De Paris à Chantilly, à Compiègne et à Pierrefonds
41, 53 et 17 kil. Chemin de fer du Jford (p. 17). Ju«qu'à Chantilly, en 45 à 55 min. par les trains directs , en 1 h. 5 à 1 h. 90 par les trains ordinaires. Prix: 5 fr. 05, 3 fr. 75, 2 fr. 80; aller et retour, 7fr. 50, 5 fr. 70>
4 fr. 75. — Jusqu'à Compiègne, en Ih. 20 et 2 h. 30. Prix : 10 fr. 90, 7 fr. 76,
5 fr. 65; aller et retour, 15 fr. 50, 11 fr. 65, 9 fr. 60. Il y a en été dea trains de plaisir à prix réduits. — De Compiègne à Fierrefonds, en 30 à 40 min. Prix: 2 fr. 05, 1 fr. 55, 1 fr. 15.
Ifota. Cette excursion prend une bonne journée, et encore n'est-il paa possible de tout voir, le çarc de Chantilly, le palais de Compiègne et le château de Pierrefonds n'étant ouverts qu à partir de midi. Us sont tous publics, ainsi que le musée de Compiègne, le dimanche et le jeudi. Chantilly est moins intéressant que Compiègne et Pierrefonds.
7 kil. Saint-Denis (p. 265). On laisse ensuite à g. les lignes d'Ënghien-Pontoise et de Montsoult-Beauvais -Amiens, etc. On passe entre les forts de la Briche et du Nord. — 11 kil. Pierrefitte^ Stains, Derrière Pierrefltte, à g., la biUte Pinçon, où les Allemands avaient un poste très important pendant le siège de Paris en ISTO-Tl, et qui est maintenant fortifiée. A dr., plus loin, le nouveau fort de Stains ou de Garges. — - 15 kil. Villiers-le^Bel-Gonesse. ViUiers-le- Bel, desservi par un tramway à vapeur (30 c.) est à 3 kil. à g., au pied de la colline d'Ecouen (1200 m. ; p. 270) et à 2 kil. de Sarcelles-St- Brice (p. 270). Oonesse (2935 hab.), à la même distance à dr. (omnibus, 30 c), a une ëglise remarquable des m® et xin® s. — 20 kih Ooussainville, — 24 kil. Louvres, — 30 kil. Survilliers. On entre ensuite dans la forêt de Coye. — 36 kil. Orry-Coye,
Puis un beau viaduc sur la vallée de la Thève, ayant 15 arches^ 330 ra. de long et 40 m. de haut On y découvre une belle vue. A dr., les étangs de Commette, sur le bord desquels s'élève une petite construction moderne du style gothique , dite le château de la Reine-Blanche, parce qu'il y eut effectivement à cet endroit un château habité par St Louis et la reine Blanche. — Passé ce viaduc, on est dans la forêt de Chantilly, qui touche à la précédente.
41 kil. Chantilly. — hôtels -. du Cygne et du Grand-Cerf^ à g. de réglise \ de la (?ar«. — Cafés : deParis^ au commencement de la rue d*Âumale>
284 Env, de Par. 21. CHANTILLY.
qui longe plus loin la pelouse ; d« Théâtre (restaur.), Grande-Rue, 67, près de rhôtel de ville. — Postb et téléobaphe, à Thôtel de ville, dans la rue latérale.
Chantilly est une petite ville de 3942 hab., surtout célèbre aux xvn* et xvin® s., comme rësidence des princes de Condé. Elle est ordinairement fort calme , mais le monde des boulevards de Paris y afflue lors des courses de cbevaux qui ont lieu ici en mai , septembre et octobre. Cbantilly a des établissements considérables pour l'élève et le dressage des chevaux pur sang, et il y a tout une colonie anglaise.
