‹ Paris et ses environs; manuel du voyageurChapitre 60 sur 100 · I. Palais de Justice et Ste-Chapelle. Notre-Dame · texte numérisé non relu

I. Palais de Justice et Ste-Chapelle. Notre-Dame

Tribunal de commerce. Pont-Neuf. Hôtel-Dieu* . On arrive d'ordinaire de la rive dr. dans la Cité par le pont au Change (p. 57) et le boulev. du Palais ou par le Pont-Neuf (p. 211).

Le ♦palais de justice (pl. R. 20; V) a remplacé le palais primitif des rois de France ; ce fut seulement Charles VII (1431) qui le céda au Parlement, la cour souveraine de justice. Des incendies, en 1618 et en 1776, n'ont laissé subsister que les tours de l'ancien édifice: la tour de V Horloge, à l'angle N.-E., près du pont au Change; la tour de César, la tour de Montgomery , au N., sur le

208 Cite. 9.

Palais de justice.

quai ; la tour d'Argent, plus loin, avec ses créneaux, et enfin la Ste- ChapelUy la salle des Gardes et les cuisines de St- Louis. L'horloge de la tour du coin, avec son beau cadran, était la plus ancienne horloge publique de France, construite en 1370; elle a été refaite en 1685 et en 1852. La destruction volontaire d'une grande partie

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de ce monument, maintenant à peu près restauré, figure aussi dans

la liste des crimes commis par les insurgés en 1871.

Le palais est ouvert tous les jours, sauf les dlm. et fêtes, et Ton peut entrer dans les salles pendant les audiences, de 11 h. à 4 h. Ce palais est immense et la distribution en est très complique'e, comme on le verra par le plan d'orientation ci -joint. Outre les grandes entrées du boul. du Palais et de la place Dauphine, il y en a d'autres sur les côtés. La plupart des salles sont au I er étage: le tribunal de l re instance et ses bureaux en maieure partie à dr. de la salle des Pas-Perdus (chambres civiles; p. 309) et a g. de la cour de la Ste-Cbapelle (police correctionnelle; p. 210); la

Ste-Chapelle

PARIS

Cite. .9. 209

Cour de ca*Kttion, au delà de la salle des Pas-Perdus (v. ci-dessous), et la Cour d'appel, au delà de la cour de la Ste-Chapelle (p. 210).

La cour du Mai ou cour d'honneur , du côté du boulevard , est

précédée d'une belle grille de fer. En face, un grand escalier qui

aboutit à un avant-corps à dôme carré et fronton dorique, décoré de

statues de la France, l'Abondance, la Justice et la Prudence. On

entre par là dans la galerie Marchande (v. ci-dessous).

La **Sainte- Chapelle, la principale curiosité du palais de justice, est à g. en venant du boulevard, dans la même cour que la Police correctionnelle (v. p. 210). Elle est visible tous les jours, sauf les lundi et jours de grande fête, de 11 h. à 4 ou 5 h. (pourb.). Il faut un temps clair pour la bien voir. — C'est l'anc. chapelle du palais, construite de 1245 à 1248, sous St Louis, par Pierre de Montereau, pour recevoir les reliques que le roi avait rapportées de la croisade et qui sont aujourd'hui à Notre-Dame. Elle a été restaurée de nos jours et elle a échappé à la destruction en 1871, quoique complètement environnée de bâtiments en feu. C'est, malgré ses petites dimensions , l'édifice goth. le plus élégant de Paris , un véritable bijou, malheureusement en partie caché par les autres constructions du palais. Elle se compose de deux chapelles superposées. — La chapelle basse, où l'on entre d'abord , est à trois nefs. Elle servait aux domestiques de la cour. Il y a des pierres tombales de chanoines de la Ste-Chapelle. — La chapelle haute était réservée à la cour. Elle ne forme qu'une nef d'une grande légèreté, de 20 m. d'élévation. Dans les murs sont 15 fenêtres de 15 m. de haut sur 4 de large, entre lesquelles il ne reste que la largeur des contreforts soutenant l'édifice. Ces fenêtres ont des vitraux aux couleurs splendides, encadrés dans d'élégants réseaux, en partie du temps de St Louis, mais restaurés. Les sujets sont surtout empruntés à la Bible. Ceux de la rose, seulement du xv e 8., sont tirés de l'Apocalypse. Les murs ont des décorations polychromes en harmonie avec les vitraux. On remarquera aussi les statues des apôtres, aux piliers, et un très beau baldaquin goth., en bois, où étaient les saintes reliques et qui a sur les côtés deux petits escaliers tournants. — On sort par le portail et Ton passe à dr. dans le premier vestibule du palais.

La galerie Marchande, le premier vestibule, n'a rien de curieux, non plus que les salles de la Cour d'appel où conduit l'escalier.

A dr. de la galerie est la salle des Pas-Pérdus, qui sert de vestibule à la majeure partie des salles du tribunal de r* instance, les 7 Chambres civiles. Cette salle a été reconstruite depuis 1871. C'est une des plus vastes dans son genre; elle a 73 m. de long, 28 m. de large et 10 m. de haut, et elle se compose de deux galeries voûtées, séparées par des arcades à piliers d'ordre dorique. Bien des souvenirs historiques se rattachent à cette partie de l'édifice; c'est là que se trouvait, avant l'incendia de 1618, la grand'salle du Palais, où les clercs de la Basoche (de basilica, palais royal) avaient le pri-

BiBdeker. Paris. 13« édit. 14

210 Cite. 9

PARIS

Palais de justice,

vilège de jouer des farces, des soties et des moralités. A dr. se voit un monument érigé à Malesherbes, défenseur de Louis XVI et décapité en 1794, avec statue par J. Dumont, figures allégoriques de la France et la Fidélité, par Bosio et bas-relief par Cortot. Presque en face, le monument du célèbre avocat Berryer (m. 1868), entre l'Eloquence et la Fidélité, par Chapu.

A dr. de la galerie des Prisons, qui commence entre le premier vestibule et la salle des Pas-Perdus, se trouvent les salles de la Cour de cassation. La l re est la Chambre criminelle, qui a surtout un riche plafond. A côté, la galerie St-Louis, avec une statue de St Louis et des fresques par 01. Merson. La 2 e salle est la Chambre des requêtes, qui a aussi un beau plafond. La 3 e , la m saUe civile, est peut-être encore plus riche ; elle a un plafond superbe à caissons peints et [dorés, à pendentifs , avec des peintures décoratives par Baudry et un Christ par Henner.

Le vestibule de Harlay, du côté de la place Dauphine, dont on verra la façade en allant au Pont-Neuf (p. 211), est décoré de quatre statues de souverains législateurs: St Louis, Philippe- Auguste, Charlemagne et Napoléon I er . Un escalier au milieu, avec une statue de la Justice par Perraud, conduit à g. à la Cour d'assises et à dr. à la Chambre des appels de la police correctionnelle.

La galerie de la Ste- Chapelle, parallèle à celle des Prisons, mène du vestibule de Harlay aux parties neuves du palais. Vers le milieu, à dr., la V e Chambre de la Cour d'appel, richement décorée, comme celles de la Cour de cassation. On en remarque aussi le plafond, avec peinture par Bonnat. Au fond se voit un crucifîment du moyen âge, jadis dans la grand'chambre du Parlement, et deux écussons dorés de la renaissance , avec quatre figures allégoriques. En continuant par la même galerie , on se retrouve dans la galerie Marchande et près de la Ste-Chapelle (entrée, v. p. 209).

En tournant au contraire à dr., on va aux Chambres de la police correctionnelle, les 8 e , 9 e , 10 e et 11 e du tribunal de l re instance, deux au 1 er étage et deux au second. On y arrive aussi de la galerie Marchande par d'autres corridors (v. le plan) et elles ont leur entrée spéciale dans la cour de la Ste-Chapelle (v. p. 209).

A dr. de l'escalier du palais du côté du boulevard se voit Tune des entrées de la Conciergerie , la fameuse prison, qui oeeupe la partie inférieure de ee palais du côté de la Seine et où les visiteurs entrent par le quai (v. ci-dessous). Elle sert maintenant de prison préventive. La plupart des prisonniers politiques de la Révolution furent détenus à la Conciergerie avant d'être conduits à l'échafaud. On montre encore leurs cachots, surtout celui de la reine Marie-Antoinette, transformé en chapelle et orné de peintures représentant les derniers jours de la reine. Cette prison et les salles basses dites cuisines de St-Louis se visitent le jeudi, avec une permission du préfet de police, rue de Lutèce, en face du palais (de 10 h. Va à 3 h.).

Le tribunal de commerce (pl. R. 20; V) , en face du palais de justice, a été construit de 1860 à 1866 par Bailly, dans le style de la renaissance. ■. Il a un dôme octogone de 42 m. de haut, destiné à

Pont- Neuf.

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faire perspective dans L'axe du boul. de Sébastopol et qui se voit par conséquent de la gare de l'Est. L'intérieur, public tous les jours de la semaine, mérite d'être vu. Un escalier monumental, qui semble avoir été, avec son dôme, Tunique préoccupation de l'architecte, conduit à la salle d'audience et aux salles des faillites. A la hauteur du premier sont des statues de l'Art industriel, par Pascal; de l'Art mécanique, par Maindron; du Commerce terrestre, par Cabet; du Commerce maritime, par Chapu, et dans le haut, des cariatides par Dubut. Au milieu du corps de bâtiment est une cour entourée de deux colonnades superposées, au-dessus desquelles sont des cariatides de Carrier -Belleuse, supportant la charpente en fer d'un toit vitré. La salle d'audience, à g. au premier, est ornée de boiseries en chêne, de caissons avec imitations de faïences en camaïeu, etc.

Principales audiences le lundi.

Derrière le tribunal se tient, les mercredi et samedi, le plus important marché aux /leurs de Paris. Autres, v. p. 46. Le dimanche, il y a ici un marché aux oiseaux.

Nous suivons maintenant le quai à dr. du palais de justice, le long des tours (p. 207), où il y a une entrée de la Conciergerie (v. cidessus), et plus loin une entrée réservée de la Cour de cassation.

La façade occidentale du palais de justice, sur la place Dauphine, a été construite de 1857 à 1868 par Duc, dans un style sévère et peu pittoresque. Trois rampes y donnent accès au vestibule de Uarlay (p. 210). Du palier partent huit colonnes doriques engagées s'élevant jusqu'à l'entablement, et sous les fenêtres sont six statues: la Prudence et la Vérité, par A. Dumont; le Châtiment et la Protection, par Jouffroy; la Force et la Justice, par Jaiey.

