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Quartiers du Temple et du Marais

Archives et Imprimerie Nationales. Musée Carnavalet.

Place des Vosges.

Pour visiter eu même temps les Archives, l'Imprimerie Nationale et le musée Carnavalet, on devra choisir un jeudi et se munir d'autorisations, conformément aux indications ci-dessous. Un dimanche, on pourrait voir, sans autorisation, le musée Carnavalet et les Archives, le musée d'abord, parce qu'il ouvre plus tôt. — Déjeuner place de la Bastille (v. p. 10 et 12).

Le quartier du Temple (pl. R. 23-24, 26-27; III), a dû son nom à la principale maison des templiers en France, dont il subsista un reste important jusqu'en 1811, la tour du Temple, prison de la famille royale en 1792 et 1793. On s'y rend surtout du centre de la ville par la rue de Turbigo (p. 159), la rue Réauinur (p. 165) ou les boulevards et la place de la République (p. 69-66). — L'emplacement du Temple est maintenant occupé par un square et un marché.

Le square du Temple est décoré de cinq statues en bronze : la statue de Be'ranger, le poète-chansonnier (1780- 1857), par Doublemard ; le Rétiaire, par Noël ; Cet âge est sans pitié, par Schœnewerk ; le Harponneur, par Fél. Richard, et Diogène, par Marioton. Derrière le square est la belle mairie du III e arrondissement (Temple).

Le marché du Temple, jadis important et pittoresque par ses boutiques de fripiers, a été reconstruit de 1863 à 1866 et ne sert plus qu'en partie au traûc des vêtements, surtout de la confection pour femmes. Le Carreau, la Bourse des brocanteurs et marchands de vieux habits, dits «chiueurs», est à l'étage snpérieur. Il est ouvert de 9 h. à midi, et l'on y monte du côté du square (5 c. d'entrée).

En deçà du marché, presque en face, se voit Veglise Ste-Elisabelh, du xvn e s., mais agrandie eu 1826. Dans une chapelle à g. de

Archives Nationales. PARIS. Rive dr. 8. 201

l'entrée, des peintures murales par Biennourry, Hesse, Roger et Lafon. La demi-coupole du chœur est décorée d'une Apothéose de Ste Elisabeth, par Alaux. Les fonts en marbre blanc, à dr. de l'entrée, sont de 1654. Il y a aussi des peintures dans le pourtour du chœur , mais surtout de belles boiseries du xvi e s., une centaine de panneaux sculptés, provenant d'une église d'Arras. Les sujets, tirés de la Bible, sont malheureusement petits et très mal éclairés.

La rue du Temple descend du square vers l'hôtel de ville; nous la suivons jusqu'à la grande rue de Rambuteau (10 min.), qui vient des Halles Centrales, à dr., et nous conduit à g. aux

Archives Nationales (pl. R. 23 ; / / / ) . C'est l'anc. hôtel de Soubise, qui occupe l'emplacement de l'hôtel du connétable de Clisson, bâti en 1371 , et dont il reste encore, dans la rue des Archives, à g. de la façade, une belle porte flanquée de tourelles. 11 avait ensuite appartenu, jusqu'en 1696, à la puissante famille de Guise. Il se compose surtout des bâtiments construits au commencement du xvin e s., par G. Boffrand, pour François de Rohan , prince de Soubise, et d'autres réédifiés ou ajoutés au xix e s. La cour d'honneur, sur la rue des Francs-Bourgeois, est entourée d'une colonnade du style corinthien, par Lamer, aboutissant à une façade avec fronton sculpté par Rob. Lelorrain. Plusieurs salles sont aussi fort remarquables parleur décoration, maintenant la plus belle du style Louis XV à Paris.

Les archives sont réunies ici depuis 1808. Il y a 4 sections: secrétariat, section historique, section administrative, section législative et judiciaire. On est admis à y travailler tous les jours non fériés, de 10 h. à 3 h., après en avoir fait la demande au bureau des renseignements. Les pièces les plus curieuses du dépôt ont été réunies pour former un musée, mais il y en a qui n'y sont représentées que par des fac-similés.

Le minée des Archives, ou musée paléographique, est public le dim., de midi à 3 h., et visible aussi le jeudi avec la permission du directeur général. Il y a des étiquettes et un catalogue (1 fr.), avec détails intéressants sur rhô tel. Les salles ne sont pas chauffées en hiver. Pas de vestiaire.