En sortant de la station, on se trouve en face de la forêt, par laquelle on pourra revenir quand on se sera orienté. A g., la ville, qui n'a rien de remarquable, et la pelouse, où se voient les tribunes, adossées à la forêt , à env. ^/^ d'b. du cbemin de fer. Un peu plus loin , du côté de la ville , les écuries des Condés , construction monumentale du XVIII® s. Elles peuvent loger 176 cbevaux. Le public est admis à les visiter le dim. et le jeudi de 2 b. à 4 h. ; l'entrée est de l'autre côté, à g. de l'hôtel du Cygne. V église, également derrière les écuries , à l'extrémité de la Grande-Rue , est du xvn® s. et n'a rien de remarquable: un modeste monument y renferme les cœurs des Condé. Une porte inachevée , attenant au manège des écuries, termine la rue.
Le château, plus bas à g. et séparé de la pelouse par des pièces d'eau, se compose de deux parties principales. La première, à g., est le château proprement dit, qui comprend le Châtelet, du xvi® s., tout au bord de l'eau, et un corps de bâtiment plus considérable situé derrière. Ce dernier, reconstruit eu grande partie depuis peu, sur les plans de Daumet, est un bel édifice dans le style de la renaissance, dominé par une petite chapelle avec une jolie flèche et présentant aux angles des tours rondes à toiture en dôme , etc.
L'autre partie du château, séparée de la précédente par une large rampe conduisant au parc, est le pavillon d'Enghien, un grand bâtiment sans caractère , construit au xvni® s. pour loger les hôtes des princes de Condé.
Le château, qui appartient maintenant à M. le due d'Aumale, héritier des Condé, renferme une riche bibliothèque et des collections artistiques, qu*on ne peut voir qu'avec une autorisauon spéciale. Nous citerons surtout, parmi les tableaux, une Vierge de Bapht^l^ un Songe de Vénus dMnfi. Carrachey des Poussin ^ un P. Delaroche^ l'Assassinat du duc de Guise \ des Decamps ; la Françoise de Bimlni et la Stratonice d.^ Ingres, etc.
Le parc est ouvert au public les dim. et jeudi de midi à 4 et 5 h. On y descend de la rampe par un escalier monumental. Les jardins de Chantilly, dessinés d'abord par le Nôtre, étaient célèbres comme ceux de Versailles, et il en subsiste toujours de belles parties: grande avenue ménageant une immense perspective, canal, jardin anglais , hameau , etc., avec des fontaines et des statues ^ mais tout cela n'est plus que l'ombre de la magnificence d'autrefois, du Chantilly où le Grand Condé donna à Louis XIV les fêtes célèbres dont parle Mme de Sévigné , lorsqu'elle raconte la mort de Vatel.
La forêt de Chantilly a env. 2450 hect. de superficie. Une
CREIL. Env, de Par. 21, 285
grande avenue, qui part de la pelouse non loin du château, la route du Connétable , à l'entrée de laquelle sont deux lions, y conduit en 1 h. aux étangs de Commelle, la plus belle partie (v. p. 283). Cette route sert pour l'entraînement de cbevaux de courses.
De la station de Chantilly part un embranchement qui passe à Senlia (13 min.) et va rejoindre la ligne de Soisaona à Crépy - tn 'YaloU,
Senlia (hôi. du Orand-Cerf), la «civitas Sylvanectensium» des Romains, sur la Nonetie, est une petite ville riante de 6SJ8 hab., dont le nom figure assez souvent dans Thistoire du moyen âge. On y admire une belle ^^caihédraU gothique^ eonstruite du xii® au xvi® s., avec un portail à basreliefs et à statues et deux tours carrées, dont Tune est surmontée d'une naagnifique flèche s'élevant à 78 m. du sol. Il y a encore plusieurs autres monuments remarquables, en particulier, Téglise de Tabbaye de St-Vincent^ de lidO. — Le pain d'ëpice de Senlis est très célèbre.
En quittant Chantilly, on traverse la vallée de la Nonettt sur un second viaduc, de 440 m. de long et 21 de haut, comptant 36 arches ; on y jouit également d'une assez belle vue. A g., un joli château moderne. Puis une tranchée, dans les carrières de St- Maximin, qui fournissent depuis le moyen âge une excellente pierre à bâtir. On franchit VOÎBe, sur les bords de laquelle se voit encore, à dr., le remblai que les Allemands ont fait pendant la guerre pour se construire un pont. A g., la ligne de Pontoise (p. 272) , l'usine et le village de Montataire (5801 hab.), dominé par une belle église des XII* et xni®s., et un château du xv®s.
