux coupoles. La première, à une hauteur de près de 50 m., est divisée en douze compartiments où sont peints les apôtres, par J&uvenet, Elle est ouverte au milieu et laisse apercevoir U seconde, ornée d'une grande composition, St Louis offrant au Christ répée avec laquelle il combattit les ennemis dû christianisme , par Ch. de Lafosse, qui â peint aussi les Evangélistes des pendentifs. Le jour faible et bleuâtre qui tombe d'en haut , contribue encore à l'impression de solennelle grandeur que produit ce tombeau.

Dans les deux chapelles hautes de chaque côté de la crypte sont les monuments de Vauhan (m. 1707) et de Tttrenne (m. 1675), avec les statues* tté'Cer'généraUx. Le premier, parlËtex, a été érigé en 1807 ,* le second, par Tuby et Marsy, a été apporté de St-Denis.

Les chapelles plus près de l'entrée contiennent aussi des tonoibeaux. Jhins celle de g., le monument de J/rômeBona]^arte (m.i860),

i:cole MUitaire. PARIS. Mive g. 14L 237

roi de Westphalie y avec sa statue par Guillaume ; un sarcophage plus petit contenant les restes de son fils aînë et un autre Tënfermant le coeur de la reine de Westphalie. Dans la chapelle de dr., le sarcophage' de Jo seph Bon qj^arte (m. 1844), roi d'Espagne.

La tour qu^on aperçoit en face de la plaee Yauban est eelle du i^uiU rij-tJtiML ^f Q^^^îi* ^ qui a 547 m. de profondeur. Plus près, à g., St- , François - Xavier . église construite de lc61 à 1876, dans un style pseu^ô^/ renaissance , par Lusson et Uchard. Elle a des peintures morales par Lameire, £. Delaunay, Gazes et Bouguereau , une Vierge de Bonnassieux et des vitraux par Maréchal, Ordonnance originale à Tintërieur.

Du mâme côté, à Textrémité du boul. des Invalides, i^Ty|ti1ill t^'>T> ^f j etinaa a^euglea (pi. B. 13), bel édifice construit de 1839 à 1840. Le basrelie! du irunlon, sculpté par Jouffroy^ représente, au miUeu d'enfa&tf aveugles protégés par la Religion, Valentin Haûy (m. 1822), le fondateur de rétablissement, dont on voit aussi la statue dans la cour. Excepté durant les vacances (août et sept.), rétablissement est visible, avec une permission du directeur, le mercr. de ih. Vs i 5h.

Sur le quai à TO. de Te^planadedes Invalides (p. 232) se trouve la manufacture dea Tabacs , qui occupS^^r' un quartier. La visite de cet efSfRïRïlU^ni^ 4 recommander aux personnes que ne gêne pas Todeur de tabac, dont les habits restent longtemps imprégnés, est fort intéressante; elle se fait sur une autorisation demandée par écrit au régisseur, le jeudi de 10 h. à midi et de 1 b. à 4. Cette manufacture , dite du Gros-Caillou, est organisée sur une grande échelle; elle occupe 2175 personnes, dont \ plus de 1900 femmes , et elle produit maintenant plus de 566000Ô kilos ] de tabac par an. — Pour le ffnrdf.^tfuhU et le Cha mp-de - j ffifA ^ situés plus loin, V. ci -dessous.

Dea Invalidea an Trooadéro.

Eco le Militaire. C ha mp'^a-ltars.