Rez-de-chaussée. — l re salle, sceaux, répartis, en 1898, dans 64 vitrines, numérotées de g. à dr., en faisant le tour, puis en revenant sur ses pas dans les rangées du milieu: 1-5. sceaux royaux-, 6, des enfants de France; 7-9, des grands dignitaires; 10-17, des grands feudataires; 18-35, des seigneurs; 36 (en face du mur du fond), des bourgeois; 37, des paysans; 38-41. des cours et tribunaux; 42, des offices; 43-44, des villes; 45, des métiers et professions; 46-64, ecclésiastiques. — II e salle, documents les plus anciens y de Tan 627 jusqu'en 1641. Il y en a cependant quelques-uns de la même catégorie au 1 er étage (v. ci-dessous). Il y a ici 60 vitrines, numérotées dans le même ordre que les précédentes: 1-2, Mérovingiens; 3-9, «Carolingiens» (monogramme de Gharlemagne au n°34); 9-60, Capétiens. Outre leur importance historique, quantité de documents sont remarquables par leur écriture et même des dessins et des miniatures: vitr. 16, rouleau funéraire du bienheureux Vital, abbé de Savigny, avec des vers latins attribués à Héloïse (1122-23): 17, testament de Tabbé Suger (1137), remarquable par l'écriture; 30, n°383, Charles V; 33, n° 401. le même; 35, num. 411 et 422, un duc et une duchesse de Berry (1389, 1402); 39, n°447, prétendue figure de Jeanne d'Arc; 55, l'édit de Nantes (1598), etc.

III e salle , suite des sceaux, reproductions des plus remarquables des Archives, sceaux de provinces, de communes, de souverains, de prince*

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PARIS. Archives Nationales.

et de seigneurs étrangers, ete. marques de papier timbré, coins monétaires. Tableau dit des Jésuites, sans valeur eomme peinture, mais fort singulier et devenu historique. Il fut saisi dans une église des jésuites et servit comme pièce de eonviction lors de la suppression de Tordre, en 1762. Il représente le vaisseau de l'Eglise («Typus religionis») voguant vers le port du salut, entouré d'embarcations qui lni amènent des fidèles et d'autres où sont des ennemis qui l'attaquent, etc.

IV e salle , traités et documenté étrangers, 69 vitrines : 1-14, principaux traités d'alliance et de paix, depuis l'alliance de Richard Cœur-de-Lion avec Philippe Auguste (119.')) jusqu'aux conventions d'Erfurt (1806); 15-17, Grande-Bretagne. Cette salle, un aneien salon, décorée, eomme les autres pièces, d'après G. Boffrand, a de beaux lambris en bois et, dans le haut, des hauts-reliefs par Lamb.-Sigisb. Adam et J.-B. Lemoine.

V« salle, suite des documents étrangers: 18-22, Belgique; 23. 24, Pays- Bas; 25-28, Allemagne: 29, Suède; 30, Danemark; 31, 32, Norvège; 33-36, Autriche-Hongrie; 37-43, Espagne; 44 , 45, Portugal; 46-48, Italie; 49-57, St-Siège; 58 , 59, Russie; 00-63, Orient latin; 64-68, Etats africains et asiatiques; 69, Etats-Unis d'Amérique.

Prbmibr Étage. — L'escalier est moderne, avec plafond par Jobbé- Duval. On y voit aussi des bustes de conservateurs des archives et un exemplaire du plan de Paris dit de Turgot (1734-1739). — 1™ salle, au bout d'un corridor dans une partie de l'hôtel qui est à restaurer, *ancienne chambre de la princesse de Soubise, décorée de lambris à bas-reliefs (sujets mythologiques) et de peintures, avec une balustrade dorée (refaite), là où était le lit, mais où il manque encore les deux cheminées primitives. Les deux pastorales du fond et eelle de dr., ainsi que le dessus de porte de g., sont de /V. Boucher, les autres peintures, de Trémolières. — Vitrines 61 a 65, derrière la balustrade, documents anciens de dimensions exceptionnelles et particulièrement remarquables (miniatures) ; 66 à 75, au milieu, des xvn e et xvm e s., en particulier le traité des Pyrénées (66, n° 852), la déclaration du clergé de France en 1682 et la révocation de l'édit de Nantes (69, num. 879 et 887); lettres de célébrités de l'époque.