^ 51 kil. Creil (buffet ^ hôt, de la Gare), ville de 7181 hab. et l'une des stations les plus importantes du chemin de fer du Nord sous le rapport de la circulation. C'est le point de raccordement de 5 lignes, deux venant de Paris, une du Tréport par Beauvais, une d'Angleterre par Calais , Boulogne et Amiens , et la nôtre , celle de Belgique et d'Allemagne par Compiègne. Il y passe ou il y arrive environ 80 trains de voyageurs par jour et autant de trains de marchandises. La localité même, dans un beau site sur l'Oise, oifre peu d'intérêt ; il faut cependant citer son e'glise, des xn*-xv* s., ses ruines de St^Evremont, église canoniale du xn®s., et sa grande manufacture de porcelaine opaque, dont dépendent les ruines. — Lignes de Beauvais, d'Amiens, etc., v. le Nord de la France, par Bœdeker.
On ionge ensuite l'Oise, en laissant à g. la ligne d'Amiens. — 55 kil. Eieux'Angieourt, — 62 kil. Pont-Ste-Maxence, petite ville de 2403 hab. , avec un beau pont sur la rivière. — 72 kil. Longueil-Ste- Marie, aussi sur la ligne de Verberie à Estrées-St-Denis (v. le Nord de la France). — 75 kil. Le Meux. Embranch. sur Crépyen- Valois. On aperçoit de loin, à dr., Compiègne, dominée par la tour de son église St-Jacques et son hôtel de ville.
84 kil. Compiègne. — hôtels -. de la Clochey à dr. de Thôtel de ville ; de Flandre^ près de la gare, à côté du pont \ de France^ à g. de Thôtel de ville. — Cafés : de la Cloche, place de THôtel-dc- Ville -, Jeanne-d'Arc, près de la gare, au commencement de la grand'rue. — Voitubb pour Pierrefonds (4 pers.), 12 à 30 fr.
Compiègne est une ville de 14008 hab., sur l'Oise, de tous temps le séjour favori des souverains de France, et à laquelle se
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rattaclient par conséquent bien des souvenirs historiques. Elle est connue aussi comme le lieu où Jeanne d'Arc fut faite prisonnière par les Bourguignons, en 1430.
La rue à dr. au sortir de la gare traverse l'Oise et conduit à Vhôtel de ville , du commencement du xvi^ s. , dont la belle façade, décorée de statues, est surmontée d'un beffroi de 47 m. de hauteur. La statue équestre en haut-relief qui est au milieu, représente Louis XII; «lie est moderne, comme les autres, dans des niches. A dr. de l'hôtel, une porte de la renaissance, de l'ancien arsenal. — Sur la place, une statue de Jeanne d'Arc érigée en 1880, bronze médiocre, par Leroux.
L'hôtel de ville renferme un petit musée, formé par l'architecte Yivenel et légué à la ville en 1843. Il est public les dim. et jeudi de 2 h. à 5 h. et ouvert aussi les autres jours aux étrangers moyennant pourboire. L'entrée est au fond de la cour, à dr.
Dans une petite pièee du bas, des seulptures^ surtout ua retable en pierre, de la renaissance. Nous montons de là au 1^' étage, et nous tournons à g., dans un petit vestibule où sont aussi quelques sculptures. Ensuite vient une longue salle renfermant des tableaux et des antiquités^, surtout de beaux vases peints, à figures noires. Parmi les tableaux, on remarquera particulièrement les suiv. : 46, Papetyy Un rêve de bonheur ; 5, JSoUmena^ portr. d'homme-, 47, Papety^ portr. de Vivenel; 13, Murillo^ Deux petits mendiants jouant aux boules; 28, L. Boulanoer, Mort de Bailly. — •Salle suivante: tableaux, sculptures, antiquités et une petite collection minéralogique. A dr. , à côté d'une Charité de Landelle^ quelques bons tableaux anciens, entre autres une Vierge de Panini et un sujet allégorique de J. Cousin (33). Là aussi, une statue de Job, par Kle^mann. A l'extrémité opposée, un portr. de Descartes, par Phil, de Cfiompaiçne. — De l'autre côté de l'escalier, deux autres salles renfermant de beaux meubles en chêne sculpté et des objets d'art de toute sorte, surtout, à dr. à l'extrémité, une Passion, retable en albâtre du xiv^s.; au-dessus et en face, 4 petits tableaux de WoMçemuth^ des scènes de la vie de J.-G. ; puis des faïences, des émaux, etc.
