I. Institut. H6tel des Monnaies. Ecole des Beaux-Arts
Ce chapitre comprend plusieurs musées et ou devra non seulement choisir son jour pour tout voir en même temps, mais encore commencer par les choses visibles plus tôt. On ne pourrait voir tous les musées que le mardi ou le vendredi. Celui des Beaux-Arts n'est public que le dimanche. Le musée monétaire n'est particulièrement intéressant que pour les personnes compétentes. — Déjeuner près du Luxembourg (p. 11 et 13).
Le pont des Arts (pl. R. 20 5 / F), entre le Vieux Louvre et l'Institut, est une grande passerelle qui ne sert qu'aux piétons. 11 a été construit de 1802 à 1804 et ainsi nommé parce que le Louvre s'appelait alors le «palais des Arts». On y a de beaux coups d'oeil.
L'Institut ^st l'édifice à coupole assez lourd qui s'élève sur la rive g. en face du Louvre , à l'extrémité de ce pont. Sa façade en hémicycle est flanquée de pavillons à arcades et présente un péristyle d'ordre corinthien. Sur le devant, une statue de la République, par Soitoux> d'un beau type classique, de 1848 ou 1850.
Le cardinal Mazarin avait, dans son testament, destiné une somme considérable à l'établissement d'une maison d'éducation pour les jeunes gens des provinces nouvellement annexées à la France, c'est-à-dire du Roussillon, de Pignerol, des Flandres et de l'Alsace. L'édifice fut construit au milieu du xvn e s., à la place qu'avait autrefois occupée le fameux hôtel de Nette, où, selon une tradition, Marguerite de Bourgogne, femme de Louis X, attirait de jeunes étrangers, qu'elle faisait assassiner et jeter a la Seine, après avoir passé avec eux une nuit dans la débauche. L'établissement s'appela d'abord collège Mazarin, mais le peuple le nomma collège des Quatre- Nations. La Convention le donna aux Académies et le nomma palai* de l'Institut,
L' Institut se divise en Académie Française, Académie des inscriptions et belles-lettres, Académie des sciences, Académie des beaux-arts et Académie des sciences morales et politiques. Elles comptent chacune 40 membres ordinaires, excepté l'Académie des Bciences, qui en a 66, et, sauf l'Académie Française, elles ont de plus des membres libres , des associés étrangers et des correspondants. Leurs séances annuelles sont publiques (v. ci-dessous).
La titre de «membre de l'Institut* est le plus élevé auquel aspirent en Franee l'homme de lettres et le savant; les Académies se composent donc d'hommes éminents, de célébrités littéraires et scientifiques. La grande séance solennelle , qui réunit les cinq Académies, a lieu le 25 octobre. Pour assister à cette séance et aux séances annuelles, qui sont très suivies, il faut des cartes d'entrée qu'on obtient au secrétariat, et pour avoir alors une place, il faut faire queue longtemps d'avance ou envoyer un commissionnaire à sa place. — L'Institut distribue tous les ans un grand nombre de prix, quelques-uns très importants et dont nous mentionnons les principaux.
V Académie Française est surtout charge'e de réviser le Dictionnaire de la langue française, dit de l'Académie, et de rédiger le Dictionnaire historique de la langue française, ainsi que de décerner des prix fondés dans le but d'encourager les lettres ou la vertu. De ce nombre sont les deux prix Montpon, maintenant chacun de 19000 fr., le premier pour le
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Institut.
Français qui aura accompli dans Tannée l'action la plus vertueuse, prix ordinairement partagé entre un grand nombre de personnes, et le second pour l'ouvrage littéraire le plus utile aux mœurs, publié au Plus depuis deux ans. Il y a ensuite un prix Oobert t de 10000 fr., pour rouvrage le plus éloquent sur l'histoire de Franee, etc. Séance ordin. le jeudi, de oh. à 4 h. l/si annuelle en novembre.
L'Académie des inscriptions et belles -lettre s a pour objet l'étude des inscriptions, des médailles, des monuments, des antiquités, des langues anciennes et orientales, etc. Elle publie des Mémoires. Prix Qobert* de 10000 fr., pour l'ouvrage le plus savant sur l'histoire de Franee, etc. Séance ordin. le vendr., de 3 h. à 5 h. ; annuelle en novembre.