2 e salle, *salon, non moins richement décoré, surtout remarquable par les 8 cartouches et les ornements de son plafond. Les cartouches, peints à partir de 1737 par Ch. Notoire, dont ils sont l'œuvre principale, ont pour sujets les aventures de Psyché. — Vitrines 78 à 83, de dr. à g., documents de la fin du xriir* s.: serment du Jeu de paume (79), pièces concernant la Bastille (81), déclaration des droits de l'homme (82), constitutions de 1791, de 1793, de l'an m et de l'an vin (83); 84-86, au fond, pièces concernant Marie - Antoinette , testament de Louis XVI et dernière lettre de la reine (?), non signée; journal, discours, lettre de Louis XVI, ete. Devant la eheminée, la table sur laquelle Robespierre blessé fut déposé au Comité du Salut public, aux Tuileries.

3 e salle, suite des documents des règnes de Louis XV et de Louis XVI, vitrines 87 (à g.) à 116, de 1715 à 1792, plus 8 dessus de portes et tableaux par Boucher (à l'entrée et au fond à dr.), Trémolières, Hestout et C. van Léo.

4 e salle, autres documents de la fin du xvui 9 s. et du X/Jt* s., jusqu'en 1815, vitrines 117 à 152, et 4 dessus de portes et tableaux par Boucher (à dr.), Restout et 0. van Loo.

L'école des Chartes, auparavant à côté des Archives, a été transférée en 1897 à la Sorbonne (p. 225).

Le palais des Archives est dans le vieux quartier du Marais, qui commence à la rue du Temple et s'étend jusqu'aux grands boulevards et aux rues de Rivoli et St-Antoine. Ce fut jadis un quartier distingué, et il y a encore d'autres anciens hôtels remarquables, mais dégradés et occupés surtout par le commerce et l'industrie.

En face de l'école, le Mont-de-Pie'te', qui a le privilège des prêts sur gages au profit de l'Assistance publique. Les prêts ne se font pas pour moins de 15 jours, mais on est libre de retirer son gage avant

Imprimerie Nationale. PARIS.

le terme. Ils sont des 4 / 5 de la valeur pour les objets en or et en argent et */ 3 pour les autres. Ils ne peuvent pas dépasser 10000 francs à rétablissement central ni 500 fr. aux succursales. L'intérêt et les droits à payer s'élèvent malheureusement à 7%, avec minimum de

I fr. Les objets qui n'ont pas été retirés ou dont la «reconnaissance» n'est pas renouvelée, sont vendus au bout de 14 mois, et l'excédant sur le prix d'estimation réservé à qui de droit pendant trois ans. Le Mont-de-Piété a déjà fait pour plus de 56 millions de prêts par an, sur env. 2250000 articles, et ses ventes produisent 4 millions.

II fait même des prêts sur titres, jusqu'à 500 fr.

A côté du Mont-de-Piété, qui a remplacé un anc. couvent, Notre- Dame-des-Blancs- Manteaux, l'église insignifiante de ce couvent.

Plus loin dans la rue des Francs-Bourgeois, au coin de la rue Vieille-du-Temple , une tourelle goth. avec des arcatures et une fenêtre grillée, peut-être un reste de Yhôtel Barbette, d'où Louis I er d'Orléans, frère de Charles VI, sortait lorsqu'il fut assassiné par ordre de Jean sans Peur, en 1407.

Un peu plus haut à g., dans la rue Vieille-du-Temple, se trouve l'Imprimerie Nationale (pl. R. 23; III), dans l'ancien hôtel de Strasbourg ou du fameux cardinal de Rohan (1734-1803). Dans la cour, une statue de Gutenberg, en bronze d'après David d'Angers. — L'imprimerie est visible gratuitement le jeudi, à 2 h. précises, avec un billet du directeur. La visite dure 1 h. à 1 h. «/,. L'établissement, qui occupe env. 1200 ouvriers des deux sexes, est particulièrement riche en caractères orientaux. Il imprime surtout les actes et les documents officiels, les livres publiés aux frais du gouvernement, des cartes géologiques et des cartes à jouer, les figures et l'as de trèfle, dont l'Etat se réserve le monopole.

On visite d'abord le 1 er étage, les ateliers de composition et de fonte des caractères ; puis le rez-de-chaussée, qui comprend le clichage, la galvanoplastie, le glaçage du papier, l'impression, la lithographie, la réserve, le séchoir, le satinage, et enfin le 2 e étage, occupé par les ateliers de femmes, c. -à-d. ceux de réglure, de pliage, de brochure et de reliure.