Un peu plus loin que l'hôtel de ville est l'église St^Ja^ques, du style ogival primitif, mais beaucoup défigurée au xv^ s. Il y a sur la façade, du xv® s., une tour avec un dôme de la renaissance, haute de 39 m. A l'intérieur, on remarque le revêtement du chœur, en marbre 4e couleur, et les boiseries , bien que d'un autre style que l'église.
L'église St-Antoine, au S.-O. de la ville ou à dr. en arrivant à St- Jacques, date du xii^ et duxvi^s. La partie la plus curieuse est le portail, du style flamboyant. Les fonts, à g., sont des xi®-xii®s.
Le PALAIS ou château de Compiègne, son édifice le plus considérable , mais non le plus beau , est situé un peu plus loin derrière St-Jacques. 11 a été construit sous Louis XV, par Gabriel. La façade du côté de la ville est précédée d'une double colonnade^ formant une galerie de 43 m. de long; elle rappelle celle du Palais - Royal , à Paris. Pour l'autre façade, v. p. 288.
Ce palais est ouvert au public les dim., mardi, jeudi et sam. et les jours de fête, de midi à 4 h., et visible aussi les autres jours pour les étrangers. Les pièces principales contiennent une sorte de musée, particulièrement des tableaux appartenant à la collection du Louvre. Il y a en outre des appartements réservés, qu'on peut voir en le de-
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mandant aux gardiens. Nous les mentionneions en dernier lieu. Au BEZ-DE-OHAussÉE, on ne vislteque le vestibule, renfermant un certain noml)re de sculptures de valeur secondaire et quelques petits tableaux.
Dans Vescalier d'honneur: un sareophage antique, en marbre blanc; deux amphores gallo-romaines et des tableaux, un Hercule au repos, de Véeole de Eibera ; le Mystère de la Passion, de Tinii ; un paysage de Turpin de Crissé, une marine de Oudin, etc.
PssHiBH ]ÊTAOB. — Solle des Gardes^ dont on remarquera la décoration originale (pilastres et consoles) : panoplies \ antiquités gallo-romaines provenant de fouilles faites dans la forêt; objets des temps mérovingiens.
Salle de g., par rapport à Ventrée, dite salle des Huissiers: copies de peintures û^Ovdry et de Desportes ^ etc. Une galerie en retour d'équerre du côté de la cour, toute garnie de gravure, conduit à une petite salle où sont des tapisseries reproduisant des scènes de chasse.
De l'autre côté de la salle des Gardes, une petite salle décorée de tapisseries d'après les Chambres de Raphaël. On voit à côté, d'une tribune, la modeste chapelle du palais. A dr. dans cette tribune, une Ste Famille attribuée à Léon, de Vinci et Jésus chez Simon le Pharisien, par Paul Véronèse. — Ensuite un vestibule, où sont deux tableaux en grisaille : 164, la Revue nocturne, par Dietz, d'après l'ode de Zedlitz; 64, la Revue des ombres, par y. Oiratid, d'après Raffet.
Galerie des Fêtes. Cette vaste salle est assez richement décorée dans le style du premier empire. Les peintures de la voûte sont de Girodet. A l'entrée, une statue de Lœtitia, mère de Ifapoléon I®', et à l'extrémité celle de Napoléon lui-même, toutes deux par Canota. Au milieu, deux grands vases de Sèvres. Au mur en face des fenêtres, des tableaux : 142, Ann. Carraehe, portr. d'homme; 160, Alex. Véronèse (Turchi), Mariage mystique de Ste Catherine; 148, L. Giordano, Présentation de J.-C. au temple; 173, Rtibens, portr. d'un jeune homme; 55, Gros y portr. équestre du général Bonaparte ; 180, école flamande. Mariage de la Viei^e ; 171, Matsys, David et Bethsabée; etc.