Le «Pont-Neuf (pl. R. 20; V), plus loin, à l'extrémité 0. de l'île, traverse les deux bras de la Seine. C'est, malgré son nom, le plus vieux des ponts actuels de Paris. Il a été construit de 1578 à 1604, niais considérablement modifié en 1852 et restauré du côté de la rive g. en 1886. Il a 328 m. de long et 23 m. de large. On remarquera à l'extérieur les nombreux mascarons qui soutiennent la corniche, refaits de nos jours : les originaux étaient par J.-B. du Cerceau. Au milieu s'élève la belle statue équestre de Henri IV, par Lemot, érigée en 1818 à la place d'une autre de 1635, qui fut convertie en canons en 1792. Par représailles, Louis XVIII la fit faire avec la statue de Napoléon de la colonne Vendôme, une autre de l'empereur destinée à la colonne de Boulogne -sur- Mer et celle de Desaix de la place des Victoires. On y lit deux inscriptions, dont l'une est la reproduction de celle de l'ancien monument. Des deux côtés, des bas-reliefs de bronze: Henri IV faisant distribuer du pain aux Parisiens assiégés et proclamer la paix.

On a d'ici une *vue magnifique du Louvre. Le grand bâtiment sur la rive g. est la Monnaie (p. 233). Plus loin, l'Institut (p. 231).

En revenant au boul. du Palais par le quai des Orfèvres, du côté de la rive g., nous 'passons devant une autre partie du palais de justice, occupée par des bureaux de la préfecture de police.

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Hôtel- Dieu.

La préfecture de police occupe maintenant plus loin une anc. caserne et deux anc. hôtels d'état-major, sur le boul. du Palais, prèe du pont St-Michel (p. 215). La préfecture de police est le centre où aboutissent les fils d'un réseau de sûreté, en partie invisible, qui s'étend par toute la ville ; elle figure au budget de Paris pour plus de 32 millions. Il y a trois divisions principales : administration centrale, commissariats de police et police municipale. — Les bureaux sont ouverts de 10 h. à 4 h. Celui des objets trouvés est quai des

Orfèvres, 36, dans les dépendances du palais de justice.

Le plus simple, pour réclamer un objet perdu, est d'écrire, sur papier libre et sans affranchir, au préfet de police, en donnant des renseignements aussi détaillés que possible.

Dans la rue de Lutèce, en face du palais de justice, la statue de Th. Renaudot (1586-1653) , philanthrope et fondateur du journalisme en France (1631), bronze moderne par A. Boucher.

L 'Hôtel-Dieu (pl. R. 22 ; V), un peu plus loin , avec façade sur la place du Parvis-Notre-Dame (v. ci-dessous) , a été reconstruit à cet endroit de 1868 à 1878, par Diet, Il était auparavant à dr. de la place, sur les deux rives du bras S. de la Seine, et c'était le plus ancien hôpital de Paris, peut-être même de l'Europe, fondé en 660, sous Clovis II, dans le principe un hospice destiné à héberger les pauvres et les pèlerins. Il est parfaitement organisé et il n'a que le défaut d'avoir coûté fort cher: 22 millions d'expropriation et 23 de construction. Il compte 559 lits et il y a trois chaires de clinique.

Hôpitaux de l'Assistance Publique: Hôtel-Dieu, Pitié, Charité, St-Antoine, Necker, Coehin, Beau) on, Lariboisière, Tenon, Laënnec, Bichat, Andral, Broussais, St-Louit, Ricord (du Midi), Broca (de Lourcine), des Enfants -Malade s et Trousseau, aussi pour les enfants; deux maisons d'accouchement, etc. (situations, v. l'Indicateur dans l'appendice). Ils comptent ensemble plus de 12000 lits. Il en sort annuellement en moyenne 45 à 50 000 hommes, 36 à 40000 femmes et 16 à 18000 enfants. Le nombre des de'cès yest en moyenne de 7000 pour les hommes, 5000 pour les femmes et 3000 pour les enfants. — L'Assistance Publique a un budget de 36 millions pour ses hôpitaux, hopices et bureaux de bienfaisance, et la population secourue par elle s'élève à près de 467000 personnes par an.

La place du Parvis - Notée - Dame (pl. R. 22 ; V) , devant la cathédrale, dégagée depuis la reconstruction de l'Hôtel- Dieu , est décorée d'une statue de Charlemagne , à cheval, conduit par deux hommes d'armes, bronze d'après Rochet, sur un piédestal provisoire.

*Notre-Dame (pl. R.22; V) , l'église métropolitaine de Paris, a été fondée en 1163, sur l'emplacement de l'église primitive datant du i\ e s., et consacrée en 1182; mais la nef n'a été achevée qu'au xm e s. Placée dans une telle ville, au milieu de tant de richesses monumentales, cette église souffre naturellement un peu de la splendeur de son entourage. L'aspect en est du reste un peu lourd et écrasé, mais c'est encore là le résultat de circonstances que les architectes ne pouvaient guère prévoir : les flèches des tours n'ont pas été construites ; elle est entourée de hautes maisons au lieu des petites habitations d'autrefois , et le sol sur lequel elle est bâtie a été considérablement exhaussé, car on y montait encore par 13 degrés en 1748, tandis qu'on y entre aujourd'hui de plain-pied.

Notre -Dame.

PARIS

Cité. 9. 213

Un décret de 1793 ordonna la destruction de Notre-Dame, mais ii fut immédiatement annulé. Néanmoins les sculptures furent mutilées et l'édifice fut transformé en temple de là Raison. Sur un monticule dans le chœur brûlait le flambeau de la Vérité et au-dessus s'élevait un temple grec de la Philosophie, avec les bustes de' Voltaire, de Rousseau, etc. On y fit asseoir sur un trône la déesse de la Raison (une danseuse du nom de Maillard), à laquelle on rendit les honneurs divins. Des filles vêtues de blanc entouraient le temple, des flambeaux à la main, tandis que les chapelles latérales servaient à des orgies. L'église fut complètement fermée en 1T94 et ne fut rendue au culte qu'en 1802.

♦Façade. — La plus belle partie de Notre-Dame est sa façade, la plus ancienne dans son genre , du commencement du xin e s., et qui a servi de modèle pour beaucoup de façades des églises du nordest de la France. Elle est divisée en trois parties principales par des contreforts , et elle présente trois étages bien distincts , sans compter celui des tours. Dans le bas , trois baies avec de belles voussures ogivales , dont les sculptures , en tant qu'elles n'ont pas été détruites à la Révolution , sont des productions remarquables du commencement de l'époque ogivale. Celles du portail du centre représentent le jugement dernier. Au trumeau, un beau Christ, refait par G. Dechaume. La porte du S., dédiée à Ste Anne, et celle du N., qui sert ordinairement d'entrée, dédiée à la Ste Vierge, sont décorées de sculptures relatives à ces saintes ; on remarquera surtout, à la seconde, l'Ensevelissement de la Vierge. Cet étage se termine par une galerie , où des niches renferment 28 statues de rois, refaites de nos jours. Au-dessus de la galerie sont, au milieu, une Vierge accompagnée de deux anges tenant des flambeaux ; à dr. et à g., des statues d'Adam et d'Eve. — Le principal ornement du deuxième étage est sa magnifique rose, de 13m. de diamètre et de style encore assez simple. De chaque côté est une double fenêtre ogivale avec une petite rose feinte. — Le troisième étage se compose d'une seconde galerie, haute d'env. 8 m., à colonnettes fort légères, portant des ogives géminées avec trèfles à jour. Plus haut règne une balustrade également à jour, couronnée par des statues de monstres et d'animaux, et le tout se termine par deux grosses tours quadrangulaires , percées d'ouvertures géminées hautes de plus de 16 m. Les portails latéraux méritent aussi d'être vus. Celui du 8. a de belles ferrures. La flèche du transept, haute de 45 m., en bois revêtu de plomb, a été reconstruite en 1859. On admire la légèreté et l'élégance du chevet, avec ses fenêtres à frontons et ses arcs-boutants d'une grande hardiesse (fontaine voisine, v. p. 215).

Intérieur. — Notre-Dame est divisée en 5 nefs, avec un simple transept fort court, et elle mesure 127 m. de long sur 48 de large et 34 de haut dans la nef majeure. L'abside est encore petite et de forme ronde, comme dans les églises romanes, mais les bas côtés se prolongent en un pourtour au delà du transept. Des chapelles ont été ajoutées plus tard entre les contreforts de la nef et du chœur. Les voûtes reposent sur 75 piliers, la plupart ronds, aussi des restes de l'art roman, ainsi que les tribunes au-dessus des bas côtés. Ces

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Notre-Dame.

tribunes ont à la grande nef des arcades que supportent 108 petites colonnes, et 11 y a au-dessus 37 grandes fenêtres. On remarquera les vitraux anciens des roses du grand portail et des portails latéraux. La chaire est de 1868, par Mirgen, d'après Viollet-le-Duc. Orgue, v. ci-dessous. A dr. du portail S. deux plaques de marbre noir où sont inscrits les noms des 75 otages de la Commune (p. 167).

Le chœur et le sanctuaire sont séparés de la nef et du pourtour par de belles grilles. On remarque surtout dans le chœur les stalles et des bas-reliefs en bois, représentant des scènes de la vie de J.-C. et de la vie de la Vierge; dans le sanctuaire, un magnifique autel moderne, une Pietà, dite le Vœu de Louis XIII, et des statues de Louis XIII et de Louis XIV, par N. Coustou.

A la clôture du chœur, 23 bas-reliefs remarquables en pierre, par

Jehan Kavy et son neveu Jehan de Bouteillier, achevés en 1351.

Les chapelles contiennent un certain nombre de monuments, surtout d'archevêques de Paris, savoir, de dr. à g., à partir de la sacristie (v. ci' dessous) : ceux de Mgr Affre (m. 1848), par Debay ; de Mgr Sibour (m. 1857), par Dubois-, du comte d' Harcourt (m. 1718), par A. Pi galle ; de Mgr Darboy (m. 1871), par Bonnassieux; du cardinal Mo r lot (m. 1863), par Lescornel; de Vévêque Matiffai de Bucy (m. 1304), derrière le maître autel; du cardinal de Belloy (m. 1806), par Deseine ; de Mgr de Quelen (m. 1889), par 6. Dechaume: du cardinal de Noailles (m. 1739), par le même; de Mgr de Juignè (m. 1811), par Cartel lier; de Mgr de Beaumont (m. 1781), du maréchal Québriant (m. 1643) et de sa femme Renie du Bec-Crépin. — La grille du côté g. est ordinairement ferme'e, et il faut revenir sur ses pas.