Près de l'imprimerie, au N., dans la rue Chariot, St- Jean- St- François, une anc. chap. des capucins, du xvii e s. , qui n'a rien de remarquable comme édifice, mais renferme quantité de tableaux, malheureusement fort mal éclairés, surtout un St Louis visitant les pestiférés par Ary Schefl'er, le 1 er à g. dans la nef. Il y a aussi huit tapisseries, relatives à un «miracle de la Ste-Hostie», à Paris, en 1390. Au chœur, une statue de St François d'Assise, par G. Pilon, et une de St Denis, par J. Sarraiin.

Plus bas dans la rue Vieille-du-Temple, de l'autre côté de la rue des Francs-Bourgeois, n° 47, se voit encore un ancien hôtel remarquable, Yhôtel de Hollande, qui fut occupé par l'ambassade de Hollande sous Louis XIV. Il est du xvn e s. , avec une porte ornée de belles sculptures (têtes de Méduse) et qui a sur la cour un grand bas-relief par Regnaudin , Romulus et Rémus allaités par la louve.

La rue des Francs-Bourgeois passe ensuite, à dr., devant l'anc. hôtel Lamoignon , dont la fondation remonte au xvi e s. Un peu plus loin, à g., dans la rue Sévigné, le musée Carnavalet.

204 Rive dr. 8. PARIS. Musée Carnavalet.

Le *musée Carnavalet ou mutée historique delà Ville (pl. R. 26 j V ) est une collection considérable de monuments et d'objets divers relatifs à l'histoire de Paris et de la Révolution. Le nom de Carnavalet est celui de l'hôtel où ils sont établis, appelé lui-même ainsi du nom d'une dame de Kernevalec, à laquelle il appartint d'abord. Cet hôtel, acquis, restauré et agrandi par la ville, date des xvi e et xvn e s. ; il a été commencé sur les plans de Lescot et de Ballant, continué par du Cerceau et achevé par Fr. Manaart. Mme de Sévigné l'a habité pendant 18 ans (1677-1696). Les sculptures de la façade et celles du bâtiment au fond de la cour, les Saisons, sont attribuées à Jean Goujon. Les 8 autres statues de la cour , les Eléments et des Divinités mythologiques, sont de moindre valeur, les dernières même mauvaises. Au milieu, une belle statue de Louis XI V, en bronze par Ant. Coyzevox, de l'ancien hôtel de ville.

Le musée, agrandi des salles occupées auparavant par la bibliothèque de la Ville (v. ci-dessous) , mais non encore rouvert aux visiteurs, était publie les dim. et jeudi de 11 h. à 4 h. et doit l'être maintenant tous les jours. Les détails ci-dessous ne sont conservés qu'à titre d'indications. Il y a partout des étiquettes. Vestiare obligatoire, mais gratuit.

Rez-de -chaussée, Aile de droite, dont l'entrée est sous la porte enchère, les antiquités y dans 9 petites salles. D'abord des fossiles et des monuments de l'âge de pierre. Puis des pierres provenant de construetions romaines, des arènes de Lutèce (p. 255). Salles suivantes : matériaux de construction, sarcophages, un certain nombre faits de débris de monuments et l'un d'eux avec un squelette; sculptures, meules romaines, ete.

Sous-sol, ouvert seulement en été et où Ton descend de l'avant -dernière salle de l'aile dr. : suite des sarcophages et, dans un caveau, des moulages de squelettes découverts dans les arènes.

Rez-de-chaussée (suite). Bâtiment principal, à g. en venant des salles précédentes, encore des antiquités, dans 4 salles -. fragments d'édifices galloromains, cheminée du xvi e s. ; poteries, verres, armes en bronze, médailles et autres objets trouvés dans des fouilles, les premiers de l'époque galloromaine, les autres de l'époque mérovingienne et du moyen âge; inscriptions funéraires et monumentales.

Le jardin est entouré de constructions qui n'ont pas fait partie de l'hôtel Carnavalet. Au milieu à g., une porte dite l'arc de Nazareth, de l'anc. rue de ce nom dans la Cité, avec sculptures par J. Goujon et une belle grille moderne. En face, du côté dr. , un pavillon du temps de Louis XIV. Au fond, la belle façade de la maison des Drapiers, du xvii« par J. Bruant. Dans les galeries, des fragments d'édifices du moyen âge, de la renaissance et des xvii e -xvm e s. Sous le pavillon de dr. , une voussure et une statue équestre en haut-relief de Henri IV (brome, par Lemaire, 1838), de l'anc. hôtel de ville. Sur les eôtés, des statues de la Sécurité publique et de l'Espérance par Fr. Anguicr. En face et plus loin, 10 statues d'apôtres de l'école de G. Pilon, du château d'Anet.