L'Académie des sciences s'occupe des sciences mathématiques et des sciences physiques. Publications: Mémoires et Comptes-rendus des séances. Prix Bréant, de 100000 fr., à décerner pour la guérison non encore trouvée du choléra asiatique, les arrérages étant provisoirement partagés entre ceux qui se sont fructueusement occupés de la question. Séance ordin. le lundi, de 3 h. à 5 h. \ annuelle en décembre.
L'Académie des beaux-arts s'occupe de peinture, de sculpture, d'architecture et de musique. Elle publie un Dictionnaire. Divers prix aux artistes et architectes. Séance ordin. le sam., de 3 h. à 5 h. ; annuelle en oetobre.
L'Académie des sciences morales et politiques s'occupe de philosophie, de morale, de législation, d'économie politique, de statistique et d'histoire. Elle publie des Mémoires. Divers prix spéciaux. Prix Camot % de 15000 fr., à répartir ehaque année entre 75 veuves d'ouvriers chargées d'enfants. Séance ordin. le sam., de midi à 2 h.; annuelle en décembre.
Il y a en outre le prix Jean Jieynaud , de 10000 fr. , distribué alternativement par chaque Académie à l'ouvrage le plus méritant produit pendant une période de 5 ans.
Il existe une autre Académie importante, qui toutefois ne fait pas partie de l'Institut, l'Académie de médecine. Son siège est rue des Sts-Pères, 49, au coin du boul. St-Germain , dans l'anc. chapelle des Frères de la Charité, du xvn e s., mais il va être transféré rue Bonaparte, 46. Elle distribue aussi quantité de prix, dans sa séance publique annuelle, à la mi-décembre, et elle a depuis 1896 à sa disposition le prix Audiffred^ de 24000 fr. de rente, pour la personne qui trouvera uu remède efficace eontre la tuberculose.
Sur les petites places à l'O. et à l'E. de l'Institut, les statues de Voltaire (1694-1778) et de Condorcet (1743-1794), en brome, par Caillé et par J. Perrin.
Les cours de l'Institut, à g. du dôme, serrent de passage public.
A dr. de la première est la salle des séances solennelles, dans l'anc.
chapelle, sous le dôme. Le vestibule et la salle même sont décorés
de statues d'écrivains, de savants et d'artistes français. De l'autre
côté de la cour, la bibliothèque Mazarine, publ. tous les jours de la
sem., de 11 h. à 4 ou 5 h. Elle compte plus de 300000 vol. et 5800
manusc, et elle renferme 80 modèles en relief des monuments pélas-
giques de l'Italie, de la Grèce et de l'Asie Mineure, ainsi que
plusieurs œuvres d'art antiques. Vacances du 15 sept, au 1 er octobre.
Dans la seconde cour sont les salles des séances ordinaires et la
bibliothèque de l'Institut , qui n'est pas publique.
A l'Institut aussi se trouve, dans le pavillon près de la statue de Voltaire, le petit musée de Mme de Caen y qui n'est pas public, mais qu'on peut voir en le demandant, rue de Seine, 1. La comtesse de Caen (m. 1870) ayant légué la plus grande partie de sa fortune pour des pensions aux jeunes artistes «prix de Rome*, à la condition qu'ils contribueraient par une œuvre à la formation d'un musée spécial, ce musée comprend déjà un certain nombre de tableaux, de seulptures et d'ouvrages d'architectes.
Monnaie
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L'hôtel des Monnaies ou la Monnaie (pl. R. 20; IV), le long bâtiment à g. de l'Institut et près du Pont-Neuf (p. 211) , a été construit de 1771 à 1775. La façade présente au milieu un avant-corps avec colonnade d'ordre ionique, surmontée des statues de la Paix, l'Abondance, le Commerce, la Force, la Prudence et la Loi.
Il y a à l'hôtel des Monnaies un musée mone'taire, qu'on visite avec une autorisation du directeur, les mardi et vendr. de midi à 3 h. Cette autorisation , qu'il faut demander par écrit, est valable pour 4 ou 5 personnes et sert en même temps pour la visite des ateliers.
Musée. — L'escalier à dr. en entrant conduit aux salles du musée.