Non loin des Invalides, au S.-O., est un autre édifice imposant, M'BçgleJIiUtoire (pi. B. 10; /), fondée en 1751 par Louis XV, et construite par Qabriel. Elle est transformée depuis 1792 en ca-* serne pour 5400 hommes et lôOO chevaux. Le tout occupe une su- / perfide de 116528 m. La partie principale, auN.-O., longue de | 420 m., a la physionomie d'un palais. Au centre s'élève un por- : tique de 8 colonnes corinthiennes cannelées d'environ 13 m. de \ hauteur , au-dessus duquel règne un attique surmonté d'un dôme quadrangulaire. Les bâtiments aux extrémités n'ont été construits qu'en 1855. Il faut une permission spéciale pour visiter l'intérieur . de l'Ecolô. Les cours sont entourées de colonnades. La chapelle «st dans le genre de celle du palais de Versailles. i

^C heC^mHiiSdtM» (pl. B. 7, 8, 10, 11 ; /), qui s'étend devant cet ' édifice, au K.-O., est une place longue de 1000 m. et large de 500. t Les deux longs côtés étaient bordés jusqu'en 1861 de remparts » plantés d'arbres , hauts de 5 à 6 m. Ils avaient été construits en -, 1790, dans l'espace de quelques semaines, par 60000 Parisiens et l Parisiennes de toutes les classes , et garnis de sièges pour servir \ d'amphithéâtre à Itfètt delà Fédération, célébrée en cet endroit le 14 juillet de la même année. Devant l'Ecole Militaire était érigé V autel de la Patrie, sur lequel le roi, l'Assemblée Nationale, les députés de l'armée , de la garde nationale et des provinces vinrent prêter serment à la nouvelle constitution. Talleyrand, en sa qualité

238 Bive g, U. PARIS. Champ -de -Mars.

d'éyéque , y célébra Tofflce , assisté de 400 prêtres. Paria était au comble de la joie ; tout le monde croyait la Révolution terminée. Une cérémonie analogue eut lieu au Champ-de>Mars le l^'^juin 1815, le fameux «champ de Mai» de Napoléon. En 1830, Louis- Philippe remit au même endroit les drapeaux tricolores à la garde nationale, et Napoléon III y distribua en 1852 les aigles destinées à remplacer les coqs gaulois. Depuis , le Champ-de-Mars a servi â des fêtes d'une nature toute différente , aux expositions universelies de 1867 et 1878. Cette place, en temps ordinaire poudreuse et déserte , sauf pendant les exercices des troupes de l'Ecole Militaire, a été pour ces circonstances transformée en une sorte de petite ville ou vaste bazar , réunissant les produits les plus curieux de l'art et de l'industrie modernes et le rendez-vous du monde entier. Au milieu s'élevait un immense palais en fer et alentour des constructions des plus variées, dans des jardins plantés de grands arbres et décorés de toutes sortes d'oeuvres d'art. La partie à l'opposé de l'Ecole Militaire a conservé son square de la dernière exposition , et le reste va maintenant servir de champ de courses. La Seine est traversée ici par ift y>^w.^ éi/T/^n rp. 173) et sur la rive g., en aval, est la petite oa re d^ Champ-^e- Ma rs (p. 18).

La tour carrée qu'on aperçoit a dr. en descendant , se trouve dans des dépendances des Grands Magasins du Louvre.

Sur le quai d'Orsay , n** 103 , aussi à dr. en descendant , est le Q firde - Meuhle de l'Etat (pi. R. 11 ; /) , avec un musée qui est public iesltttiSÎ^ dim. et fêtes de 10 h. à 4 h. Il est installé dans un bâtiment provisoire , comme presque tous les autres , au fond de la cour à g. Les visiteurs s'inscrivent à Tentrée. Il y a deux salles renfermant un choix de meubles des styles dits de Louis XIV, Louis XY et Louis XYI : lit, consoles, commodes, bureaux, secrétaires, sièges, tapisseries, bronzes divers, lustres, vases, etc., tous authentiques et d'une grande valeur artistique. Le mobilier national étant très riche, l'exposition pourrait varier beaucoup ; cependant on ne renouvelle guère que les tapisseries. Le dernier catalogue (1883; 1 fr.) comprend 200 numéros : jusqu'à 100 (il y a des lacunes), style Louis XIY; de 131 à 229, style Louis XY; de 280 à 409, style Louis XYI.

li^j^aU dît Two^adera) qui domine la rive dr. en face du Ohamp-de-Mars , est décrit p. 174. Pour le retour , v. p. 172.

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