Puis une salle avec d'autres tableaux sans importance. A g., un cabinet contenant des estampes qui représentent des fêtes officielles et diverses cérémonies, et encore deux salles avec des tableaux, des scènes de la vie de don Quichotte, par Ch. Coppel; 104, Une scène de la St- Barthélemy, par Robert-Fleury, etc.
On revient encore sur ses pas. Salle à dr. au sortir de la galerie des Fêtes, aussi des scènes de la vie de don Quichotte, par Notoire. — Petites aalles donnant sur la cour d'honneur, à la suite de la galerie des Fêtes: aquarelles de Viollet-le-Duc (salles des Tuileries), etc.; tapisseries dont les sujets sont tirés de la vie d'Esther, etc.
Appartements réservés (v. ci-dessus). — Grands apparUments, du côté du parc. — l'c salle : meubles et tapisseries de Beauvais, une tapisserie des Gobelins; grisailles par Sauva|;e. — 2® salle, salle à manger: vases de Sèvres, gobelins. — Chambre a coucher: surtout un vase de Sèvres sur pivot, où est représenté le mariage du doge de Venise avec l'Adriatique. — Appartements de V Empereur. — Petite salle à manger: deux Faunes en noyer servant de candélabres ; grisailles de Sauvage. — Salon des Aidesde-camp: meubles de Beauvais, vases de Sèvres. — Salon de famille: ameublement du même genre; deux beaux candélabres en bronze doré.
— Salle du conseil: meubles dans le style Louis XV; table en mosaïque de Florence; tapisseries des Gobelins, le Printemps, l'Eté et l'Automne.
— Chambre à coAcher, avec plafond par Girodet: la Guerre, la Justice, la Force, l'Eloquence. — Bibliothèque: plafond par le même, Minerve, Apollon et Mercure. — Appartements de V Impératrice. — Salon de musique : ameublement Louis XVI; gobelins. — Chambre à coucher: plafond par Girodet, l'Aurore; panneaux par le même, les Saisons. — Boudoir: vase de Sèvres sur un support en marbre noir orné de camées. — Salon des Fleurs, ainsi nommé d'après ses panneaux, par Dubois j magnifique meuble en palissandre. — Salon de ^pos, plafonds de Girodet, le Départ d'un guerrier, le Combat, la Victoire et le Retour.
!288 Env, de Par. 21. PIERREFONDS.
Le paré est aussi ouvert au public. On y va, au sortir du palais, en prenant à g. jusqu'à la grille d'entrée. La façade du palais de ee côté, longue de 193 m., est précédée d'une terrasse d'où Ton jouit d'une belle vue, grâce à une avenue de plus de 6 kil. de long dans le parc et la forêt. Il y a sur la terrasse et ailleurs des statues originales et des copies d'après l'antique , en marbre et en bronze. A g. de la rampe qui descend au parc est un berceau en fer, de 1400 m. de long , conduisant à la forêt ; il a été construit pour l'impératrice Marie-Louise, afin de lui rappeler sa treille de Schœnbrunn.
La forêt a 14 509 hectares de superficie et plus de 94 kil. de tour ; elle est sillonnée par 354 routes. Il y a partout des poteaux indicateurs et, comme dans la forêt de Fontainebleau, des marques rouges donnant la direction de la ville. On peut y faire bien des excursions intéressantes , mais on devra visiter avant tout Pierrefonds, situé à l'extrémité S.-E.
De Gompiègne. à St-Qttentinj etc.; à Amienê^ à Clermont et Be€utvai»^ à Crépy-en- Valois y a Soisions^ à Villers-Cottertts j v. le Nord d« la Fra»eey par Bœdeker.