Notre-Dame a une excellente maîtrise pour le pl a in- chant, et le grand orgue est un des plus considérables de 1 Europe, par A. Cavaillé-Coll. lia 6000 tuyaux, dont les plus grands n'ont pas moins de 32 pieds de haut; et il comprend env. 10 octaves, avec 86 jeux, 110 registres, 5 claviers , un pédalier et 22 pédales de combinaison. Organiste, M. Sergent.

La sacristie, de construction moderne, renferme le trésor de Notre-Dame, qui se visite dans la semaine, de 10 h. à 4 h., moyennant 50 e., qu'on paie à un employé à la grille du pourtour, du côté droit. L'entrée est désignée par un écriteau. 11 y a deux salles, à l'extrémité de la galerie et à g. Le sacristain qui s'y trouve montre et explique les principaux objets , mais avec la rapidité des guides de ce genre, et l'on n'a guère le temps de rien examiner. Le trésor est très riche, mais la plupart des objets sont modernes et plus remarquables par leur valeur intrinsèque que par leur valeur artistique, sauf ceux des derniers temps: vases sacrés donnés par Napoléon III, ornements avec figures brodées, dans le style du moyen âge, etc.. Les objets anciens sont une grande croix grecque émaillée, du xii e ou du xm e s., des bustes en argent de St Denis et de St Louis, du xiv e s. ; un calice grec, aussi du xiv e s.; un calice allemand du xv e , des chasubles des xv« et xvi^ des amphores du xvi© et des reliquaires des xmC-xvie s. — Il y a aussi des objets historiques et des souvenirs, comme le manteau du sacre de Napoléon I er , les vêtements ensanglantés de Mgr Affre , tué sur une barricade en 1848; de Mgr Sibour, poignardé par un prêtre interdit en 1857; de Mgr Darboy, fusillé par les communards en 1871, etc.

Toues. — La *vue du sommet des tours de Notre-Dame, hautes de 68 m., est une des plus belles de Paris. On y monte de 9 h. à 4 ou 5 h., selon la saison, en payant 20 c, 40 c. si l'on veut voir aussi les cloches, qui n'ont rien de bien curieux. L'entrée est par la tour du N. , à g. en dehors de l'église. Il y a en tout 397 marches, 256 jusqu'à la première galerie. Dans la tour du S. est le bourdon

Boul. St- Michel.

PARIS

Cite. 9. 215

de Notre-Dame, pesant 12 500 kilos, et une cloche rapportée de

Sébastopol, qui ne sert pas.

Derrière la cathédrale, sur remplacement de l'ancien archevêché, converti en square, s'élève la fontaine Notre-Dame, joli petit monument goth., érigé en 1845.

A quelques pas de là, à l'extrémité de l'île, se trouve la Morgue , le bâtiment ou sont exposés les morts inconnus trouvés dans la Seine ou autre part, afin qu'on en puisse constater l'identité, et transportés ceux dont on doit faire l'autopsie. L'entrée est publique. Les corps à exposer sont d'abord mis dans un appareil frigorifique, qui les fait geler à 14 ou 15°, nuis dans la salle d'exposition , qui est maintenue à la température de 4° au-dessous de zéro, et ils se conservent là, avec les couleurs naturelles, au besoin pendant trois mois. La morgue reçoit chaque année env. 900 cadavres.

L'ile St-Louia (pl. R. 22; V) , à l'E. de la Cité, de l'autre côté de la Morgue, est un coin paisible , inanimé, au milieu de ce Paris si agité. — V église St-Louis-en-VIÎe, à dr. de la rue principale, est des xvii e et xvm e s. et assez curieuse à l'intérieur, surtout par ses peintures, en majeure partie modernes. On y remarque aussi de petits bas-reliefs du xv« s. — A g. au bout de la rue, le bel hôtel Lambert, construit au xvii e s., par LevaUy pour le président Lambert de Thorigny, et décoré de peintures par Lebmn et Letueur. Les principales compositions de ce dernier sont au Louvre (p. 116) •, mais on y admire encore la galerie de Lebrun, avee son plafond, le Mariage d'Hercule et d'Hébé. L'hôtel appartient maintenant à la famille Cxartoryski, mais on peut le visiter en son absence. — A eôté passe le boul. Henri IV (p. 64) et à dr. est le pont Sully, qui aboutit sur la rive g. au boul. St- Germain (p. 216), à eôté de la halle aux vins et près du Jardin des Plantes (p. 248). — Sur le terre-plein du pont est le monument de Sarye (1796-1875), le seulpteur animalier, avec des reproductions des ses principales oeuvres, le Centaure (p. 95), le Lion au serpent (p. 137), la Guerre et la Paix, et un médaillon par Marqueste.

IL De la Cité au musée de Cluny.

Fontaine St-KioheL 8t-Séverin. Scole de Médecine.

En passant de la Cité à la rive g. par le boul. du palais de justice, on traverse le petit bras de la Seine au pont St- Michel (pl. R. 19; F), reconstruit en 1857. Belle vue de là à g. sur Notre-Dame.

Le boulevard St-Michel, de l'autre côté, est l'artère principale de la rive g.; il fait partie de la grande ligne de boulevards traversant Paris de la gare de l'Est au carrefour de l'Observatoire (▼. p. 67).

A dr., sur la place St- Michel, s'élève la fontaine St- Michel, de 26 m. de haut sur 15 de large , érigée en 18Ô0. Elle se compose d'un arc de triomphe du style de la renaissance, adossé à une maison, avec un St Michel terrassant le dragon, en bronze, par Duret, sur un rocher d'où jaillit une cascade, retombant dans trois vasques entre deux griffons. De chaque côté, des colonnes en marbre rouge avec des statues de la Vérité, la Prudence, la Force et la Justice,

aussi en bronze.

La seconde rue à g. du boulevard, dans un coin du vieux Paris, conduit à *8t-Béverin (pl. R. 19; F), petite église à cinq nef, avec chap. latérales, mais sans transept, surtout des xm* et xv« g. Sa façade originale se compose d'un portail du xm e s., qui provient d'une autre église, et d'une élégante tour du xv e s. On remarque particulièrement à l'intérieur la grande nef, avee ses deux étages de fenêtres, toutes garnies de •vitraux, eeux des fenêtres du haut des xv<* et xvi e s., les autres modernes, comme eeux des chapelles. Dans le chœur, un 'maître autel de 1883, en

216 Rive g. 9. PARIS. Ecole de Med

marbre et bronze doré, à bas-reliefs : 8t Séverln l'Abbé guérissant Clovis et St Séverin le Solitaire donnant l'habit religieux à St Cloud (p. 278). Le double pourtour du chœur a de curieuses voûtes à nervures. Dans les chapelles, des peintures murales modernes, bien ternies et que les vitraux ne laissent plus guère voir. Elles sont, en faisant le tour, de dr. à g., par Paul Flandrin, Heim et Signol t Schnetz et Biennourp, Murât ^ Hipp. Flandrin, Alex. Hesse % Cornu, Gérôme, Lenoir, Jobbé-Duval y Motte z et Riehomme. Les chap. du fond, consacrées à N.-D. de l'Espérance et à N.-D. des Sept- Douleurs, renferment des sculptures et des ex-voto.

Un peu plus loin, près de la rue Lagrange, la petite église St-Julienle-Pauvre (pl. R. 19-22; V), qui était la chapelle de l'ancien Hôtel-Dieu. I/entrée est au n° 11 de la rue du même nom, par une vilaine cour, mais on va la dégager. C'est un édifice du style gotb. de la fin du xii e s., assez curieux à l'intérieur. Elle est maintenant affectée au culte catholique grec, dont les cérémonies sont intéressantes. Messe les dim. et fêtes à 10 h. Dans le collatéral de g., la statue de Montyon (1733-1820), le grand philanthrope.

Le boul. St- Michel croise le boulevard St - Qermam à env. 300 m. de la Seine, près des Thermes et de l'hôtel de Cluny, dont il sera question plus loin. Ce boulevard transversal, qui est moderne, relie par la rive g. , avec le boul. Henri IV, la place de la Bastille à celle de la Concorde, distantes par là d'env. 4500 m. Jl complète les Grands boulevards, sans en avoir l'importance.

L'Ecole de médecine (pl. R. 19; V), dont on aperçoit la nouvelle façade dans la partie de dr., forme un vaste corps de bâtiment entre le boulevard et la rue de l'École-de-Médecine. La façade sur le boulevard, par Ginain, est dans le style sévère et peu pittoresque de celles du palais de justice sur la place Dauphine, de l'hôtel des postes, etc. Elle a deux cariatides par Crauk, la Médecine et la Chirurgie. La partie ancienne date du xvm* s. Elle a une belle cour, précédée d'une galerie à deux rangs de colonnes ioniques et au fond de laquelle est une $tatue de Bichat (1771 -1802), l'anatomiste, bronze médiocre d'après David d'Angers.

De l'autre côté de la rue se trouvent encore des dépendances de la Faculté, Vécole pratique (laboratoires), de construction récente, et, à g., l'anc. réfectoire du couvent de cordeliers où se tint le club de ce nom, sous la Révolution, et qui contient maintenant le musée Dupuytren, collection pathologique très curieuse, ouverte aux étudiants et au public avec une autorisation, dans la sem., de 10 h. à 4 h.

La bibliothèque de l'Ecole de médecine, riche d'env. 90 000 vol., est ouverte aux médecins et aux étudiants les jours non fériés de 11 h. à 6 b. et de 7 h. Va * 10 h. Va du soir, sauf durant les vacances (sept, et oct.). Outre le musée Dupuytren mentionné ci-dessus, l'Ecole possède un musée d'anatomic comparée , dit musée Orfila , du nom de son fondateur (m. 1853). Il est ouvert comme la bibliothèque.

Sur le terre-plein à l'O. de l'Ecole de médecine, du côté du boulevard, une statue de P. Broc a (1834-1880), le ehirurgien-anthropologiste, bronze par P. Choppin, et une statue de Danton (1Î59-1794), en organisateur de la défense nationale, par A. Paris.