Dans le vestibule , les matières premières pour la fabrication des monnaies. — A dr. du vestibule, dans un cabinet, une vitrine avec des monnaies antiques et des armoires avec des médailles. Dans le cabinet du côté opposé , des spécimens de timbres-poste. — Les vitrines de la salle principale renferment une collection de monnaies françaises, classées par ordre chronologique, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, les plus nombreuses datant des règnes de Louis XIV et de Louis- Philippe; une collection de monnaie» étrangères de tous les pays et des médailles frappées en différentes circonstances. Les séries commencent à g. ; les monnaies sont au milieu et les médailles près des fenêtres. — Plus loin, dans un couloir, des essais d'argent; puis une salle avee des modèles d'instruments et de fourneaux pour le monnayage. — Dans la salle suivante, des crins de monnaies et, dans des armoires, les médailles du consulat et de l'empire. Il y a aussi un modèle, au Vî4 e * et des reproductions en cire de la colonne Vendôme, qui permettent de voir en détail les bas-reliefs de cette colonne; un buste de Napoléon 1 er par Canova et un masque de l'empereur moulé après sa mort; des modèles d'anc. balanciers et uue belle collection des modèles et types des œuvres des graveurs contemporains.
Les ateliers, avec leurs machines à vapeur , leurs fourneaux et leur outillage, méritent d'être vus. On ne visite que la partie où se fabriquent les pièces d'argent: fonderie, laminage, découpage et monnayage, et les ateliers de la fabrication des médailles. Les machines à frapper la monnaie , inventées par Thonnelier, sont fort ingénieuses, et il ne faut pas une seconde pour frapper complètement une pièce de monnaie. Une machine seule en frappe 60 à la minute et toutes ensemble peuvent produire plus de 2 millions de francs en une journée. Ces ateliers travaillent même pour divers Etats étrangers. C'est aussi à la Monnaie que sont essayés et poinçonnés les articles d'orfèvrerie en or et en argent. Dans l'atelier du
monnayage se voit une statue en marbre de la Fortune, par Mouchy.
Il y a eu autrefois un grand nombre d'ateliers monétaires en France, jusqu'à 18 sous Napoléon I er , et les produits de ceux qui sont supprimés depuis longtemps sont naturellement recherchés par les numismates. Chaque atelier a sa marque dans l'exergue du revers, ordinairement une lettre: A, Paris; £, Rouen; Cet L, Gênes; Z>, Lyon; 0, Genève; H t la Rochelle ; 7, Limoges ; K y Bordeaux ; L, Bayonne ; M y Toulouse ; Q, Perpignan ; £,Rome; r, Nantes; L\ Turin; Lille; AM entrelacés, Marseille; BB, Strasbourg; un mât avee oriflamme, Utrecht. Les pièces les plus rares sont naturellement celles de Gênes, Genève, Rome, Turin et Utrecht.
Nous revenons du côté de l'Institut et nous tournons dans la deuxième rue à g., la rue Bonaparte, où est, n° 14,
L'Ecole des Beaux-Arts, dite aussi palais des Beaux-Arts (pl.R. 17-20; IV). Elle est ouverte au public les dim. (pas les fêtes) de midi
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Ecole des Beaux -Arts.
à 4 h., mais on peut aussi la visiter dans la sem. de 10 h. à 4 h., en s'adressant au concierge, qui vous fait accompagner par un gardien (pourb.). Il y a un musée de copies très important, qui complète heureusement ceux du Louvre, pour la sculpture et la peinture, quand on ne connaît pas les originaux dispersés à l'étranger. L'école proprement dite, fondée en 1648, a pour objet renseignement de la peinture, de la sculpture, de l'architecture et de la gravure. Les élèves qui obtiennent un grand prix sont envoyés à Rome et pensionnés par l'Etat pendant quatre ans. Les œuvres qu'ils envoient de là sont exposées ici sous le nom de «grands prix de Rome». Cette haute école compte env. 40 professeurs et plus de 1200 élèves de toutes les nations, dont env. les trois quarts internes.
Le palais a été bâti de 1820 à 1838 par Debret, puis par Duban, à la place qu'occupait autrefois le couvent des Petits- Augustins. Depuis lors , il s'est agrandi d'une aile avec façade sur le quai Malaquais, construite aussi par Duban, de 1860 à 1862, et en 1885, pour les ateliers, de l'ancien hôtel Chimay, à côté de cette aile, là où est la légende de notre plan.