La ligne de Pierrefonds , qui fait partie de celle de Villers- Cotterets, se confond d'abord avec celle de Soissons. Elle francMt rOise en amont de la ville et traverse la forêt au N. et au N.-E. A dr. sont le mont du Tremble et les Beaux •Mon.ts, des buts de promenade de Compiègne. — 7 kil. Rethondes. On quitte la ligne de Soissons. A g., le mont St-Marc, qui offre les plus beaux points de vue de la forêt : on y monte de la station suivante. — 11 kil. Vieux- Moulin. A env. 2 kil. à l'O. sont les ruines peu considérables de St'Corneille, un anc. prieuré du xii^ s. Le chemin de fer passe plus loin, à g., près de St-Fierre-en-ChOAtre, hameau à 4 kil. de Pierrefonds, où se voient aussi des ruines, d'une église du xnr* s. Les Romains y ont eu un camp, de là une partie de son nom «en Ghastre» (in Castra). On traverse ensuite le chemin de Compiègne et on passe dans une profonde tranchée, à l'extrémité d'une coUine. A g., en arrivant, l'imposant château de Pierrefonds et le lac, au delà duquel est l'établissement de bains.
Le chemin de Compiègne à Pierrtfondi (14 kil.) prend à g. à reztrémité de la grandir ue et traverse la foret à peu près en ligne droite. Il nasse à env. 1200 m. de SC-Oorneille (▼. ei-dessns) , au coude qu'il fait près de la faisanderie, à moins de 2 kil. de la rille. •
Pierrefonds. — hôtels : des Bains^ à rétablissement, ouvert seulement en été!; ^^' Etrangers y en face du château, près de la gare et du lac. — CxFé-RESTAURAîiT cu foce du lac: déj., 2fr. 50; dîn., 3fr.
Pierrefonds est un bourg d'env. 1900 hab., au bord d'un petit lac, avec une source d'eau minérale^ sulfurée calcique froide, dans le genre de celle d'Enghien , et surtout célèbre par son magnifique château.
Le *CHATEAu, bâti à partir de 1390, par Louis d'Orléans, frère de Charles YI, était un des plus forts et des plus remarquables de cette époque. Il fut assiégé quatre fois par les troupes royales et démantelé en 1617. Vendu sous la Révolution, il a été acheté pour l'Etat par Napoléon I®' et parfaitement restauré dans ces derniers temps
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PIERREFONDS. Env, de Par, 21, 289
par Viollet^le-Duc C'est un édifice imposant, sur une éminence escarpée au-dessus du yillage. Huit grosses tours rondes à mÂchicoulis, de 35 m. de hauteur , et dont les murs ont jusqu'à 5 et 6 m. d'épaisseur, s'élèvent aux angles et au milieu de chaque face. L'entrée est au S. On monte pour y arriver la rue à g. de l'hôtel de ville, près des bains. Il est visible tous les jours , en principe de midi à 4 h., mais les voyageurs arrivant plus tard par le chemin de fer y sont encore reçus. Si l'on est pressé , monter jusqu'à la 2^ porte à g. Par la première, où est l'écriteau, on volt mieux l'extérieur du château, mais on fait un assez long détour : on reviendrait alors de ce côté. Il y a deux ponts fixes et un pont-levis à traverser, à g. des deux plus grosses tours. Le gardien , qui conduit les visiteurs, demeure à g. dans la cour.
Il serait trop long d'entrer dans les détails sur le plan de ce château, modèle de forteresse de la fin du régime féodal , dont l'artillerie devait seule avoir raison. Ses boulevards et ses ouvrages extérieurs ne sont pas encore tous rétablis. Il y avait en particulier devant l'entrée une esplanade entourée de fossés et de murs , et où Ton ne pénétrait aussi que par un pont-levis. Mais le visiteur a besoin de quelques explications sur l'ensemble des bâtiments.