L'*uôtel de Cluny, dont la porte est du côté opposé au boul. St- Germain, rue du Sommerard, 14 (pl. R. 19 ; V; entrée, v. ci-dessous), occupe en partie remplacement du palais romain construit, dit-on.

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par l'empereur Constance Chlore, de 292 à 306, où Julien fut proclamé empereur par ses soldats en 360 et que les rois francs occupèrent avant d'aller habiter la Cité. Il n'en reste plus guère que les salles de bains ou les Thermes, à létat de ruines (v. p. 224). 11 appartint dès 1340 à l'abbaye de Cluny, dans le Maçonnais, et les abbés firent construire sur ses ruines, aux xv e et xvi e s., Yhôtel de Cluny actuel , un des édifices les plus élégants du style gothique tertiaire mêlé de renaissance , mais augmenté de nouvelles salles. La partie la plus remarquable est la façade dans la cour. Devenu propriété de l'archéologue Al. du Sommerard, l'hôtel a été acheté en 1842 par le gouvernement avec sa collection , qu'il a considérablement accrue depuis.

Le musée de Cluny et des Thermes est public tous les jours, excepté le lundi et les jours de fête réservés (v. p. 78), en été (I e ' avr.-l er oct.) de 11 h. à 5 h. dans la sem. et 4 h. les dlm. et fêtes, en hiver toujours de 11 h. à 4 h. Catalogue : broché, 4 fr. ; relié, 5 fr. Il y a à peu près partout des étiquettes. Vestiaire obligatoire, mais gratuit.

Le *mutée de Cluny se compose de produits artistiques et industriel» anciens de toutes sortes. Le nombre des objets est si grand (plus de 11 000 num.), qu'une seule visite ne suffit même pas pour juger des plus importants.

Bta-de-cbaussée. — I re sâlle: sculptures diverses; clôture, panneaux, bahuts et statues en bois de différentes époques; collection de poids et de mesures, de mortiers, etc.

II e Salle. A l'entrée, à dr. et à g., des bancs goth. à dais, auxquels on a ajouté des étagères supportant des bustes reliquaires et quantité de jolies statuettes et de petits groupes religieux en bois, des xv e et xvi e s. Dans les vitrines , une importante collection de chaussures d'Afrique , d'Europe, de Chine, du Japon, de l'Inde, d'Amérique, etc. Aux murs , d'autres sculptures en bois. Du côté g., entre les fenêtres, un coffre de mariage du xvi e s. Des deux côtés et à la cheminée, aussi des coffres du x?i e s. — La cheminée, en pierre, a des hauts-reliefs de 1562.

III e s allé. Du coté de l'entrée : *709 , grand retable en bois sculpté, peint et doré, de la fin du xv e s. ; à dr., *712, retable flamand en bois sculpté, peint et doré, du xvi e s. ; à g., 816, 788, Stes Femmes et Mater dolorosa du xvi e s. Au milieu, 1422, un lutrin ou dressoir goth. allemand de la fin du xv e s. et un tourniquet avec des miniatures et des reproductions d'estampages do la couronne de lumière d'Aix-la-Chapelle (xn e s.). Aux fenêtres , des deux côtés , des médailles. A l'autre mur : s. n°, un *retable encore plus grand et non moins beau que celui d'en face; à dr., 715, le Calvaire, triptyque en bois sculpté du xvi e s.; à g., ^710, grand triptyque en bois sculpté, peint et doré, avec sujets en peinture, ouvrage allemand de la fin du XV e s., sur une crédence française des xv e -xvi e s. En outre encore de très beaux meubles gothiques.

IV e salle: meubles des xvi e et xvn e s.; médailles et jetons de l'histoire de France et de Paris; belle collection de plaquettes et

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médailles des xv e et xvi e s.; cheminée du xvi e s., avec bas-reliefs représentant Actéon changé en cerf; toujours de beaux meubles.

V e salle, collection Audcoud, donnée au musée en 1885. Elle se compose d'objets d'art italiens et espagnols des xvn e et xviii e s., parmi lesquels on remarque d'abord une Adoration des mages qui compte plus de 50 statuettes costumées , ouvrage napolitain. Il y en a une autre plus petite, mais aussi remarquable, dans le coin à dr. Ensuite une grande vitrine contenant quantité de statuettes peintes et des groupes, comme le Massacre des Innocents et la Gène. Dans le fond, un dessus d'autel richement sculpté et tout doré, avec un St Antoine de Padoue tenant l'enfant Jésus, ouvrage espagnol. Beaux meubles sculptés ou avec incrustations et peintures.

Glaces richement encadrées, Tune d'elles ayant de plus, au milieu, une Vierge et des têtes d'anges en relief. Fragments de lit espagnol, de tentures de cuir, etc.

Cobbidob : peintures italiennes des xiv e -xvi e s. ; panneaux d'un grand retable espagnol du xv e s. et autre retable de même origine et de même époque.

VI e salle, avec galerie accessible seulement du 1 er étage et avec des portes donnant sur le jardin (p. 225) et sur les Thermes (p. 224) : sculptures, surtout des sculptures religieuses , statues, bas-reliefs et ornements. A la porte, une Vierge et un St-Jean au calvaire, ouvrages flam. du xv e s. Au milieu: plusieurs Vierges et des saints, des xiv e et xv c s. ; une Vierge au calvaire du xvi e s. ; l'Ange de l'annonciation, ouvrage italien du xiv e s., etc. A dr., des tombeaux de

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grands-maîtres de St-Jean-de-Rhodes. Aux murs, plusieurs retables des xm e , xiv e et xv e s.; des statues du xrv 6 s., des bas-reliefs en albâtre de même époque, etc. Sur des meubles à g., des groupes et des statuettes remarquables, surtout, au 1 er , 5 magnifiques 'statuettes de pleureurs du tombeau de Philippe le Hardi par Claux Sluter, à Dijon (fin du xiv e s.), et une Présentation en marbre du xrv e s. ; au 2 e , un Couronnement de la Vierge du xv e s. Au-dessus, des tapisseries du xv e s.

VII e salle , à g., aussi avec galerie au 1 er étage. Aux murs, 3 magnifiques 'tapisseries de Flandre, du commencement du xvi e s., faisant partie d'une suite de 10 tapisseries qui ont pour sujet l'histoire de David et de Bethsabée. Dans des vitrines, une riche collection d'ornements d'église, d'étoffes anciennes, de guipures, de vêtements , de coiffures , etc. Tout autour encore des sculptures remarquables: à g. près de l'entrée, 283, un Prophète; à dr. de l'entrée , 282 , 284 , l'Astronomie , la Grammaire , sur une frise à hauts-reliefs non cataloguée; derrière, une Vierge; plus loin, 298, un Saint personnage; 460, Flore, en cariatide, toutes statues du xvi e s.; 448, groupe de marbre, les trois Parques, attribué à 0. Pilon, avec bas -relief de son école au piédestal; 251, Vierge avec l'Enfant, du xvi e s.; 449, 456, 450, à dr. de la porte, Ariane abandonnée, du xvi e s.; le Sommeil, Vénus et l'Amour, par J. Cousin; le Portement de croix, la Mise au tombeau et l'Ascension, bas-reliefs du xvi e s.; — de l'autre côté, 479, la Mise au sépulcre, œuvre italienne du xvn e s., et encore des bas-reliefs; 457, le Christ apparaissant à la Madeleine, bas -relief flamand du xvi e s.; au milieu, devant la porte, deux tourniquets avec des échantillons de tissus; au plafond, une lanterne vénitienne du xvi e s.

VIII e salle. Suite des tapisseries, ornements d'église, tissus, guipures, etc. ; 'tentures, manteaux et colliers de l'ordre du St-Esprit, établi par Henri III en 1579 (v. aussi p. 121). Au milieu, un 'fanal de galère vénitienne, du xvi e s. ; deux belles colonnes monolithes du xvi e s., avec des statues du xv e s. A dr. de la salle : 463, la Reine de Saba; un Génie funèbre par (?. Pilon ou Ponce Jacquo\ un basrelief de la chap. du château d'Anet; un Berger. A g. de la salle: 462, le Jugement de Salomon; 487, Vénus et des amours, du xvn e s. ; 735, une statuette d'homme en bois doré, ouvrage allemand ; d'autres sculptures du xvi e s., en particulier une Vierge en haut-relief (273), et une partie de cheminée par C. de Vriendt. Au fond , des fragments d'architecture de l'anc. hôtel de ville de Paris.

IX e salle: voitures de gala des xvii e et xviii e s. , traîneaux, harnais de luxe, chaises â porteurs, etc., surtout quatre carosses fort riches, en partie ornés de peinture, et des modèles d'autres voitures du même genre.

Premier étage. — On monte au premier, du corridor entre les salles VI et VII, par un escalier en bois portant les armes de Henri IV, qui provient du palais de Justice.

220 Rive g. 9. PARIS. Musée de Cluny.

Corridor: armures et armes dans des vitrines et en panoplies.

i re salle , à g., faïences françaises , flamandes, hollandaises, grès, etc., des xvi e -xvin e s. l 1 ^ vitrine à g. : faïences et terres vernissées françaises. A côté, deux terres cuites de Clodion et une grille en fer doré. 2 e vitr. : grès allemands et limbourgeois. 3 e vitr. : ♦faïences de Paiissy et d'Oiron (xvi e s.; v. p. 128). 4 e vitr.: de Sceaux, Paris, Niederviliers, Strasbourg, Marseille, Alcora (Espagne) et Moustiers. 5 e vitr. :* de Rouen. 6 e vitr. : de Nevers. 7 e vitr. : faïences hollandaises (Delft). 8 e vitr. : faïences et porcelaines allemandes. Carreaux de revêtement. Au milieu , encore des faïences françaises, d'Aprey, de Lille, de Sinceny, de Lorraine.

2 e salle, en face, faïences italiennes des xv e -xviii e s., magnifique collection, dans 8 grandes vitrines, classée par ateliers (noms sur les vitres): de dr. à g., l re vitr., Faenza; 2 e , Chaffagiolo et*Deruta; 3 e , *Deruta; 4 e , *Gubbio, à reflets métalliques; Castel-Durante; 5 e -7 e , Urbino; 8 e , Venise, Castello et Castelli. — Au-dessus et à côté de la 6 e et de la 7 e vitr., des médaillons et des bas-reliefs en faïence émaillée de Luca délia Robbia et de son école (xv e s.).