Salles du pond, souvenirs de Paris. La l re , à dr., contient un modèle en relief du Palais-Royal en 1843, des peintures, des estampes, des médaillons de contemporains d'après David d'Angers, un modèle d'anc. diligence, etc. — Dans la 2 e , des débris et un modèle de l'anc. hôtel de ville, des statues des comtes de Chabrol et de Rambuteau , un fragment de retable du xv ie g., etc. — Dans la 3 e , des charges de célébrités du temps de Louis-Philippe, statuettes et bustes en plâtre, par Dantan jeune.

I er étage, dont l'escalier principal est au fond de la l re cour, collections diverses, en partie très intéressantes. Dans l'escalier même, qui est aussi celui des nouvelles salles, des bustes de Mme de Sévigné et de Jean Goujon, des moulages de bas-reliefs de ce dernier,' etc.

Au S. du jardin ou en face de l'escalier, 2 salles et 2 galeries, sur-

Musée Carnavalet. PARIS

Rive dr. 6. 205

tout des vues de Paris, estampes et peintures; des scènes de mœurs e* des souvenirs. Dans la i re salle, des pièces relatives à la fameuse banque de Law (1716-1730), y compris o assiettes-caricatures de fabrication Indohollandaise. Comme scène de mœurs, à g. dans la l re galerie, la Dispute à la fontaine, par Jeaurat. Dans la 2 e salle, des portraits de prévôts et d'échevins, des miniatures, des médailles, un bel éventail, etc.

Au fond du jardin, d'abord 2 salles renfermant encore des vues de Paris , en particulier de l'anc. boul. du Temple-, un plan en relief des environs de St-Germain-en-Laye, Marly, etc. $ 206 tabatières historiques, de 1789 à 1848. La 3e et la 4« salle ont des plafonds et des boiseries d'un hôtel du temps de Louis XIV. Dans la 3 e , le nécessaire de campagne de Napoléon I er , une statuette en bronze du duc de Bordeaux enfant (Henri Y), un tableau votif de 1609, un buste du prince impérial par Carpeaux, etc. Dans la 4 e , des faïences et des porcelaines révolutionnaires, presque toutes de Kevers et par conséquent où l'orange remplace le rouge. La I Te vitrine à l'opposé de l'entrée, contient la «tasse à la guillotine*, en porcelaine de Berlin. Plafond par Lebrun, l'Olympe, des médaillons mythologiques et les Muses.

L'escalier voisin descend au jardin. Dans cet escalier: des enseignes, des plaques de cheminées, une armoire avec des coins numismatiques, le manifeste du duc de Brunswick en 1792, etc.

Au N. du jardin, souvenirs de r époque révolutionnaire: tableaux, portraits, insignes, décorations, numismatique, montres, faïences, etc. A remarquer, au commencement, à g. de la l re galerie, le Serment du jeu de Paume, réduction peinte du tableau seulement ébauché Dar David (p. 127); puis la Fédération nationale au Champ-de-Hars en 1792, une petite maquette représentant Voltaire dans son cabinet de travail; dans la salle centrale, le plafond et une curieuse pendule, des vases de Sevrés, de belles boiseries régence et des poinçons ; dans la 2 e galerie, aussi des portraits, des vues, beaucoup de médailles et d'insignes, des éventails, ete.

Grande salle, dans le bâtiment principal, pièces et objets authentiques de la Révolution. Au milieu, un modèle de la Bastille, taillé dans une pierre de la forteresse. Au plafond, une bannière d'émigration. Côté de l'entrée*, armoire où est représentée la prise de la Bastille, table des droits de l'homme (au mur), armes, cartes à jouer, reliures, Constitution de 1793, reliée en peau humaine; bustes, portraits, médaillons, miniatures, etc. Coté de la petite salle de g. : gravures, tentures de fenêtres, coiffures, cocardes, ceinture, gants, souliers. Côté de la cheminée: armes, instruments de supplice , lettres de caehet , portrait et souvenirs de 1 évasion de Latude, qui fut enfermé 36 ans à la Bastille, par suite de démêlés avec la Pompadour. Côté du jardin: pendule décimale, armoire à sujets patriotiques, épées d'honneur de la Tour d'Auvergne (1743-1800) et de Garibaldi (1807-1882) et sabre du général Gardanne (1766-1818).