En arrivant dans la cour , où l'on peut se promener librement, on a à dr. le donjon, la partie principale et la demeure du châtelain, pourvu de ses propres défenses et qui pouvait s'isoler du reste. Il comprend à l'extérieur les deux tours principales, flanquées de leurs gtuttes, d'où l'on surveillait toute la contrée, et à l'intérieur une tour carrée qui en protège l'entrée. Le rez-de-chaussée du long bâtiment de g. était la salle des gardes ; on n'y entrait que par la porte à côté du corps de garde , où demeure le gardien , et il était isolé des défenses, où les hommes d'armes, des mercenaires appelés accidentellement à la défense, ne devaient aller que sous la conduite de leurs chefs. Ceux - ci étaient logés dans le bâtiment du fond. Celui de g. a encore deux étages de sous-sols destinés aux gardes, ayant vue du côté du bourg. Au-dessus du rez-de-chaussée est la grand' salle , où le châtelain rendait la justice , donnait des fêtes, tenait des assemblées et réunissait au besoin les capitaines de la garnison. Elle communique pour cette raison avec le donjon par des galeries aboutissant à chaque extrémité et avec les défenses par des escaliers dans les tours voisines, etc. Devant le perron du bâtiment du fond est la statue du fondateur du château, bronze moderne par Frémiet. A dr. du bâtiment se voit l'entrée de la chapelle, du style gothique. Elle a un beau portail surmonté d'une rose*, et l'on remarquera particulièrement la disposition intérieure. Elle est en partie dans une tour et il y a au-dessus de l'emplacement de l'autel une tribune sur une voûte très élevée: des hommes d'armes s'y tenaient pour faire le guet tout en assistant aux offices. Sur les côtés de la nef sont d'autres tribunes , celle du châtelain à dr. en venant du donjon. Enfin entre la chapelle et le donjon se trouve une petite
Bœdeker. Paris , 7^ édit. 19
290 Env. de Par. 2L MORIENVAL.
cour , sans autre communication avec tout le château que par une poterne que fermait une herse , et avec le dehors que par une poterne à 10 m. du pied de la muraille, par où l'on hissait les provisions. On remarquera encore que les courtines ont deux chemins de ronde, le premier à mâchicoulis, créneaux et meurtrières , le second , au-dessus , seulement à créneaux et meurtrières. Les tours ont deux étages du même genre , plus un parapet crénelé autour des combles.
Le gardien eondnit d'abord les visiteurs dans le dat^im^ qui est décoré dans le style de Tépoque, et dont on remarquera en particulier les cheminées monumentales. Au i^^ étage, une grande salle de réception, le cabinet et la chambre du seigneur. On a rétabli dans cette dernière la ruelle du lit, où des gardes se tenaient la nuit. Au 2® étage, la salle des ebevaliers de la Table ronde, une belle salle voûtée. — Les personnes ni le désirent montent d'ici au sommet de la guette ou tourelle voisine Je l'entrée du château. Il y a encore 180 marches. Au-dessus de la salle précédente était l'arsenal. La vue du sommet est très étendue, mais un peu uniforme.
Ensuite on visite la grand* êolle ^ au-dessus de celle des gardes. Elle a 63 m. de long sur 9 m. 60 de large. Il y a une tribune au-dessus du vestibule. Au fond, l'estrade du seigneur, devant une double cheminée décorée des statues des 9 «preuses* des romans du moyen âge. Cette salle s'appelle aussi la salle d'armes, parce qu'elle a renfermé une collection d'armes, aujourd'hui au musée d artillerie de Paris. La salle des gardes n'est pas encore décorée, non plus que les autres, qu'on ne visite pas.
Vétablisêement des bains, qui est peu considérable, est au bord du lac du côté du château. Il a un petit parc ouvert au public. A rentrée est Thôtel des bains , avec un restaurant et un casino. Les bains sont derrière et la source plus loin, à l'extrémité du lac.
V église, à deux nefs , est du style gothique, des xn® et xv^ s., avec une belle tour du xti^ s. A côté sont les restes d'un prieuré.
La première stat. du chemin de fer dans la direction de Villers- Gotterets dessert Kerienval (6 kil.), yillage qui a une église remarquable surtout par ses trois tours romanes, à la façade et au transept.
8 kil. plus loin, à l'O., se trouve OhampUen, hameau ou l'on visite les ruines d'une égliêe du zii® s., d'un théâtre et d'un temple, les restes d'un camp romain^ etc.
TABLE DES PEmCIPAUX AETI8TES