3 e salle, à dr. de la 2 e . Tout autour, des ^tapisseries du xv e s., celles du bas dites de la Dame à la Licorne, celles du haut représentant l'histoire de St Etienne, son martyr et l'invention de ses reliques. Belle cheminée en pierre sculptée du xvi e s., l'Histoire de la Santa Casa de Lorette, d'une maison de Rouen; plafond de cette maison et belles portes en chêne. Ensuite de Y orfèvrerie, une riche

collection d'e'maux (v. p. 122), des verres, etc.

I e vitrine à g., près des fenêtres : 'orfèvrerie d'église, surtout des châsses, des couvertures de livres, des croix, des crosses, etc., à émaux champlevés, desxn e -xm e s. — 2 e vitrine : «émaux de Limoges du xv e s., par les Pinicaud, en particulier, *4578, un Calvaire de Nardon Pénicaud, de 1503. — 3« vitrine, ♦émaux de Limoges des xvi 4 * et xvn e s. s *4617-4690, de grands médaillons représentant des scènes bibliques, par Léon. Limousin ou Limosin ; 4579, Eléon. d'Autriche, femme de François I er \ à côté, les portr. du duc et de la duchesse de Guise, aussi par Limousin; 4596 (à g., au-dessus), 4594, 4596, 4591, 4603,4593 (au-dessus), 4611, 4612, coupes, coffret et assiettes par Pierre Reymond, ainsi qu'un fond de coupe sans num. ; 4599 (sous 4611), 4600, coupes par Jean Cottrteys; 4613, assiette par F.-O. Mouret, etc. — 4 e vitrine, suite des «émaux : *45E$, cabinet de deuil de Catherine de Médicis et plus de 30 autres émaux plus petits, par Jean II et Jean 111 Pénicaud, J. et P. Courteys, J. Limousin, Couly Noylier ou Noailler 1 er , Noylier II, Suzanne Court, etc. — 5 e vitrine, suite des «émaux, une centaine, surtout de P. Reymond, 4639-4654, seize sujets tirés de l'histoire de la Vierge et de la Passion \ puis de P. Courteys, des Laudin (2 Ste Catherine et un Baptême du Christ), des Noylier. Audessus: 4610, un plat en émail par L. Limousin, le Jugement de Paris ; 4G06, le plat de Moïse, par P. Pinicaud; 4590, Clément VII, par Couly Noylier 1 er (?). Dans le haut, encore deux assiettes par P. Reymond et trois grandes plaques par M. Didier et Poncet.

Dans les 2 vitrines du second rang, des vidrecomes allemands, une lampe de mosquée du xm e s. et des verres de Venise. Ensuite une collection de bois sculptés provenant de meubles. A l'opposé de la cheminée, encore 2 vitrines avec des verres -, dans celle de dr. aussi des verres de Venise, surtout les plats 4780 à 4782, à sujets peints, du xvi e s. , Dalila et Samson, Junon et Isis, la Naissance de Bacchus, et des verres gravés sur dorure, du xiv e s.; dans celle de g., des verres d'Allemagne, des Pays-Bas, etc. Entre les vitrines : *un coffre de mariage vénitien, du xvi e s.*

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un *retable allemand en enivre repoussé, du xn 6 s., et deux candélabres limousins du xm e s. Au mur, 6 grandes plaques d'émail sur cuivre, représentant des divinités et des allégories, par Pierre Courtey» , de l'ancien château de Madrid au bois de Boulogne (p. 143), les plus grands émaux connus (1 ut. sur 1 m. 66). Du côté des portes encore des meubles et des statues remarquables, des xv e -xvn« s.

4 e salle: *faïence8 hispano-moresques, à reflets métalliques, des xiv e -xvu e 8., et*faïences de Rhodes (Lindos), de la même époque, faites par des ouvriers persans ; quelques vases en bronze ; aux fenêtres, des vitraux anciens.

5 e salle : monuments du culte hébraïque, meubles, orfèvrerie, bijoux, manuscrits, étoffes brodées; cheminée du xv e s.

6 e salle: volet de triptyque de l'école flamande, de 1632, le donateur avec son patron et, au revers, un empereur délivrant une charte de fondation abbatiale; peintures italiennes des xv e et xvi e s. I* 6 vitrine, instruments de musique: psaltérion, mandolines, pochettes de maîtres à danser, violon d'Amati. 2 e vitrine, collection de coffrets. Contre le mur: au milieu, un cabinet florentin du xvn e s., décoré de mosaïques ; un cabinet flamand du xvi e s. ; 3 bureaux italiens du xvra e s., avec incrustations d'étain, et un cabinet vénitien du xvi e s., à incrustations, peintures et statuettes, représentant une façade de palais à coupole. Du côté des fenêtres , des armoires du xvi e s., etc.

7 e salle: meubles flamands du xvu e s. ; deux vases anciens de la Chine) à émail cloisonné; plafond peint du xvn e s.

8 e salle : grand lit à baldaquin du xvi e s. ; 1431, 1432, sur les côtés de ce lit, cabinets français du xvi e s. A dr. de la cheminée, 1424, armoiTe de l'abbaye de Clairvaux, du xvi 6 s. (Henri II). En face des fenêtres: 1426, 142, cabinets du xvi e s. Vitrine du milieu, manuscrits avec miniatures des xni e -xvi e s., en particulier des portraits de Christophe Colomb (n° 1817) et de Bernard Palissy (1818). Dessus, des statuettes et, 743, une Vierge en bois du xv e s. A la l re fenêtre : moules à pâtisserie des xvi e -xvm e s. A la 2 e fenêtre : râpes à tabac, du xvn e s. ; jeux de dames et de trictrac ; tabatières, poivrières, autres boîtes et casse- noisettes en bois, des xvi e et xvn e s.

9 e salle, surtout des ivoires. — l re vitrine de dr. : 1081, triptyque italien du xiv e s., des scènes de l'évangile; s. n°, olifau allem. du xi e s. à g., 1058, tau ou bâton pastoral en buis et en ivoire, du xiii e s.; à dr., 1088, fragment de triptyque du xiv e s. ; s. n°, plaque de reliure du ix e s. — 2 e vitrine de dr. : 1042, 1041, plaque à deux faces, à sujets mythologiques et chrétiens, des x e -xi e s. ; 1038, plaque de couverture de livre du x e s. : s. n°, plaque de diptyque consulaire du v° ou du vi e s. ; 1039, 1048, bas-reliefs du X e et des xi e -xn e s.; 1035, le Christ bénissant le mariage d'Othon II, empereur d'Allemagne, et deThéophano, fille de Romain II, empereur d'Orient (973) ; 1034, 1033, restes de boîtes du vi e s.; s. num., coffret byzantin du ix e s. et plaque de revêtement latine du vi e s. ; 1036 et s. n°, plaques du vii c s. — Grande vitrine: 1052, dans le haut, châsse de St-Yved,

222 Rive g. 9. PARIS. Muêee de Ckuny.

en ivoire, du xu e s. ; 1037, Vierge du x e s. ; 3 autres Vierges du xiv e et du xvii e s.; 1106, Ste Catherine, du xV^s.; 5296, 5297, au-dessous , têtes de lion en cristal de roche , du ui e ou du iv e s. ; 1032, divinité couronnée, de la même époque. Derrière: 1087, Vierge du xiv e s.; 1060, châsse décorée de 51 bas-reliefs tirés de l'Ane, et du Nouv. Testament, aussi du xiv e s. ; 1090, coffret du même genre et de la même époque; divers autres coffrets ; autel portatif allem. du xv e s., avec ivoires du xii e s. — i 1 * vitrine de g. : cornes à poudre, râpes, tabatières, couteaux et fourchettes à manches en ivoire, etc., du xvn e s. 2 e vitrine de g.: médaillons en cire et médailles. Du côté de l'entrée: 1461, 1462, meubles enébène sculptée, du xvn e s., et des parties de cabinets de la même époque (autres en face). Vitrine entre les deux meubles : ivoires et statuettes en bois ; s. n°, Adam et Eve, par Francheville (?), du xvn e s. ; 1153, à g., Manneken-Piss, par Duque$noy, auteur de celui de Bruxelles (1619); *1113, la Vertu châtiant le Vice, groupe attribué à Jean de Bologne, sur un cippe du xix e s.; dans le bas, 1056, 1057, coffrets vénitiens du xin e s. — l re fenêtre du côté du jardin : quenouilles et fuseaux sculptés, du xvi e s.; ceinture de chasteté. Entre les fenêtres et au mur du fond, 1458, 1457, des cabinets en ébène du xvu e s. Dans les vitrines sur les côtés, des statuettes, des bustes, des médaillons, des basreliefs en ivoire des xvi e -xvm e s. — l re fenêtre du côté de la cour: plaques en partie dorées d'un coffret de la fin du xv e s. et autres plaques aussi fort remarquables, quelques-unes découpées à jour et d'une très grande finesse, par ex. le n 1177, un tout petit diptyque du xvii e s., qui comprend 102 figures. Entre les fenêtres, 1079, oratoire des duchesses de Bourgogne, du xiV^s. — 2 e fenêtre: au milieu, s. n°, beau triptyque haut-relief du xiv e s.; 1062 et, à dr., 1063-1066, scènes de la Passion et légendes, du xiv 6 s. ; à dr. et à g., des diptyques ou feuillets de diptyques des xiv e et xv e s., avec des scènes bibliques; puis, 1055 et 1069-1073, des boîtes à miroirs du xrv e s.