La l re coub, à l'entrée de laquelle sont des bustes de P. Puçet et N. Poussin , par Chrétien , renferme des fragments d'architecture, restes du musée des Monuments, fondé à l'époque de la Révolution par Alex. Ltnoir , avec ce qu'on avait pu sauver des églises et des châteaux détruits alors. Ce musée fut supprimé en 1816, et les objets retournèrent pour la plupart à leurs anciens propriétaires. Au milieu de la cour est une colonne corinthienne , en marbre rouge jaspé, surmontée d'une statue de l'Abondance, en bronze, du xvi e s. A g., au mur, une fresque inaltérable, sur lave, parles frères Balte, d'après la fresque de la Magliana de l'école de Raphaël (p. 106). A dr., le célèbre portail du château d'Anet, que Henri II fit construire en 1548 pour Diane de Poitiers , par Phil. Delorme et Goujon, actuellement l'entrée de l'anc. chapelle conventuelle (v. ci - dessous). Au fond, la façade de Gaillon dont il sera reparlé p. 235.
L'ancienne chapelle renferme une partie du musée des copies, des reproductions des meilleures œuvres de sculpture et de peinture de la renaissance, surtout d'œuvres italiennes. Il y a des étiquettes.
Dans une sorte de vestibule: au-dessus de la porte, des copies de fresques de Oiotto à Santa Maria deir Arena de Padoue et d'un Calvaire de VAngclico; à dr. et à g., la Bataille d'Héraclius contre les Perses par Piero délia Francisco et la Bataille de Constantin par Jules Romain. Ensuite quantité de moulages et d'autres copies de tableaux. Parmi les moulages, on remaroue : à dr., l'anc. chaire de la cathédrale de Pise, par Oiov. Pisano (1302-1311); de nombreux bustes, bas-reliefs et médailles, le grand candélabre à sept branches de la cathédrale de Milan (xvi« s.), le St Georges d'Or- S. -Michèle à Florence, par Donatello (1388-1466); le monument funèbre de Fil. Decio, par Stagio Siagi (vers 1530) ; St Jean-Baptiste, par Ben. da Majano (1442-1497), des Enfants de Desiderio da Settignano. Dans une petite chapelle latérale: au milieu, Adonis mourant, la Vierge et l'Enfant; sur les côtés, de dr. à g., Moïse, les Esclaves, les mausolées de Julien et de Laurent de Médieis, la Descente de croix, le Christ, la Madone de Bruges, le Bacchus, la Pietà, le Cupidon, etc., tous de Michel-Ange; les portes du baptistère de Florence, par Qhiberti. Puis, dans la grande chapelle: une figure
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allégorique de l'Amour et David vainqueur de Goliath par Donatello, un autre par Verrocehio % lea Chanteurs, les Danseurs et les Joueurs d'instruments, hauts-reliefs par Luca delà Robbia ; Jonas de Lorenzetto, ete. ; devant la copie du Jugement dernier de Michel-Ange, par Sigalon, la statue tombale de Gaston de Fotx, par le Bambaja (1515), et d'autres d'après des originaux de St-Denis et du Louvre, celui d'Ilaria dei Caretto, par Joe. délia Quercia (1377-1438). — De l'autre eôté : des bas-reliefs de Jean Goujon, les Grâces de Germain Pilon (xvi e s. ; Louvre), les têtes du puits de Moïse et les statuettes du tombeau des dues de Bourgogne, à Dijon, par Sluter (xvi«s.); les figures de la châsse de St-Sébald, par P. Vischer, à Nuremberg ; un Apôtre de la Ste - Chapelle (xm e s.) , des statues de la cathédrale de Chartres (xiii* s.), 2 Vierges de Notre-Dame de Paris; de nombreux moulages d'ivoires, les fonts baptismaux de Hildesheim. — Au milieu, des bas-reliefs : Descente de eroix, par JVVc. de PUe; derrière, surtout une Vierge avee l'Enfant, par Des. da Settignano, et une Ste Cécile, par Donatello; ensuite Persée, par Benv. Oellini ; derrière, la Vierge, l'Enfant, St Jean et d'autres saints, par Mino da Fie sole ; puis la châsse des grandes reliques d'Aix-la- Chapelle ; pluis loin, la cuve baptismale de Sienne, par Qhiberti, Donatello,
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