Petite salle à g. du côté de la cour, souvenirs des révolutions de 1830 et 1848: peintures, aquarelles et gouaches, décorations, tasses, verres, tabatière à miniature (entrée de Louis XVIII), portrait et statuette de Ledru- Rollin, portrait de Louis Blanc, etc. •, sabre et autres objets offerts au sergent Mercier, qui refusa, en 1823, d'expulser de la Chambre le député Manuel, à la suite de son opposition à la guerre d'Espagne.

En outre les nouvelles salles autour de la cour, à la suite de la grande et de la petite ci-dessus.

La bibliothèque de la Ville, destinée à remplacer celle qui a été incendiée avec l'hôtel de ville en 1871, est un peu plus loin que le musée, au n° 29 de la rue de Sévigné. Elle eompte déjà env. 100 000 volumes et 80 000 estampes et plans aneiens, relatifs à l'histoire de Paris et de la Révolution française. Elle est ouverte tous les jours à ceux qui désirent y travailler, en hiver de 10 h. à 4 h.-, en été, à partir de Pâques, de 11 h. a 5 h. Vacances de 8 jours à Pâques et du 15 août au 20 octobre.

Le bâtiment en deçà est le lycée Victor-Hugo, un lycée de filles. La rue des Francs -Bourgeois aboutit un peu plus loin que le musée à la place des Vosges, l'anc. place Royale (pl.R.26; V). Elle

206 Mvê dr. 8.

PARIS

Place des Vosges

a reçu son nom actuel sous la Révolution , en l'honneur du départ, des Vosges, le premier qui envoya des contributions patriotiques à Paris, et elle l'a déjà perdu et repris deux fois. Le milieu est décoré d'une statut équestre de Louis XIII, en marbre, par Dupaty et Gortot, remplaçant depuis 1829 une autre statue de ce roi élevée par Richelieu et détruite en 1792. Dans les angles sont des fontaines jaillissantes et tout autour des maisons du commencement du xvii e s., avec des arcades et de hautes toitures.

Iei se trouvait la cour de l'ane. palai$ des Toumelles, où eut lieu le tournoi qui eoûta la vie à Henri II, en 1565. Catherine de Médici* le fit démolir et Henri IV fit ériger sur l'emplacement le carré de maisons actuel. On a peine à croire auj. que les alentours furent, sous Louis XIII, le plus beau quartier et en quelque sorte le centre de Paris.

La rue du Pas-de-la-Mule, au N.-E. de la place, conduit directement au boulevard Beaumarchais (p. 66), près de la Bastille (p. 61).

On pourra terminer l'itinéraire d'une façon intéressante en retournant de la Bastille au centre de la ville par le boul. Henri IV (p. 64) et les quais de la rive droite.

A g. du boul. Henri IV est la caserne des C&cstins, qui doit son nom à un couvent célèbre qu'elle a remplacé. Puis, dans la rue Sully, la riche bibliothèque de V Arsenal (pl. R. 25; F), dans une partie de l'ancien arsenal de Paris, qui s'étendait de la Seine jusqu'à la Bastille. Elle est publique et ouverte tous les jours non fériés, de 10 h. à 4 h. (vacances du 15 août au 1 er sept.). C'est la plus riche de Paris, après la bibliothèque Nationale, au moins en ouvrages anciens et surtout en pièces de théâtre, dont la collection, presque complète et cataloguée, compte env. 35 000 numéros.

Le boulevard Henri IV traverse les deux bras de la 8elne et l'extrémité E. de l'île St-Louis (p. 315), sur le pont Sully, construit de 1874 à 1876. La partie voisine de la rive dr. en amont, limitée par le boul. Morland, est l'anc. lie Louvier», rattachée au quai en 1840 et où se trouvent des magasins et les archives de la Ville.

Au commencement du quai des Célestins, sur la rive dr. et près du pont, l'anc. hôtel la Valette (école Massillon), bel édifice du xvi e s., mais dont la façade monumentale a été reconstruite au xix e s.

Plus loin, près du quai, au coin des rues de l'HÔtel- de -Ville et du Figuier, l'anc. hôtel de Sens ou des archevêques de cette ville, lorsqu'ils étaient métropolitains de Paris, encore simple évêché, et maintenant propriété particulière. Il est du style ogival du xv e s., avec tourelles aux angles et donjon dans la cour.

Autres vieux hôtels, v. p. 62 et 63. — Vhûlel de ville est à 5 ou 6 min. de l'hôtel de Sens, par le quai (v. p. 68-61).

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