10 e salle : ouvrages en fer, serrurerie, bronzes, etc.

l re vitrine du côté de la cour, serrures, heurtoirs, te., des xv e -xvn e s. ; coffret-éeritoire en fer damasquiné d'or et d'argent, dn xvnea. — 2 e vitr. : serrures, targettes, etc., des xrv e - xvni e s. — 3 e vitr. , au mur du fond, clefs. — 4 e vitr., au-dessus de la 3 e : 5112, corne à boire allemande du xve s. ; 5708, étrlers de François I er ; 5003, an-dessus, statuette de Ste Catherine de Bologne, du xvii** encensoirs, etc. — 1409, crédenee du xvi 6 s. etj dessus, s. n°, une 'statuette en bronze de Jeanne d'Arc du xv e s. 5114, miroir dans une monture en fer damasquiné de Florence, du xvi e s. —5 e vitr.: garniture d'une trousse de veneur du xvi e s. — 6° vitr., au-dessus de la 5 e : 5189, 5190, aiguière et bassin en étain, par Fr. Briot, et d'autres ouvrages du même genre; 5013, gobelet en argent du xvi® s., figuré par une femme en costume du temps. — 7 e vitr., du côté du jardin : plaques de serrures, verrous et heurtoirs du xvie g. — 8 e vitr. : plaquettes, bossettes de mors du xvi e s., tire -bouchons, pinces, etc., des xvii® et xvme a. — d® vitr. : 6599, ceinture de chasteté à double usage, ouvrage italien \ 7219-7221, cou-

Soirs à bétel, ouvrages orientaux. — 1271, sur une crédenee du xvi e s», as-relief en fer de la même époque, les Vierges sages, ouvrage italien. — 10 e vitr. : 'serrures et *clefs fort remarquables du xvi«s. — 11 e et 12* vitr.,

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à dr. et à g. de la cheminée, bronzes, surtout des statuettes. — La cheminée est du xvi e s. — 13 e vitr. , devant la cheminée, coffrets en fer. A dr. , mesures en bronze. A g. : chenet italien du xvi e s. , serpents du xvn e s. — 14 e vitr.: heurtoirs en bronze; verrou et serrure du xv e s. ; 6126, ceinture de supplice, etc. A g. et à dr. de la vitrine, des fonts en métal de cloche, du xiv° s., et une cuve baptismale en plomb, aussi du xiv e s. Autre côté de la vitrine: pentures de Notre-Dame de Paris, support de pot-au-feu et autres -, 5844, serrure de maîtrise; fers à repasser, etc. Sphère céleste italienne de 1602. *Bane d'orfèvre et ses accessoires, ouvrage allemand de 1565, à marqueteries et sculptures , les pièces en fer couvertes de ânes gravures; 6054, grand et beau coffre en fer forgé du xvii e s. Au plafond, une lanterne du xvi e s., aux armes de Lorraine.

11 e sallb, *orfèvrerie , etc. Vitrine à dr. en entrant du côté du jardin: riche collection de cuillers, de fourchettes et de nécessaires des xvi e et xvii e s.; ceintures, croix, collier de l'Ànnonciade et escarcelles de la même époque; trousses diverses. — Vitrine suiv., une nef en bronze doré et émaillé, garnie de figures mobiles: Charles- Quint (en or), sa cour, des musiciens, etc., avec des mécanismes pour faire partir les bouches à feu, etc. , très belle pièce du xvi e s. Autre vitrine : montres des xvn e et xvin e s., bagues diverses, du xv e s.; 5129, miroir (fermé) du xvi e s. ; 5278, portr. de François I er . Au mur: 5068, une crosse d'abbé du xvi e s.; 5069, une crosse du xvn e s. ; 5070, un insigne processionnel du xv e s., représentant un «miracle de la Ste-Hostie» arrivé à Paris en 1290; 5066, une crosse du xiv e s. Au même mur et en face , 6 tapisseries de Flandre du commencement du xvi e s.

Vitrine du milieu, **9 couronnes d'or trouvées en 1858 et 1860 à Guerrazar, près de Tolède, en Espagne. La plus grande, rehaussée de perles, de saphirs orientaux, etc., est, comme l'indiquent les lettres formant l'inscription, qu'on y aura ajoutée pour en faire un ex-voto, celle du roi Reccesvinthus, qui régna de 649 à 672; le n° 4980, celle de Sonnica, la reine (?). — l re vitrine de g. du côté du jardin : châsses du xv e s.; 5005, la rose d'or de Bâle, donnée par Clément V au prince - évéque de cette ville (xiv e s,); 5022 à 5029, reliquaires et ostensoirs du xv e s. — 2 ro vitrine du même côté : 5042 (num. der- Hère), à dr., croix double en cuivre doré, formant un reliquaire et richement ornée de filigranes et de pierres fines, très bel ouvrage de Limoges du xin e s.; *5044, croix processionnelle italienne très remarquable, du xiv e s., en argent repoussé, ciselé, doré et émaillé, ayant aux extrémités des statuettes de la Vierge, St Jean, St Pierre, la Madeleine, etc.; 5043, autre croix double, en filigrane d'argent doré , ornée d'une grande quantité de pierres fines , de perles et de pierres gravées antiques et présentant huit petits reliquaires, ouvrage de Limoges du xiu e s. ; 5025, 5026, 5007, châsses et reliquaire italien des xv e et xiv e s.; s. n°, monstrance ital. du xv e s.

A la l re fenêtre: *5299, jeu d'échecs en cristal de roche, dans le style allemand du xv e s. ; autres objets en matières précieuses , la plupart des xv e -xvn e s. — Entre les fenêtres: orfèvrerie d'église des xni-xvn e s. , en particulier, 5014, une Vierge-reliquaire en argent repoussé et doré, du xv c s., et quatre autres reliquaires du xv e s. —

224 Rive g, 9

PARIS. Mutée de Cluny

A la 2 e fenêtre: plusieurs torques et autres objets gaulois en or massif, trouvés près de Rennes en 1856; 4990, fourreau d'une épée mérovingienne montée en or, avec garde en bronze; 4989, insigne militaire mérovingien, en or, extrémité d'un ceinturon; 5280, boucle de ceinture du xvu e s.; 1040, couverture d'évangéliaire en ivoire, montée en filigrane d'or, du x e s., s. n°, coffret en filigrane d'argent doré, orné de perles et de pierres fines; 5041 , à dr., croix à double branche du xiii c s., en argent doré, rehaussée de pierreries, de filigranes et d'ornements en relief; *5103, à g. du coffret, prix de L'arbalète, en argent repoussé, doré, ciselé et gravé, ouvrage allemand de la fin du XV e s. ; 5076, grand fennail en argent doré et émaillé, ouvrage allemand du xrv e s., etc.

Vitrine au mur du fond, cachets français (armoiries) des xvn e et xviii 6 s. Puis un '"devant d'autel en or, à hauts-reliefs au repoussé, donné par l'empereur Henri II (972-1024) à la cathédrale de Bile, probablement l'œuvre d'artistes lombards. La tapisserie et le tapis, des xvi e et xvii e s., proviennent aussi de Bâle.

Vitrine voisine du côté de la cour : astrolabes, boussoles, horloges des xvi e et xvii e s.; trousse d'architecte allemand du xvi e s., etc. — Vitrine suiv. : figures d'applique et Cène en cuivre repoussé et doré, avec émaux, ouvrages de Limoges des xn e et xiii 6 s.; chauffemains des xm e et xvi e s. , châsse de Ste Anne par Hans Qreiff, de Nuremberg (1472); crosses d'abbés des xn c -xiv e s., etc.

On retourne sur ses pas jusqu'à la salle au lit à baldaquin (8 e ).

12 e salle, à dr. : autre lit à baldaquin, duxvn e s. ; à g. , une horloge-pendule astronomique anglaise du xvii e s. Sur la cheminée, 937, J.-C. bénissant le monde, statue par Duquesnoy. A la fenêtre, une collection de reliures des xvi e -xvin e s.

Ensuite la* chapelle, construction goth. d'un style très riche, avec un pilier au centre. A g., un grand retable flamand du xv e s. En face, des siège et stalles gothiques. A la place de l'autel, dans une m abside en encorbellement, une grande châsse en bois du xv e s. Devant, un lutrin en cuivre. Au fond, un Christ en bois sculpté de grandeur naturelle, du xn e s. ; des statues de la Vierge et de St Jean, provenant d'un calvaire italien du xui e s., et une porte en bois du xv e s.

Les Thermes, ou ruines des bains du palais des empereurs romains (p. 217), sont du côté du boul. St- Michel. On jugera des dimensions que devait avoir le palais par ces immenses salles de bains, dont l'une a 18 m. de haut, 20m. de long et 11 m. 50 de large. L'architecture en est simple, composée d'un appareil carré mêlé de chaînes de briques , mais elle est d'une solidité à toute épreuve, car il y a eu sur les voûtes au xvni 6 s. un jardin suspendu, dont le poids et l'humidité n'ont pas même entamé la maçonnerie. Les antiquités qu'on y voit offrent en général peu d'intérêt, A g. , une statue de l'empereur Julien , en marbre grec , trouvée à Paris. En face, là où était la piscine, une mosaïque gallo-romaine. Cette salle est l'ancien ftigidaritim ou bain froid; la partie en ruine du

Sorbonne.

PARIS

Rive g. 9. 225

côté du boulevard , maintenant sans voûte , était le tepidarium ou

bain chaud. — On ressort par la porte d'entrée du musée.

Le jardin ou square Cluny , où Ton n'entre que par la cour de

l'hôtel, renferme des sculptures provenant d'édifices, notamment un

portail roman de l'anc. église des bénédictins d'Argenteuil. Contre

l'hôtel, un moulage de la belle Vierge de Notre-Dame de Paris.

Le boul.St-Germain passe 300 m. plus loin à la place Maubert, où est le monument d'Et. Dolet (p. 230).

TH. Bu musée de Cluny au Panthéon.

Sorbonne. Collège de Franoe. Bibliothèque Bte- Geneviève. St-Etienne-du-Kont, eto.

En remontant la rue de la Sorbonne, en face de l'hôtel de Cluny, ou a devant soi les nouveaux bâtiments de la Sorbonne , du côté de la rue des Ecoles (façade, v. ci-dessous).

La «Sorbonne (pl. R. 19; V), bâtie en 1629, par Richelieu, pour la faculté de théologie de l'Université, mais entièrement reconstruite depuis 1885, sauf son église, est auj. surtout le siège des facultés des lettres et des sciences, les facultés de droit et de médecine ayant leurs locaux particuliers (p. 216 et 227).

La Sorbonne doit son origine à un collège fondé en 1353 par Robert de Sorbon y confesseur de St Louis et dont la réputation fit bientôt le eentre de renseignement de la théologie seolastique. Elle a exercé une influence considérable sur le catholicisme en France (église gallicane). Si elle a été l'ennemie acharnée du protestantisme, elle n'a guère moins vivement combattu les jésuites. Elle fut naturellement aussi l'adversaire des philosophes du xvm e s. et en butte à leurs sarcasmes, jusqu'au jour où la Révolution la supprima.

La Sorbonne, après avoir été, depuis 1808, le siège de l'université de France, par laquelle on entendait la direction supérieure de renseignement dans toute la France, est redevenue en 1896 le siège de l'université de Paris, les Académies de province devenant aussi des universités indépendantes. Les cours des cinq facultés sont fréquentés par environ 14000 étudiants. Ces cours sont gratuits et publics.

