‹ Paris et ses environs; manuel du voyageurChapitre 47 sur 100 · II. Des Halles Centrales aux Arts et Métiers et à la place · texte numérisé non relu

II. Des Halles Centrales aux Arts et Métiers et à la place

de la République.

La rue de Turbigo (pl. R. 21 ; 111) , grande et belle rue neuve qui part de l'extrémité de la rue Montmartre, conduit directement à la place de la République, à près de 1200 m. des Halles. Elle traverse à 200 m. un tronçon de la rue Etienne-Marcel, où l'on aperçoit la tour de Jean-sans-Peur. C'est une tour à créneaux avec baies en ogive. Elle faisait jadis partie de l'hôtel de Bourgogne, où les Confrères de la Passion eurent leur théâtre à partir de 1548 et où furent d'abord représentés le Cid de Corneille , Andromaque et Phèdre de Racine. A l'intérieur est un bel escalier à vis. Pour la visiter , s'adresser, sur le derrière, au n° 23 de la rue Tiquetonne.

Plus loin, la rue de Turbigo croise le boulevard de Sébastopol, que nous remontons à g. Au bout d'une rue latérale à dr., l'église St-JSicolas-des- Champs, dont il sera reparlé p. 165. Ensuite, aussi à dr. du boulevard , le joli square des Arts -et- Métiers , devant le Conservatoire du même nom. Il est décoré d'une colonne avec une Victoire en bronze d'après Crauk, en mémoire de la campagne de Crimée. De chaque côté sont de petits bassins avec des figures en bronze : l'Agriculture et l'Industrie , par Qumery ; le Commerce et les Arts, par Ottin. A côté du square, le the'âtre de la Gaffe (p. 30).

Le «Conservatoire des Arts et Métiers (pl. R. 24 ; 111) est un établissement de la plus haute importance, comme musée industriel

160 Rive dr. 5.

PARIS

Arts et Métiers

et par V enseignement qui s'y rattache, créé en 1794 par la Convention. L'idée en remonte, dit-on, à Descartes (1596-1650) et elle fut mise en pratique dès 1775 par le célèbre mécanicien Vaucanson, qui légua en 1783 à l'Etat, pour l'instruction de la classe ouvrière, sa collection de machines, instruments et outils.

Le Conservatoire est établi depuis 1799 dans l'anc. prieure' de St-Martin-des- Champs, de Tordre de Cluny, qui remplaça en 1060 une abbaye bien plus ancienne et subsista jusqu'en 1789. Les bâtiments en ont été restaurés ou reconstruits et complétés depuis 1845, mais ils ne sont pas encore tout à fait dégagés. Les parties les plus intéressantes d'autrefois sont l'anc. église et l'anc. réfectoire. Il subsiste bien une petite partie de l'enceinte fortifiée du prieuré, au N., mais il n'est guère possible de la voir. Elle est du xu e s. ; une tour qui en faisait partie a été reconstruite à g. de la façade sur la rue St-Martin. L'ancien réfectoire, à dr. dans la cour d'honneur, est un beau vaisseau à deux nefs, du xm e s., attribué à Pierre de Montereau , l'architecte de la Sainte-Chapelle (p. 209). Il renferme la bibliothèque, et on ne le visite que le lundi, mais la bibliothèque, qui compte plus de 40000 vol., est publique le dim. de 10 h. à 3 h. et dans la sem., excepté les lundis et fêtes, de 10 h. à 3 h. et de 7 h. V2 à 10 h. du soir. L'ancienne église, un peu au delà, mais qui n'est pas ouverte de ce côté , est une construction remarquable des xi e -xm e s., qu'on verra mieux de l'intérieur (p. 161). Devant la façade est le monument de Boussingault (1802-1887), le chimiste et agronome, un buste dont le socle est précédé de statues de la Science et un Agriculteur, bronzes par Dalou.

L'avant-corps avec perron où est l'entrée du musée, dans la cour d'honneur, est une addition moderne d'aspect monumental , mais d'une conception singulière, le visiteur étant obligé d'y monter 22 degrés et d'en redescendre 24 pour avoir accès au rez-de-chaussée. Sur les côtés, à dr., la statue de Papin (1647-1714?), l'inventeur de la machine à vapeur; à g., la statue de Nie. Leblanc (1742-1806), qui le premier sut extraire du sel marin la soude, si importante dans la chimie industrielle, bronzes par Millet et Hiolle.

Le *musée est public les dimanche , mardi et jeudi , de 10 h. à 4 h., et visible aussi les autres jours avec une autorisation qu'on obtient facilement, en se présentant à l'administration. Vestiaire gratuit et obligatoire seulement pour les paquets.

Les collections, qui comptent plus de 12000 numéros, sont divisées en 24 catégories , désignées par des lettres majuscules , et ces catégories comprennent chacune un nombre plus ou moins grand de subdivisions, pour lesquelles on a employé des lettres minuscules. La partie concernant la physique (P), plus développée que les autres, a 10 sous- catégories, désignées par une seconde majuscule (PA, PB, etc.), et des subdivisions comme les autres. Il y a partout des étiquettes explicatives, qui nous dispensent d'entrer dans les détails. Le plan permettra de s'orienter facilement, et nous donnons ci-

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