La Sorbonne, en reconstruction, sur les plans de Nénot, forme un vaste corps de bâtiment d'env. 250 m. de long sur 100 m. de large. Elle s'est considérablement agrandie au N. et au S. Au N., sur la rue des Ecoles, est une façade avec deux frontons, les Sciences et les Lettres, par Mercié et par Ckapu, et huit statues: la Chimie (à g.), par Injalbert; l'Histoire naturelle, par Cartier; la Physique, par Lefeuvre; les Mathématiques, par Suchetet; l'Histoire, par Cordonnier; la Géographie, par Marqueste; la Philosophie, par Longepied, et l'Archéologie, par Paris.

Dans le vestibule du même côté des statues d'Homère et d'Archimède, par Delaplanche et par Falguitre. Au milieu se trouvent l'entrée principale et l'escalier des tribunes du grand amphithéâtre, qu'on visite le dim. de 10 h. à 1 h. et le jeudi de 11 h. à 2 h. et qui sert assez souvent à des réunions ou des solennités. Le vestibule du haut est orné de peintures murales, à dr. de la porte principale, par Flameng; à g., par Chariran. Les premières, relatives aux Lettres, représentent: la

Bœdeker. Paris. Inédit. 15

226 Iiive g. 9.

PARIS

Collège de Fr.

Fondation de la Sorbonne, Abélard et son école, l'Installation de la première imprimerie à la Sorbonne, Et. Dolet. Amyot, Ronsard, Marot, Rabelais, Ramns. la Boëtie, Brantôme, Budé, 1 Estoile et Montaigne, Richelieu posant la première pierre de l'église de la 8orbonne, le Reeteur de la Sorbonne et Henri IV, Laroehefoueauld, Roi lin, principal du collège de Beauvais (à Paris), Quinet, Willemain, Ouizot, Michelet, Cousin et Renan. À côté, une statue de la République, par Delhomme. La 2 € série de peintures, relatives aux Sciences, commence aussi à la porte: Louis IX étudiant les mathématiques, Ambroise Paré pratiquant la ligature des artères , Bern. Palissy enseignant la minéralogie, Buffon, de Jussieu et Daubenton, Pascal et Deseartes, Lavoisier et Bertholet, Cuvier, Laënnec (auscultation), Arago. — Le grand amphithéâtre^ qui peut contenir 3500 personnes, a dans le fond une grande peinture par Puvis de Chavannet, le Bois sacré; à la eoupole, des peintures décoratives par Galland et tout autour six statues : Sorbon, par Crauk ; Richelieu, par Lanton ; Descartes, par Coutan ; Pascal, par Barriaê; Rollin, par Chaplain, et Lavoisier, par Dalou. D'autres salles, non publiques, ont des peintures pirBenj. Confiant^ Wencker^ Ltrolie, Ceuin, Raph. Collin, VHermitte, Roll et Jobbé-Dutal.

L'église de la Sorbonne, qui a son entrée ordinaire sur la place du même nom, est la seule partie ancienne qui ait été conservée. Elle a été construite sous le cardinal de Richelieu, de 1635 à 16Ô9 et elle a un dôme remarquable. A l'intérieur, à g. de rentrée, un grand tableau de Nic.-Aug. Hesse, Robert de Sorbon présentant à St Louis de jeunes élèves en théologie ; à dr. , le tombeau du duc de Richelieu (m. 1822), ministre de Louis XVIII. Plus loin, dans le bras dr. du transept, le *tombeau du cardinal de Richelieu, en marbre, par Girardon (1694), d'après Lebrun, avec le défunt soutenu par la Religion et la Science dans l'attitude de la douleur, cette dernière statue particulièrement remarquable. Derrière, une grande peinture murale par Timbal , la Théologie. A la coupole, des pendentifs par Phil. de Champaigne. Dans l'autre bras du transept, le Christ à la colonne, marbre par Ramey fils, etc.

Il y a à dr. de l'église, dans la Sorbonne, pour laquelle on a aup-

{>rimé là une rue, un passage public menant de l'autre côté, en face du ycée Louis-le-Grand (v. ei-dessous).

Devant l'église est la petite place de la Sorbonne et au delà,

boul. St-Michel, le lycée St-Louis, construit par Bailly, remplaçant

le collège d'Harcourt, qui fut fondé en 1280.

Plus haut, à dr. du boulevard, la petite place Médicti, près du jsrdin du Luxembourg (p. 246), où doit être érigée la statue de Pasteur (p. 272 ) % par Falgnière, et d'où part la rue Soufflot, menant au Panthéon (p. 237).

Derrière la Sorbonne, à g., du côté de la rue des Ecoles, se trouve le Collège de France (pl. R. 19; V), fondé en 1530 par François I er , rebâti de 1611 à 1774, restauré et agrandi en 1831. Ce n'était d'abord qu'un simple collège, dit «collège des trois langues», mais c'est aujourd'hui un local où se font des cours supérieurs, sur toutes sortes de matières. Ces cours, publics et gratuits, à la portée de tous, sont spécialement fréquentés par les hommes faits et aussi par les dames. Le Collège de France compte 40 chaires. Il ne dépend pas de l'Université, mais il relève directement du ministère de l'instruction publique. Devant la façade, rue des Ecoles: Claude Bernard

Panthéon.

PARIS

Rive g. 9. 227

(1813-1878), le physiologiste, bronze par Guillaume; dans le parterre, le Dante (1265-1321), bronze par Aube"; dans la cour du côté de la rue St-Jacques, Bude (1467-1540), l'érudit auquel est due en partie la fondation du Collège, par L. Bourgeois.

Il ne serait guère possible de nommer tous les professeurs célèbres qui ont oeeupé les principales chaires du Collège de France; en voici quelques-uns, depuis le commencement de ce siècle: Lalande et Delambre, astronomes; Corvisart, médecin; Vauquelin, chimiste; Silv. de 8aey, orientaliste; Legouvé et Andrieux, littérateurs; Thénard, chimiste; Ampère, physicien; Abel Rémusat, sinologue; Magendie, médecin; Barthélemy-St- Hilaire, philosophe et érudit; Michelet, historien; Regnault, physicien; Pelouze, chimiste; Nisard, Philarète Chasles et Qui net, littérateurs; Jos. Liouville, mathématicien; Stanislas Jullien, sinologue; Laboulaye, jurisconsulte; Hich. Chevalier, économiste; Claude Bernard et Flourens, naturalistes; Ste-Beuve, littérateur; Jos. Bertrand, mathématicien; Renan, philologue; Berthelot, chimiste, etc, etc.

La rue des Ecoles passe plus loin au square Monge (p. 330) et aboutit derrière la halle aux vins, non loin du Jardin des Plantes (p. 247).

Nous montons maintenant, à dr. du Collège de France, la vieille rue St-Jacques. A dr., les vastes bâtiments neufs de la Sorbonne, avec la tour de son observatoire. A g., ceux du lycée LouU-le- Qrand> jadis le collège de Clermont des jésuites, reconstruit de 1887 à 1896 par le Cœur. Plus haut à g., Y Ecole de droit, agrandie de ce côté de 1892 à 1897 et qui s'étend jusqu'à la place du Panthéon. Nous arrivons ensuite à la grande rue Soufflot, qui mène du jardin du Luxembourg (p. 245) au Panthéon.

Le ♦Panthéon (pl. R. 19; V) est bâti à l'endroit le plus élevé de la rive g., sur l'emplacement du tombeau de Ste Geneviève, patronne de Paris (422-512), où il y eut d'abord une chapelle , puis une église (v. p. 230). Il a été construit de 1764 à 1790, sur les plans de Soufflot. On le dédia aussi à Ste Geneviève, mais la Constituante le convertit en 1791 en un «Panthéon » destiné à la sépulture des grands hommes, comme l'indique son inscription ; puis il fut rendu au culte, en 1806; retransformé en temple à la révolution de 1830, en église en 1851 et désaffecté de nouveau en 1885,

pour les obsèques de Victor Hugo.

H est ouvert au publie tous les jours, excepté le lundi, de 10 h. à 4 h. en hiver et 5 h. en été, mais il faut pour monter au dôme et pour visiter les caveaux, une carte de l'administration des Beaux- Arts, rue de Valois, 3, au Palais-Royal, à laquelle il faut la demander par écrit.

Le Panthéon est un temple imposant en forme de croix grecque, de 112m. de long sur 84 de large, ayant au milieu un dôme de 83 m. de haut et plus de 23 m. de diamètre. Ce dôme repose sur un haut tambour entouré d'une colonnade corinthienne, et il est surmonté d'une lanterne qui a elle-même un petit dôme. La façade est formée par un portique colossal de 22 colonnes corinthiennes cannelées , hautes de 25 m. , dans le genre de celui du Panthéon de Rome. Le * fronton , de 36 m. de long sur 7 de haut, a été sculpté par David d'Angers. La figure principale, haute de 5 m., représente la France distribuant des couronnes à ses enfants.

228 Rive g. 9. PARIS. Panthéon.

A g., sous la protection de la Liberté : Malesherbes, Mirabeau, Monge et Fénelon; Manuel, député ; Camot, le conventionnel; Berthollet, chimiste, et Laplace, astronome. Au 2 e rang: L. David, peintre; Cuvier, La/ayette, Voltaire, Rousseau et Bichat, médecin. A dr., à côté de l'Histoire, des soldats de la République et de l'Empire, dont un portrait, Bonaparte. Dans les angles, des étudiants et des élèves de l'Ecole Polytechnique.

Sous le portique, deux groupes de marbre par Maindron : Ste Geneviève, priant Attila, chef des Huns, d'épargner la ville de Paris, et le Baptême de Clovis par St Remi.

Intébieub. — On pénètre dans ce temple majestueux par trois belles portes en bronze. De chaque côté des nefs règne une colonnade d'ordre corinthien , formant une galerie latérale dont le pavé est plus élevé (attention aux marches en examinant les peintures) et supportant une tribune. Dans le plan de Soufflot, le dôme devait être moins élevé et reposer sur des colonnes; J. Rondelet, qui lui succéda en 1781 , remplaça ces colonnes, trop faibles avec le tambour, par des piliers, qui nuisent naturellement à l'effet générai de la nef. Le dôme se compose de trois coupoles superposées, dont la seconde a des peintures par Qros, Ste Geneviève recevant les hommages des rois de France. Celles des pendentifs, par Carvalho, d'après Gérard, représentent la Mort, la Patrie, la Justice et la Gloire.

Le Panthéon est décoré de peintures et de sculptures qui en font une sorte de temple national. Dans la nef: à la grande porte, des statues de St Denis, par Perraud, et de St Remi, par Cavelier ; à dr., la Prédication de St Denis, peinte par Qaland; l'Enfance de Ste Geneviève, par Puvis de Chavannes, dans le genre archaïque et anémique propre à l'artiste, qui fait que la décoration manque d'unité -, à g., le Martyre de St Denis, par Bonnat; Attila et Ste Geneviève, par Delaunay. Au-dessus de ces compositions et des suivantes, d'autres plus petites, qui les complètent, ici des saints de France. Aux premiers piliers, à g. et à dr., des statues de St Martin, par Cabet et Becquet, et de St Germain, par Chapu. Dans le bras dr. du transept, à dr., le Couronnement de Charlemagne et Charlemagne restaurateur des lettres et des sciences, par //. Lévy; au fond, un pèlerinage à Ste Geneviève et une procession avec sa châsse, par Maillot, plus une tapisserie des Gobelins , « Gratia Plena » ; à g., le Baptême de Clovis et son Vœu à la bataille de Tolbiac, par Blanc. A dr. du chœur, la Mort de Ste Geneviève, par J.-P. Laurens, et une statue de la sainte, par Guillaume. Au pilier en deçà, des statues de St Grégoire de Tours, par Frimiet, et de St Bernard, par Jouffroy. Les peintures du côté g. doivent encore être par P. de Chavannes et peut-être relatives à Ste Geneviève. Dans l'abside, un modèle de statue colossale de la Liberté (?), par Falguière. A la voûte, une mosaïque par Hébert, le Christ montrant à l'ange de la France les destinées de son peuple. Dans le bras g. du transept: à g., St Louis rendant la justice, fondant la Sorbonne, fondant les Quinze-Vingts et prisonnier des Sarrasins, par Cabanel; à dr., Jeanne d'Arc à Domremy, à Orléans, à Reims et à Rouen, par Lenepveu ; au fond, les Grandes femmes de France, par Humbert, et une tapisserie des Gobelins, «Pro Patria». Contre les piliers, des statues de St Jean de Matha, par Hiotte, et de St Vincent de Paul, par Falguière.

L'escal ï er du dôme (425 marches) est dans le bras g. du transept. On gravit d'abord 139 marches jusqu'à la toiture, puis 192 jusqu'à la première coupole, au centre de laquelle est une ouverture de 7 m. C'est de là seulement qu'on peut voir les peintures de la deuxième, par Gros (v. ci-dessus). — Restent encore 94 degrés à gravir pour arriver au sommet de l'édifice, dans la lanterne. Le panorama

Panthéon. PARIS. Rive g. 0. 229

qu'on a de là est moins beau que celui de Notre-Dame, parce qu'on n'est pas au centre de la ville.

L'entrée des caveaux, qui ne sont guère curieux, est à g. dans le fond du temple. On y voit d'abord, à g., un cénotaphe de mauvais goût érigé à J.-J. Rousseau (1712-1778). De l'autre côté, à dr. , le monument bien simple de l'architecte Soufflot (1713-1781); à g., celui de Voltaire (1694-1778), avec sa statue d'après Houdon. On vous montre ensuite, sous le bras g. du transept, un modèle de l'édifice. Plus loin à g., un caveau où sont maintenant les restes du conventionnel Lazare Camot (1763-1823), du général Marceau (1769-1796), du fameux grenadier la Tour d'Auvergne (1743- 1800), du représentant du peuple Baudin (1811-1851; p. 199) et du président Car»o< (1837-1894). Ensuite Victor Hugo (1802-1885). Puis le maréchal Lannes (1769-1809), le mathématicien Lagrange (1736-1813), le marin Bougainville (1729-1811) et des sénateurs du premier empire, maintenant oubliés: leurs tombeaux n'ont rien de curieux. On sort à l'O. près du grand portail (pourb. à volonté).

Vis-à-vis du Pantbé*on, à dr. en sortant, la partie ancienne de

VEcole de droit, commencée par Soufflot en 1771 (v. p. 221), De

l'autre côté , la mairie du V e arrondissement, bâtie en 1849 , et la

statue de J.-J. Rousseau (1712-1778), bronze par P. Berthet (1889).

Plus à g., la rue d'Ulm, où se trouve, n°45, VEcole Normale Supérieure (pl. G. 19; F), fondée en 1794, pour former des professeurs de lycées et qui a fourni quantité d'écrivains et de savants. Les bâtiments actuels datent de 1845. Environ 130 élèves. 3 années d'études. Près de là, le Val-de-Orâce (p. 270).

La bibliothèque Ste - Geneviève , long édifice au N. de la place du Panthéon , a été construite de 1843 à 1850 par H. Labrouste. Sur les murs sont inscrits des noms d'écrivains célèbres.

La bibliothèque Ste - Geneviève compte 35 000 manuscrits , du xi e au zyii 6 s. (au rez-de-chaussée), dont une partie ornés de belles miniatures; beaucoup d'incunables ou d'ouvrages remontant à la première époque de l'art typographique (fin du xv e s.); env. 25000 estampes et des curiosités, par ex. un portrait de Marie S tu art donné par elle à l'abbaye de Ste-Qeneviève. Le département des imprimés compte env. 200000 vol., parmi lesquels il y a une collection presque complète d'aides, ouvrages sortis des presses des Manuce (Aide et Paul) , célèbres imprimeurs vénitiens des xv e et xvi e s., et des collections aussi très remarquables d'elzévirs (xvi e et xvn e s.) et de la plupart des publications périodiques des xvu e et xvm e s.

Dans le vestibule, des bustes de grands écrivains français; dans l'escalier , celui de Gering, qui fonda à la Sorbonne la première imprimerie française, en 1469; au-dessus, une copie de l'Ecole d'Athènes de Raphaël, au Vatican, par P. Balte; sur les côtés, des médaillons représentant la Science et l'Art, la Théologie et la Jurisprudence, aussi par Balte , et des bustes de Laroehefoucauld et Labrouste. A l'entrée de la salle de lecture, derrière le gardien, une belle tapisserie des Oobelins, l'Etude surprise par la Nuit, d'après Balze.

La *salle de lecture, au premier, de 100 m. de long sur 20 de large et 13 de haut, est très artistement construite. Elle est à deux nefs, les voûtes supportées par 17 nervures en fer et soutenues au milieu par 16 colonnes fort légères. 420 personnes peuvent travailler dans cette salle.

La bibliothèque est publique tous les jours, sauf durant les vacances (l ep -15 sept.) , de 11 h. à 4 h. et plus tard de 6 h. à 10 h. Le soir, elle est presque uniquement fréquentée par des étudiants. En principe, on ne communique pas alors les manuscrits ni les ouvrages de prix. Cette

230 Rive g. 9.

PARIS

St -Etienne- du -M.

bibliothèque est celle de Paris qui a le plus de périodiques à la disposition des lecteurs, près de 300, mais peu d'étrangers.

*St-Etienne du-Mont (pl.R.22; V), qui s'élève presque derrière

le Panthéon, est une église de la dernière période du style goth.,

avec un portail original de la renaissance: elle date de 1517-1620.

A g. du portail est une tour carrée flanquée d'une tourelle ronde,

probablement d'une construction plus ancienne.

Ixtbribue. Les piliers, ronds et sveltes, sont reliés à m î -hauteur par une galerie. De leurs chapiteaux s'élancent, comme des rameaux, des nervures qui se recourbent en pendentifs sous les voûtes. Le chœur est précédé d'un *jubé d'une grande élégance, par Biard (1600-1606). La chaire, par Lestocard, sur les dessins de Lahire, est décorée d'une foule de statuettes et supportée par un Bamson. La plupart des tableaux sont du xvm e s., mais il y a aussi quelques peintures modernes. Les verrières, restaurées de nos jours, datent de 1568; on les attribue à Pinaigrier. La 5 e chap. à dr. a un 8t-8épulcre avec figures de grandeur naturelle, en terre cuite, de la fin du xvi e s. Plus loin, à dr. du chœur, trois grands tableaux, deux ex-voto de Paris à 8te Geneviève , par Largillière (1696) et de Troy (1726), et la Lapidation de St Etienne, par A, de Pujol. La 2 e chap. du même côté, richement décorée, renferme le tombeau de Ste Geneviève , patronne de Paris (422-512). La fête de la sainte se célèbre toujours par une sorte de pèlerinage, du 2 au 11 janvier. Dans la 2 e chap. à g. du chœur, le Martyre des dix mille soldats sous Maximien, peinture murale du xv* s.

La tour carrée romano - ogivale à dr. de St-Etienne fait partie

du lycée Henri IV, ancien lycée Napoléon, qui est séparé de l'église

par la rue Clovis ; c'est un reste de l'abbaye Ste-Geneviève.

Presque derrière St-Etienne, au N.-E., est V Ecole Polytechnique (pl. R. 22; F), fondée par Monge en 1794. Elle prépare aux services de l'artillerie, du génie, de la marine, du corps des ingénieurs hydrographes, des ponts-et-chaussées et des mines, de l'état-major, de l'administration des tabacs et des télégraphes. Les bâtiments n'ont rien de remarquable. 220 à 250 élèves. 2 années d'études.

De l'autre côté de l'école, la rue Monge, qui relie le boul. St- Germain à l'avenue des Oobelins (arènes de Lutèce et place Monge, p. 25Ô). Dans le voisinage, à l'angle de la rue Monge et de la rue des Ecoles, le square Monge, décoré de statues en bronze de Voltaire d'après Houdon et de Fr. Villon par Etcheto , de deux statues en pierre de l'ancien hôtel de ville, etc.

Plus bas encore, à dr. de la rue Monge, Y église St- Mcolas-du- Chardonnet, de la fin du xvn e s. Puis le boul. St-Germein et, à g., la place Maubert, avec là statue d'Et. Dolet, imprimeur qui y fut brûlé en 1546, sous François 1 er , comme coupable d'impiété et d'athéisme. C'est une statue moderne, en bronze, par Guilbert, avec un haut -relief et deux bas -reliefs, Paris relevant la Libre- Pensée,

l'Arrestation et l'Exécution de Dolet.

En continuant de suivre le boul. St-Germain à g., on se retrouve au boul. St-Michel. Tout droit par la rue Lagrange, on descend à Notre- Dame (p. 212) en passant derrière St-Julien-le-Pauvre (p. 216). A dr., le boul. St-Germain va aux quais du côté du Jardin des Plantes (p. 248).

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